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Réussir à tout prix


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Remède miracle


Photographe: Kévin Girard

(Chronique du cahier Médicaments, entre nécessité et excès…)

Un petit mal de tête, une pilule. Un mal de cœur, une autre. Un étourdissement, « enwèye ! » une autre. Trop souvent, les gens prennent des médicaments pour tout, pour rien, de façon irréfléchie. Pour plusieurs, prendre un médicament contre un mal de tête est la première chose à faire si l’on commence à en ressentir un. Les gens ne cherchent pas à savoir s’il n’y a pas une autre solution n’impliquant pas de substances chimiques ou même naturelles qui ont une influence sur leur corps. Mais ce n’est pas ce qui est le pire. En effet, en allant parler à une technicienne en laboratoire dans une pharmacie, j’ai eu le plaisir -disons l’effarement- d’apprendre qu’en moyenne il y a entre trois et quatre jeunes filles par semaine qui vont chercher la pilule du lendemain. Est-ce vraiment le genre de société que nous voulons? Des gens qui se fient sur plein de médicaments chimiques pour guérir tous leurs maux et même pour limiter ultérieurement les conséquences de leurs actes, lorsqu’il s’agit de contraception…

Pourtant, est-ce si compliqué de prendre la pilule. Une « capote », vous connaissez? Je crois que les gens prennent pour acquis qu’il y a toujours une solution qui se trouve dans les médicaments. Qu’est-ce qu’on fait avec le fameux principe, « vaut mieux prévenir que guérir »? Selon vous, qu’est-ce qui est mieux ? Utiliser un condom et réduire considérablement le risque de tomber enceinte et de contracter une infection transmise sexuellement (ITS) ou bien n’utiliser aucun moyen de contraception et aller prendre la pilule du lendemain pour éviter ce risque et, par la même occasion, se sentir malade durant un certain temps ou, dans le cas des ITS, prendre encore d’autres médicaments pour guérir sa chlamydia ? Il me semble que le choix n’est pas très compliqué. Pourtant, il semble que les gens ne voient pas tous cela de la même manière. Pourquoi se compliquer la vie quand une petite pilule grosse comme une « garnotte » peut régler tous vos problèmes de santé?

Bien sûr, les gens ne pensent pas qu’il peut y avoir plein d’effets secondaires reliés à ces satanés médicaments. Bien, ce médicament fait disparaitre tes boutons, mais il joue avec tes hormones et tu as maintenant un caractère de cochon! Sincèrement, je conseillerais à toute personne prenant ce genre de médicaments d’assumer son apparence et ses boutons plutôt que de perdre tous ses amis en raison d’un caractère vraiment exécrable. Outre les effets secondaires, il y a aussi une certaine dépendance qui peut se créer. Bien oui, peut-être l’ignoriez-vous, mais les médicaments et les drogues sont de proches parents. Alors, ce n’est pas parce que tu ne prends pas de « crystal meth » que tu ne peux pas être dépendant de tes antidépresseurs. Les adultes disent toujours aux enfants : « Les médicaments, ce ne sont pas des bonbons. »Pourtant, à voir le nombre de médicaments que la population consomme, c’est à se demander si les adultes aussi ne prennent pas les médicaments comme de fameux bonbons! Ici, on ne parle pas de « gummy bears » qui, outre un taux de sucre effarant, ne font que plaisir à consommer de temps à autre, on parle de médicaments, la plupart du temps, de substances chimiques qui ont une grande répercussion sur le corps. Avant de prendre n’importe quel médicament, peut-être serait-il pertinent de se poser une seule question : « En ai-je vraiment besoin? »

 

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Médicaments, entre nécessité et excès…


Photographe: Anne-Marie Lavoie

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UNE P’TITE PILULE AVEC ÇA?


(Critique du cahier Médicaments, entre nécessité et excès…)

« Les ordonnances, tenez-vous bien, il y en a eu 107 millions l’an dernier, pour 3 millions d’usagers, ce qui veut dire, qu’en moyenne, chaque Québécois avale 750 pilules par année. »

C’est en octobre 2007 que Paul Arcand dénonce la prescription abusive de médicaments, au Québec, grâce à Québec sur ordonnance. Il traite des manipulations de l’industrie pharmaceutique visant à faire gonfler ses profits de façon faramineuse et souligne la surconsommation de pilules par les Québécois : chaque bobo – réel ou non – a sa petite pilule.

Paul Arcand, journaliste radiophonique et réalisateur du très connu documentaire Les voleurs d’enfance, a su créer un film captivant et vulgarisé de façon à se faire comprendre de la majorité de la population sur la nature de certains médicaments et de leurs effets secondaires, entre autres. Sa narration solide lui a permis de bien appuyer les propos des divers intervenants. Arcand a aussi pensé à ajouter quelques petites touches qui font sourire, telles qu’une courte parodie où une femme se nourrit exclusivement de pilules.

C’est toutefois le montage qui frappe le plus le spectateur attentif. Les opinions contradictoires sont présentées d’une manière très éditoriale qui permet au spectateur de distinguer facilement le vrai du faux dans ce qui est raconté par les politiciens et les délégués de compagnies pharmaceutiques, notamment.

Arcand présente dans ce documentaire des chiffres et des données choquantes sur la vente de pilules : les profits de plusieurs compagnies pharmaceutiques se chiffrent en milliards de dollars! La surconsommation de pilules, semble-t-il, serait la faute de toutes les personnes impliquées dans cette industrie très payante.

Arcand a réussi à rencontrer des intervenants convaincants et provenant de milieux variés; que ce soit des médecins, des pharmaciens, l’ancien ministre Philippe Couillard ou des représentants de compagnies pharmaceutiques, tous ont leur mot à dire.

Paul Arcand a brossé un portrait assez complet de la distribution de pilules au Québec et il semble avoir fait une recherche exhaustive afin d’en savoir le plus possible et de confronter aisément les personnes qu’il trouvait important de discréditer.

Ce documentaire n’est malheureusement pas sans défauts. Dans son processus de démolition de l’inconscience de l’opinion publique quant à la consommation de pilules, Paul Arcand a commis une grosse erreur : il a abusé de l’utilisation du sensationnalisme et des sophismes. Il débute son documentaire par le sophisme de « l’appel aux sentiments » et celui de la généralisation hâtive en présentant un bébé qui dort et en disant qu’elle est chanceuse de pouvoir le faire sans pilule, mais que, tôt ou tard, c’est évident qu’elle en prendra à cause de l’industrie pharmaceutique.

Il a aussi pris soin de ne présenter que des cas extrêmes dans le cadre de son documentaire, mais combien de personnes a-t-il dû interviewer afin d’en trouver quelques-unes qui en ingèrent jusqu’à 20 par jour? Il ne montre donc absolument pas l’autre côté de la médaille, celui des gens dit « normaux » qui prennent peu de pilules.

Son segment sur le trafic de médicaments par des dealers dans la rue est aussi particulièrement inutile puisque, à la base, le trafic de drogues en tout genre est illégal. Il était déjà évident que cela se produisait et, bien évidemment, la prescription  excessive de médicaments n’aide probablement pas, sauf qu’il serait faux de dire qu’elle en est la cause. Si les médecins prescrivaient moins de pilules, ce trafic ne s’arrêterait pas pour autant.

Québec sur ordonnance reste un film qui fait réfléchir et nous donne une certaine perspective sur notre propre consommation de pilules et nous amène à nous questionner sur l’utilité des « p’tites pilules miracles » et ce à quoi elles servent réellement. Plutôt que d’avaler des Advils, pourquoi ne pas aller faire un peu de sport, une façon tout aussi efficace, quoique plus exigeante, de faire disparaître douleur et mauvaise humeur?

 

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Une pilule, une p’tite granule…


Photographe: Anne-Marie Lavoie

(Éditorial du cahier Médicaments, entre nécessité et excès…)

Qui ne connait pas, dans son entourage, au moins une personne qui prend deux, trois, quatre ou cinq sortes de médicaments différents? Vu le chiffre d’affaires annuel des compagnies  pharmaceutiques, il est tout à fait normal de se demander si les Québécois et Canadiens ne consomment pas une quantité abusive de médicaments, que ce soit par leur propre volonté ou par l’entremise de la publicité omniprésente.

En effet, selon le gouvernement du Canada, « dix entreprises, dont huit multinationales, enregistrent des ventes supérieures à 100 millions de dollars »[1]. Il est donc tout à fait justifié de s’interroger à ce sujet.

Tout de suite, tout le monde doit penser aux médicaments nécessitant une ordonnance. Que les gens aient une ou dix prescriptions à leur actif, il est totalement injustifié de porter un jugement à leur égard. Bien sûr, il y a des abus, mais est-ce une raison pour généraliser? Je ne crois pas, puisque, de toute façon, il y a des abus dans tout. Ces médicaments sont prescrits par un médecin, un spécialiste, et les patients peuvent avoir un traumatisme grave, une maladie ou un trouble de la santé qui fait en sorte que leur qualité de vie dépend de ces médicaments.

Selon moi, le problème n’est pas lié aux médicaments sous ordonnance mais à ceux que l’on croit inoffensifs, et qui ne le sont peut-être pas tant que cela. Je parle ici de médicaments aussi banals que de l’acétaminophène (Tylénol). Combien de fois par jour voyez-vous une publicité, que ce soit à la télévision ou sur le Web, qui vante avec énergie les bienfaits de l’une de ces bonnes petites pilules?

Nous sommes constamment bombardés par ce genre de publicités. Tellement, que l’idée du médicament miracle reste ancrée dans nos esprits, et engendre le réflexe d’en consommer presque sans limites. Les publicités payées par ces compagnies véhiculent toujours une image d’un médicament inoffensif et sans danger. Mis à part la posologie indiquée sur ces contenants, les risques associés à l’usage abusif de ce médicament ne sont vraiment pas mis en évidence.

Ce ne sont sûrement pas les compagnies qui produisent, par exemple, les Tylénols, qui vous diront que la première cause d’intoxication aux médicaments, au Québec, est celle causée par l’acétaminophène. Ils ne vous diront  pas, non plus, de toujours surveiller les ingrédients des autres médicaments que vous pouvez consommer en même temps, même si plus de 900 d’entre eux[2] contiennent aussi de l’acétaminophène. Finalement, ils ne vous avertiront pas non plus qu’une intoxication à ce médicament peut être mortelle, si elle n’est pas détectée et traitée à temps. Mais comment la détecter, si la plupart des gens ne sont même pas au courant des symptômes que cette intoxication provoque? Il y a, entre autres, des douleurs au foie et des nausées, mais les symptômes n’apparaissent parfois que deux à trois jours plus tard, ce qui augmente le danger de ne pas traiter l’intoxication avant qu’il ne soit trop tard.

Malheureusement, les médicaments en vente libre sont beaucoup trop commercialisés, sans que les précautions et les dangers reliés à leur usage soient indiqués visiblement ou mis en évidence. Est-ce que certaines compagnies pharmaceutiques mettraient en péril la santé des gens dans le but de s’enrichir toujours et encore?


[1]http://www.hrsdc.gc.ca/fra/pip/prh/ps/profils_industriels/produits_pharmaceutiques_medicaments.shtml

[2] http://www.hrsdc.gc.ca/fra/pip/prh/ps/profils_industriels/produits_pharmaceutiques_medicaments.shtml

 

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Du soulagement à la dépendance?


Photographe: Valérie Roy

(Reportage du cahier Médicaments, entre nécessité et excès…)

Elle sort du bureau du médecin avec, en main, une liste de médicaments aussi longue qu’une liste d’épicerie. Elle entre dans sa voiture, direction la pharmacie. Elle se met en file d’attente et passe sa commande. Lorsqu’elle arrive à la maison, elle déballe ses sacs et lit, une à une, les étiquettes sur les pots de pilules. Elle ne peut comprendre pourquoi elle doit prendre autant de médicaments. Le médecin lui a dit qu’elle n’avait qu’un petit virus, mais elle se ramasse avec plusieurs contenants sur sa table. Comme elle n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi elle en a autant, elle appelle Info-Santé et leur décrit son problème. « Si une personne appelle, car elle croit qu’elle prend trop de médicaments, on la réfère immédiatement à son pharmacien. Il a un logiciel avec lequel il peut voir si les médicaments sont tous nécessaires et si le mélange de toutes ces substances peut causer des effets secondaires », explique madame Sylvie Chamberland, ancienne employée pour Info-Santé et maintenant enseignante et coordonnatrice en soins infirmiers, au Cégep de Saint-Jérôme.

Certaines personnes croient avoir trop de médicaments, mais cette impression peut être causée par un manque d’ordre dans la pharmacie de la maison : « Les gens ne font pas assez de ménage et accumulent parfois des pots de pilules périmées », dit-elle en tentant de convaincre les gens d’aller porter leurs médicaments périmés dans les pharmacies.

Cependant, certaines personnes en viennent à abuser de certaines pilules qu’elles croient non dommageables. Tout le monde a certainement vu cette fameuse publicité où cette pauvre dame a un mal de tête incroyable, au point où un homme lui creuse la tête avec un marteau-piqueur. Le but de cette annonce est de montrer que, lorsque l’on a un mal de crâne, il faut prendre des médicaments. Cependant, les gens ne pensent pas, dans la majorité des cas, à d’autres solutions avant de prendre ces pilules. Pour ce genre de malaise, on peut aller prendre de l’air ou même se mettre une serviette d’eau froide sur le front avant d’ingérer toutes sortes de substances. Comme l’explique Sylvie Chamberland, « un médicament, chimique  ou naturel, agit réellement sur le corps. Ce n’est pas un effet mental ».

Pour d’autres, la situation s’avère différente. Un jeune homme dans la vingtaine, qui souhaite conserver l’anonymat pour diverses raisons, m’a expliqué qu’il a eu un grave accident à l’âge de 15 ans. Durant son séjour à l’hôpital, les médecins lui ont administré de nombreuses pilules, dont de la morphine, pour endormir sa douleur. «Durant un mois et demi, j’ai été sous l’emprise de ces médicaments et mon système en demandait encore à ma sortie», précise-t-il. Son entourage a tenté, à plusieurs reprises, de l’envoyer dans un centre de désintoxication, mais il a refusé. « J’essaie de m’en sortir, mais c’est difficile. Mon corps est tellement habitué que, si je passe un bout de temps sans en prendre, je tombe malade et je ne suis plus totalement fonctionnel », explique-t-il, la gorge nouée.

Ce jeune homme n’est pas le seul dans cette situation. Jean (1), maintenant intervenant en toxicomanie, a lui aussi subi un grave accident de travail, il y a 36 ans : il s’est fait écraser la main par une machine qui fabrique des clés. Lors de son long séjour à l’hôpital, les médecins n’avaient d’autre choix que de lui donner des antidouleurs. Ces derniers se donnaient sous forme de pilules ou de piqûres. « La pilule prenait plus de temps à faire effet, mais ce dernier restait plus longtemps. Tandis que la piqûre faisait effet instantanément et me laissait sur un high : court mais efficace pour le buzz ». Comme il a ingéré ces substances sur une longue période de temps, son corps en demandait toujours, même après sa sortie de l’hôpital. Heureusement, Jean a réussi à vaincre cette dépendance.

En ce qui concerne le jeune de 21 ans, sa situation n’est pas de tout repos. Depuis quelques temps, il va consulter des médecins et s’invente des maladies dans le but de se faire prescrire des médicaments, dont des narcotiques. Ces derniers sont, en fait, des substances chimiques qui engourdissent les sens. « Aujourd’hui, c’est tellement facile de se procurer « légalement » toutes sortes de pilules dont on n’a pas vraiment besoin. »

Les gens prennent beaucoup de médicaments, comme des aspirines, par exemple, car ils les croient non dommageables pour le corps humain. « Il faut analyser nos besoins avant de commencer à prendre divers médicaments. Il faut aussi avoir de bonnes habitudes de vie », conclut Sylvie Chamberland.

(1) Jean a préféré que son nom de famille reste anonyme.

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Geneviève Duperron, pharmacienne aux petits soins pour ses patients!


Photographe: Audrey Savaria

(Entrevue du cahier Médicaments, entre nécessité et excès…)

Pharmacienne d’expérience depuis déjà 10 ans, Geneviève Duperron n’échangerait son métier pour rien au monde. « Il y a tellement de choses que j’aime dans mon métier ! Je suis encore passionnée même après toutes ces années! », dit-elle, le sourire aux lèvres. Elle explique que son travail est en constante évolution, il n’y a pas de routine qui s’installe et c’est ce qui rend son métier des plus intéressants. Mme Duperron adore le contact qu’elle a avec ses clients. Elle aime pouvoir les conseiller adéquatement afin d’apporter des changements positifs en ce qui a trait à leur santé. « Le contact humain est très valorisant, tout ce que les patients me disent, c’est important pour moi! », affirme-t-elle.

En tant que pharmacienne salariée au Familiprix de Blainville, Geneviève Duperron affirme avoir de bonnes conditions de travail en général. Les pharmaciens n’ont pas d’heure de dîner, ils doivent manger entre les clients et leurs horaires sont souvent instables. « Ça fait partie de mon métier et c’est sûr qu’il ne faut pas s’attendre à avoir un horaire de 9 à 5, du lundi au vendredi : on fait des soirs et des fins de semaine aussi. Moi, j’aime ce que je fais, donc je ne me plains pas! », explique-t-elle, en riant.

Lorsqu’on lui demande si l’industrie pharmaceutique manufacture des maladies pour faire augmenter ses profits, la réponse est non! Il y a beaucoup de nouveaux médicaments, et on ne se cachera pas que l’industrie pharmaceutique fait tout de même beaucoup de sous. « Maintenant les gens vivent plus vieux qu’avant, on veut donc qu’ils soient en santé le plus longtemps possible et, pour ce faire, nous avons besoin de plus de médicaments. L’industrie n’invente clairement pas de maladie! »

Selon Geneviève Duperron, l’accès aux médicaments n’est pas « trop facile » pour les Québécois. Pour avoir accès à un médicament fort, il faut voir un médecin, donc il y a un certain contrôle. « Parfois, je dirais même que cela devient difficile d’y avoir accès puisqu’il n’y a pas beaucoup de médecins de famille! Les patients devraient voir leur médecin de famille une fois par année, mais, la plupart du temps, ils réussissent seulement à le voir aux 18 mois », affirme-t-elle. Elle explique aussi que, souvent, il est difficile d’avoir des renouvellements d’ordonnances pour les patients et que cela complique le tout. Si le client n’a pas de médecin de famille, il est donc plus difficile pour lui d’avoir facilement accès aux médicaments dont il a besoin.

Les Québécois payent de moins en moins cher pour leurs médicaments, il y a eu des baisses de prix relativement importantes récemment. Depuis 5 ans, les prix sont beaucoup plus raisonnables. Nous avons connu des années où l’industrie avait beaucoup d’argent et ne gérait pas nécessairement le tout convenablement. « Aujourd’hui, les normes sont très sévères, donc je dirais que les prix actuels sont maintenant justes. Si vous m’aviez posé la question il y cinq ans, ma réponse aurait peut-être été différente! » Cependant, il existe aussi les médicaments appelés « génériques », qui sont équivalents aux originaux et qui coutent moins chers. La Régie de l’assurance maladie du Québec dépense actuellement 750 millions de dollars par année pour l’achat de médicaments génériques[1].

Chaque année, le Québécois moyen ingurgite 750 pilules. Ça, c’est sans compter tout ce qu’il achète sans ordonnance à sa pharmacie du coin pour soigner ses petits bobos de tous les jours [2]. « Qui sommes-nous pour juger si les gens prennent trop de pilules? Je dirais qu’il y a des gens qui devraient en prendre, mais qui ne le font pas, et il y en a d’autres qui, facilement, vont en prendre plus, voire trop. Il y a aussi ceux qui essayent de s’autotraiter. Certaines personnes vont même être « déçues » si elles ne sortent pas avec une ordonnance, après avoir vu le médecin. La plupart des ordonnances de médecin, je dirais 95% d’entres elles, sont très bien », confie-t-elle. C’est aussi le rôle des pharmaciens de s’assurer que la prescription est appropriée pour le client et, si ce n’est pas le cas, d’intervenir. En fait, si tout le monde, dans la chaîne, fait bien son travail, tout ira pour le mieux. « Ce qui doit être prioritaire dans le domaine pharmaceutique, c’est la santé du patient avant tout! », affirme la pharmacienne du Familiprix de Blainville.


[2] Le Devoir, Québec sur ordonnance – De troublantes questions sur un Québec très médicamenté, http://www.ledevoir.com/culture/cinema/159107/quebec-sur-ordonnance-de-troublantes-questions-sur-un-quebec-tres-medicamente

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