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Le déclin de l’empire du disque


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Avant que la musique n’agonise…


photo : http://www.thebugleboy.org/interviews/

Réalisé en 2006 par Andrew Shapter¹, Before the music dies est un documentaire engagé qui traite de plusieurs aspects néfastes que subit l’industrie de la musique. Bien que la musique et les informations présentes dans le film soient consacrées à l’industrie américaine, les propos illustrés se rapportent très bien à notre situation au Canada.

Ce documentaire est un hommage au frère d’Andrew, John Shapter, qui est décédé peu de temps avant que l’idée du film ne voie le jour. Malgré que ce soit son premier film, la recherche d’archives est vraiment très intéressante. Il y a beaucoup d’extraits vidéo de musique, mais ce qui caractérise davantage le documentaire, ce sont les nombreux artistes qui interviennent tout au long du documentaire. On y retrouve des gens comme Éric Clapton, Bonnie Raitt, Dave Matthews, Elvis Costello et plusieurs autres. De plus, on peut voir beaucoup de journalistes culturels, des fans de musique d’un peu partout aux États-Unis et des directeurs de studio de musique qui donnent leur opinion sur le sujet.

Ce documentaire se penche sur trois grands enjeux du domaine de la musique: l’apparence des artistes, la concentration de la diffusion des produits musicaux et le piratage. Les jeunes forment une large part du public et ils accordent beaucoup d’importance à l’apparence physique : « Stevie Wonder et Ray Charles n’auraient pas de succès aujourd’hui », affirme le saxophoniste Branford Marsalis. «  Si tu n’es pas 100% magnifique, je ne crois pas que tu puisses avoir une carrière dans ce domaine », souligne la chanteuse Bonnie Raitt. Une partie très intéressante du documentaire est lorsqu’on se retrouve en studio avec une jeune artiste américaine. Évidemment, elle est très belle, mais quand elle se met à chanter, on comprend pourquoi elle paraît si bien… Et là, on voit les monteurs en studio à l’œuvre pour ajuster sa voix et la rendre parfaite. Bien qu’on sache tous que les chanteuses chouchous de cette nouvelle génération sont parfois moins talentueuses que « les vieux de la vieille », qui avaient réussi parce que le premier critère de sélection était de bien chanter, en avoir la confirmation nous soulage.

Ensuite, le narrateur nous présente la plus grande multinationale américaine, Clear Channel Communications. Cette compagnie gère la majorité des chaines de radio aux États-Unis, au même titre qu’Astral Radio au Canada. C’est donc pour cela que ce sont les mêmes chansons qui tournent en boucle sur toutes les chaînes. Les postes de radios commerciales n’ont malheureusement pas la possibilité de faire entendre ce qu’ils veulent. Ils ont des listes de musique bien précise à faire jouer afin de garder leurs auditeurs en tout temps. « La musique peut sauver les gens, mais pas de la façon commerciale qu’elle est utilisée. C’est simplement trop. C’est de la pollution », souligne Bob Dylan.

Pour ajouter à cette situation difficile, il y a également le piratage de la musique. Des sites de téléchargement illégaux comme Napster sont mentionnés. Ce phénomène de piratage transforme à jamais l’entreprise musicale.  « Le jour où l’entreprise de la musique a changé, un de mes bons amis de BMJ music m’a dit :  » L’entreprise musicale est terminée. Laisse-moi te montrer quelque chose.  » Il a tapé www.naptser.com et il m’a dit de choisir une chanson et 2 minutes plus tard, elle était téléchargée puis il m’a dit :  » Ça y est, c’est fini  » », affirme Justin Goldberg, directeur de label.

Les nombreux extraits musicaux m’ont beaucoup rejoint, car j’ai trouvé que cela venait alléger le documentaire qui est assez dense en renseignements. Par contre, la conclusion du documentaire reste sans aucun doute mon moment préféré. L’ancienne génération de musiciens donne de judicieux conseils à la nouvelle génération d’artistes. « Il faut être différent des autres, affirme Bonnie Raitt, moi, j’ai eu un grand succès, car j’étais une des rares femmes de mon temps à jouer de la guitare. » La majorité approuve qu’il faut aimer ce que l’ont fait et être passionné pour réussir et c’est là la vraie richesse. « C’est aux fans à faire en sorte que la musique ne meure jamais…», conclu Andrew Shapter.

Mais les diffuseurs nous laisseront-ils faire nos propres choix? Nous savons que l’empire musical n’est pas à son meilleur, de plus les points abordés dans le documentaire sont, à la limite, choquants, car nous nous rendons compte que nous sommes victimes des médias. Nous n’écoutons plus la musique parce que nous l’aimons, mais parce qu’ils ont décidés que c’était ce que nous allions écouter et aimer.

Bref, un documentaire intelligent et authentique à voir pour tous les fans de vraie musique. Le seul inconvénient est que le documentaire n’est pas sous-titré, donc  la compréhension est un peu plus ardue pour ceux et celles qui ne sont pas bilingues.

Il est un peu difficile de trouver ce documentaire, mais vous pouvez écouter les 13 épisodes sur  youtube à l’adresse http://www.youtube.com/watch?v=sPZztrRWjZ8

ou vous pouvez vous le procurer en entier  pour la modique somme de 10 dollars sur  http://store.roadwingsentertainment.com/products/before-the-music-dies-download.

8.5/10

-30-

¹Réalisateur de film, photographe et écrivain américain.

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La musique court-elle à sa perte?


photographe: Cynthia Rousselle Blanchette

Qui sont les responsables du déclin musical, le téléchargement illégal ou la mauvaise gestion des grandes maisons de disque? Quand le transfert de fichier mp3 est devenu possible sur Napster, en juin 1999, les dirigeants de Warner, Sony ou EMI n’ont pas su profiter de la situation alors que cela aurait pu être bénéfique pour tout le monde. Au lieu de saisir l’opportunité de développer un nouveau marché, ils se sont empressés d’attaquer ce géant du téléchargement en essayant par tous les moyens de l’empêcher de poursuivre ses activités. Plutôt que de régler le problème, cela a eu un effet boule de neige et a dispersé la masse vers des centaines d’autres moyens de téléchargement. Ils auraient dû neutraliser le problème quand cela était encore possible et tirer profit de Napster en créant une alliance. Ce n’est que quelques années plus tard qu’ils comprirent que c’était la chose à faire, en s’alliant avec l’iTunes Music Store d’Apple. Par contre, c’était évidemment trop tard. Les maisons de disques auraient dû accepter, dès le départ, qu’Internet était l’avenir. Ils ont fermé les yeux sur cette technologie, ce qui a entraîné plusieurs autres problèmes.

Alors que les ventes de disques sont de plus en plus basses[1], certains diront que cela est causé par une perte d’intérêt des consommateurs envers la musique, mais cela est faux. Les gens écoutent tout autant de musique qu’avant. En moyenne, 1 milliard de chansons sont téléchargées illégalement par mois, selon le groupe d’étude BigChampagne[2]. La demande est tout aussi présente, sauf que peu sont prêts à payer le plein prix pour de la musique qu’ils peuvent avoir gratuitement en ligne, et ce, très facilement. Tout le monde sait qu’il est illégal de télécharger de la musique. Toutefois, la majorité avouerait l’avoir déjà fait. Internet est un réseau informatique dans lequel nos actions semblent ne pas avoir de réelles conséquences. Le fait est que peu de gens oseraient voler un CD de musique dans un magasin, mais devant son écran, on ne se gêne pas. Dans ce contexte, on se sent intouchable malgré des actes discutables.

De plus, si l’on porte attention à ce que les chaines de radio diffusent en ce moment, on constate rapidement la concentration de musique populaire. Tout est en lien avec le profit! Il est plus commun d’entendre « encore cette chanson-là », plutôt que « as-tu entendu la nouvelle chanson de ce nouveau groupe? » On nous passe sans cesse les chansons de Lady Gaga ou bien la nouvelle collaboration de Florida, afin d’aller chercher le plus d’audience possible. Tout ça pour pouvoir vendre les espaces publicitaires. Le capital a pris le dessus sur la culture musicale de ce monde. Lorsque de nouveaux artistes réussissent à émerger, on les exploite tellement, on les commercialise tellement, qu’on se tanne d’eux. Seuls les plus malins survivent dans l’industrie, et ce, même s’ils ne sont pas les plus talentueux. Ce n’est plus la qualité de la musique qui importe, c’est la célébrité qui fait vendre les produits dérivés, la personnalité qui fait vendre les billets de concert. La musique est devenue un produit de consommation. C’est nouveau, on consomme, on passe au prochain.

L’avenir de la musique se trouverait-il dans les jeunes labels? Si des maisons de disques comme Grosse Boîte, label québécois fondé en 2006, s’imposent de plus en plus dans l’industrie musicale, et ce, malgré les problèmes liés à celle-ci, cela prouve que cette industrie peut encore se renouveler. De plus, l’émergence de certaines jeunes compagnies indique l’intérêt des jeunes consommateurs de musique. Peut-être ces jeunes réussiront-ils à raviver l’âme de la musique, qui s’est égarée au début des années 2000.

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L’artiste dévoré par l’industrie


Photo: Depositphotos

L’émergence d’Internet a bouleversé bien des sphères artistiques et médiatiques. La musique n’y a pas échappé. On ne s’y prend plus de la même manière pour créer et diffuser un album qui rejoigne le public le plus large possible. Fini les disques qui se vendent par dizaines de milliers d’exemplaires. Fini les artistes qui restent en avant de la scène durant 30 années consécutives. Depuis quelques années, bien que l’industrie de la musique ne cesse de générer de plus en plus de profits, l’industrie du disque, quant à elle, continue sa descente aux enfers. Comment gérer cette période de mutation pour les artistes ? Quelles sont pour eux les répercussions de cette période de changement ? Internet est-il un atout ou un danger pour un chanteur ? Les avis sont partagés sur toutes ces questions. Certains artistes estiment qu’ils sont perdants, d’autres croient que l’émergence d’Internet donne une chance à tous d’être connus.

Un autre rapport avec la musique

Comment définir la musique à l’heure actuelle ? Un refrain insignifiant ayant comme seul objectif de passer le temps et de générer de l’argent ? Certains diront que le raccourci est peut-être un peu excessif. Mais attendez un peu de connaître les rouages de ce système…

Le format de la musique a changé ─ de Wav pour les CD à MP3, AAC, WMA pour les périphériques d’Apple ou de Microsoft ─ le prix de celle-ci a également chuté pour atteindre un prix en ligne souvent modique. Cependant, c’est surtout la perception de ceux qui l’écoutent qui a évolué. La gratuité des morceaux musicaux, rendue possible grâce au piratage, est devenue presque banale. Avec Internet, il s’avère difficile de contrôler ce qui est diffusé. Les nombreux pirates du Web sont rapides comme l’éclair pour télécharger à l’infini les morceaux qui leur chantent. C’est comme faire ses courses, mais sans  jamais passer à la caisse.

De nos jours, la musique est devenue un véritable produit. La dimension culturelle, engagée, bref, le sens des paroles, semble désormais être reléguée au second plan. De manière générale, surtout chez les nouvelles générations, ce sont souvent les musiques vides de sens qui rythment les journées. La demande ne concorde plus avec celle d’il y a quelques années et cela se ressent sur le marché. « On écoute moins la musique pour elle-même, mais plutôt lorsqu’on se trouve dans les transports en commun ou en faisant son jogging. En un mot, le rapport à la musique a changé et il n’est donc pas étonnant que les consommateurs soient moins enclins à payer aussi cher qu’il y a dix ans[1]», précise Aurélien Duthoit, directeur d’études à Xerfi Global[2], un groupe indépendant axé sur la réflexion économique en tous genres.

Les concerts, source  numéro un de revenus

Diffuser ses albums dans le monde entier n’est plus un véritable souci pour les artistes, bien que la jungle d’Internet ne soit pas pour autant garante d’un succès monstre. Il faut dire que le numérique ne rapporte pas des masses à un chanteur. Ce sont surtout les concerts qui génèrent le plus de revenus aux distributeurs, agents d’artistes et chanteurs eux-mêmes. Le vrai enjeu pour l’industrie musicale, c’est de trouver différentes manières d’attirer les fans : la relation artiste/amateurs doit désormais être le point d’ancrage des stratégies de vente. Pour faire de l’argent, certains artistes ont fait le choix d’offrir leur musique, en sachant pertinemment que les admirateurs iraient quoi qu’il en soit la télécharger sur le net. Cette logique compte sur la volonté du fan à dépenser de l’argent dans les concerts, dans les CD (dont la qualité sonore n’est pas égalée par le format MP3) ou dans d’autres produits dérivés et dédicacés par l’artiste. Ce pari s’avère souvent payant dans les deux sens du terme.

L’artiste à la merci des labels

Il faut aussi insister sur le fait que, dans la majeure partie des cas, ce n’est pas l’artiste qui touche la plus grande partie des bénéfices. En effet, celui-ci a souvent les mains liées avec son label qui lui soutire une bonne partie des revenus, en plus de limiter sa création. Les grandes sociétés qui se partagent l’industrie de la musique[3], qu’on appelle « majors » dans le jargon, sont pourtant les premières à se plaindre de la chute de vente des disques, et ce, malgré leurs revenus pharaoniques qui ne cessent de grimper. Les producteurs tout-puissants ne doivent pas être rassasiés…

Certes, un artiste doit être en mesure de gagner assez d’argent pour vivre de son travail, ce qui n’est pas aisé pour les jeunes artistes n’ayant aucune notoriété.  Mais la période de changement que traverse l’industrie de la musique n’est-elle pas aussi positive dans une certaine mesure ? Avec la diversité d’artistes qu’Internet peut populariser, il devient difficile de garder la mainmise sur un genre musical, d’être populaire durant plusieurs années.  Par contre, cette difficulté à percer pour un chanteur lui permet de revenir aux sources, à ce que la musique peut apporter au public d’un point de vue culturel. Certains trouveront que j’ai des airs de nostalgique et d’éternel insatisfait. Ils n’ont pas tort. L’industrie de la musique telle qu’elle fonctionne n’est, à mon sens, pas viable. L’appellation  « industrie de la musique » est d’ailleurs un malheureux oxymore qui illustre tout à fait la doxa actuelle… La musique est tombée bien bas !

Évidemment, elle ne doit pas laisser les poches vides à ceux qui l’ont pensée et interprétée, mais elle ne doit pas devenir pour autant un vulgaire produit de consommation. Cela se ressent chez celui qui a l’oreille attentive et qui est allergique à la « musico-publicité ». L’argent ne peut être le moteur principal d’une création et cela est valable pour tous les arts. « Hier, le contenu, aujourd’hui, l’emballage seulement », résumait un internaute.

Enlever les barrières qui retiennent l’imagination et la passion

La profonde période de transition que traverse la musique n’est ni rose ni noire, mais soulève beaucoup de questions d’ordre éthique et économique. L’industrie musicale actuelle cherche à développer un autre modèle économique pour passer le virage numérique. L’industrie de la musique se porte bien, mais certains artistes ─ surtout indépendants ─ naviguent en eaux troubles. Changer de cap en délaissant un peu la logique purement mercantile serait souhaitable pour redorer l’image d’un art bien plus grand qu’un simple produit. « Save the music, not the industry », telle est la devise que  devrait se remémorer l’artiste dans l’âme…

 


[1] Tiré de la capsule vidéo suivante: http://www.youtube.com/watch?v=Lacl3wzkuTo

[2] www.xerfi.fr

[3] Universal, Sony, Warner étant les trois principaux labels

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L’industrie de la musique, en essor ou en déclin?


Photographe : Kasara Nolet

Depuis l’arrivée de la nouvelle technologie, l’industrie de la musique a vu sa partition s’altérer. Alors que les compagnies de disques misaient principalement sur la vente d’albums, une intelligence virtuelle a rendu possible la piraterie de l’intangible. Le code d’urgence s’est déclenché, alors que les dommages avaient déjà eu lieu. Il va sans dire qu’après cette mort symbolique le monde de la musique devra renaitre, mais comment refléter la nouveauté lorsque nous sommes hantés par les berceuses du passé ? Comment composer une mélodie mémorable lorsque l’industrie tente de vaincre l’oubli ?

« Maintenant, avec la technologie, c’est beaucoup plus facile, pour un nouvel artiste, de créer sa propre musique et de se faire connaitre… Internet ouvre les portes de la facilité et donne accès à de nombreuses opportunités… D’un autre côté, c’est beaucoup plus difficile de construire une crédibilité autour d’un artiste ou même d’arriver à concentrer l’attention de tous sur un seul d’entre eux… Tellement de voix souhaitent se faire entendre », explique le gérant américain de Kaya, Jimmy Greco, qui travaille, depuis de nombreuses années, avec Jennifer Lopez, Carlos Santana, Céline Dion, etc. « Le public est beaucoup moins loyal qu’auparavant, maintenant dans un Ipod, une personne peut écouter plus de 50 artistes différents. Il y a seulement 10 ans de cela, on ne pouvait écouter que ce qui était disponible sur le marché international », affirme-t-il.

Aux yeux de Jimmy Greco, l’engouement à l’égard des téléchargements illégaux est une problématique dominée par l’ambiguïté : « La ligne est fine entre la propriété du public et celle de l’artiste… […] C’est virtuellement impossible de régir les téléchargements illégaux et si un jour on trouvait une manière de supprimer le piratage, une nouvelle façon de voler verrait le jour. Dans l’industrie, on essaie de ne pas trop se concentrer là-dessus, on essaie plutôt de se concentrer sur ce qui est impossible de voler, sur des performances live… Lorsque quelqu’un va voir un spectacle, il y a une ambiance, un cachet qu’on ne peut acheter, partager ou même voler… » Phil Schuster, en tant que cogérant américain, abonde dans le même sens : « Avant, on misait beaucoup sur le nombre d’albums vendus… […] Maintenant, la musique en elle-même, souvent piratée ou achetée à prix très bas, devient un véhicule de promotion de l’artiste, de la tournée de spectacles en question ou même des performances live », d’ailleurs, ce dernier a une opinion très précise quant à la réaction qu’aurait dû avoir l’industrie à la vue du danger : « L’industrie aurait dû embrasser la nouvelle technologie et les jeunes entrepreneurs qui ont créé cette façon de partager les fichiers… L’industrie aurait dû engager ces entrepreneurs-là et les intégrer dans le jeu au lieu de les combattre et de dépenser des millions de dollars dans une guerre perdue d’avance… »

« Comme Gilles Valiquette le dit si bien, le problème c’est que la musique c’est dans les airs, comme l’oxygène… Alors on pense que c’est gratuit », affirme Alain Couture, musicien et chanteur québécois, qui a accompagné Johnny Hallyday, Mercedes Band, Jean-Marc Parent, Céline Dion, Marie-Hélène Thibert, Aldo Nova, Garou et plusieurs autres. « L’industrie ne veut plus vraiment investir dans les artistes… Les artistes arrivent souvent avec leur produit tout fait », explique ce musicien d’expérience. « C’est sûr que, dans l’industrie actuelle, il faut prendre des risques pour réussir, mais c’est comme cela que le métier a vu le jour… avec des gens qui aimaient suffisamment la musique pour prendre des risques », déclare Phil Schuster, fidèle admirateur des audacieux de ce monde.

De son côté, Alain Couture pèse sur sa balance les avantages et les désavantages de l’industrie actuelle : « Il y a moins de critères de ce qui est bon ou pas… N’importe qui peut sortir un album qui va devenir populaire… Avant, dans les années 1970-1980, un artiste pouvait durer 10 ans, 30 ans… Maintenant on consomme la musique comme on le fait avec le Fast food ! » De plus, ce dernier soutient que les spectacles sont sa bouée de sauvetage : « Je fais beaucoup de spectacles avec d’autres artistes… Pour gagner sa vie dans la musique, il faut faire des spectacles… »

« J’ai vécu les plus grosses scènes au monde et les plus petites… Tu ne peux pas faire ce métier pour la gloire… Il faut que ça t’apporte la même chose de jouer devant 100 000 personnes ou 20 personnes… Il faut jouer pour l’amour de la musique », affirme passionnément ce musicien. Malgré les difficultés, l’amour du métier est plus fort que tout à leurs yeux. « La musique fait partie de mon âme, je ne serais pas heureux si je faisais autre chose », explique Jimmy Greco. Le producteur, arrangeur, compositeur et guitariste américain, Russ Desalvo, qui travaille en collaboration avec Céline Dion, Lionel Richie, Paul McCartney, Carlos Santana, Disney et plusieurs autres, est du même avis : « La musique c’est ma vie… Donc, j’ai dû m’adapter au changement parce que j’avais besoin de continuer à créer… La musique… c’est mon âme qui en a besoin. »

« Ce que je fais n’a pas réellement changé parce que je suis celui qui crée la musique », déclare-t-il avec sincérité. Cependant, il admet que l’industrie a bel et bien connu une transformation, une transformation qui, à ses yeux, apporte une seconde chance, un second souffle : « Le monde de la musique a vécu une mutation, mais ce monde est à la fois très semblable à l’industrie d’origine… Au tout début, les compagnies de disques ne signaient pas avec beaucoup d’artistes… Elles misaient seulement sur les artistes en qui elles voyaient un réel avenir… » Selon lui, pour le bien de la cause, ils sont redevenus des artisans, des troubadours… L’industrie de la musique est revenue à la case départ…

-30-

 

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Two Green Cats : Le rêve d’un groupe québécois émergent


Photo: Trees Productions

Depuis 2007, la formation Two Green Cats essaie tant bien que mal de se frayer une place dans le milieu musical. Voici le parcours d’un groupe émergent qui partage, par plusieurs points, la réalité de bien d’autres jeunes musiciens.

À leurs tout premiers débuts, Two Green Cats n’était qu’un duo formé de William Larochelle, chanteur, compositeur et guitariste et de Maxime Lussier, batteur et  cocompositeur. Ce sont d’ailleurs ces deux jeunes hommes qui ont créé le nom du groupe. Le vert symbolise leurs influences musicales irlandaises, dont le travail de Rory Gallagher fait partie.  La référence au chat  est intégrée au nom en raison du caractère indépendant du félin qui leur rappelle l’importance et la fierté de leur propre indépendance et débrouillardise. Ce n’est qu’en 2009 que d’autres membres viennent s’ajouter au groupe. Tout d’abord, Rico Desjardins s’installe au clavier et ensuite son frère, Christian Desjardins, devient le bassiste. Le dernier membre à se joindre au groupe est David Béru, guitariste et producteur.

Le groupe désormais complet, il est temps d’enregistrer des chansons et de jouer sur scène le plus souvent possible pour faire connaître leurs créations. « Connais-tu les groupes The Black Keys et The Raconteurs? Notre style ressemble à peu près au leur », affirme David Béru en qualifiant leur musique de « rock aux sonorités actuelles ». Après huit mois d’enregistrement,  leur premier album constitué de 12 chansons est lancé le 1er décembre 2010. Bien que ce soit David Béru qui ait produit cet album, il précise que l’ensemble global du travail « vient vraiment des cinq membres [du groupe]. Comme ça, tout le monde est satisfait du résultat ».

En effet, le groupe s’occupe lui-même de tout gérer quant à la distribution et à la production, ce qui consiste, entre autres, à planifier leurs spectacles, s’occuper de la promotion, enregistrer leurs chansons pour en faire des albums, trouver des commandites, demander des subventions, etc. « Tout ça totalise environ 40 heures par semaine. C’est comme si t’avais deux jobs », déclare-t-il. C’est une réalité peu reluisante pour les groupes émergents du Québec qui doivent s’autoproduire en plus de s’autogérer parce qu’ils ont peine à recevoir des subventions du gouvernement. « C’est dur en maudit parce que pour certaines [subventions], il faut avoir vendu 50 000 albums. Ces subventions devraient être là pour aider les groupes qui en ont besoin », souligne-t-il. Avec un budget plus convenable, les tâches de gestion et de production pourraient être prises en charge par des professionnels en marketing, ce qui donnerait beaucoup plus de temps aux musiciens pour se consacrer à leur passion: c’est-à-dire écrire et jouer de la musique. De plus, tous les membres de Two Green Cats ont un emploi et/ou sont aux études, ce qui ajoute une difficulté du point de vue de l’horaire.

Qu’à cela ne tienne, ils trouvent tout de même le temps de se rendre aux quatre coins du Québec pour jouer dans des bistros, bars, cafés et autres. Les efforts portent leurs fruits, car ils réussissent à vendre plus de 500 albums en un peu moins de 100 spectacles. C’est grâce à ce petit succès, pleins d’espoir, qu’ils retournent en studio et pondent leur deuxième album, le 1er octobre 2011. Intitulé Ink for a Queen, celui-ci présente 15 nouvelles chansons.

Cinq ans après la naissance du groupe,  celui-ci a traversé le pays de long en large pour sa toute première tournée pancanadienne. Il a joué dans des villes telles Ottawa, Toronto, Winnipeg, Regina et Vancouver. « Les gens ont vraiment tripé, presque plus qu’au Québec! C’est sûr que ça nous encourage à poursuivre. C’est vraiment pas le temps de lâcher », confesse David Béru. « On a vraiment pas envie que, dans cinq ans, tout soit fini. Des nouvelles chansons sont à l’état de projet, mais pour l’instant, on mise vraiment plus sur la promotion de notre deuxième album », ajoute-t-il.

L’industrie de la musique éprouve des difficultés à générer des revenus satisfaisants depuis quelques années. Les téléchargements illégaux en sont la principale cause puisque les ventes de disques diminuent. Toutefois, un moyen de communication, relativement nouveau, offre une solution à ce problème: le Web. David Béru soutient que « l’Internet, c’est incroyable! […]C’est possible de rejoindre l’Asie avec ça ». Effectivement, la « toile » permet incontestablement de rejoindre un plus grand public, et ce, plus rapidement. De plus, un groupe qui possède un site Internet et qui y publie ses vidéoclips ne peut que gagner en popularité. En somme, même si le marché du disque est en déclin, la nouvelle génération redéfinit les règles de l’industrie en exploitant cet outil aux mille et une possibilités.

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Des chats qui Rock!


Originaires de Drummondville, les membres de Two Green Cats ont sorti leur tout premier album éponyme le 22 décembre 2010. Âgés de 20 à 23 ans, les membres du jeune groupe n’auront certainement pas de difficulté à se tailler une place dans l’industrie de la musique.

Inspirés des groupes comme les Rolling Stones, les Beatles, Rory Gallagher, The Black keys, The Datsuns et aussi de la culture irlandaise, les gars qualifient leur musique de Fresh Vintage Rock’n’Roll, style peu commun pour un jeune groupe québécois des années 2000. À travers les chansons se glissent aussi un côté blues et folk, ce qui précise davantage leur originalité. La voix extrêmement mature du chanteur, William Larochelle, aide à la crédibilité de leur style de musique, ce qui est fort intéressant pour eux, puisqu’ils réussiront certainement à aller rechercher un public plus âgé. Ce qui est étonnant, c’est que les membres du groupe ont eux-mêmes enregistré leur album, malgré cela, le son est très professionnel. Pour ceux qui ont aimé le groupe canadien The Tragically Hip, leur musique est comparable, on y retrouve des éléments semblables comme la voix rauque du chanteur et la guitare un peu old school. Les thèmes les plus souvent abordés dans leurs chansons sont « les femmes, l’alcool et les hors-la-loi », affirme en riant David Béru, un des membres du groupe. Certaines chansons nous font rêver de farwest, comme Spanish castle et I won’t drink alone, d’autres nous parlent d’amour, comme Never come back et Blue moon kiss. L’harmonica et le clavier apportent une certaine chaleur aux chansons, idéal pour écouter en se baladant en voiture et pour rêver en couleur.

Pour ce qui est des projets futurs du groupe, leur horaire contient une quantité phénoménale de spectacles un peu partout au Québec. Un autre CD paraîtra à la fin du mois de septembre 2011, nos petits chatons n’ont pas le temps de chômer. Il y a beaucoup d’attentes concernant ce nouveau CD. Pour plus d’information sur Two green cats ou pour entendre leur single They want me to pay, vous pouvez aller en ligne au www.twogreencats.ca ou sur la page facebook du groupe.

À retenir

Titre de l’album :Two Green Cats

Réalisé par : David Béru

Membres du groupe :

William Larochelle (chanteur, guitare);

David Béru (guitare, harmonica, choriste);

Christian Desjardins (basse);

Rico Desjardins (clavier, choriste, chanteur dans BluemoonKiss);

Maxime Lussier (batterie).

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