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Le « Fuck Boy » ne serait-il pas en fait un « Faux Boy » ?


Qui peut se vanter de ne s’être jamais exclamé en apercevant un jeune homme déambuler dans la cafétéria du cégep casquette au vent, regard de renard en recherche de poules à dévorer, pantalons roulés et troués, cheveux et barbe parfaitement taillés, un sourire d’annonce de Crest : « Oh mon dieu, c’est un ​Fuck Boy! » 

Ce qualificatif peu flatteur signifie, dans le jargon des jeunes gens, « un homme qui a des relations sexuelles avec plusieurs femmes sans toutefois informer celles-ci qu’il ne souhaite que du sexe ». Avec une sexualité active vient aussi un style vestimentaire particulièrement influencé par les chanteurs et acteurs en vogue de notre génération.

Femmes, sexe, argent, jeunesse… Un grand classique du rêve américain qu’idolâtrent les mâles pubères qui souhaitent ardemment entrer dans un moule : « Dès l’enfance, les garçons autant que les filles se font inculquer des stéréotypes selon lesquels ils se doivent d’avoir une libido forte, d’être rude et distant avec les femmes et d’être en situation de pouvoir. Dans le cas où ils seraient doux et sensibles, ils se feraient catégoriser comme étant  » fifs  » ou  » tapettes  » », explique Danielle Bastien, professeure en psychologie au cégep de St-Jérôme. Sa collègue, Édith de la Sablonnière, rajoute que le phénomène de la bigorexie, qui est la dépendance excessive d’un être à l’activité sportive pour développer sa masse musculaire, est en hausse depuis quelques années chez les garçons qui sont obsédés par l’idée de plaire et de ressembler à leurs idoles.

Pourtant, selon un sondage effectué par ma propre personne sur 20 étudiants du cégep de St-Jérôme, garçons et filles confondus, être un Fuck Boy n’est pas très reluisant. En effet, les filles les qualifient de nuisances humaines qui dénigrent, utilisent et détruisent les femmes.

« Ils pensent qu’un trou c’t’un trou, sans se préoccuper de la personne », dit une étudiante de 18 ans.

Les garçons légèrement envieux, de leur côté, reconnaissent que ce n’est pas quelque chose de très glorieux, mais que c’est une sorte de statut.

Malgré tout, les garçons, en voyant leurs idoles encerclés de jeunes femmes aux seins et fesses rebondissants, se disent que c’est ce qu’ils doivent faire aussi, ce qu’ils doivent être, pour ne pas être rejetés de leurs pairs et faire partie de ce club malsain d’hommes qui contrent leur nature pour se mouler à celle qui leur est imposée par la société. Dans ce cas, ceux que l’on considère comme Fuck Boy ne seraient que les Faux Boys qui tentent à tout prix de ressembler à ceux qui plairaient selon eux.

Et si, pour changer, on oubliait les stéréotypes ? Et si on voyait quelqu’un comme étant seulement quelqu’un et pas un « nerd », un « douche bag », un « fuck boy », mais juste un humain ? Parce que ce n’est pas parce qu’il ne va pas au Sherman et qu’il ne s’entraîne pas qu’il n’est pas un véritable ​Fuck Boy.

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Intégrer la vie active sans culture ?


Comme l’alternative à la formation technique qui se fait en trois ans, le gouvernement semble favoriser une « politique du travail » au travers de diplômes professionnels, plus courts.

Sujet brûlant, la formation générale est au centre de questionnements qui tentent de déterminer si elle est nécessaire pour l’éducation du « futur travailleur ».

Cette pensée se traduit à travers le témoignage de certains élèves.

« Certaines matières de la formation générale pourraient être enlevées », affirme Raphaëlle Morin, étudiante en théâtre.

Mais les étudiants ne savent peut-être pas que cette formation générale peut être considérée comme une opportunité historique. Un bref retour dans le temps nous permet de le constater.

En 1960, l’éducation, auparavant responsabilité du clergé, devient une affaire d’État alors que le Parti libéral prend le pouvoir et entreprend « la grande charte de l’éducation, un ensemble de mesures pour améliorer l’éducation et la rendre accessible à tous, sans exception » comme nous pouvons le lire sur le site larévolutiontranquille.ca. Il s’agit d’une refonte complète du système d’éducation qui donnera lieu, notamment, à la création des écoles polyvalentes et des cégeps.

Créés en 1967 pour faciliter la transition entre le secondaire et l’université, les centres collégiaux offrent les formations « techniques » et « préuniversitaires », qui ont en commun la formation générale. Les élèves étudient la littérature, la philosophie, l’anglais, qui n’étaient enseignés que dans les anciens collèges classiques dirigés par le clergé.

Les « masses » peuvent désormais avoir le droit à une éducation complète qui était auparavant réservée aux élites ecclésiastiques dans le but de former une relève pour le clergé.

Entre 1967 et 1980, les cégeps ont connu une hausse constante de fréquentation. Le nombre d’élèves passe de 14 077, répartis dans 12 établissements collégiaux, pour aboutir à 117 318 répartis dans 48 établissements collégiaux.

La formation générale en péril ?

Toutefois, la formation générale ne se retrouve pas dans certaines formations qui sont le « Diplôme d’étude professionnel » (DEP), « l’attestation aux études professionnelles » (AEP) et « l’attestation aux études collégiales » (AEC).

Ces formations sont plus courtes afin que les diplômés puissent intégrer plus rapidement le marché du travail. Mais leur durée réduite est-elle faite pour faciliter et accélérer l’insertion de l’individu dans la vie active ou pour répondre à un besoin imminent de l’État ?

« L’AEC peut être liée à un Diplôme d’Études Collégial (DEC) de référence déjà existant, auquel cas les compétences rejoindront celles du programme en place ; ou elle peut être entièrement nouvelle, auquel cas les compétences seront développées à la lumière d’une analyse de la situation de travail et de ses besoins spécifiques. » précise l’Observatoire Régional Montréalais de l’enseignement supérieur (ORMES).

L’AEC, l’AEP et le DEP ne sont pas élaborés dans le devis ministériel, mais sont construits pour répondre à des pressions économiques et industrielles. Ils sont financés par les centres professionnels, les collèges, les entreprises ou la Ville, et peuvent obtenir de l’aide financière si le gouvernement les juge fiables et utiles. Si la formation générale est retirée, c’est pour amoindrir les coûts.

« D’une certaine manière, ce genre de formation est une solution à court terme à un problème momentané. C’est pour cette raison que les cours de formation générale sont supprimés, afin de pouvoir avoir accès à la main d’œuvre le plus rapidement possible », analyse Hugo Krasnopolski, ancien étudiant au Cégep de Saint-Jérôme.

Le principe de « professionnalisation » est l’adaptation d’un état et de sa population à un marché fluctuant. La « professionnalisation » se concentre « d’abord sur l’activité elle-même, bien sûr, mais aussi sur l’individu ou le groupe qui l’exerce », constatent les professeurs-chercheurs de l’ORMES.

Ces formations professionnelles profitent d’une formation pratique, comme dans le secteur technique : l’une gagne en popularité quand l’autre en perd. Ces formations professionnelles profitent d’une publicité qui les met en valeur. (voir en haut graphique Évolution de l’Effectif total en formation professionnelle (DEP, ASP, AFP) et technique (DEC, AEC,CEC, DPEC) ensemble du Québec de 2000-2001 à 2008-2009 , source : MELS, Direction de la recherche, des statistiques et des indicateurs (DRSI), graphique DGSDF, 2010.)

En effet, un finissant de secondaire 5 peut avoir à choisir entre une « AEC – Gestion de commerce » et ou la « Technique – Gestion de commerce ». Sur papier, ces formations semblent visiblement aboutir à la pratique du même métier. Certains étudiants n’ont pas d’intérêt pour la formation générale, ont de la difficulté dans ces matières ou souhaitent simplement aller le plus vite possible vers la vie active. Ceux-ci seront donc plus prompts à choisir la formation plus courte.

Les Villes s’adaptent aux enjeux économiques, mais alimentent surtout l’État. Car chaque année sont créées des AEC qui en remplacent d’autres selon les sessions d’hiver ou d’automne. Par exemple, la formation continue de Saint-Jérôme en proposait 5 à la session d’automne 2016 et 8 en hiver 2017, seulement.

Alors, le gouvernement semble prêt à couper la culture pour les formations « pratiques ».

Les formés satisfont donc leurs envies, à condition que celles-ci demeurent dans ce que propose l’État.

Ainsi, peut-on parler d’un processus d’obtention de « main d’œuvre » ? Le Québec se trouve-il finalement si chanceux d’avoir une formation générale « populaire » ?

« Actuellement, il est ironique de constater que le Parti libéral souhaite la supprimer, alors qu’il est à l’origine de l’éducation populaire », conclut Hugo Krasnopolski.

Théo est un hipster et adore lire Vice.

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Oui aux Forces armées mais…


Les médailles de Léo Major, un héros de guerre québécois dont on parle peu au Québec. Photo disponible sur Wikimedia Commons.

Selon un sondage Léger Marketing de 2010,  42 % des Québécois se disaient fiers des réalisations des Forces armées canadiennes comparativement à près de 60 % dans le reste du pays.

Même si ces chiffres montrent que les Québécois sont plutôt distants vis-à-vis les Forces armées canadiennes, cela ne signifie pas pour autant qu’ils soient réfractaires à tout ce qui est militaire.

«C’est plutôt l’utilisation que les gouvernements font des Forces armées qui est critiquée», explique Alec Castonguay, chef du bureau politique du magazine L’actualité et spécialiste en matière de défense nationale.

En effet, les Québécois, comme dans le reste du Canada d’ailleurs, respectent énormément les militaires et ont en général une perception positive de leur travail. «Mais lorsque leurs missions deviennent moindrement offensives, les Québécois sont davantage sur leur garde», ajoute le spécialiste.

Alec Castonguay juge que cette distance face à l’armée relève d’un contexte historique. Les conscriptions des deux guerres mondiales et l’arrivée des chars d’assaut dans la ville de Montréal pour chasser le Front de Libération du Québec (FLQ) lors de la crise d’Octobre de 1970 auraient grandement contribué au «traumatisme social».

«Il y a quelque chose qui s’est brisé dans la confiance que les Québécois avaient en l’institution militaire», ajoute Castonguay.

La guerre des autres

Il y a aussi le fait que les guerres étaient celles des autres et que les Québécois ne se sentaient pas concernés. Annick Labelle, enseignante du cours Guerres et conflits au secondaire, estime que la raison pour laquelle le Québec est moins favorable à la question militaire c’est qu’il ne désire pas participer à des conflits qui ne le regardent pas directement.

«Le grand-père de mon amoureux s’était caché dans le bois et avait changé de nom pour ne pas participer à la guerre», témoigne l’enseignante. Elle ajoute que «l’histoire a vu les Anglais et les Français combattre entre eux à de nombreuses reprises», et ceci expliquerait le malaise des Québécois à participer aux guerres anglaises.

Mme Labelle soutient également que le patriotisme des Québécois envers le Canada est moins fort que dans le reste du pays. À cet égard, Miguel Tremblay, physicien de formation, candidat d’Option nationale lors des élections de 2012 et passionné d’histoire, se désole du manque d’héros militaires dans l’imaginaire québécois.

« On dirait qu’au Québec, il y a un refus d’accepter son passé militaire », déplore Miguel Tremblay.

Pour appuyer ces propos, il raconte l’histoire de Léo Major, soldat québécois qui à lui seul, a libéré la ville de Zwolle au Pays-Bas durant la Seconde Guerre mondiale. L’homme est totalement inconnu au pays tandis qu’en Europe, il est une vraie légende.

Un Rambo québécois

Il est notamment l’un des trois seuls soldats du Commonwealth et le seul Canadien à avoir reçu deux médailles de conduites distinguées, soit la deuxième décoration britannique en importance. «Ce n’est pas pour rien qu’il est surnommé le Rambo québécois.»

«Il faut collectivement se réapproprier notre passé militaire pour arrêter de se considérer tel que des victimes», souligne M. Tremblay. À ce sujet, il se demande pourquoi il est toujours question du côté négatif de l’histoire de la guerre dans le programme d’éducation au Québec. «Nous aussi avons des personnages illustres et Léo Major est l’un d’entre eux. Il faut reprendre en main son passé pour appréhender le futur», lance-t-il.

Selon lui, dans un Québec souverain, il n’y aurait plus de malaise, car ce ne serait plus «l’affaire des Anglais». Il explique que les missions seraient choisies «par les Québécois pour les Québécois».

Protéger et servir

Jacques Girard, ex-technicien en aviation pour les Forces aériennes du canada, affirme de son côté, qu’il a vécu les plus beaux moments de sa vie dans les forces. «Si c’était à refaire, je m’enrôlerais demain matin sans la moindre hésitation.» Pour lui, le métier de soldat en est un comme un autre.

Ce sergent, qui a quitté le métier après 25 ans de service par amour pour sa conjointe lasse de voyager de bases en bases, dit que l’armée canadienne a une excellente réputation au niveau international. «Lorsque je servais en Allemagne, nous étions reçus comme des rois.»

L’ancien militaire se rappelle entre autres d’un commis de magasin bête à son endroit parce qu’il croyait qu’il était Américain. «Je lui ai montré mon passeport canadien et son attitude a immédiatement changé», dit-il en riant. Le technicien raconte que contrairement aux troupes américaines, les Canadiens n’ont pas une attitude «d’envahisseurs», ils se considèrent comme étant des invités.

Sur ce point, Alec Castonguay se souvient que lorsqu’il était en Afghanistan pour couvrir le conflit sur le terrain, les soldats des Forces du Canada tentaient d’établir une relation de confiance avec les populations locales. «Ils construisaient des puits pendant que les Américains arrivaient avec une attitude de dominants sur leurs chars d’assaut.»

Soutenir les vétérans

Selon un document rédigé par l’armée canadienne, il y a eu 68 suicides chez les hommes de la Force régulière de 2010 à 2014 contre 50 entre 2005 et 2009. «C’est très tabou pour un soldat de dire qu’il a subi un stress post-traumatique et c’est pour ça qu’il faut changer les mentalités», explique le chef du bureau politique au magazine L’actualité.

Ce dernier croit que ce n’est pas par manque de volonté de la part du gouvernement que les résultats ne sont pas satisfaisants. «La guerre en Afghanistan a fait grimper les chiffres concernant le nombre de soldats ayant besoin de soins physiques et mentaux. Il y a simplement eu un manque au niveau de l’adaptation du ministère.»

Annick Labelle juge quant à elle que l’on peut et que l’on doit en faire beaucoup plus pour nos vétérans qui reviennent du front. «Il n’y a pas assez de programmes à long terme pour soutenir nos soldats et leur famille», dit-elle.

«Des pommes pourries»

Concernant le récent rapport sur les agressions sexuelles, le journaliste estime que l’armée doit réagir pour éviter de nuire à sa réputation à long terme. «Certaines choses doivent changer», dit M. Castonguay.

Celui qui a fait réagir grâce à un reportage d’enquête sur le sujet, dans lequel on apprend que cinq personnes par jour sont agressées sexuellement dans les Forces, croit que l’enrôlement des femmes dans l’armée pourrait diminuer. « L’armée est un milieu très masculin, très testostérone et donc, ce rapport va être néfaste à la perception que les femmes ont du métier.»

En tant qu’ancien militaire, Jacques Girard se désole de la situation. «Je suis extrêmement déçu des Forces et de la loi du silence qu’on retrouve dans l’institution. Comme partout ailleurs, il y a des pommes pourries.»

 

 

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Première Coupe du monde de ski de fond au Québec


S’il y avait un évènement à ne pas manquer pour les amateurs de sports, c’était bien la première coupe du monde de ski de fond en Amérique. Le 7, 8 et 9 décembre, la ville de Québec a accueilli les meilleurs fondeurs du monde en vue des épreuves de  sprint.

Le 7 et le 8 décembre a eu lieu respectivement le sprint par équipe et le sprint individuel auxquels ont participé 150 athlètes de 17 pays dans une atmosphère emballée. Une foule cosmopolite de plusieurs milliers de personnes était rassemblée devant le parlement pour encourager leur favori. Alex Harvey et Devon Kershaw, détenteurs de la première médaille d’or Canadienne en ski de fond lors de la dernière coupe du monde, étaient présents.

Interrogé par un membre de l’organisation de la coupe du monde, Alex Harvey a affirmé être «fébrile» à la vue de cette course : « Je suis excité de montrer ma ville à tout le monde », a-t-il dit. Devon Kershaw était aussi très enthousiaste face à cette nouvelle compétition : « C’est tellement trippant de compétitionner tout près de chez moi. En plus, comme Alex Harvey est un pseudo-dieu au Québec, ça va être un vrai zoo. En tant qu’athlète, ce sera une expérience extraordinaire.»

Résultats

Chez les hommes, le Suisse Emil Joensson a décroché la médaille d’or du sprint individuel alors que Denis Volotka et Nikolay Chebotko, du Kazakhstan, ont remporté l’or en sprint par équipe. Chez les dames, les Américaines Jessica Diggins et Kikkan Randall ont dominé la course en sprint par équipe. Notons que Kikkan Randall en a mis plein la vue en gagnant également la médaille d’or en sprint individuel.

La chance n’était pas aux rendez-vous chez les canadiens puisque, lors de l’avant dernier tour de la finale du sprint par équipe, Alex Harvey a chuté lorsque son ski a percuté une clôture. Malgré son désir de « vengeance », il n’a pas pu atteindre les demi-finales, la journée suivante, lors des épreuves de sprint individuel. En ce qui concerne, les favoris de l’équipe canadienne, au classement cumulatif du sprint individuel, la médaillée d’or aux jeux olympiques de Turin, Chandra Crawford est arrivée 32e ; Devon Kershaw, 34e ; Daria Gaiazova, 41e, et Len Valjas, 46e.

Première expérience

« C’était vraiment grisant », a commenté Cendrine Brown à propos de sa première expérience en coupe du monde. Athlète québécoise native de Saint-Jérôme, elle fait partie du Club des Fondeurs des Laurentides. Selon elle, malgré la neige artificielle qui faisait office de piste, les conditions étaient favorables à une bonne glisse. Selon La Presse canadienne, Camille Pépin, de Sorel, Gabrielle Lemire, de Québec et Raphaël Couturier, de Lévis en étaient aussi à leur première expérience.

Rappel historique

Lors de la dernière coupe du monde, située à Oslo en Norvège, Alex Harvey et Devon Kershaw avaient offerts au Canada sa première médaille d’or en sprint par équipe. Selon Simon Drouin, du journal La Presse, c’est grâce à un « sprint anthologique » qu’Alex Harvey a pu dépasser son rival norvégien Ola Vigen Hattestad de dix centièmes de seconde pour atteindre l’or.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Silence, ça cuit!


S.O.S. santé, Kampaï! À votre santé, Maigrir ou mourir, Solutions gourmandes à moins de 5 $, Qu’est-ce qui mijote? Qui perd gagne, Ricardo, Kilos mortels… Nous sommes bombardés d’émissions télévisuelles qui nous incitent à nous responsabiliser en ce qui a trait à notre santé et notre bien-être. Que ce soit des chefs réputés ou des personnalités connues qui nous présentent comment concocter de petits plats santé, ou des entraîneurs qui changent la vie de personnes obèses en leur créant un programme d’entraînement, les émissions télévisées qui visent à nous faire retrouver la santé sont assurément très tendance!
Est-ce que les gens s’inspirent vraiment de ces émissions afin de changer leurs habitudes au quotidien? Est-ce qu’ils mettent réellement en pratique les recettes et les conseils qu’on y retrouve? Ou est-ce qu’ils sont davantage irrités d’entendre les animateurs leur dire comment faire cuire leur poulet et comment perdre leur excès de poids? Seulement une petite portion des téléspectateurs expérimentent les trucs présentés pour maintenir ou atteindre une bonne santé. « J’écoute rarement ces émissions, il faudrait qu’elles soient plus divertissantes, qu’il y ait de l’animation et un but à tout ça. Quand j’en écoute, c’est vraiment parce qu’il n’y a rien de plus intéressant sur les autres chaînes, ce qui arrive rarement! », raconte Camille Berardelli, jeune étudiante en gestion de commerce. Les gens sont bien assis sur leur divan et écoutent une émission qui leur permet de voir l’évolution d’une personne obèse qui s’entraîne et tente de bien manger afin de retrouver la forme… Suis-je la seule à trouver tout ça contradictoire? Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas ainsi que leurs habitudes de vie changeront! « Je regarde parfois ces émissions, mais je n’essaie jamais les trucs, parce que ça me passe par la tête et ensuite j’oublie. Je me dis que c’est une bonne idée, que je devrais essayer un jour, ou que les enfants aimeraient ça, mais je n’y pense plus lorsque c’est le temps de cuisiner », raconte Hélène Varin, mère de deux enfants.

Par contre, nous ne devons pas minimiser l’effet que peut avoir ce genre de programmes sur les comportements des téléspectateurs, que ce soit d’un point de vue conscient ou inconscient. Nous sommes tous influencés de façon collective. Il y a 30 ans, les repas qui étaient servis dans les foyers québécois n’étaient pas très variés et ne respectaient pas les principes d’une bonne alimentation. Peu à peu, les gens ont changé leurs habitudes de consommation alimentaire: « En 2004, la proportion de personnes qui consommaient au moins cinq portions de légumes et de fruits se chiffrait à 61 % alors qu’en 1990, elle s’élevait à 43 % chez les individus de 18 ans et plus. On peut donc noter une amélioration appréciable […] le lait frais que privilégient les Québécois est moins gras ; les laits contenant 2 % et 1 % de matières grasses sont maintenant les plus populaires », note le rapport de La consommation alimentaire et les apports nutritionnels des adultes québécois, rédigé par l’Institut National de Santé publique du Québec.

Les matins de semaine, il est presque impossible de ne pas « tomber » sur une émission de cuisine. Est-ce dans le but de cibler les mères au foyer ou plutôt parce que c’est le moment de la semaine où il y a le moins d’auditeurs et que les producteurs doivent trouver des émissions pour combler les trous dans l’horaire? Je crois que ces programmes, bien qu’ils aient le potentiel d’entraîner les gens à faire plus attention à leur santé, ne captent pas vraiment l’attention du public. On peut les écouter d’une oreille distraite, mais ces émissions sont rarement au sommet des cotes d’écoute. En effet, selon les sondages BBM, qui ont été faits du 13 au 19 février 2012, les émissions de cuisine et de santé ne font pas partie du top 30 des émissions québécoises les plus populaires. Star Académie se retrouve en première place, Tout le monde en parle est à la 7e position, Trauma occupe la 19e place. Il y a par contre une exception, celle de la téléréalité Un souper presque parfait qui se trouve à la 30e position, mais celle-ci a davantage pour but de divertir et non de proposer de nouvelles options culinaires. Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire qu’il écoute religieusement une émission de cuisine, semaine après semaine, dans le but de rester en forme ou d’améliorer sa santé. Hasard? Je ne crois pas.

Cependant, nous pouvons être sensibilisés à adopter un mode de vie plus sain. Nous pourrions nous inspirés de certaines de ces émissions pour changer nos habitudes alimentaires. En effet, certaines illustrent les effets nocifs d’une alimentation malsaine, d’autres donnent des recettes qui nous permettent de conserver un poids santé. De plus, on nous fait la démonstration que les foyers qui ont un petit budget ne peuvent plus avoir pour excuse que bien manger est inaccessible financièrement, puisque certains de ces programmes nous démontrent à l’aide de situations réelles qu’il est possible d’avoir une alimentation saine à coût modique.

Bref, bien qu’elles envahissent nos écrans de télévision, les émissions nous proposant des idées santé ne captivent vraiment pas la majorité des spectateurs. Elles offrent toutefois une certaine diversité qui permet à chacun de s’identifier aux personnages qui nous présentent de façon très animée des idées et des recettes santé. De plus, on nous propose un menu varié et sain. Quelques réalisateurs ont compris que pour rendre les programmes culinaires intéressants aux yeux du public, la téléréalité pourrait être un moyen efficace. Depuis quelques années, nous pouvons visionner des émissions de téléréalité culinaires telles qu’Un souper presque parfait, le Combat des chefs, les chefs!, Et que ça saute!, Chef académie, etc. Le contenu de ces programmes est malheureusement moins instructif et les recettes moins facilement réalisables ou saines. L’objectif s’est éloigné de la santé et du bien-être pour faire place à la compétition et au divertissement. Les propos très colorés et souvent insignifiants de l’animateur en font état.

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Le Québec, une terre d’accueil…


photographe: Stéphanie Richard

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C’est bien beau d’être accueillants, mais il y a des limites!


(Photographe: Charlène Bouffard Demers)

(Chronique du cahier Le Québec, terre d’accueil…)

Quand on parle d’immigration, la première chose qui nous vient à l’esprit c’est accommodements raisonnables. Et là, les langues se délient et les propos deviennent explosifs. Bien souvent, la première chose qu’on va entendre c’est « Nous, quand on va dans leur pays, il faut se plier à leurs coutumes, mais eux quand ils viennent ici, c’est nous qui devons être ouverts d’esprit! ». Oui, c’est vrai, mais il y a une distinction à faire dans les bases mêmes de notre raisonnement: il faut faire attention de ne pas confondre le sens populaire et le sens juridique de cette expression mitigée. « Au sens populaire, « accommoder quelqu’un », c’est lui faire une concession; au sens juridique, un accommodement est une obligation de la loi, qui vise à corriger un cas de discrimination pour un des 13 motifs inscrits dans notre charte québécoise des droits et libertés », explique, dans un article publié dans Elle Québec (2011), Myriam Jézéquel, formatrice en matière d’accommodements raisonnables depuis une dizaine d’années et directrice d’un récent ouvrage collectif très complet sur le sujet – Les accommodements raisonnables: quoi, comment, jusqu’où?, publié aux Éditions Yvon Blais.

En fait, on peut – et on doit – avoir du respect pour toutes les communautés culturelles, mais on peut aussi se tenir debout et ne pas plier devant toutes les demandes d’immigration, au nom de la liberté de l’individu! Le Québec est une terre d’accueil de choix, même si nous avons eu, et avons encore, nos propres problèmes internes. Par exemple, pour revenir aux accommodements raisonnables, le port du voile suscite beaucoup de débats : pour certains Québécois, il est un symbole de soumission et de retour en arrière, alors que, pour d’autres, il n’est qu’un choix personnel.

En parlant de religion, et surtout de séparation entre l’Église et l’État, on ne peut pas passer à côté du cas de Jean Tremblay, maire de la ville de Saguenay, qui s’est battu pour garder le crucifix et la prière au début de chaque conseil de ville. C’est à la suite d’une plainte d’Alain Simoneau, adressée au procureur général du Québec, que les choses se mettent à bouger. Finalement, en février 2011, le Tribunal des droits de la personne du Québec ordonne à M. Tremblay de cesser la prière au début des séances du conseil municipal, de retirer tout symbole religieux au conseil et de verser une compensation de 30 000 $ à Alain Simoneau. Après tout, il y a longtemps que nous avons rejeté la religion des lieux étatiques, faut-il le rappeler à quelques réactionnaires de souche. Les Québécois ont sorti la religion catholique de leurs institutions sociales et gouvernementales, alors il ne faudrait pas également que des immigrants remettent en question les fondements de la laïcité! Et bien oui, c’est vrai, je ne vois pas pourquoi nous devrions tolérer le port du kirpan (couteau religieux) à l’école. En fait, il est admis partout, sauf à la cour suprême parce que, curieusement, il y est considéré comme un couteau! Les établissements scolaires font, surement – et à juste titre -, le plus de concessions en matière d’accommodements raisonnables. Toutefois, un article paru dans Le Devoir, en 2007, fait mention de limites d’accommodements présentées par la ministre de l’éducation de l’époque, Mme Michelle  Courchesne: « Les demandes d’aménagement de locaux de prière dans les écoles ne sont pas compatibles avec la mission laïque de l’école publique québécoise. » (1)

Après la religion, vient la langue. Le Québec a besoin des immigrants, c’est vrai. Cependant, il faut davantage favoriser les immigrants francophones et leur interdire l’accès aux écoles passerelles. Nous avons bien assez de difficulté à garder les jeunes Québécois de souche dans les écoles francophones, n’allons pas en plus autoriser les jeunes des communautés culturelles à se tourner vers l’anglais. S’ils veulent parler et vivre en anglais, qu’ils aillent aux États-Unis ou dans les provinces canadiennes anglaises!

Et maintenant, le travail. Selon un rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), intitulé « Participation des immigrants au marché du travail en 2009 », les immigrants ne sont pas assez intégrés au milieu de travail. En effet, on note un taux de chômage de 13,7% chez les immigrants, comparé à 7,6% chez les Canadiens. Ne soyons pas étonnés de ces chiffres, il n’ont rien de surprenant quand on sait qu’un médecin qui vient d’un autre pays doit refaire des cours de médecine pour pouvoir continuer de pratiquer son métier ici. Pourquoi doit-il se soumettre à ces règles? Surtout lorsqu’on sait qu’il est fort probable qu’il ne puisse pas refaire les cours pour plusieurs raisons – manque de temps, d’argent – et qu’il est également fort probable qu’il se retrouve chauffeur de taxi ou exerce n’importe quel autre métier largement en dessous de ses compétences, alors qu’on manque cruellement de personnel médical, cela manque de logique! La médecine n’est qu’un exemple, c’est la même chose pour un ingénieur, un architecte, etc.

Une fois que la demande d’immigration est acceptée, le Québec devrait davantage favoriser l’implantation des familles immigrantes en région et leur trouver des emplois là-bas, car il est prouvé que cela favorise leur intégration. À Montréal, les immigrants se retrouvent plus souvent qu’autrement dans des ghettos. C’est pourquoi il faut les former en région pour ne pas avoir plus de chômeurs dans les villes… il y a assez de Québécois de souche pour occuper cette fonction!

Alors, qu’on arrête de chialer seulement contre eux. C’est à nous de gérer notre société comme il se doit de façon à les intégrer tout en respectant les individus et la collectivité.

(1) http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/167588/les-locaux-de-priere-n-ont-pas-leur-place-a-l-ecole-tranche-courchesne

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Soyez les bienvenus chez nous…


(Chronique du cahier Le Québec, terre d’accueil…)

Le Canada et le Québec ont été souvent perçus par les étrangers comme étant des terres d’accueil où les gens de différentes nationalités, convictions et religions peuvent vivre en harmonie dans un État démocratique. Le Québec a besoin d’immigrants afin de combler ses besoins futurs de main-d’œuvre ainsi que de remédier à la baisse de natalité, bien qu’en ce qui concerne la décroissance de la population, cela ne serait plus un problème en 2031 grâce au petit baby-boom des dernières années, selon l’Institut économique du Québec (1). Quoi qu’il en soit, le processus de demande de citoyenneté canadienne est exigeant et comporte plusieurs contraintes. Certains immigrants sont confrontés à ces exigences bureaucratiques qui, parfois, nous semblent plus simples qu’elles ne le sont en réalité. Dernièrement, la famille Barlagne qui a défrayé les manchettes en est un bon exemple.

Revenons à cet événement d’actualité des semaines précédentes. Cette famille d’immigrants français, arrivée au Québec il y a six ans, a été confrontée à une exigence du certificat de sélection en ce qui a trait au dossier médical de leur fille atteinte de paralysie cérébrale dite légère. Parmi les exigences d’émission du certificat de sélection, il y a une clause mentionnant que les ressortissants qui représentent un fardeau excessif pour le système de santé ne sont pas admissibles.  La famille Barlagne a décidé de rendre public sa situation qu’elle jugeait totalement injustifiée : leur enfant nécessite seulement un programme d’éducation spécialisée, évalué à 5000$ par année, selon le gouvernement, et la famille s’était « engagée à contribuer aux coûts éventuels de soutien aux services sociaux » (2), malgré cela elle avait reçu un ordre d’expulsion du gouvernement canadien. Les pressions exercées par les médias ainsi que par la population émue par cette histoire ont fait avancer les choses plus rapidement que cela était prévu. La récente campagne électorale a peut-être aussi eu un impact. J’ai beaucoup de difficulté à expliquer les raisons émises par les différents gouvernements au sujet de la situation de la famille Barlagne. Il m’apparaît totalement invraisemblable de vouloir expulser une famille bien établie au Québec, dont les membres parlent le français et payent des taxes par le fruit de leur labeur, pour une cause si peu justifiée que la maladie de cette fillette, dont « le pronostic fonctionnel [est] extrêmement favorable » (3), selon son médecin. Les politiciens canadiens font tout en leur pouvoir afin de donner une image invitante du pays aux gens des autres nations, mais lorsqu’il arrive une situation comme celle de la famille Barlagne, nos gouvernements cafouillent ou se cachent.

Le 19 avril 2011, la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec, Madame Kathleen Weil, a annoncé que le gouvernement du Québec procéderait à une dérogation de la loi afin d’émettre le certificat de sélection aux membres de cette famille, ce qui leur permettra d’obtenir leur résidence permanente au Canada. La province de Québec pour des raisons humanitaires assumera le coût du fardeau excessif des soins de l’enfant.

L’immigration est un dossier complexe. En 2010, selon le Bulletin statistique sur l’immigration permanente au Québec, la province a accueilli 53 985 immigrants. Parmi les nouveaux arrivants, sept immigrants sur dix ont moins de 35 ans et la proportion d’hommes et de femmes est à peu près équivalente. La répartition des immigrants peut être classée en quatre catégories : la catégorie de l’immigration économique regroupant la majorité des nouveaux immigrants (62.3%), la catégorie du regroupement familial (23% du mouvement total), les réfugiés et les personnes en situation semblable (10.7%) et finalement la catégorie des autres immigrants (4.0%). Par ailleurs, 64% des nouveaux immigrants ont déclaré connaître le français au moment de leur arrivée. Selon moi, les exigences d’émissions du certificat de sélection ne correspondent pas toutes aux valeurs humaines que la société québécoise et canadienne tend à véhiculer. De plus, des modifications de l’accès à l’immigration sont dans l’air au Québec, en ce moment, voici ce qui en résulterait : une limite d’immigrants par région serait mise en vigueur pour les prochaines années. Le Québec limiterait  à un maximum de 30% la proportion des immigrants provenant de chacun des « bassins géographiques », soit l’Afrique, l’Asie, les Amériques et l’Europe.  Cette mesure entraînerait donc, une baisse des nouveaux arrivants en provenance d’Afrique, puisque 36.8% provenaient de cette partie du globe en 2010, selon le document de consultation du gouvernement québécois. Est-ce que cela va améliorer la situation ou entraîner une nouvelle forme d’exclusion? Le danger de la ségrégation pour des questions ethniques ou physiques (un handicap) n’est jamais loin…

Afin d’obtenir leur citoyenneté canadienne, les nouveaux immigrants doivent répondre à plusieurs exigences dont le certificat de sélection émis par le gouvernement du Québec. En effet, la province a un pouvoir discrétionnaire quant à l’émission du certificat de sélection. Au cours des deux dernières semaines, ce certificat en a fait jaser plus d’un. L’affaire de la famille Barlagne a suscité plusieurs commentaires et remises en question au sujet de certains critères d’émission de ce certificat.

Enfin, le cas de la famille Barlagne a permis aux Québécois de prendre conscience des difficultés que vivent les immigrants pour l’obtention de leur citoyenneté canadienne. Nos politiciens devront refaire leurs devoirs afin d’améliorer les lois actuelles qui concernent l’immigration. Les immigrants qui arrivent au Canada représentent un enrichissement social pour la société. Par leur culture, ils nous permettent d’élargir nos horizons et de mieux comprendre ce qui se passe sur cette belle planète. Il ne faudrait pas oublier que la présence d’immigrants a permis au Canada de se développer.

(1)   http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201104/14/01-4389861-quebec-veut-reduire-limmigration.php

(2)   http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/320950/famille-menacee-d-expulsion-a-cause-de-son-enfant-handicapee-une-honte-pour-le-canada

(3)    Ibidem.


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