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Intégrer la vie active sans culture ?


Comme l’alternative à la formation technique qui se fait en trois ans, le gouvernement semble favoriser une « politique du travail » au travers de diplômes professionnels, plus courts.

Sujet brûlant, la formation générale est au centre de questionnements qui tentent de déterminer si elle est nécessaire pour l’éducation du « futur travailleur ».

Cette pensée se traduit à travers le témoignage de certains élèves.

« Certaines matières de la formation générale pourraient être enlevées », affirme Raphaëlle Morin, étudiante en théâtre.

Mais les étudiants ne savent peut-être pas que cette formation générale peut être considérée comme une opportunité historique. Un bref retour dans le temps nous permet de le constater.

En 1960, l’éducation, auparavant responsabilité du clergé, devient une affaire d’État alors que le Parti libéral prend le pouvoir et entreprend « la grande charte de l’éducation, un ensemble de mesures pour améliorer l’éducation et la rendre accessible à tous, sans exception » comme nous pouvons le lire sur le site larévolutiontranquille.ca. Il s’agit d’une refonte complète du système d’éducation qui donnera lieu, notamment, à la création des écoles polyvalentes et des cégeps.

Créés en 1967 pour faciliter la transition entre le secondaire et l’université, les centres collégiaux offrent les formations « techniques » et « préuniversitaires », qui ont en commun la formation générale. Les élèves étudient la littérature, la philosophie, l’anglais, qui n’étaient enseignés que dans les anciens collèges classiques dirigés par le clergé.

Les « masses » peuvent désormais avoir le droit à une éducation complète qui était auparavant réservée aux élites ecclésiastiques dans le but de former une relève pour le clergé.

Entre 1967 et 1980, les cégeps ont connu une hausse constante de fréquentation. Le nombre d’élèves passe de 14 077, répartis dans 12 établissements collégiaux, pour aboutir à 117 318 répartis dans 48 établissements collégiaux.

La formation générale en péril ?

Toutefois, la formation générale ne se retrouve pas dans certaines formations qui sont le « Diplôme d’étude professionnel » (DEP), « l’attestation aux études professionnelles » (AEP) et « l’attestation aux études collégiales » (AEC).

Ces formations sont plus courtes afin que les diplômés puissent intégrer plus rapidement le marché du travail. Mais leur durée réduite est-elle faite pour faciliter et accélérer l’insertion de l’individu dans la vie active ou pour répondre à un besoin imminent de l’État ?

« L’AEC peut être liée à un Diplôme d’Études Collégial (DEC) de référence déjà existant, auquel cas les compétences rejoindront celles du programme en place ; ou elle peut être entièrement nouvelle, auquel cas les compétences seront développées à la lumière d’une analyse de la situation de travail et de ses besoins spécifiques. » précise l’Observatoire Régional Montréalais de l’enseignement supérieur (ORMES).

L’AEC, l’AEP et le DEP ne sont pas élaborés dans le devis ministériel, mais sont construits pour répondre à des pressions économiques et industrielles. Ils sont financés par les centres professionnels, les collèges, les entreprises ou la Ville, et peuvent obtenir de l’aide financière si le gouvernement les juge fiables et utiles. Si la formation générale est retirée, c’est pour amoindrir les coûts.

« D’une certaine manière, ce genre de formation est une solution à court terme à un problème momentané. C’est pour cette raison que les cours de formation générale sont supprimés, afin de pouvoir avoir accès à la main d’œuvre le plus rapidement possible », analyse Hugo Krasnopolski, ancien étudiant au Cégep de Saint-Jérôme.

Le principe de « professionnalisation » est l’adaptation d’un état et de sa population à un marché fluctuant. La « professionnalisation » se concentre « d’abord sur l’activité elle-même, bien sûr, mais aussi sur l’individu ou le groupe qui l’exerce », constatent les professeurs-chercheurs de l’ORMES.

Ces formations professionnelles profitent d’une formation pratique, comme dans le secteur technique : l’une gagne en popularité quand l’autre en perd. Ces formations professionnelles profitent d’une publicité qui les met en valeur. (voir en haut graphique Évolution de l’Effectif total en formation professionnelle (DEP, ASP, AFP) et technique (DEC, AEC,CEC, DPEC) ensemble du Québec de 2000-2001 à 2008-2009 , source : MELS, Direction de la recherche, des statistiques et des indicateurs (DRSI), graphique DGSDF, 2010.)

En effet, un finissant de secondaire 5 peut avoir à choisir entre une « AEC – Gestion de commerce » et ou la « Technique – Gestion de commerce ». Sur papier, ces formations semblent visiblement aboutir à la pratique du même métier. Certains étudiants n’ont pas d’intérêt pour la formation générale, ont de la difficulté dans ces matières ou souhaitent simplement aller le plus vite possible vers la vie active. Ceux-ci seront donc plus prompts à choisir la formation plus courte.

Les Villes s’adaptent aux enjeux économiques, mais alimentent surtout l’État. Car chaque année sont créées des AEC qui en remplacent d’autres selon les sessions d’hiver ou d’automne. Par exemple, la formation continue de Saint-Jérôme en proposait 5 à la session d’automne 2016 et 8 en hiver 2017, seulement.

Alors, le gouvernement semble prêt à couper la culture pour les formations « pratiques ».

Les formés satisfont donc leurs envies, à condition que celles-ci demeurent dans ce que propose l’État.

Ainsi, peut-on parler d’un processus d’obtention de « main d’œuvre » ? Le Québec se trouve-il finalement si chanceux d’avoir une formation générale « populaire » ?

« Actuellement, il est ironique de constater que le Parti libéral souhaite la supprimer, alors qu’il est à l’origine de l’éducation populaire », conclut Hugo Krasnopolski.

Théo est un hipster et adore lire Vice.

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Les Cowboys Fringants apportent un vent festif


Les Cowboys Fringants ont éveillé la corde festive du public lors de leur spectacle, présenté par En Scène à Saint-Jérôme, le 18 avril dernier. Dès la première note, les fans se sont rués au-devant de la scène de la salle André-Prévost pour danser et chanter aux rythmes enivrants de la musique du groupe. Karl Tremblay, Jean-François Pauzé, Marie-Annick  Lépine et Jérome Dupras, ont interprété avec un brin d’humour des chansons de leur nouvel album Que du vent ainsi que leurs grands classiques.

Cœurs d’enfants

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Singe et boxeur se côtoyaient sur la scène, et chaque membre du groupe prenait part à la fête. Entre deux chansons, Karl Tremblay s’amusait à faire tenir le pied du micro sur son menton. Jean-François Pauzé a diverti le public par des numéros de magie aussi piètres que comiques.  Tels des enfants,  ils ont joué à la corde à danser avec un fil de micro ainsi qu’à cache-cache.

Pour alimenter leurs cœurs d’enfants, les membres du groupe ont été dans la foule pour offrir un moment mémorable à plusieurs enfants qui ont été « choristes » et  « bassistes », au grand plaisir du public.

Les jeux de lumières amplifiaient l’ambiance festive et l’énergie du groupe : « feux d’artifices » aux couleurs du drapeau du Québec, boules disco. Des lumières verticales puissantes teintées or illuminaient l’âme du public, et des blancs éblouissants renvoyaient au public l’émotion finale de chansons qui portaient à réflexion.

La symbiose d’humour et de musique planant dans la salle donnait une saveur de « théâtre d’été » à la soirée, un terme que Karl Tremblay a très bien utilisé pour qualifier leur prestation. Bien que la légèreté de l’ambiance était de mise, le groupe a gardé sa signature engagée par la profondeur des sujets de ses chansons dont Plus Rien et Shooter. Les textes et les mélodies resteront longtemps gravés dans la mémoire des Québécois.

Les auteures, Isabelle Neveu et Charlie Bourdeau, sont étudiantes en Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

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Les Muses orphelines : lorsque les murs éclatent


La pièce Les Muses orphelines était de passage à la Salle André-Prévost de Saint-Jérôme dans le cadre de la programmation d’En scène le 27 avril dernier. L’œuvre dramatique empreinte d’humanité souligne à quel point la présence parentale nourrit le sain développement de l’enfant.

Mise en scène par Martine Bouchard, cette production était la 120e depuis sa création en 1988. Jouée partout dans le monde, la pièce de Michel Marc Bouchard reste immanquablement actuelle.

Saint-Ludger, Québec, 1965. « Le cul du cul-de-sac », comme se plaît à l’appeler Luc. Luc, joué par Maxime Denommée, est un des quatre enfants de la famille Tanguay abandonnés il y a vingt ans par leurs deux parents.

L’action se déroule dans la salle de séjour familiale inchangée depuis le départ de leur mère, qui met en évidence que le temps s’est arrêté lorsque les parents ont quitté le nid familial.

Situation impossible de nos jours, la pièce est pourtant le drame bien vivant de la famille orpheline. L’histoire tourne autour d’Isabelle, déficiente intellectuelle, la cadette de 27 ans, jouée par Léane Labrèche-Dor, qui s’organise pour réunir ses frères et sœurs dans la maison familiale pour leur annoncer le prétendu retour de leur mère.

Quatre pôles s’affrontent alors. Tous se rappellent de leurs parents, mais chacun différemment. Affrontement après affrontement, les personnages dressent un portrait de plus en plus fidèle de leur mère.

On découvre alors la souffrance qui habite chacun des personnages, et comment celle-ci les habille. De la robe vieillie, à la robe espagnole, à l’uniforme militaire, l’absence parentale a été implacable pour ces adultes restés enfants.

Désir d’émancipation, de délivrance, le décor déstabilisant, les personnages marginaux, tout éclate pour laisser partir les vieux souvenirs douloureux. Le texte est profond, mais parsemé de répliques spontanées qui font rire et sourire.

Une pièce à voir pour se reconnaître un peu dans ses drames d’enfance, mais aussi pour en rire un peu, alors que le tout reste un brassage de souvenirs en famille.

L’auteure, Alisson Lévesque, est étudiante en Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

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L’existoire, une incursion avec Richard Desjardins


Assister au spectacle L’existoire de Richard Desjardins, c’est un peu lui confier notre cœur et notre tête, le temps d’une soirée. C’est s’abandonner complètement à sa musique et à sa prose enivrante, qui s’emparent de nous dès les premières notes et nous relâchent émerveillés bien après la fin du spectacle. Présenté par En Scène, à Saint-Jérôme, le 13 avril, Richard Desjardins nous offre presque intégralement son dernier album.

Il alterne sans cesse entre les deux styles musicaux qui ont fait son nom. Ses chansons d’amour douces et lentes, d’une grande beauté, sont envoûtantes. Tandis que les morceaux purement country au rythme rapide offrent des paroles provocantes et parfois cabotines. Desjardins, d’un naturel si désarmant, guide son audience si bien, que ces changements de style se font tout en douceur.

Le poète est accompagné de cinq excellents musiciens, qui impressionnent par leur polyvalence. En effet, à eux six, le groupe joue d’une vingtaine d’instruments, donnant ainsi une superbe variété musicale au spectacle.

Un artiste toujours engagé

À 65 ans, Richard Desjardins fascine par ses talents de pianistes, et par son esprit plus aiguisé que jamais. Il ouvre son spectacle avec une discussion d’une quinzaine de minutes, où il ne se gêne pas pour lancer de véritables attaques contre le gouvernement conservateur de Stephen Harper. Il pourfend ses politiques dévastatrices sur l’environnement. Il invite aussi les gens à soutenir Action Boréale, un groupe qui milite pour assurer la survie de la forêt boréale. Plus tard dans le spectacle, il lance d’autres pointes franchement provocatrices à l’égard des religions.

Richard Desjardins termine en beauté lors de son rappel. Il offre à l’audience trois de ses plus grands classiques : Tu m’aimes-tu?, Jenny et Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours. Le moins qu’on puisse dire de l’existoire, c’est qu’il est bouleversant, frappant et reposant, tout à la fois.

L’auteur, Étienne Lagueux-Barthe, est étudiant en Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

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Louis-José Houde, Les heures verticales


Après la première partie bien accueillie de François Bellefeuille, l’arrivée de Louis-José Houde prouve que le succès de l’humoriste n’est pas prêt de diminuer. Des applaudissements qui s’éternisent, des cris d’encouragements et des pouces en l’air… le public de la salle André-Prévost à Saint-Jérôme est définitivement prêt à passer une excellente soirée, présentée par En Scène, le 29 mars 2013.

Louis-José Houde

Effectivement, le public n’est pas déçu. Comme à l’habitude, les fous rires sont au rendez-vous, alors que Louis-José Houde présente son tout nouveau spectacle Les heures verticales. Sans introduction ni préambule, l’humoriste se jette dans son monologue et offre un spectacle plus qu’appréciable.

Fidèle à son habitude, Louis-José Houde étourdit la foule. Il déblatère toutes sortes d’histoires sur son enfance, à une vitesse quasi surhumaine. Pour le plus grand plaisir de son auditoire, il se transforme en un véritable moulin à paroles ultra-rapide! Il nourrit aussi une interaction rafraîchissante avec son public. Tantôt en prenant le temps de rire avec l’assistance de sa propre gestuelle exagérée, tantôt en interpellant directement certains de ses plus grands admirateurs.

Le spectacle sans entracte se transforme rapidement en une source de douleur incontrôlable à l’abdomen. Douleur qui, vous vous en doutez, se propage également au niveau du visage; plus particulièrement dans les joues. Peut-on vraiment s’en plaindre? Le bénéfice est double : on passe une excellente soirée, et on bénéficie d’une séance de musculation des abdominaux. Que demander de plus?

Toutefois, le jeune public pourrait moins apprécier Les heures verticales pour les références sur les débuts de l’internet, les premiers téléphones cellulaires, ou les enregistrements de musique sur une cassette. Si, pour plusieurs, toutes ces choses restent associées à leur enfance, qu’en est-il de ceux et celles qui n’ont connu ni les vidéocassettes, ni les fameux walk-man? Peuvent-ils vraiment apprécier ces références?

Il reste que les nouveaux gags sont réussis, bien enchaînés, et nous rappellent à tous que les familles québécoises sont extrêmement semblables dans leurs habitudes et leurs routines. Difficile de ne pas reconnaître un de nos proches – ou de se reconnaître – dans les multiples portraits, un peu clichés sans doute, mais ô combien réels, qu’il dresse au fil de ses anecdotes.

Une chose est sûre, c’est que Louis-José Houde n’a pas terminé de gagner en popularité!

 

L’auteure, Véronique Ouellet, est étudiante en Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

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Soirée de grande première pour Neurones et papilles


C’était soir de grande ouverture le mardi 19 mars dernier au restaurant Neurones et papilles du programme de Gestion d’un établissement de restauration, alors que se tenait le premier banquet gastronomique, organisé dans le cadre du cours « Banquets et service traiteur ». De quoi se faire aller les papilles!

L’enseignant des cours de service, Luc Gagné, ancien directeur de restauration, était bien fier du professionnalisme de ses étudiants lors de ce premier banquet : « J’ai été agréablement surpris de la qualité du service offert, de leur savoir-faire, et surtout de leur intérêt. »

La trentaine de convives présents à l’événement ont été bien servis avec un banquet de cinq services. Des bouchées au dessert, les étudiants ont joué chacun leur rôle de manière exemplaire.

Luc Gagné a d’ailleurs rappelé que « le service de restauration est comme une pièce de théâtre : les acteurs sont les serveurs; il faut jouer un rôle et ne pas le quitter. »

Accueillir, informer, servir

L’art de servir un client

Accueillir, informer, servir, être à l’écoute et adopter une bonne attitude avec ses clients, tel a été le mandat des étudiants.

L’objectif du cours et des banquets est de rendre aptes les étudiants à la planification d’un banquet pour un nombre de personnes déterminé. Les billets achetés à l’avance leur ont donc permis de définir la production adéquate de nourriture, les dates des achats. Il était aussi crucial de synchroniser la production pour que, le jour venu, tout soit prêt à 18 h.

Côté salle à manger, le but du cours est essentiellement d’apprendre à synchroniser son service avec la cuisine et de suivre les directives du maître d’hôtel. Le travail d’équipe est de mise pour que le service soit de qualité.

Un service à la hauteur des attentes

À la fin de la soirée, les étudiants se sont chaudement félicités. Ceux-ci avaient eu 7 heures de cours et de simulation pour apprendre l’ensemble des éléments d’un service de banquet, du montage des tables au débarrassage. « On avait hâte que ce soit le vrai banquet pour enfin le vivre », a dit une étudiante.

Les 23 étudiants de la cohorte, qui s’étaient séparés en deux entre la cuisine et le service salle à manger, alterneront ces deux positions au cours de banquets suivants. Les gens intéressés à se procurer des billets peuvent le faire à la caisse du Cégep (A-127b). Les prix varient entre 18 $ et 22 $, et une bouteille de vin est offerte si les intéressés remplissent une table complète (8 personnes).

Un programme à découvrir

Le récent programme « Gestion d’un établissement de restauration » est maintenant offert aux étudiants depuis l’automne 2012. Encadré par quatre professeurs expérimentés, les étudiants apprennent les règles d’honneur d’un service haut en couleur. Les apprentissages se font dans des installations professionnelles, modernes et à la fine pointe de la technologie, le tout situé au cœur du centre-ville de Saint-Jérôme, à quelques pas du Cégep. C’est un programme d’étude complet, qui unit des cours de comptabilité, de gestion et de mise en marché à ceux de cuisine et de services, pour former des étudiants polyvalents et bien outillés pour gérer et comprendre le fonctionnement d’un établissement de restauration.

Les auteures, Alisson Lévesque et Anne-Charlotte D. Lopez, sont étudiantes en Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

Photos Alisson Lévesque

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Éric Bernier grandiose dans la comédie noire Vigile (ou le veilleur)


La comédie noire Vigile (ou le veilleur), présentée à Saint-Jérôme par En Scène, et mise en scène par Martin Faucher, nous transporte chez la vieille tante mourante et alitée de Kemp, un jeune adulte complètement désadapté socialement.

Par ses propos scandaleux, Kemp laisse savoir qu’il attend la mort de sa tante avec impatience : « Je m’inquiète pour ta santé dernièrement, on dirait qu’elle va mieux… » Ou encore : « Pourquoi tu te maquilles? Pourquoi tu laisses pas le croque-mort s’en occuper? » Ou bien : « Si tu meurs pas ben vite… J’pense que ça va me tuer! »

Les paroles choquantes, les tentatives loufoques de Kemp pour hâter la mort de sa tante sont troublantes, mais le personnage lui-même reste pathétique, ce qui rend cette comédie noire plus légère et drôle.

Morris Panych, l’auteur de cette pièce de théâtre anglaise, jouée pour la première fois en français au Québec, utilise avec justesse la comédie afin de témoigner d’enjeux sociaux et humains importants. L’histoire se déroule sur une année. Un an d’attente que la mort frappe. Peu à peu, Kemp s’ouvrira à sa tante, et se révélera à lui-même, en parlant de sa jeunesse compliquée.

En fait, Kemp, travaille dans une banque, n’a pas d’amis, pas de famille, pas d’amoureuse, rien. Il nous apparaît comme un être solitaire avec sa propre philosophie de vie : « les humains sont tous des cons ». Il méprise les gens, à cause d’un manque d’amour de ses parents lorsqu’il était jeune. Les enfants qui jouent dans la rue, que l’on ne fait qu’entendre, sont pour lui complètement répugnants et stupides.

Éric Bernier, qui interprète Kemp, est simplement grandiose dans son personnage.  Durant 1h30, celui-ci s’adresse au public, à lui-même, à sa tante Grace (Andrée Lachapelle), dans un monologue plus que bien écrit, où ses sentiments sont interprétés avec justesse. Il nous entraine dans une foule d’émotions: colère, compassion, pitié, délire et amertume.

Le texte rend des thèmes aussi fondamentaux que la mort, la vie, la vieillesse et la solitude, sur une note d’humour grinçant. Malgré les thèmes durs, ce spectacle sait plaire à un public partagé : ados, adultes, et ainés sauront s’y reconnaître. À voir et revoir!

L’auteure, Karolanne C.Bérubé, est étudiante en Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

Cette critique est le fruit d’une collaboration entre En Scène et le profil Journalisme et communications du Cégep de Saint-Jérôme.

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Tout savoir pour devenir journaliste avec Alec Castonguay


Chef de bureau politique au magazine L’actualité, chroniqueur au 98,5 FM à l’émission Dutrizac, collaborateur à Radio-Canada, le journaliste Alec Castonguay n’a pas le temps de s’ennuyer. Il a tout de même pris le temps de rencontrer près de 40 élèves en Journalisme et communications, qui désiraient en apprendre davantage sur le métier de journaliste. Les étudiants ont assisté à une rencontre animée par Alec Castonguay, portant sur le parcours associé au métier de journaliste, le mercredi 14 novembre, au Cégep de Saint-Jérôme. Cette conférence leur a donné l’occasion de prendre connaissance des étapes à franchir, des qualités requises et des attitudes à adopter afin de devenir un journaliste accompli.

Le pied sur l’accélérateur

Avant son arrivée au magazine L’actualité, Alec Castonguay a été journaliste pendant 8 ans au Devoir, entre 2003 et 2011. À 23 ans, il est devenu l’un des plus jeunes à y obtenir un poste permanent. Assigné à la section économique puis politique à ses débuts, il a également été correspondant parlementaire à Ottawa pour Le Devoir, de 2004 à 2009. De plus, Alec Castonguay fait partie des journalistes qui ont couvert le conflit en Afghanistan, entre 2007 et 2011.

Âgé de 32 ans, Alec Castonguay a déjà accumulé énormément de bagage professionnel. Intéressé dès l’enfance au journalisme, à l’école primaire, il lançait le tout premier journal étudiant de son établissement scolaire. Plus tard, après avoir fait ses études collégiales en télécommunications en 2000, il a étudié une session à l’étranger, en France, en 2001, et obtenu son diplôme de l’UQAM en journalisme en 2003.

Même si plusieurs chemins peuvent mener au journalisme, les études en journalisme et en communications sont à envisager pour le journaliste en herbe. « Il est très rare que les médias ne se fient pas à la scolarité », a mentionné Alec Castonguay. Par contre, il n’y a pas que cette facette qui importe. « Il est important de faire plus que ce que l’on demande, ne pas avoir peur de défoncer des portes », a-t-il tenu à rajouter. Par exemple, effectuer des stages d’été dans des quotidiens régionaux permet d’acquérir de l’expérience et, par le fait même, de bâtir un excellent portfolio au moment de faire le saut dans le métier.

Il y a également des règles à suivre pour rédiger des articles de qualité. « Il faut savoir montrer les deux côtés de la médaille, aimer non seulement s’informer, mais aussi débattre », a-t-il précisé. Selon lui, il est important d’avoir la personnalité requise pour exercer ce métier. Il faut aimer la nouvelle et également aimer avoir un horaire variable.

À savoir s’il croit que le journalisme citoyens et les médias sociaux remplaceront les médias traditionnels un jour, Alec Castonguay rétorque que les journalistes citoyens n’ont pas la formation requise. « Les sources sûres provenant de notre liste de contacts gagnent plus en crédibilité que les rumeurs », a-t-il précisé, en ajoutant que les journalistes demeurent crédibles et nécessaires afin de mettre la main sur des informations de qualité.

Photo Charlie Bourdeau

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Un gala pour des élèves méritants!


Josiane Cyr et Julien Legris lors de la conférence de presse (photographe: Joanie Mercier)

Le 11 mai dernier, au Cégep de Saint-Jérôme, plusieurs journalistes ont été convoqués à une conférence de presse portant sur le gala de fin de parcours des étudiants en Journalisme et communications. En effet, à la fin de cette session, la première cohorte d’étudiants de ce profil se dirigera vers l’université.

En septembre 2009, le programme Arts et lettres accueillait les premiers élèves du nouveau profil  Journalisme et communications. Deux ans plus tard, les deux porte-parole des 19 « pionniers », Josiane Cyr et Julien Legris, se confient quant à l’exhaustivité de l’enseignement qu’ils ont reçu : «  Nous sommes allés à Radio-Canada et nous avons pu constater que ce que nous faisons au cégep est comparable aux installations d’une station de télévision professionnelle. » En plus de leur visite dans des locaux de télévision, les élèves du profil ont eu l’occasion, à plusieurs reprises, de vivre des expériences journalistiques concrètes. Ils ont eu la possibilité de publier de leurs articles dans des hebdomadaires de la région – L’écho du Nord, Le Mirabel, Le Journal des Pays-d’en-haut la Vallée – ainsi que dans le périodique culturel Traces. De plus, un stage au journal de Prévost a également été offert. « Nous sommes extrêmement choyés et encadrés, ici », souligne Josiane Cyr.

Le programme de la soirée? Présentation de quatre documentaires et deux émissions de variétés produites par les étudiants, eux-mêmes. Les invités pourront également voir l’exposition des 20 cahiers spéciaux des finissants, qui ont été publiés dans le présent journal vituel, dans le cadre de leur projet synthèse.

Il est également intéressant de constater à quel point les finissants sont enthousiastes et fiers de leurs travaux et de leurs accomplissements.  L’accueil a d’ailleurs été très bon en ce qui concerne les travaux qu’ils ont présentés autant pour la presse écrite que pour la presse télévisée.  Un exemple frappant est la présentation des documentaires des étudiants au Carrefour du Nord et l’impact dans les médias locaux : «  Nous avons eu la chance d’aller à la radio de CIME pour parler de notre projet documentaire. […] Chaque équipe avait cinq minutes », précisent les deux porte-parole.

Le moins que l’on puisse dire c’est que le nouveau profil attire l’attention.  Bien que le profil Journalisme et communications, du programme Arts et lettres, ne soit pas une technique, comme c’est le cas au Cégep de Jonquière, ce préuniversitaire se démarque par ses deux volets pratiques:  « Pour nous, ça toujours été important de mettre l’accent sur le volet journalistique et le volet audiovisuel », mentionne Alain Vézina, professeur du profil.

Que conseillent ces finissants aux cohortes suivantes? Selon Josiane Cyr, il est primordial de bien s’informer avant de s’inscrire dans un tel profil. Par exemple, il faut avoir une idée de ce qu’est la concentration et la convergence des médias. « Quand on rentre au cégep, on pense qu’on a les yeux ouverts, mais c’est absolument faux », renchérit Julien Legris.

Tout compte fait, la création d’une salle de presse  et l’obtention d’équipement, pour les étudiants du profil, auront été très profitables. Les finissants sont à la hauteur des ambitions des professeurs et fondateurs du profil. Le gala du 25 mai prochain, à 19 h, est une occasion en or pour satisfaire votre curiosité et vous permettre de survoler de façon concrète le fruit ultime du travail des étudiants et des enseignants.

Longue vie à ce profil et bonne chance aux futurs universitaires!

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Des réseaux douteux…


(Entrevue du cahier Les réseaux sociaux… Je vis, tu lis, on sait!)

« Je m’intéresse beaucoup à la question des médias dans la société d’une façon sociologique, politique et économique. Le côté people m’intéresse moins, sauf pour ses effets. C’est pour la menace qu’il fait peser sur la démocratie que ça m’inquiète, c’est ce qui fait en sorte que je m’y intéresse », voilà par quel chemin Charles-Étienne Gill s’intéresse aux réseaux sociaux.

Cet enseignant donne le cours de Communication de masse au Cégep de Saint-Jérôme, dans le profil Journalisme et communications. Il  a d’ailleurs participé à la création de ce profil. Avant d’être enseignant, il a étudié la science des communications à l’Université de Montréal et a travaillé dans une radio communautaire multilingue de Montréal, où il animait une émission culturelle et où il était chroniqueur dans une émission diffusée à l’heure du retour à la maison. C’est à ce moment de sa vie que Charles-Étienne Gill a commencé à faire des revues de presse et, par la même occasion, à s’intéresser à la question médiatique.

Bien qu’il utilise les réseaux sociaux, M. Gill raconte qu’il utilise peu son compte Twitter. Ce compte est d’ailleurs anonyme et il y fait entre deux et trois mises à jour par mois. Par contre, sur Facebook, c’est son vrai nom qui y apparaît. Bien sûr, « plus on vieillit, plus le caractère professionnel est présent et plus le côté adolescent disparait de Facebook, donc c’est ma vraie personne », dit-il avec un certain humour, en évoquant le fait qu’un enseignant ne peut se permettre de mettre n’importe quoi sur Facebook.

Avec Facebook, ce professeur croit qu’il s’agit de la première fois où nous pouvons « vraiment montrer comment segmenter un marché et connaître un public ». Les médias sociaux servent donc à reproduire un réseau, ce qui permet d’avoir une influence sociale.  Les gens y adhèrent et ensuite les compagnies ont une façon de soutirer des informations au sujet des consommateurs et peuvent ainsi proposer des produits mieux ciblés. C’est pour cette raison que quelqu’un qui parle régulièrement de musique recevra des publicités pour avoir des billets de spectacles ou se verra offrir les nouveautés musicales. « Le problème, c’est la recherche d’informations sur la vie privée, on veut montrer que l’information a beaucoup de valeur. » Ainsi, le plus grand danger des réseaux sociaux, c’est la protection de notre vie privée. Dans ce cas, « on s’attend à ce que le gouvernement légifère. Si c’était ailleurs que sur Internet, différents organismes de protection de la vie privée seraient intervenus disant « qu’ils n’ont pas le droit d’utiliser les informations qui se trouvent sur les réseaux sociaux » ». Ainsi, selon Charles-Étienne Gill,  « le gouvernement devrait réagir et faire une loi disant aux réseaux sociaux : « Vous ne pouvez pas utiliser ces informations-là! » Si c’est un lieu pour que les gens échangent, ce doit être clair ; si c’est un lieu commercial, ce doit être encore plus clair. Il n’y a aucune raison pour que le législateur n’agisse pas. Ce n’est pas normal qu’une compagnie ait plus de pouvoir que les lois. L’information est un énorme pouvoir ». Selon M. Gill, l’utilisation des réseaux sociaux peut constituer un danger réel pour la sauvegarde de la vie privée. Il va même jusqu’à faire une comparaison avec le fameux roman de George Orwell, 1984. Il précise que, lorsqu’il fait la comparaison avec ce roman, il ne le dit pas d’une « façon utopique, mais d’une façon bien sérieuse ».

Cet enseignant se demande donc « combien de journalistes ont lu le contrat d’utilisation de Facebook au complet. Après tout, c’est leur travail! Dans les médias, on ne s’occupe pas toujours de l’intérêt public, si on s’en occupait, ça deviendrait d’actualité et, puisque ce serait d’actualité, on forcerait le législateur à prendre position ». Selon lui, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications (CRTC) pourrait intervenir, mais il a décidé de laisser le Web beaucoup plus libre. Ainsi, il agit pour ce qui est de la pornographie juvénile, car c’est mal, mais pas pour des phénomènes comme Facebook, car il veut montrer que le gouvernement n’est pas intrusif. Bref, « quand les politiciens et les journalistes ne font pas leur travail, la démocratie est en danger. C’est un cas évident ».

Dans les réseaux sociaux les plus populaires, il y a aussi Twitter qui fait compétition à Facebook. Charles-Étienne Gill explique que « les applications commerciales sont moins évidentes, mais ce n’est pas encore développé comme on le voudrait. C’est tout de  même un usage commercial qui est plus insidieux que Facebook, mais le principe est le même. C’est d’ailleurs un slogan « 140 caractères »: ce n’est pas le temps de faire de la pensée intelligente et fine. L’option ce n’est pas de faire une thèse sur le commentaire et la soumettre, c’est « j’aime » ou « j’aime pas ». Le choix est simple ».

« Il y aurait eu bien d’autres utilisations à faire du Web 2.0 plutôt que Facebook et compagnie, c’est carrément un gaspillage de temps et de talent. Ne serait-ce pas mieux que les gens lisent des articles de fond, qu’ils trouvent des choses sur le sujet, qu’ils se créent des réseaux par rapport à leurs sujets et leurs passions et, après ça, qu’on puisse avancer et utiliser ces réseaux pour influencer la politique et l’économie, pour les faire aller plus vite. Il y a une masse critique de jeunes qui voudraient qu’on s’occupe  un peu plus de l’environnement, sans comprendre réellement les enjeux. Mais, là, ils pourraient le faire et utiliser les réseaux sociaux, devenir des décideurs, mais ils ne l’utilisent pas pour ça, ils font du « j’aime un tel » ou je ne sais quoi », conclut Charles-Étienne Gill.

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