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De la sobriété dans un monde de tous les excès…


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« La puissance de la modération comme antidote à la puissance du lucre »


Publié en avril 2010, chez les éditions Actes Sud, Vers la sobriété heureuse est un ouvrage écrit par le penseur d’origine algérienne, Pierre Rabhi. Cet essayiste et conférencier est un pionner de l’agriculture biologique et un expert en agroécologie. Impliqué dans la lutte contre la désertification et la malnutrition, Pierre Rabhi met en avant une philosophie basée sur la sobriété et l’autosuffisance. Celle-ci remet en question la globalité du modèle politique, social et économique des pays industrialisés.

Depuis quarante-cinq ans, Pierre Rabhi a fait un choix de vie : celui de marcher vers la voie de la sobriété. Lorsqu’il s’est présenté en tant que candidat à l’élection présidentielle française de 2002, « l’insurrection des consciences » était son slogan. Le message qu’il transmet dans son essai n’a pas changé.

« Le mythe de la modernité »

Cet ouvrage de 142 pages est divisé en deux parties. L’auteur amorce sa réflexion en faisant part de faits vécus : il témoigne de sa jeunesse en Algérie, bercée par le travail de forgeron de son père nourricier. C’est ainsi qu’il explique comment a grandi son désir de rébellion, désir qui a fini par se concrétiser au terme des années 1950 en terres françaises, en pleine période des Trente Glorieuses, alors que la machine économique tournait à plein régime. Rapidement déçu par les dommages collatéraux causés par le progrès (la surconsommation, les problèmes environnementaux,  la fausse impression d’avoir des ressources illimitées ou encore l’oubli des valeurs généreuses), Pierre Rabhi écrit : « J’avais alors vingt ans, et la modernité m’est apparue comme une immense imposture. » Le penseur franco-algérien ne nie pas pour autant les avantages du progrès, il reconnaît lui-même qu’il faut s’appuyer sur certains aspects de la modernité, sans toutefois tomber dans la démesure, le superflu et les besoins strictement matériels.

Après avoir vivement critiqué le modèle de société actuel et traité des problèmes qui en découlent en utilisant des exemples simples et précis, l’auteur, bien loin d’être fataliste, aborde des pistes d’avenir, en parlant abondamment du thème de la sobriété et de l’importance du changement. « Replacer l’humain et la nature, au cœur de nos préoccupations », c’est d’après lui le premier changement qui doit s’opérer. D’autres thèmes, comme la place des femmes dans notre société ─ moins excessives et avides de puissance que les hommes, d’après lui ─ ainsi que des réformes sur le plan de l’éducation et de la condition des aînés, sont abordés dans ce livre. Pierre Rabhi clôt la première partie de son ouvrage en expliquant que « nous avons […] le devoir d’entretenir l’indignation pour ne pas tomber dans l’indifférence ou dans un sentiment de fatalité qui nous plongerait dans l’impuissance – ce qui serait terrible pour notre dignité. »

La seconde partie de Vers la sobriété heureuse est beaucoup plus brève et factuelle, mais tout aussi instructive : elle synthétise l’essentielle des idéaux évoqués précédemment dans ce livre grâce à la charte internationale pour la Terre et l’Humanisme, en plus de présenter les projets divers et nombreux dans lesquels Pierre Rabhi s’implique. La plateforme d’échanges créée par l’essayiste est une belle preuve de son désir d’agir et de trouver des solutions concrètes pour développer des alternatives : « sa vocation est d’encourager l’émergence et l’incarnation de nouveaux modèles de société fondés sur l’autonomie, l’écologie et l’humanisme ».

À sa manière, Pierre Rabhi éclaircit un monde sombre

La sagesse et la vérité avec un grand « V » qui transparaissent de cet ouvrage sont venues me chercher au plus profond de moi-même. L’écrivain aborde habillement des thèmes sociaux d’aujourd’hui et sa fine touche poétique apporte une autre dimension à ce livre.

Bien que certains courts passages puissent demander une relecture, la compréhension de l’ensemble de cet ouvrage est relativement aisée. C’est un essai sans longueur rempli d’idées nouvelles et inspirantes.

Teintée d’exaspération et d’espérance, la pensée de cet auteur semble rejoindre de plus en plus  d’individus désabusés du modèle social, économique et politique qui règne à l’échelle mondiale. Pour Pierre Rabhi, les diverses crises qui touchent la planète depuis plusieurs années ne sont pas aussi néfastes que certains peuvent l’affirmer,  car elles ont l’avantage de remettre en question un modèle de société tout entier.

La personne engagée qu’est Pierre Rabhi brise le cliché de la sobriété heureuse [1]: celui qui stipule que cette façon de penser n’est réservée qu’aux marginaux. Conscient que tout le monde ne saisit pas son message, l’écrivain explique que la sobriété n’est absolument pas réservée à un groupe restreint de personnes.

Ce qui fait la force de ce livre, c’est qu’en plus d’être bien écrit, il véhicule un message universel, un message d’espoir qui n’est pourtant que très peu évoqué dans la sphère artistique et surtout médiatique. Il est facile d’exposer des problèmes de société, mais encore faut-il proposer des solutions…

Encourager davantage les agriculteurs locaux qui n’utilisent pas d’engrais chimiques, mettre de l’avant une éducation plus humaine qui revalorise chacun et qui chasse l’esprit de compétition sont quelques-unes des idées avancées par l’écrivain.

Certains diront que Pierre Rabhi est un idéaliste, voire un utopiste. « Les utopies fleurissent, heureusement, et même si toutes ne sont pas couronnées de succès, elles témoignent de résolutions fortes en faveur d’un monde autre », répond le philosophe. « […] Toute crise humaine est issue de l’humain et mis à part les facteurs que nous ne pouvons maîtriser, l’avenir sera ce que les humains en feront. Rien d’autre. »

Dans un monde où il est facile d’oublier les vraies priorités, Pierre Rabhi souhaite nous responsabiliser, tout en nous guidant vers une nouvelle façon de penser. Cet ouvrage nous invite à suivre les  « lucioles » de ce monde.

 

Note : 11/10

Référence complète : Pierre Rabhi, Vers la sobriété heureuse, éditions Actes Sud, 2010.

Pour en connaître davantage sur la sobriété heureuse, regardez le documentaire Solutions locales pour un désordre global et consultez le site Colibris, mouvement pour la Terre et l’Humanisme.


[1] Appelée aussi simplicité volontaire.

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«L’american dream» aux poubelles!


« We are living in a material world and I am a material girl. » Vous avez probablement reconnu les célèbres paroles chantées par la reine de la pop, Madonna. Avec une fortune évaluée à 1,1 milliard de dollars en 2005, elle est, en effet, en mesure de se vanter de son mode de vie matérialiste. De quoi faire envie à peu près tout le monde, n’est-ce pas? Je vous pose ici la question, seriez-vous vraiment plus heureux avec un avoir comme celui-là? Votre bonheur augmente-t-il proportionnellement avec votre compte bancaire?

Le réflexe serait de crier « OUIIIIII! » tout en ayant des billets qui vous sortent des yeux comme dans les bandes dessinées. Pourtant, certaines personnes répondent non à la question précédente. Mais comment cela peut-il être possible? Deux mots : simplicité volontaire. Dans l’optique de ce mode de vie, la consommation qui permet de satisfaire des désirs n’engendre pas le bonheur. Il est préférable d’orienter notre volonté sur la consommation nécessaire qui, comme le dit son nom, est nécessaire. Le reste n’est que superflu et la société, esclave de ses objets, se porterait mieux sans cette dépendance.

Travailler, empocher, dépenser. Travailler plus, empocher plus pour dépenser plus, car les « besoins » grandissent et ainsi de suite jusqu’à l’infini puisque ceux-ci se renouvellent constamment. Trop facile de s’empêtrer dans ce cercle vicieux lorsqu’on vit dans le merveilleux monde du capitalisme. Le comble de l’ignorance est de croire que votre réussite personnelle a plus de valeur si elle est accompagnée de quelques signes de dollars. « Mon père est plus fort que le tien » a quelque part été remplacé par « mon père est plus riche que le tien ».

Il est aussi triste de constater que, de nos jours, les ménages ne possèdent rien de moins qu’environ 6 télévisions, 5 ordinateurs, 4 téléphones portables, 3 chaînes stéréo, 2 réfrigérateurs… et pourquoi pas une souris verte tant qu’à y être ? Il serait temps de valoriser l’être plutôt que l’avoir. Nous baignons dans l’illusion du confort que nous apportent tous ces biens matériels; un beau char, une belle maison, un beau garage, une belle piscine creusée, la belle vie quoi! Qu’en est-il du réel bien-être? La simplicité volontaire amène ceci de positif: elle génère cette réflexion, à savoir si le bonheur est d’être la fourmi, la cigale ou quelque chose situé entre les deux.

D’un point de vue plus écologique, la « sobriété heureuse » permet une plus longue préservation des ressources naturelles et de l’environnement, puisque moins de biens matériels sont  fabriqués et/ou jetés dans la nature. Bien sûr, certains font taire leur conscience en se disant qu’ils recyclent, mais parlons franchement, ces gens se terrent la tête dans le sable au sujet des véritables enjeux. La simplicité volontaire essaie, tant bien que mal, de restreindre cette « autruchisation » du peuple qui consomme encore et encore sans observer les conséquences que cela engendre pour les générations futures.

Heureusement, la société se conscientise et le je-m’en-foutisme de l’environnement, qui fut si fortement ancré dans l’esprit de la masse, perd de sa popularité. En effet, voici une nouvelle couleur tendance; il est de plus en plus cool d’être vert! Et surtout, pas besoin d’avoir un baccalauréat en écologie pour poser quelques petits gestes à la maison (utiliser des piles rechargeables, apporter des sacs réutilisables lors des emplettes, surveiller sa consommation d’eau et plusieurs autres).

Somme toute, la simplicité volontaire comporte plusieurs aspects positifs, que ce soit pour soi-même, pour notre entourage ou pour la planète entière. À partir de là, il suffit de faire les bons choix tout en demeurant en accord avec nos principes et nos valeurs personnelles. Et si un jour nous faisons tous des petits Gandhi de nous-mêmes, alors il y aura un réel espoir pour améliorer le monde.

Qu’on en finisse avec l’american dream! C’est une bonne chose d’en parler, mais c’est encore mieux de passer à l’action!

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Le bonheur est sur la tablette…


photographe : Jérémie Bouchard

« Croyez-le  ou non, le monde qui nous entoure a une idée précise de la façon dont nous devons mener notre vie. Ce modèle, dont les médias et nos contemporains ne cessent de faire la promotion, définit les priorités et les valeurs à adopter. Souvent, nous ne réalisons pas l’influence qu’exercent ces pressions extérieures sur nos pensées et nos comportements », a écrit John D. Drake¹ dans son livre Ralentir, travailler moins, vivre mieux. Il est difficile à croire que dans un monde où la consommation dépasse toutes les limites, certains réussissent à garder les pieds sur terre et vivent de simplicité volontaire. La plupart des gens croient que la simplicité volontaire, aussi appelée sobriété heureuse, consiste à vivre comme des  hippies. En fait, ce mode de vie favorise simplement la réduction volontaire de sa consommation et de se contenter uniquement de ce que l’on a besoin, sans tomber dans l’excès, dans le but d’améliorer le quotidien et contribuer à bâtir une société plus juste et durable. Vivre de simplicité volontaire n’est pas un mode de vie à l’ancienne, c’est simplement se poser la question avant d’acheter : « Est-ce que j’en ai vraiment besoin? »

Selon les chiffres de Statistique Canada, en 2009, 39% des Québécois possédaient plus de trois téléphones, 64% avaient un téléphone cellulaire, 43% détenaient un graveur de DVD, 19% disposaient de deux magnétoscopes et plus, 25% avaient en moyenne trois télévisions couleurs, 32 % possédaient environ deux véhicules puis, pour terminer, 25% avaient en leur possession deux réfrigérateurs et plus. Ce qui est inquiétant, c’est qu’à voir la consommation immodérée des gens, ces pourcentages n’ont certainement pas diminués.

Les médias et les compagnies misent sur l’influence sociale avec leurs publicités charmeuses. Ils nous convainquent qu’il faut absolument se procurer un produit X et, en plus, il est tellement important de se procurer ce dernier rapidement que même si vous n’avez pas l’argent, ce n’est pas grave, car avec eux, pas besoin d’argent pour acheter. « Ne payez pas avant l’an prochain », « Achetez maintenant et recevez-en un gratuitement. » Pour comprendre et influencer le comportement d’achat des gens, les publicitaires se spécialisent dans la psychologie du consommateur. C’est grâce à plusieurs techniques psychologiques qu’ils vont réussir à nous faire passer par toutes les gammes d’émotions et nous convaincre que sans leurs produits nous ne suivons pas la tendance.

Pour plusieurs, consommation rime avec euphorie. Il arrive souvent d’entendre : « Je suis allé magasiner, je me sens tellement mieux! » Pour ces gens, consommer les aide à se détendre, à éliminer le stress de la vie, et pourtant, cela n’est qu’à très court terme. Toutefois, dans une société où l’on est programmé comme des petits robots à faire métro, boulot, dodo, chacun trouve son activité afin de se détendre.

Il est clair que ce n’est pas évident de réduire sa consommation du jour au lendemain, mais c’est en coupant tranquillement dans le superflu et en consommant intelligemment qu’on peut y arriver, comme l’a fait une jeune famille de la banlieue de Québec. « Ils savent qu’on les a pour 3 ou 6 semaines. Ils vivent dans l’excitation d’aller en chercher d’autres », affirme Isabelle Robitaille, mère de trois enfants, en parlant de la Joujouthèque, un organisme qui fait le prêt de jeux et de livres usagés. D’autres petits trucs pour limiter sa consommation sont d’utiliser des couches lavables, en plus d’être un produit moins dispendieux, c’est bon pour l’environnement, ou encore d’offrir des cadeaux faits à la main. Avoir son propre potager aussi est une très bonne idée, car on sait ce que l’on mange.

Quoi qu’il en soit, la simplicité volontaire est une habitude de vie que l’on devrait envisager non seulement pour notre propre bien, mais pour celui de toute une société. Le bonheur ne s’achète pas, il se cultive. Et être heureux dans la vie est déjà un bon pas vers l’avant.

¹Auteur, psychologue et consultant de renom.

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« Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre ! »


Vignette: Serge Mongeau et Diane Gariepy, photographiés par Cynthia Rouselle-Blanchette

Au même titre que le bonheur, il est difficile de définir ce qu’est exactement la simplicité volontaire. On peut même dire qu’il y a autant de réponses que de gens sur la Terre. Diane Gariepy, membre du Réseau québécois pour la simplicité volontaire (RQSV), trouve que la meilleure définition est celle de Gandhi qui est de « vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre ». De son côté, Serge Mongeau, considéré comme un des piliers de la simplicité volontaire au Québec, affirme que cette dernière est « une philosophie de vie dans laquelle on apprend à se contenter de moins pour mieux vivre et prendre plus de temps à vivre ». En résumé, la simplicité volontaire est l’action de diminuer volontairement sa consommation de biens matériels afin de laisser place à son bien-être et celui d’autrui.

Serge Mongeau, un des premiers, au Québec, à avoir choisi la simplicité volontaire, déclare que « cela n’est pas synonyme de sacrifice ni de vie ennuyante et qu’au contraire ça offre une vie beaucoup plus intéressante ». On peut facilement couper dans plusieurs secteurs de notre vie sans que cela nous fasse du tort. C’est même tout à fait l’inverse, par exemple, « devoir payer une auto et toutes les dépenses qui viennent avec, équivaut à une journée et demie de salaire. Donc, on peut choisir de ne pas avoir d’auto et de travailler moins », explique Mme Gariépy.

« Avant, le temps c’était de l’argent et maintenant, le temps vaut tout autant que l’argent », dit simplement Diane Gariepy. Ralentir son mode de vie et vivre simplement peut certes occasionner une baisse de revenu, mais permet d’être heureux et de diminuer le stress lié au travail.

Bien que tous les cheminements vers la simplicité volontaire soient uniques, les raisons qui guident ceux qui la pratiquent sont souvent semblables. Ces principales raisons sont, selon elle, « la justice sociale, l’environnement, l’épanouissement personnel et la santé ». La justice sociale est un facteur qui entraine beaucoup de gens à vivre plus simplement. Certains ne sont pas capables de fermer les yeux et rester inactifs devant le malheur des pays du tiers-monde et des pays touchés par de graves problèmes environnementaux. Ils décident donc de changer leurs habitudes par solidarité et dans l’espoir que les choses s’améliorent. « La surabondance d’ici crée des problèmes ailleurs », soutient cette membre du RQSV. Se priver n’est pas quelque chose qui est difficile lorsqu’on sait tout le bien que cela apportera ailleurs.

Le facteur environnemental ressemble beaucoup à celui de la justice. Il s’agit de constater que plusieurs de nos habitudes de vie jouent sur les changements climatiques et d’essayer d’améliorer la situation. La simplicité vise à diminuer l’utilisation de l’automobile et même de l’avion. « Peu de gens sont au courant, mais l’avion est le moyen de transport le plus polluant. Un voyage en Europe, pour un seul des passagers, équivaudrait à voyager toute une année en voiture », soutient Mme Gariepy.

La réalisation de soi est aussi une raison qui mène quelqu’un à la simplicité volontaire. Diane Gariepy raconte que vers l’âge de 40-45 ans, il arrive souvent que des gens rejoignent le centre de simplicité volontaire pour se réorienter. Ils en ont assez de vivre une vie qu’ils n’aiment pas, seulement pour avoir une stabilité financière. Ils décident de se libérer de leurs nombreuses obligations et commencent à vivre leur vie de la manière qu’ils le veulent. En ce qui a trait à la santé, le déclic survient surtout après avoir frôlé la mort ou bien lorsque quelqu’un près de nous meurt. Tout comme avec l’épanouissement, les gens voient qu’ils doivent profiter de la vie et ce n’est pas en s’enfermant dans le travail qu’ils y arriveront.

Il est évident que les ressources de cette planète ne sont pas éternelles. Selon le site Internet du gouvernement du Québec au sujet du développement durable, « si chaque personne sur la terre consommait autant que nous le faisons en Amérique du Nord, ça prendrait les ressources de trois ou même cinq planètes comme la nôtre pour répondre aux besoins de tous les humains! »[1] Aussi, M. Mongeau, dans son livre La simplicité volontaire, plus que jamais, explique que « l’Amérique du Nord, qui compte seulement 6 % de la population mondiale, utilise de 40 % à 50 % des ressources naturelles mondiales »[2]. Bien que ces chiffres soient alarmants, peu de gens font réellement les efforts nécessaires pour changer quoi que ce soit. « Oui, l’environnement, on y pense, mais pourvu que ça ne trouble pas trop nos habitudes de vie », déclare Sandra Monette, étudiante en sciences humaines au Collège Lionel Groulx. Cette dernière explique que, dès son jeune âge, elle a été habituée à acheter plus que ce qu’elle avait réellement besoin. L’étudiante affirme qu’elle trouverait cela difficile d’arrêter de vivre comme elle le fait, même si elle est bien au courant de toutes les répercussions sur l’environnement.

« Nous sommes allés trop loin dans nos façons de simplifier la vie, affirme Serge Mongeau, cela a engendré beaucoup de problèmes autant du point de vue de la santé avec l’obésité, que dans le domaine environnemental avec le réchauffement planétaire. » Selon cet homme, la population devrait changer tout de suite ses habitudes de vie si elle ne veut pas être mal prise quand l’inévitable se produira.

Fait surprenant, « si nous vivions raisonnablement, nous aurions de quoi nourrir dix à onze milliards de personnes »[3], ce qui résoudrait du même coup le problème de la faim dans le monde!


[2] MONGEAU, Serge. La simplicité volontaire, plus que jamais…, éditions Écosociété, Montréal, 1998.

[3] Il y a près de 7 070 400 000 de personnes habitant sur Terre.

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Outch, Docteur ! La surconsommation fait mal !


Photographe : Anthony Di Benedetto

François Bouchard, docteur en chiropratique, prescrit aux adeptes de la surconsommation maladive, la pilule miracle : la simplicité volontaire. « J’aurais le choix, dans ma profession, de voir beaucoup de patients dans une journée, mais je choisis d’en voir moins et de passer plus de temps avec chacun. […] Comme je choisis volontairement de ne pas faire beaucoup d’argent pour avoir une qualité de soin et laisser une empreinte autour de moi qui, à mes yeux, fait grandir ma profession », affirme François Bouchard.

Muni de son baccalauréat en science et de son certificat en naturothérapie, François Bouchard embrasse intentionnellement, depuis de nombreuses années, la simplicité volontaire. Depuis son tout jeune âge, l’habitude de partager est un réflexe naturel et nécessaire à son bien-être, selon lui, puisqu’il est jumeau. « Ce mode de vie est une évidence pour moi! », dit-il avec authenticité.

« Vivre simplement, ce n’est pas vivre pauvrement », précise-t-il. À ses yeux, vivre dans la simplicité volontaire consiste à garder l’essentiel tout en éliminant le superflu. D’ailleurs, ce dernier souligne bien la différence entre la privation obligatoire et la simplicité volontaire. La privation étant toujours accompagnée d’un sentiment de manque intérieur, et la simplicité, d’un sentiment de liberté profonde.

« Acheter, c’est encourager une compagnie, c’est comme voter! », explique le Dr Bouchard, fidèle observateur du phénomène de surconsommation. En tant que consommateur averti, François Bouchard soutient que la surconsommation est étroitement liée au bonheur illusoire. Selon sa théorie du bien-être, l’être humain se doit de trouver l’équilibre, revenir à ses priorités et s’orienter vers l’essentiel : « Il faut réussir à trouver le bonheur dans les vraies choses… […] Si tu demandes à un enfant ce qui est le plus important dans sa vie, il répondra :  « Maman et papa, l’amour. » Si tu poses la même question à des personnes âgées qui font le bilan de leur vie, rares sont celles qui répondront ma Ferrari ou ma maison sur le bord de la plage. Mais entre l’enfance et l’âge d’or, il y a un moment dans la vie où l’on peut avoir tendance à oublier l’essentiel… »

Matériellement parlant, François Bouchard précise que lorsque l’on prône la simplicité, la volonté qui nous anime est étroitement liée à la conscience sociale, tout en allant bien au-delà de celle-ci. « Il faut vraiment le vouloir, affirme-t-il, il faut que cela vienne de soi… » Par ailleurs, le docteur en chiropratique déclare que l’Homme tend naturellement vers la simplicité volontaire, une réalité qu’il devra, tôt où tard, accepter : « Que tu sois physicien, chimiste, mathématicien ou biologiste, il y a des constantes universelles dans chaque science qui indiquent que la vie tend vers un équilibre. Après un déphasage, la vie tente de retrouver son centre. Au plan monétaire, il y a eu des déphasages, il y a eu la période des baby-boomeurs, où la possession de biens matériels était fortement valorisée. Il y avait beaucoup de possibilités, un manque de considération envers les ressources, surtout naturelles, et aujourd’hui on a une dette beaucoup plus importante associée à une population vieillissante. Graduellement, on devra revenir à l’essentiel… »

En tant qu’individu convaincu, le Dr Bouchard affirme qu’il contribue à l’éveil collectif à la simplicité volontaire de par l’exemple qu’il incarne au sein de sa profession, un métier communément dominé par le profit. Cet homme de conviction choisit volontairement de se démarquer afin d’inspirer les gens à atteindre un équilibre de vie. Selon lui, c’est par la voie de l’inspiration qu’un éveil collectif peut graduellement faire ses preuves.

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