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Étendard, lauréat du prix Gaston-Miron


Le 19 mars dernier, la revue artistique et littéraire du Cégep de Saint-Jérôme l’Étendard, publiée conjointement avec le Trouble-Tête, s’est faite attribuer le prix Gaston-Miron.

Ce prix est décerné chaque année à des personnes, des entreprises ou des organismes qui se distinguent par leur contribution à la promotion de la langue française sur le territoire des Laurentides.

C’est donc dans le cadre de la journée internationale de la Francophonie que La Société nationale des Québécoises et Québécois des Hautes-Rivières (SNQHR), la Société nationale des Québécoises et des Québécois, région des Laurentides (SNQL) et le Mouvement Québec français des Laurentides (MQFL) ont récompensé, lors d’un déjeuner causerie, la qualité des textes en français de la revue.

Antoine Drouin, impliqué depuis deux ans dans le comité de rédaction de l’Étendard, réagit à cette reconnaissance : « On est une revue étudiante. On ne fait pas ça à temps plein, on n’a pas beaucoup de ressources, on n’a pas de gens professionnels qui travaillent avec nous… On le fait du mieux qu’on peut, mais de voir que des étudiants puissent rivaliser avec des choses plus officielles et que notre travail est apprécié et reconnu, ça nous rend fiers. »

En effet, l’Étendard est réalisé par des étudiants du cégep sous la supervision de professeurs. Aussi, il rallie des textes provenant d’élèves désireux de s’exprimer et de voir leur travail complété et publié.

Le dernier numéro a été réalisé par les deux éditrices en chef Camélee Boisvert-Labelle et Laurence Plouffe-Cardinal, accompagnées du comité de rédaction regroupant Antoine Drouin, Ariane St-Hilaire, Maurane Arcand et Tristan Paquin.

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Et s’il vous restait un moment à vivre, le vivriez-vous pleinement ?


Présenté au cégep de Saint-Jérôme pour le prix collégial de cinéma québecois, qui se déroule du j’ai eu la chance d’assister à la projection de Juste la fin du monde de Xavier Dolan, grand prix du festival de Cannes 2016 et à celle de Prank, premier long métrage de Vincent Biron.
Le premier est l’adaptation de la pièce théâtrale signée Jean-Luc Lagarce, décédée en 1990 du sida. Le scénario se base sur Louis, dramaturge reconnu mondialement, qui revient après 12 ans d’absence voir sa famille, dans l’espoir d’annoncer qu’il va bientôt mourir.
Le second suit l’histoire du plus jeune garçon d’un groupe d’adolescent nommé Stefie et le vaguant entre son attirance pour Léa, la copine du leader, la flûte traversière et les « blagues filmées » que le groupe fait aux autres gens.

Regard comparé
Malgré des scénarios différents, les deux films appartiennent au genre dramatique (comédie-dramatique pour Prank) et soulignent un thème commun : l’émotion à travers le regard des autres.
Dans Juste la fin du monde, ce huis-clos est rythmé par le jeu théâtral des comédiens souligné à l’aide de multiples gros plans. La mise en scène place les personnages comme si ceux-ci se trouvaient sur scène. Presque tout le temps en groupe, les membres de la famille cherchent et réussissent à obtenir un moment pour être seuls avec Louis. Ironiquement, ce sont dans ces moments intimes que les personnages prennent conscience de la figure patriarcale de Louis, benjamin de la famille. À l’inverse, ce dernier n’obtient véritablement aucun moment de solitude pour révéler son lourd secret. Il est réduit à s’évader dans ses pensées, ressassant un amour maintenant perdu, qui semble être sa seule source de compagnie. Chacune de ces quatre rencontres se terminent avec un plan de Louis qui regarde à travers une fenêtre, ce même regard fuyant qui observait à travers le hublot de l’avion au début du film. L’homme est capable de voyager, même les pieds au sol, au contraire de tous les membres de sa famille, qui eux aussi rêvent de voyage.

Dans Prank, le jeune cinéphile Stefie voyage à travers les différentes histoires que son ami Jean-Sé lui raconte durant leurs séances de peinture. Armé de ses émotions, Stefie est inspiré par son collègue moitié philosophe, moitié artiste à se lancer dans une quête pour se rapprocher de Léa et s’opposer à son copain Martin. Malgré cette opposition d’âge et de valeurs entre les personnages, tous partagent un même point commun : ils aiment faire des pranks. Ceci est un style de vidéo qui a pour but de capturer le comportement des gens dans des situations bien précises. Ce format visuel se revendique idéal pour observer comment les personnes agissent lorsqu’ils ont conscience d’être filmées ou non. Entre autre, le terme « prank » réfère autant à l’expérience sociale, qu’au piège. Stefie est le plus jeune du groupe. Celui-ci souhaite rester avec ces individus, qui semblent être sa seule source de compagnie, mais le jeune garçon à conscience qu’ils n’appartiennent pas au même monde. L’adolescent se fait entraîner dans de nombreuses expériences de la vie. Il est amené à fumer pour la première fois, à avoir affaire aux forces de la loi, et de nombreuses autres choses qu’il n’imaginait pas faire. Au final, c’est Stefie qui est l’expérience sociale du film, lui qui pensait être le maître du jeu puisqu’il était le seul à avoir un appareil téléphonique pour filmer. Il se rendra compte, à la fin, qu’il est le dindon de la farce, capturé par les caméras du réalisateur, et par celle de son « ami ».

Et le gagnant est?

Les autres films en lice pour l’édition du prix collégial de cinéma 2017 sont Avant les rues de Chloé Leriche,  Les mauvais herbes de Louis Bélanger, et Manoir de Martin Fournier et Pier-Luc Latulipe. Ce dernier a été annoncé gagnant lors d’un café officiel par la réalisatrice Micheline Lanctôt. La soirée officielle se déroula le 24 mars.

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Le « Fuck Boy » ne serait-il pas en fait un « Faux Boy » ?


Qui peut se vanter de ne s’être jamais exclamé en apercevant un jeune homme déambuler dans la cafétéria du cégep casquette au vent, regard de renard en recherche de poules à dévorer, pantalons roulés et troués, cheveux et barbe parfaitement taillés, un sourire d’annonce de Crest : « Oh mon dieu, c’est un ​Fuck Boy! » 

Ce qualificatif peu flatteur signifie, dans le jargon des jeunes gens, « un homme qui a des relations sexuelles avec plusieurs femmes sans toutefois informer celles-ci qu’il ne souhaite que du sexe ». Avec une sexualité active vient aussi un style vestimentaire particulièrement influencé par les chanteurs et acteurs en vogue de notre génération.

Femmes, sexe, argent, jeunesse… Un grand classique du rêve américain qu’idolâtrent les mâles pubères qui souhaitent ardemment entrer dans un moule : « Dès l’enfance, les garçons autant que les filles se font inculquer des stéréotypes selon lesquels ils se doivent d’avoir une libido forte, d’être rude et distant avec les femmes et d’être en situation de pouvoir. Dans le cas où ils seraient doux et sensibles, ils se feraient catégoriser comme étant  » fifs  » ou  » tapettes  » », explique Danielle Bastien, professeure en psychologie au cégep de St-Jérôme. Sa collègue, Édith de la Sablonnière, rajoute que le phénomène de la bigorexie, qui est la dépendance excessive d’un être à l’activité sportive pour développer sa masse musculaire, est en hausse depuis quelques années chez les garçons qui sont obsédés par l’idée de plaire et de ressembler à leurs idoles.

Pourtant, selon un sondage effectué par ma propre personne sur 20 étudiants du cégep de St-Jérôme, garçons et filles confondus, être un Fuck Boy n’est pas très reluisant. En effet, les filles les qualifient de nuisances humaines qui dénigrent, utilisent et détruisent les femmes.

« Ils pensent qu’un trou c’t’un trou, sans se préoccuper de la personne », dit une étudiante de 18 ans.

Les garçons légèrement envieux, de leur côté, reconnaissent que ce n’est pas quelque chose de très glorieux, mais que c’est une sorte de statut.

Malgré tout, les garçons, en voyant leurs idoles encerclés de jeunes femmes aux seins et fesses rebondissants, se disent que c’est ce qu’ils doivent faire aussi, ce qu’ils doivent être, pour ne pas être rejetés de leurs pairs et faire partie de ce club malsain d’hommes qui contrent leur nature pour se mouler à celle qui leur est imposée par la société. Dans ce cas, ceux que l’on considère comme Fuck Boy ne seraient que les Faux Boys qui tentent à tout prix de ressembler à ceux qui plairaient selon eux.

Et si, pour changer, on oubliait les stéréotypes ? Et si on voyait quelqu’un comme étant seulement quelqu’un et pas un « nerd », un « douche bag », un « fuck boy », mais juste un humain ? Parce que ce n’est pas parce qu’il ne va pas au Sherman et qu’il ne s’entraîne pas qu’il n’est pas un véritable ​Fuck Boy.

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Intégrer la vie active sans culture ?


Comme l’alternative à la formation technique qui se fait en trois ans, le gouvernement semble favoriser une « politique du travail » au travers de diplômes professionnels, plus courts.

Sujet brûlant, la formation générale est au centre de questionnements qui tentent de déterminer si elle est nécessaire pour l’éducation du « futur travailleur ».

Cette pensée se traduit à travers le témoignage de certains élèves.

« Certaines matières de la formation générale pourraient être enlevées », affirme Raphaëlle Morin, étudiante en théâtre.

Mais les étudiants ne savent peut-être pas que cette formation générale peut être considérée comme une opportunité historique. Un bref retour dans le temps nous permet de le constater.

En 1960, l’éducation, auparavant responsabilité du clergé, devient une affaire d’État alors que le Parti libéral prend le pouvoir et entreprend « la grande charte de l’éducation, un ensemble de mesures pour améliorer l’éducation et la rendre accessible à tous, sans exception » comme nous pouvons le lire sur le site larévolutiontranquille.ca. Il s’agit d’une refonte complète du système d’éducation qui donnera lieu, notamment, à la création des écoles polyvalentes et des cégeps.

Créés en 1967 pour faciliter la transition entre le secondaire et l’université, les centres collégiaux offrent les formations « techniques » et « préuniversitaires », qui ont en commun la formation générale. Les élèves étudient la littérature, la philosophie, l’anglais, qui n’étaient enseignés que dans les anciens collèges classiques dirigés par le clergé.

Les « masses » peuvent désormais avoir le droit à une éducation complète qui était auparavant réservée aux élites ecclésiastiques dans le but de former une relève pour le clergé.

Entre 1967 et 1980, les cégeps ont connu une hausse constante de fréquentation. Le nombre d’élèves passe de 14 077, répartis dans 12 établissements collégiaux, pour aboutir à 117 318 répartis dans 48 établissements collégiaux.

La formation générale en péril ?

Toutefois, la formation générale ne se retrouve pas dans certaines formations qui sont le « Diplôme d’étude professionnel » (DEP), « l’attestation aux études professionnelles » (AEP) et « l’attestation aux études collégiales » (AEC).

Ces formations sont plus courtes afin que les diplômés puissent intégrer plus rapidement le marché du travail. Mais leur durée réduite est-elle faite pour faciliter et accélérer l’insertion de l’individu dans la vie active ou pour répondre à un besoin imminent de l’État ?

« L’AEC peut être liée à un Diplôme d’Études Collégial (DEC) de référence déjà existant, auquel cas les compétences rejoindront celles du programme en place ; ou elle peut être entièrement nouvelle, auquel cas les compétences seront développées à la lumière d’une analyse de la situation de travail et de ses besoins spécifiques. » précise l’Observatoire Régional Montréalais de l’enseignement supérieur (ORMES).

L’AEC, l’AEP et le DEP ne sont pas élaborés dans le devis ministériel, mais sont construits pour répondre à des pressions économiques et industrielles. Ils sont financés par les centres professionnels, les collèges, les entreprises ou la Ville, et peuvent obtenir de l’aide financière si le gouvernement les juge fiables et utiles. Si la formation générale est retirée, c’est pour amoindrir les coûts.

« D’une certaine manière, ce genre de formation est une solution à court terme à un problème momentané. C’est pour cette raison que les cours de formation générale sont supprimés, afin de pouvoir avoir accès à la main d’œuvre le plus rapidement possible », analyse Hugo Krasnopolski, ancien étudiant au Cégep de Saint-Jérôme.

Le principe de « professionnalisation » est l’adaptation d’un état et de sa population à un marché fluctuant. La « professionnalisation » se concentre « d’abord sur l’activité elle-même, bien sûr, mais aussi sur l’individu ou le groupe qui l’exerce », constatent les professeurs-chercheurs de l’ORMES.

Ces formations professionnelles profitent d’une formation pratique, comme dans le secteur technique : l’une gagne en popularité quand l’autre en perd. Ces formations professionnelles profitent d’une publicité qui les met en valeur. (voir en haut graphique Évolution de l’Effectif total en formation professionnelle (DEP, ASP, AFP) et technique (DEC, AEC,CEC, DPEC) ensemble du Québec de 2000-2001 à 2008-2009 , source : MELS, Direction de la recherche, des statistiques et des indicateurs (DRSI), graphique DGSDF, 2010.)

En effet, un finissant de secondaire 5 peut avoir à choisir entre une « AEC – Gestion de commerce » et ou la « Technique – Gestion de commerce ». Sur papier, ces formations semblent visiblement aboutir à la pratique du même métier. Certains étudiants n’ont pas d’intérêt pour la formation générale, ont de la difficulté dans ces matières ou souhaitent simplement aller le plus vite possible vers la vie active. Ceux-ci seront donc plus prompts à choisir la formation plus courte.

Les Villes s’adaptent aux enjeux économiques, mais alimentent surtout l’État. Car chaque année sont créées des AEC qui en remplacent d’autres selon les sessions d’hiver ou d’automne. Par exemple, la formation continue de Saint-Jérôme en proposait 5 à la session d’automne 2016 et 8 en hiver 2017, seulement.

Alors, le gouvernement semble prêt à couper la culture pour les formations « pratiques ».

Les formés satisfont donc leurs envies, à condition que celles-ci demeurent dans ce que propose l’État.

Ainsi, peut-on parler d’un processus d’obtention de « main d’œuvre » ? Le Québec se trouve-il finalement si chanceux d’avoir une formation générale « populaire » ?

« Actuellement, il est ironique de constater que le Parti libéral souhaite la supprimer, alors qu’il est à l’origine de l’éducation populaire », conclut Hugo Krasnopolski.

Théo est un hipster et adore lire Vice.

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Sugar Sammy, l’art de l’ambiguïté émotive !


 

Par Camille de la Sablonnière & Élisabeth Richer

 

Contrairement à la plupart des humoristes qui commencent leur carrière au Québec et qui se produisent sur la scène internationale, Sugar Sammy, de son vrai nom Sumir Khullar, amorce sa fructueuse carrière en Inde, et il se retrouve très vite sous les projecteurs des scènes aux quatre coins du monde.

 

Étant né à Montréal et ayant un coup de cœur pour le public québécois qu’il aime bien taquiner, Sammy décide de faire profiter la province de son humour sans ménagement. L’artiste reçoit le prix « Humoriste de l’année » deux années consécutives lors du gala Les Oliver. Son amour pour les Québécois semble donc assez réciproque.

 

Le samedi 18 octobre dernier, Sugar Sammy a produit, à la salle André Prévost de Saint-Jérôme, son spectacle En français SVP!, par ailleurs primé « Spectacle de l’année ».

 

Le DJ Keith Dean a préparé la foule bien avant le spectacle principal. Quelques-uns des grands succès des années 80-90 ont ainsi ciblé le public envisagé, bien que des gens de tous âges soient présents dans la salle.

 

Une fois la foule tonifiée, ce fut Stéphane Poirier, humoriste similaire à Sugar Sammy et à Guillaume Wagner, qui s’empara de la scène, abordant des sujets courants et utilisant efficacement des repères locaux, comme l’Aldo du Carrefour du Nord ou encore le Vieux-Shack…

 

Sugar Sammy, charmant, fut chaudement applaudi et il joua bien son rôle de teigne assumée, petits sourires en coin et humour près du racisme. Dans son spectacle En Français SVP!, le Montréalais aux origines indiennes taquine énormément les souverainistes, exploite les thématiques sexuelles et critique la culture populaire des Québécois. L’aspect cru et direct des blagues de Sammy chamboule les spectateurs, qui ne savent plus s’il faut être choqué ou rire aux éclats. Sammy, précisant souvent « ce sera pire plus tard », et s’amusant lui-même de ses propos, semble maître de l’effet ambivalent qu’il produit.

 

Fait notable : l’improvisation et l’interaction avec le public marquent efficacement la deuxième partie du spectacle. Ce stratagème fait que, d’une ville à l’autre, le spectacle reste aussi intéressant pour les admirateurs qui désirent y assister plus d’une fois.

 

Assurément, Sugar Sammy, qui n’est pas laid du tout, vous fera sortir de votre zone de confort, tout en vous faisant rire aux éclats.

 

Remerciements à En Scène, partenaire actif dans la formation continue des étudiants et des étudiantes en Journalisme et communications.

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Le COFFRET: offrir la clé de l’intégration


Par Jameson Worth

Le Canada est une terre d’accueil pour des immigrants des quatre coins du monde. Au Québec, la langue et la culture distinctes compliquent le processus d’intégration des immigrants, qui est encore plus ardu en régions. Situé dans un sous-sol d’église à Saint-Jérôme, le Coffret est un organisme dont la vocation est de faciliter le déracinement de ces nouveaux arrivants. Entrevue avec Omar Semrouni, coordonnateur au Coffret.

«Si nous reculons vingt ans en arrière, l’immigration dans les Laurentides existait peut-être, mais elle était beaucoup moins apparente», explique M. Omar Semrouni, coordonnateur de services pour le COFFRET (Centre d’orientation et de formation favorisant les relations ethniques traditionnelles) depuis plus de 20 ans. Ce n’est qu’aux alentours de 1995 qu’il remarque une stimulation de l’immigration, apportée par l’adoption de la Loi sur le ministère des Relations civique et de l’Immigration du Québec, dont l’approche faisait la promotion de la citoyenneté et du patrimoine commun. «Depuis ce temps-là, le pourcentage d’immigrants, surtout des hispanophones, a beaucoup augmenté dans les Laurentides».

Selon des statistiques du Ministère de l’Immigration et Communautés culturelles publiées en juillet 2013, la ville de Montréal a accueilli 206 994 immigrants de 2002 à 2011, dont 22 558 étaient des réfugiés. En contraste, dans la même période, la région des Laurentides a accueilli 7 531 immigrants, dont 867 étaient des réfugiés.

Bien que M. Semrouni reconnaisse l’attraction que la ville de Montréal exerce sur les immigrants, il note que la décision de s’installer dans les Laurentides plutôt que dans la métropole repose sur les pays de provenance des immigrants et l’accès aux services gouvernementaux de tous genres, comme l’aide à la recherche d’emploi, les services d’accueil et l’aide financière. «Les gens qui viennent des pays où tout a été centralisé dans les capitales ou les grandes villes préfèrent vivre à Montréal ou Laval. Par contre, ajoute-t-il, sachant que les services se donnent aussi en région, il y en a beaucoup qui veulent venir directement dans les Laurentides».

Il affirme aussi que l’Internet aide énormément en permettant aux gens de régler à distance leurs problèmes. Plus besoin, donc, de faire la file dans les bureaux surtout situés dans les grands centres. De plus, il constate que l’apparition de l’université à Saint-Jérôme est un service majeur qui évite d’avoir à faire la navette entre les Laurentides et Montréal.

De défi en défi

L’intégration des nouveaux arrivants est un processus compliqué qui diffère de cas en cas. «Un Colombien, par exemple, qui n’a pas un passé de réfugié, sera beaucoup plus habitué à gérer des cartes de crédits, des comptes bancaires et un cellulaire. Il s’intègre plus facilement», dit-il.

Pour les réfugiés de la Colombie, du Kosovo, du Bhoutan, de l’ex-Yougoslavie, du Rouanda et de Burundi, les principaux clients du Coffret, tout est différent. «Certains réfugiés ont passé leur temps dans des camps à ne faire que du bénévolat. Par conséquent, ils manquent d’expérience sur le marché du travail. D’autres ont peu de scolarité ou vivent avec des traumatismes suite à la violence, à la pauvreté extrême et à la malnutrition», explique-t-il, faisant référence aux conditions de vie souvent exécrables qu’ont dû subir les réfugiés avant de se déraciner pour de bon.

L’âge est aussi un facteur important dans l’intégration. «Un parent de 50 ou 60 ans aura plus de difficulté à s’intégrer qu’un enfant de dix ans», reconnait M. Semrouni. Malgré les défis, la bonne volonté de ses immigrants plus âgés leur permet de s’en sortir. «Il y en a beaucoup qui ont réussi à apprendre la langue et qui sont maintenant sur le marché du travail ou qui sont aux études».

L’amélioration des relations culturelles

Les relations culturelles sont d’une grande importance pour le Coffret. «Nous avons un comité culturel qui s’occupe d’organiser des activités sportives, éducatives et culturelles». L’événement le plus récent, les Journées de la Culture du 27 au 29 septembre, a vu la participation de plus de 350 personnes de toutes origines. De plus, les soupers communautaires gratuits, qui se donnent une fois par deux semaines dans le sous-sol de l’église, permettent aux citoyens plus démunis de Saint-Jérôme de se rassasier tout en ayant une certaine interaction avec les immigrants. Ces rencontres créent des liens et forment des communautés.

Le débat sur la charte des valeurs québécoises, qui vise la laïcité des organismes publics et la neutralité religieuse de l’État, demeure un sujet divisant au Québec. Comment ces enjeux sont-ils vécu par certains réfugiés, comme les Lhotsampas, qui ont dû fuir leur pays d’origine suite aux mesures mises en œuvre par le gouvernement du Bhoutan pour forcer leur acculturation? Selon Omar Semrouni, la Charte n’est pas un facteur qui influence le choix des immigrants de s’installer au Québec. «Généralement, un immigrant, surtout un réfugié, n’a pas le temps de songer à cela. Son objectif premier est de quitter l’endroit où il est pour chercher une meilleure qualité de vie ailleurs».

 

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Les étudiants invités à rencontrer Gilles Robert


La communauté du Cégep est invitée à rencontrer Gilles Robert, député sortant et candidat du Parti Québécois dans Saint-Jérôme, lors d’une causerie à l’auditorium, mercredi le 29 août à 12 h30. Sur un ton informel, ce sera l’occasion d’en savoir davantage sur la campagne électorale et ses enjeux comme l’éducation. De plus, Gilles Robert partagera son parcours marqué par l’enseignement de l’histoire et le journalisme. Cette activité est ouverte à toute la communauté du cégep, dans le cadre d’une collaboration des cours journalisme d’opinion (journalisme et communications) et Histoire du Québec (sciences humaines).

Gilles Robert en entrevue

Le Trouble-Tête présente une entrevue avec Gilles Robert, menée l’hiver dernier, par Sophie Dubois, étudiante en journalisme et communications. Rencontre avec un politicien qui a la réputation de ne pas avoir la langue dans sa poche…

Dans son plan de carrière, le député sortant, n’avait jamais pensé à se lancer en politique. Le destin en a décidé autrement puisqu’il est aujourd’hui le porte-parole officiel de l’opposition en matière de formation professionnelle et d’éducation aux adultes. Depuis 2 ans, Gilles Robert apporte un vent de fraîcheur à Saint-Jérôme. Celui-ci entretient un grand amour pour la ville.

Au début de sa carrière, Gilles Robert a couvert la politique pour L’Écho du Nord. Ensuite, l’homme de 56 ans a enseigné l’histoire jusqu’en 2007 à l’académie Lafontaine. «Mon rôle actuel au sein du Parti Québécois et mon bagage d’expériences sont intimement liés. C’est pourquoi l’éducation est un domaine qui me tient particulièrement à cœur», explique-t-il.

Le politicien aimerait voir les jeunes s’impliquer davantage en politique. Il est en faveur du retour des cours de vie politique dans les écoles secondaires. « Aux jeunes qui s’intéressent à la profession de politicien, je vous suggère d’être curieux, de suivre l’actualité, de ne pas avoir peur de défendre vos opinions, de soigner votre langue, mais surtout de garder la tête sur les épaules, car les électeurs le sentent quand tu as la tête enflée.» Il explique aussi qu’il est important de ne pas avoir deux discours. « De cette façon, on reste cohérent. »

Le député défend avec ferveur plusieurs causes. En première place : s’occuper de la langue française. Il déplore le non-respect de la loi 101 et estime qu’on devrait pouvoir se faire servir en français partout au Québec. Il dénonce aussi la pauvreté et le manque de logements sociaux flagrants qui sévissent dans la ville de Saint-Jérôme. Il ajoute : « Je donnerais plus d’outils aux enseignants et je valoriserais leur métier. L’enseignement est si peu valorisé aujourd’hui. »

Depuis le début de son mandat, Gilles Robert va à Québec pour participer à l’assemblée nationale trois jours par semaine. C’est pourquoi il possède dans son équipe deux attachés politiques et un adjoint administratif. Il se dit très bien entouré.

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Le printemps des étudiants


M. Gilles Robert et des étudiants (photographie de Camille Lafontaine)

Après le printemps arabe, sommes-nous entrés dans le printemps des étudiants québécois ?

La comparaison est excessive, n’empêche que le chiffre d’étudiants en grève afin de protester contre la hausse des droits de scolarité ne cesse de grimper. Cette semaine, le cap des 175 000 grévistes devrait être atteint.

En ce printanier lundi, 12 mars, avait lieu une manifestation régionale dans les rues jérômiennes. Des étudiants des cégeps de Saint-Jérôme, Mont-Laurier, Lionel-Groulx, l’Assomption et Édouard-Montpetit s’étaient unis afin de montrer leur mécontentement. D’après l’association générale étudiante de Saint-Jérôme (AGES), près de 250 personnes étaient présentes. L’objectif de cette manifestation d’environ deux heures était de montrer au gouvernement du Québec que les étudiants sont mobilisés, et ce, même en région.

Afin de faire passer leur message, les étudiants ont utilisé des mégaphones, des banderoles, des drapeaux et des tambours.

Les récentes controverses au sujet de la brutalité policière étaient évidemment encore présentes dans les esprits. Sur les lieux pour l’occasion, la brigade de policiers a assuré la sécurité des manifestants et des automobilistes. Un barrage policier avait été mis en place sur la rue De Martigny, artère principale du centre-ville, mais les policiers n’ont pas tardé à libérer la voie en raison des difficultés de circulation engendrées par les manifestants. « Si la police nous suit, c’est qu’elle nous appuie », scandaient de manière un peu dérisoire les cégépiens.

Les étudiants ont ensuite marché jusqu’au bureau du député Gilles Robert (PQ), qui s’est vu offrir un carré rouge, symbole de solidarité avec les luttes étudiantes.  Un étudiant averti lui a fait remarquer que son propre parti avait tenté d’augmenter les droits de scolarité en 1996. Un peu plus tôt lundi matin, Monsieur Robert avait reçu les porte-parole de la manifestation contre la brutalité policière, qui s’est déroulée le 9 mars, à Saint-Jérôme. Lors de cette rencontre matinale, il s’est dit prêt à porter leur message à l’Assemblée nationale. Il s’est également prononcé contre la hausse des droits de scolarité qui est, selon lui, une mesure antisociale.

 

Photographie de Camille Lafontaine

La marche de l’après-midi s’est conclue par des discours d’étudiants et de riverains appuyant ce mouvement de grève.

Le discours de la ministre de l’Éducation, Mme Line Beauchamp, reste inchangé, mais les étudiants demeurent confiants et comptent bien accentuer la pression sur le gouvernement Charest.

Les étudiants espèrent bien attirer d’autres partisans lors des prochaines grandes manifestations à venir. Notez notamment que le 19 mars aura lieu, à Québec, une manifestation des  « Profs contre la hausse », Les funérailles de l’accessibilité aux études supérieures, sans oublier le grand rendez-vous « Ensemble, on marche contre la hausse » qui se déroulera le 22 mars à la Place du Canada, à Montréal.

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Belle partie pour les Cheminots


Les Cheminots se sont inclinés face aux Voltigeurs du cégep de Drummondville, dimanche dernier, lors d’une journée digne de l’été indien. L’équipe jérômienne n’a pourtant jamais baissé les bras et ne s’est fait devancer que par un seul touché. Cette partie se retrouve sans conteste dans le palmarès des plus belles parties que l’équipe n’ait jamais jouées.

La première demie s’amorce avec un botté d’envoi des Voltigeurs. Les Cheminots prennent possession du jeu, mais toutes leurs tentatives sont bloquées et ils se voient obligés de dégager le ballon à leur tour. Très rapidement, les Voltigeurs rejoignent la zone des buts et, seulement 7 minutes 20 secondes après le début du match, ils réussissent un premier touché, ainsi que la transformation le suivant. Plus ou moins en contrôle depuis le début du match, les Jérômiens passent en mode attaque et, malgré un premier essai renfrogné, reprennent leurs esprits. Emmanuel Moreau (numéro 34) fait gronder les partisans des Cheminots quand il effectue un gain de 73 verges, menant ainsi l’équipe dans la zone des buts de l’adversaire. Les Voltigeurs obtiennent une pénalité et permettent aux Cheminots d’avancer davantage. La défensive drummondvilloise ne laisse pourtant aucune chance à son rival. C’est sur un jeu au sol qu’Alexandre Bouvrette (numéro 32) marque un touché pour les Cheminots. La transformation est, par contre, ratée, ce qui mène le pointage à 7-6. Dans les jeux qui suivent, les Voltigeurs reçoivent des pénalités successives pour rudesse et retenue ce qui empêche l’équipe d’avancer. Lors de leur troisième essai, Alex Blanchette (numéro 52) parvient à rabattre la passe et les Voltigeurs se voient obligés d’accorder un touché de sûreté aux Jérômiens. La marque est désormais de 8 à 7, en faveur des Cheminots.

Le deuxième quart s’entame avec éclat lorsque, quelques minutes après le début du match, Olivier Aubin (numéro 94), joueur défensif des Cheminots, effectue un sac du quart et force les Voltigeurs à dégager la balle. À partir de ce moment, les Cheminots prennent le volant et maîtrisent le jeu de l’adversaire, autant offensivement que défensivement. Le match prend un rythme effréné grâce à des joueurs comme Emmanuel Moreau (numéro 34), Jimmy Rainville (numéro 28) et Alexandre Bouvrette (numéro 32). Les Jérômiens effectuent un botté de placement qui leur vaut deux points supplémentaires. À chaque fois qu’ils récupèrent le ballon, les Voltigeurs le perdent aussitôt. Par contre, suite à un gain de 15 verges accompli par Dave Emond (numéro 89), le ballon est intercepté par les Drummondvillois. Coup sur coup, les Cheminots interceptent à leur tour, exploit réalisé par Jordan Legoupil (numéro 35), et terminent la première demie en ajoutant au tableau d’affichage deux points additionnels, donc 14 à 7. C’est la première fois que les Cheminots mènent une partie après la première moitié.

Malheureusement pour l’équipe jérômienne, le retour au jeu se fait difficilement, puisqu’elle obtient une pénalité pour rudesse, octroyant 15 verges de supériorité aux Voltigeurs, ce qui leur permet d’égaliser la marque. Ils effectuent, ensuite, un botté suffisant pour leur ajouter un autre point. Les Cheminots, un peu désarçonnés par l’allure du troisième quart, se voient devancés par l’équipe drummondvilloise quand elle effectue un touché supplémentaire. Le pointage est maintenant de 22 à 14. Pendant le reste du match, les Cheminots tentent de rattraper leur retard, mais la défensive requinquée des Voltigeurs ne leur permet pas. Le reste de la partie est truffé de punitions et de conduite antisportive perpétrées par les Voltigeurs, mais ignorées par les officiels, ce qui rend la partie infernale pour les Jérômiens. Les Drummondvillois concèdent un simple aux Cheminots. Le match se termine avec la marque de 22 à 15, en faveur des Voltigeurs.

Pourtant, on ne peut ignorer l’amélioration dont font preuve les Cheminots, de match en match. Souvenons-nous que cette équipe, une équipe digne du Bol d’or, dit-on, n’a devancé Saint-Jérôme que par un seul touché…preuve indubitable du perfectionnement constant des Cheminots.

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Les Cheminots marquent leur plus gros score


Saint-Jérôme − Les Cheminots ont affiché leur plus gros score à la suite du match contre les Triades du cégep de Lanaudière, dimanche le  2 octobre. Le score de 33 des Jérômiens atteste indéniablement que les Cheminots prennent de l’assurance et de l’expérience. Rappelons que la formation entame sa deuxième année d’existence, et qu’elle a connu sa première victoire à vie il y a à peine un mois.

Les Cheminots se sont néanmoins inclinés 47 à 33 contre les Triades. Retour sur un un match joué sous une pluie battante et dans le froid, des conditions météo qui ont certainement exigé une endurance héroïque.

La partie à peine commencée, les Triades assènent un coup dur aux Cheminots en exécutant un premier touché, ils prennent alors l’avantage de la partie avec une avance de 7 points. Les Cheminots reprennent possession du ballon. Plusieurs jeux concluants se succèdent et l’équipe jérômienne contre-attaque en marquant un touché qui mène la marque à égalité, manoeuvre effectuée par le porteur de ballon Emmanuel Moreau (34).

Toutefois, quand les Triades reprennent le ballon à leur tour, les passes précises du quart arrière leur permettent d’accentuer leur avance avec un deuxième touché. Les Cheminots ripostent et marquent, à leur tour, un deuxième touché. La transformation d’après touché est ratée, le pointage est de 14 à 13.

Le deuxième quart se poursuit sur la même note. Les Triades effectuent un touché qui agrandit l’écart entre les deux équipes. La marque est portée à 21 à 13. Les Cheminots tentent d’égaliser en effectuant de nombreux gains, mais le temps leur manque. La première demie prend fin.

Le retour au jeu se fait avec une allure effrénée. Les Triades effectuent un touché et mènent la marque à 28-13. Les Cheminots, s’acharnent pour gagner des points. Leur labeur porte fruit quand Emmanuel Moreau (34) réalise un touché avec facilité vu la fluidité du jeu effectué. On gagne des points chez les Jérômiens.

La fin du jeu est un enchevêtrement de punitions et d’erreurs de la part des joueurs des deux équipes. Les Cheminots rejoignent de près les Triades en obtenant un troisième touché, exécuté par Jean-Philippe Paradis Lauzon (80). Sans perdre de temps, les Triades réussissent un cinquième touché, les Cheminots reprennent le ballon, mais le perdent rapidement.

C’est grâce à une interception spectaculaire de la part d’Alexis Demers, transférée à Olivier Aubin, à la façon d’un match de rugby, que les Jérômiens parviennent à se rapprocher de la zone des buts des Triades. Olivier Aubin (94) accomplit le quatrième touché de l’équipe. Pour répondre à l’attaque des Cheminots, les Triades franchissent le terrain à une grande vitesse et ajoutent un touché à leur fiche. Le match se termine sur une interception de la défense des Triades contre les Cheminots, ce qui mène la marque finale à 47 à 33.

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