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Le « Fuck Boy » ne serait-il pas en fait un « Faux Boy » ?


Qui peut se vanter de ne s’être jamais exclamé en apercevant un jeune homme déambuler dans la cafétéria du cégep casquette au vent, regard de renard en recherche de poules à dévorer, pantalons roulés et troués, cheveux et barbe parfaitement taillés, un sourire d’annonce de Crest : « Oh mon dieu, c’est un ​Fuck Boy! » 

Ce qualificatif peu flatteur signifie, dans le jargon des jeunes gens, « un homme qui a des relations sexuelles avec plusieurs femmes sans toutefois informer celles-ci qu’il ne souhaite que du sexe ». Avec une sexualité active vient aussi un style vestimentaire particulièrement influencé par les chanteurs et acteurs en vogue de notre génération.

Femmes, sexe, argent, jeunesse… Un grand classique du rêve américain qu’idolâtrent les mâles pubères qui souhaitent ardemment entrer dans un moule : « Dès l’enfance, les garçons autant que les filles se font inculquer des stéréotypes selon lesquels ils se doivent d’avoir une libido forte, d’être rude et distant avec les femmes et d’être en situation de pouvoir. Dans le cas où ils seraient doux et sensibles, ils se feraient catégoriser comme étant  » fifs  » ou  » tapettes  » », explique Danielle Bastien, professeure en psychologie au cégep de St-Jérôme. Sa collègue, Édith de la Sablonnière, rajoute que le phénomène de la bigorexie, qui est la dépendance excessive d’un être à l’activité sportive pour développer sa masse musculaire, est en hausse depuis quelques années chez les garçons qui sont obsédés par l’idée de plaire et de ressembler à leurs idoles.

Pourtant, selon un sondage effectué par ma propre personne sur 20 étudiants du cégep de St-Jérôme, garçons et filles confondus, être un Fuck Boy n’est pas très reluisant. En effet, les filles les qualifient de nuisances humaines qui dénigrent, utilisent et détruisent les femmes.

« Ils pensent qu’un trou c’t’un trou, sans se préoccuper de la personne », dit une étudiante de 18 ans.

Les garçons légèrement envieux, de leur côté, reconnaissent que ce n’est pas quelque chose de très glorieux, mais que c’est une sorte de statut.

Malgré tout, les garçons, en voyant leurs idoles encerclés de jeunes femmes aux seins et fesses rebondissants, se disent que c’est ce qu’ils doivent faire aussi, ce qu’ils doivent être, pour ne pas être rejetés de leurs pairs et faire partie de ce club malsain d’hommes qui contrent leur nature pour se mouler à celle qui leur est imposée par la société. Dans ce cas, ceux que l’on considère comme Fuck Boy ne seraient que les Faux Boys qui tentent à tout prix de ressembler à ceux qui plairaient selon eux.

Et si, pour changer, on oubliait les stéréotypes ? Et si on voyait quelqu’un comme étant seulement quelqu’un et pas un « nerd », un « douche bag », un « fuck boy », mais juste un humain ? Parce que ce n’est pas parce qu’il ne va pas au Sherman et qu’il ne s’entraîne pas qu’il n’est pas un véritable ​Fuck Boy.

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Le sport dans la peau


Jonathan Forcier semble être un jeune homme comme les autres. Il termine ses études à l’Université de Montréal en Sécurité et études policières. Il est en couple depuis cinq ans et voit ses amis de temps en temps. Toutefois le jeune homme de 23 ans a une passion hors de l’ordinaire: il est culturiste.

Quand ton corps devient ton sport…

« J’ai été gâté par ma génétique parce que je peux contrôler mon poids assez facilement. »Toutefois, cela n’a pas toujours été le cas: « Quand j’étais jeune, j’étais gras. Mon but en m’entraînant, c’était de plaire aux filles, je voulais qu’elles me trouvent beau. » Lorsqu’il est prêt pour un concours, il reste son plus sévère critique: « Même la journée de la compétition je ne suis pas satisfait. Le moment où je me trouve le plus beau, c’est quatre semaines après, quand je reçois les photos professionnelles du concours. C’est à cette heure-là, cette journée-là, une fois dans l’année que je me trouve beau. C’est le plus beau sentiment que tu ne peux pas avoir. » Pourtant le culturisme n’est pas qu’une question d’apparence pour cet athlète. « Moi ce que j’aime dans le sport, c’est le mode de vie, c’est la discipline. Je suis un gars assez solitaire et introverti, alors mon moment au gym, c’est précieux. »

Le processus

Pour Forcier, « Le culturisme, c’est un mode de vie. C’est le sport le plus difficile au monde parce que c’est le seul sport qui demande 24 heures d’efforts sur 24. » En effet, l’athlète doit suivre une diète et doit s’entraîner six jours par semaine, et ce, neuf mois par année pendant ce que l’on appelle la période hors saison. La période qui suit ces neuf mois est la période de préparation, période pendant laquelle il redouble d’ardeur. « Pendant 12 semaines, je dois contrôler mon niveau calorique et mon niveau d’ingestion de glucides », explique-t-il. « En 90 jours, je dois perdre plus de 50 livres. Je dois passer de 250 livres, mon poids hors saison, à ma catégorie qui est «mi-lourd», soit 198 livres. » Pendant cette période, le jeune homme doit continuer à s’entraîner six jours par semaine avec un niveau d’énergie extrêmement bas, puisqu’il n’ingère presque aucun glucide. Mais le plus pénible, ce ne sont pas ces trois mois. Dix jours avant la compétition, le jeune homme doit amorcer le processus de déshydratation. En plus de diminuer considérablement son ingestion de glucides, il augmente sa consommation en eau. « Pendant les trois mois de préparation, je dois boire 3 litres d’eau par jour. À partir de la dixième journée avant la compétition, je dois ajouter un litre par jour. Deux jours avant la compétition, je dois boire 10 litres d’eau dans ma journée.» Mais cela ne s’arrête pas là. « La veille du concours, je n’ai droit qu’à 500 millilitres d’eau dans l’avant-midi, après quoi j’arrête de boire. À partir de ce moment-là, le corps se débarrasse de toute l’eau qu’il a emmagasinée […] et la couche d’eau entre le muscle et la peau disparaît. On devient collé. » Jusqu’à la fin de la compétition, il ne peut plus boire d’eau. Toujours la veille de la compétition, l’athlète doit réintégrer les glucides à son alimentation: «Je commence par des glucides lents (pain, pâtes, pommes de terre), mais le lendemain (la journée de la compétition) j’embarque sur les glucides rapides (chocolat, sucreries).» En faisant cela, Forcier oblige ses muscles à absorber le peu d’eau qui reste dans son organisme. Son corps est maintenant prêt pour l’épreuve ultime.

Quand le poids de la réussite devient lourd…

Vivre cette passion, « c’est extrêmement difficile », avoue le jeune homme. « J’ai eu beaucoup de remises en question. […] Le culturisme, ce n’est pas seulement physique. C’est 100% physique, mais c’est aussi 100% mental. » Ce sport étant excessivement demandant, il a provoqué plusieurs tensions dans son couple, durant les trois dernières années. « Si je me mets à la place de ma blonde, c’est vraiment pas évident d’avoir un chum culturiste. C’est exigeant et elle doit faire plusieurs compromis. Quand tu pousses ton corps à un tel point, il y a des moments où t’as plus d’énergie pour rien, même pour faire l’amour… » Heureusement, il est bien entouré: « Il faut avoir un bon réseau social pour faire ça. Ma mère, mon frère et ma copine m’encadrent énormément. » Un réseau sur lequel il compte pour encore quelques années, puisqu’il veut poursuivre la pratique de ce sport: «Le moment où j’aurai le plus de potentiel, c’est dans la trentaine, puisque j’aurai plus d’expérience et plus d’années d’entraînement derrière moi. C’est un choix que j’ai fait, et je vis très bien avec. Mon expérience va me suivre toute ma vie. »

 

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Vivre pour le sport


(Reportage du cahier Le sport, une deuxième famille!)

Le sport occupe une grande place dans la vie de certaines personnes. Plusieurs ne pourraient vivre sans cela. C’est d’ailleurs le cas de Mathieu Gionet, joueur de l’équipe de hockey Les Gaulois de St-Lin : « Ma vie sans le sport ne serait plus rien, on pourrait me couper une jambe, ce serait pareil. » Pour lui, le sport, c’est ce qui l’aide à se sentir bien dans sa peau et à se défouler. Pour d’autres, c’est ce qui leur permet de bouger et d’évacuer le stress. Marie-Claire Brideau, membre de l’équipe de soccer des Cheminots, du Cégep de Saint-Jérôme, affirme qu’elle ne serait pas la même sans le sport: « Je serais une fille trop énervée dans la vie et je ne pourrais pas avoir un emploi « plate », où je ne peux pas bouger.» Pratiquer une activité physique entraîne des effets bénéfiques liés au moral, à la santé, à la vie sociale et aux résultats scolaires. Ainsi, par exemple, pour faire partie d’une équipe des Cheminots, les élèves se doivent de réussir tous leurs cours.

Être membre d’une équipe sportive permet, avant tout, d’élargir son cercle de connaissances et de développer un esprit d’équipe. C’est d’ailleurs comme cela que Catherine Gauthier Lamothe, qui a fait partie de l’équipe de volley-ball des Cheminots pendant trois ans, « a appris à travailler en équipe et à accepter les autres tels qu’ils sont ».  Il est évident que, lorsque l’on fait partie d’une équipe, on ne peut pas forcément bien s’entendre avec tout le monde. Il faut parfois mettre ses différends de côté  afin que l’esprit d’équipe ne soit pas affecté: sans cela, il sera beaucoup plus difficile de gagner.  Ce n’est cependant pas le cas de toutes les équipes. Certains joueurs qualifient leur équipe de deuxième famille. « Avec les Cheminots, nous sommes une grande famille. Nous sommes très proches les unes des autres. Nous pouvons parler de tout et de rien », explique Marie-Claire Brideau. De son côté, Julien Lefebvre, membre de l’équipe de soccer des Cheminots, du Cégep de Saint-Jérôme, affirme « qu’avoir une excellente relation avec les coéquipiers, c’est important lorsque nous voulons performer. J’ai un bon contact avec eux et nous sommes capables de nous parler franchement. C’est essentiel ».

C’est pour partager leur passion et pour vivre des émotions fortes que ces jeunes ont décidé de faire du sport. Ils pratiquent pour la plupart le sport depuis leur tendre enfance et ne sont pas prêts de s’arrêter. Pourquoi s’en passer, alors qu’il y a beaucoup plus d’avantages que de désavantages à faire du sport ?

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Quand un drame rapproche les gens…


http://www.photo-libre.fr/sport_photo.htm?IDPICS=28&ORDRE=0&DESC=0&EXIFDATE_ON=0

(Critique du cahier Le sport, une deuxième famille!)

À la suite d’une défaite à l’extérieur contre l’équipe de football de l’Université de Greenville, la East Carolina, les Thundering Herd, de l’Université Marshall, prennent l’avion pour retourner chez eux. Alors que tous planifiaient des projets pour leur retour, sans penser à quoi que ce soit d’autre, un drame épouvantable survient.

Le 14 novembre 1970, la Virginie de l’Ouest et sa population entière sont sous le choc. En raison de mauvaises conditions atmosphériques, l’avion s’est écrasé : les joueurs, les entraîneurs, quelques partisans et quelques membres proches de l’équipe ont péri. En tout, 75 personnes sont mortes. Parmi les victimes, on retrouve presque la totalité de l’équipe de l’Université Marshall, à l’exception de cinq membres qui, pour différentes raisons, n’étaient pas à bord de l’appareil.

Le film We are Marshall (en version française, L’esprit d’une équipe, 2006), réalisé par McG, pseudonyme de Joseph McGinty Nichol, nous transporte au début des années 70, au moment même où l’accident survient. À partir de cet instant précis, nous assistons, non seulement à la reconstruction d’une équipe de football, mais aussi à celle d’une ville entière.

Alors que le programme de football est menacé, le co-capitaine de l’équipe de football décide de protester et de réunir la totalité de l’Université Marshall. C’est lors d’une scène absolument remarquable et touchante que tous les étudiants s’exclament : « Nous, c’est Marshall! »

Ce qui est remarquable avec ce film, c’est de constater à quel point un drame de ce genre peut rassembler une population entière : tous se tendent la main pour se soutenir. Pendant deux heures, cette histoire nous fait vivre des émotions allant d’un extrême à l’autre : la tristesse, l’espoir et finalement la joie.

Le jeu des acteurs, avec, entre autres, Matthew McConaughey, Matthew Fox et Anthony Mackie, est tout simplement émouvant et même parfois bouleversant. Nous sommes invités à vivre les mêmes émotions qu’eux et à comprendre à quel point l’accident touche tout le monde, peu importe la manière. Lorsque les habitants de la ville se donnent rendez-vous au tout premier match local des Thundering Herd et expriment leur appui, dans les rues, grâce à des banderoles, des cris et des coups de klaxon, on comprend alors que derrière chaque drame, on retrouve une parcelle d’espoir.

Ce film nous apprend que l’esprit d’une équipe peut influencer positivement non seulement cette équipe, mais toute une société. Nous comprenons que c’est lorsque nous sommes plusieurs personnes, une équipe, que nous pouvons réaliser de grands exploits. Seuls, nous ne pouvons atteindre nos rêves aussi facilement que si nous étions épaulés par plusieurs.

L’Université Marshall a vécu de nombreuses épreuves au cours des dernières années, qui ont permis à cet établissement et à la ville entière d’évoluer de manière positive. Ces gens  sont un modèle d’inspiration, qui nous incite à ne jamais abandonner, malgré la lourdeur des événements qui peuvent survenir. D’ailleurs, ils finirent par renaître de leurs cendres.

 

We are Marshall (V.F. L’esprit d’une équipe), 22 décembre 2006

Genre : Drame sportif, basé sur une histoire vraie

Réalisateur : Joseph McGinty Nichol alias McG

Acteurs principaux : Matthew McConaughey, Matthew Fox et Anthony Mackie

Temps : 131 minutes

 

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Le sport, une deuxième famille!


Photographe: Valérie Gauthier Lamothe

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Le sport, toujours le sport!


Photographe : Valérie Gauthier Lamothe

(Chronique du cahier Le sport, une deuxième famille!)

«Le sport, une deuxième famille? Oui, oui, c’est ça! », c’est ce que je me disais en appréhendant l’écriture de cet article. N’ayant  jamais fait partie d’une équipe sportive, mis à part celles de mes cours d’éducation physique, j’ai toujours trouvé que les sportifs accordaient beaucoup trop d’importance à leur sport. Après tout, ce n’est qu’une banale compétition et il y a beaucoup de choses beaucoup plus importantes dans la vie, n’est-ce pas ? Et bien, en faisant des recherches plus approfondies et en m’intéressant davantage à ces gens, je me suis aperçu que j’avais peut-être un peu tort.

Après tout, ce ne doit pas être pour rien que tant de jeunes s’inscrivent chaque année dans des équipes sportives : hockey, soccer, baseball, nommez-les!  Le sport le plus pratiqué au Québec, pour la saison 2010-2011, est le soccer avec quelque 200 000 joueurs, dont 14 300 dans les Laurentides. C’est donc une quantité non négligeable de jeunes qui trouvent leur plaisir, chaque année, à s’accomplir dans un sport.

Il ne faut pas oublier également que les Laurentides possèdent de nombreux monts pour pratiquer des sports de glisse, comme le ski alpin et la planche à neige. Cela permet aux jeunes de découvrir d’autres avenues que le hockey et le patinage, comme sport d’hiver, mais ce sont des activités un peu plus dispendieuses…

Le Grand défi Pierre Lavoie est un bon exemple de l’apport positif du sport dans une société. C’est Pierre Lavoie,  le triathlonien québécois qui a participé huit fois à l’Ironman d’Hawaï (compétition d’endurance, où il s’est distingué à trois reprises), qui a mis sur pied cet évènement. En vigueur depuis 2008, ce relais à vélo, qui se déroule à travers le Québec, incite les jeunes de 6 à 12 ans à avoir de bonnes habitudes de vie grâce à la pratique du sport et à une bonne alimentation. L’année dernière, le Grand défi a réussi à réunir plus de 4500 élèves de partout au Québec. C’est un projet dans lequel Pierre Lavoie a mis tout son cœur et ça se voit. Bravo!

Bien sûr, on ne peut pas avoir la prétention de parler de sports, au Québec, sans parler de hockey. Les jeunes des Laurentides ne font pas exception à ceux du reste de la province. Ils s’inscrivent massivement dans leur équipe locale. Je crois que ça fait du bien aux gens de savoir qu’ils ont au moins un point en commun avec leurs voisins : l’amour du hockey. Ils prennent plaisir à échanger sur les exploits de leurs enfants, tout en parlant du match des Canadiens de la veille.

Je ne suis pas certaine que ce soit toujours pour le mieux par contre. Certains parents prennent beaucoup trop au sérieux le sport amateur que pratique leur enfant. Ils mettent souvent énormément de pression sur les épaules de leur jeune, que ce soit inconsciemment ou pas, en les poussant à faire toujours de meilleures performances. Ça peut devenir très difficile pour certains enfants, qui ne jouent plus pour le plaisir mais pour gagner et être à la hauteur des attentes de leurs parents. Ce qui entraine parfois les jeunes joueurs à devenir plus agressifs au jeu, ce qui n’est jamais une bonne chose, selon moi.

On aura beau dire tout le mal du sport que l’on voudra, il reste que c’est rassembleur et qu’en ce temps de campagne électorale, il me semble avoir plus entendu parler de la place du Canadien dans les séries que de l’avenir de Stephen Harper comme premier ministre.

 

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Une famille dysfonctionnelle


Photographie : http://www.photo-libre.fr/sport/24.jpg

(Éditorial du cahier Le sport, une deuxième famille!)

« Bouger, c’est bon pour la santé! » est un des slogans les plus populaires et les plus honnêtes qui soient. Après tout, faire de l’exercice au quotidien permet de diminuer le niveau de stress ainsi que les risques d’attraper certaines maladies (dont divers types de cancers), tout en favorisant la confiance en soi et en réénergisant corps et esprit. Les sports collectifs permettent, en plus des avantages mentionnés précédemment, de développer un esprit d’équipe. D’autre part, ils sont une véritable source de motivation personnelle : ils poussent les athlètes à se surpasser.

Cependant, malgré tous les formidables bienfaits associés à l’activité physique, il ne faudrait pas oublier que la perfection n’est pas de ce monde. En effet, le sport, ayant un impact considérable sur le bien-être physique et mental des individus, est généralement observé avec des lunettes roses et perçu comme étant une solution miracle. La vérité, pourtant, est bien moins simple.

Si le sport est une grande source de bonheur, il est également le nid de diverses problématiques sociales. Oui, des valeurs telles que l’amitié et l’entraide sont mises en relief grâce aux sports coopératifs, toutefois, il existe, en dehors de l’harmonieuse camaraderie qui unit les joueurs, un sentiment de compétition qui se transforme, pour certains, en quelque chose d’extrêmement malsain. À partir du moment où la victoire devient une nécessité absolue, il ne s’agit plus de pratiquer une activité agréable, mais plutôt de se battre pour gagner, pour écraser l’adversaire. D’aucuns affirmeront qu’un tel stress encourage les gens à donner le meilleur d’eux-mêmes : c’est sans doute vrai, mais tous ne réagissent pas de la même façon sous pression. La peur de la défaite et celle de décevoir en poussent plusieurs à agir agressivement.  De plus, se croyant incapables d’être à la hauteur des attentes de leurs coéquipiers ou de leur entraîneur, quelques jeunes se tournent vers les drogues de performance. Le sport, qui devrait être quelque chose de stimulant, perd alors toute la richesse de son essence, puisqu’il provoque des sentiments négatifs chez ceux qui le pratiquent au lieu de les rendre heureux.

Qui plus est, si plusieurs trouvent le courage de « sortir du placard », dans notre société qui s’éloigne lentement de ses vieux préjugés; dans les vestiaires, c’est la loi du silence qui règne. L’orientation sexuelle de chacun est un secret bien gardé. L’homophobie n’est pas propre au milieu sportif : elle est, bien entendu, présente partout. En contrepartie, il y a quelque chose de brutalement dérangeant par rapport à la place qu’elle occupe dans un environnement où de jeunes personnes devraient pouvoir s’épanouir. Les mots « tapette » et « fif » y sont utilisés comme s’ils étaient synonymes du mot « faible » et d’autres termes dépréciatifs du même genre. L’attaque n’est généralement pas directe, car les commentaires moqueurs peuvent s’adresser à n’importe quel joueur, mais directe ou pas, elle n’en est pas moins réelle. C’est le même principe que de dire « tu te bats comme une femme » : le propos, bien que profondément discriminant, passe comme une lettre à la poste, parce qu’il est fréquemment utilisé, parce qu’il est « normal ». Le vestiaire est, en quelque sorte, un microcosme de la société : de nombreux clichés y demeurent encore inconsciemment acceptés par la plupart des gens.

Malgré tout, pour la plupart des sportifs, l’équipe dont ils font partie représente une deuxième famille. En effet, les liens « fraternels » qu’ils tissent avec les autres joueurs sont indéniables et ont, bien souvent, une grande importance dans leur vie. Il ne faudrait tout simplement pas oublier que certaines familles peuvent être un peu dysfonctionnelles.

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Ballon, passion et motivation !


Photographe : Kevin Ouellet

(Entrevue du cahier Le sport, une deuxième famille!)

« [Du sport], selon moi, les jeunes n’en feront jamais assez ! », affirme Jocelyn Pimparé, nouvellement ex-entraîneur pour l’Association de Soccer de Blainville (ASB). Il a entraîné pendant deux ans l’équipe de son fils, pour ensuite entraîner pendant une dizaine d’années l’équipe de soccer des jeunes filles de la ville de Blainville, dont faisait partie sa propre enfant. Il croit que la tendance actuelle retourne peu à peu vers le sport et il en est heureux.

Sportif de nature, M. Pimparé pratique la course à pied, le spinning, le curling et a longtemps joué au hockey. C’est grâce à sa passion pour l’activité physique qu’il s’est impliqué lorsque ses propres enfants ont décidé de commencer à pratiquer le soccer. « Tant qu’à aller les voir jouer, j’ai décidé de m’impliquer », déclare-t-il avec enthousiasme.

Courtier d’assurance de profession, chez Cadieux Beauséjour Dupras Inc., Jocelyn Pimparé croit réellement que les sports d’équipe ont un impact direct sur le développement des jeunes. « C’est très important pour le travail d’équipe […] Jouer un sport d’équipe, ça permet d’avoir confiance en l’autre! », lance-t-il le sourire aux lèvres. Cependant, le père, derrière l’entraîneur, affirme n’avoir jamais forcé ses enfants à pratiquer un sport. Selon lui, c’est un choix bien personnel que l’on doit laisser à l’enfant. Cela le choque de voir, sur le terrain, des jeunes poussés par leurs parents et, par conséquent, qui ne sont aucunement motivés au jeu. « Les parents sont parfois le GROS problème là-dedans. » En tant qu’entraîneur, il déplore aussi les attitudes parfois désagréables des parents qui, des estrades,  lancent des commentaires désobligeants ou exercent de la pression sur les jeunes qui sont sur le terrain. Il n’est pas rare, selon lui, de voir alors des jeunes peu heureux de jouer ou complètement démotivés. Après tout, il n’y a pas que la compétition qui compte!

L’ex-entraîneur croit que le plaisir et la performance sont les ingrédients d’une bonne recette sur un terrain de soccer. Il tente d’aider du mieux qu’il peut les jeunes filles qu’il entraîne et, à force de s’impliquer, il s’attache à son équipe. Même s’il aime « montrer » à bien jouer, si la motivation de ses joueuses n’est pas là, alors il ne peut pas tout faire tout seul. C’est pourquoi, M. Pimparé ne renouvellera pas son statut d’entraîneur de soccer cette année et ne pense pas se recycler dans l’entraînement des plus jeunes. Ce dernier ne blâme en aucun cas les filles de 18 ans qu’il entraînait : « Je ne peux pas les obliger à venir à mon entraînement. » Il va même jusqu’à dire qu’il les comprend, étant lui-même père d’une jeune adulte de 18 ans, membre de l’équipe, il connaît leur rythme de vie. Il déclare ainsi que, avec le travail, les amis, le « chum » et l’école, seulement deux ou trois filles étaient parfois présentes aux entraînements. C’est un peu ennuyeux lorsque la préparation, pour chaque séance, prend  environ une heure à une heure et demie. Il ne faut pas être obsédé par la victoire, il faut seulement démontrer un désir de jouer et de se « donner » pour l’équipe, et il faut pouvoir y consacrer du temps.

Même s’il se retire de l’ASB, Jocelyn Pimparé souligne que le soccer est à la portée de tout le monde : « Ce n’est pas cher et très accessible: ça prend un ballon, des souliers de course, des protèges tibias et c’est tout ! Le soccer, c’est de la course, tout le monde est capable de jouer. » Il mentionne aussi qu’un terrain n’est pas nécessaire, on peut jouer au soccer n’importe où, il faut simplement des gens qui participent. Bref, pour cet amoureux du sport, l’important ce n’est pas de gagner, mais c’est de s’être donné à fond en tant que joueur… il faut être motivé!

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