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Choisir le bon bol de chips


Les histoires d’abus de pouvoir par des adultes sur des enfants circulent dans les médias et les palais de justice. Comme les autres parents, ceux ayant un ou des enfants déficients mentalement s’inquiètent pour la sécurité de ceux-ci et se demandent comment ils peuvent agir dans l’éducation de leurs enfants pour prévenir ces situations.

Judith Joubert, psychoéducatrice de métier, travaille au CLSC avec les enfants de zéro à cinq ans qui peuvent laisser paraître un retard dans leur développement. Ces enfants, ayant souvent un problème de langage, ont du mal à communiquer. Ce retard peut même aller jusqu’à un déficit tel que l’autisme.

Être « comme les autres »

Dans son métier, Judith doit travailler avec des enfants qui vont des plus renfermés à ceux qui sont en manque d’attention. Elle considère ces derniers plus vulnérables :
« Un enfant va avoir un bol de chips et il va vouloir en manger. Mais, disons qu’il a un vieux bol de chips toutes ramollies, toutes défraichies, il va se satisfaire de manger ça. »

Judith Joubert utilise cette métaphore pour expliquer que ces enfants, « même s’ils ont toute leur tête », vont être plus vulnérables aux mauvais comportements des adultes à leur égard. « Ils vont chercher la mauvaise attention, même si elle a des conséquences négatives parce qu’au moins, il y a quelqu’un qui s’occupe d’eux. », explique Judith.

Ayant aussi travaillé pour le DITSA (Déficience intellectuelle et troubles du spectre de l’autisme), la psychoéducatrice a fait de la prévention dans les écoles secondaires auprès de jeunes filles déficientes en quête d’attention pour se sentir « normales ». Elle leur expliquait, avec l’aide d’une collègue infirmière, ce qui était acceptable venant d’un proche, d’un professeur, etc.

Moins vulnérables

D’un autre côté, Judith doit parfois travailler avec des jeunes « sauvages », c’est-à-dire qui n’ont pas beaucoup fréquenté d’autres jeunes ou même d’autres personnes tout simplement. Ces jeunes sont alors amenés à fréquenter des garderies ou à s’impliquer dans des activités de groupe pour socialiser et se défaire de la dépendance qu’ils peuvent avoir envers leurs parents. Ces parents s’inquiètent donc parfois de la vulnérabilité de leurs enfants face aux figures d’autorités les entourant à cause de leur déficit . Pour ce type d’enfant, Mme Joubert les rassure : « Le lien est dur à créer justement avec l’adulte qu’ils ne connaissent pas. Il y en a, selon les degrés, qui sont très rigides dans leur approche. Ce ne sont pas des enfants à qui on peut faire faire n’importe quoi. »

 L’importance de la prévention

Expliquant que c’est très difficile de faire comprendre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas à ces jeunes filles, Mme Joubert pense qu’il serait bon de commencer à faire de la prévention par rapport à la sexualité et les relations avec les autres, à la maison, si les parents se sentent à l’aise, et à l’école même dans les premières années de primaire. Elle avertit par contre les parents d’en parler avec prudence, en choisissant bien les mots utilisés pour éviter d’effrayer l’enfant. En ce qui concerne l’école, elle conseille de faire appel à des organismes tels que Brindami pour intervenir dans les classes. Comme ça, l’enfant se sent accompagné en sachant que tout son groupe s’en fait parler, qu’il n’est pas visé.

De plus, considérant que le cerveau a plusieurs niveaux d’évolution et qu’en vieillissant, l’environnement des jeunes changent, Judith Joubert juge qu’il serait bon de faire cette prévention à plusieurs reprises. En effet, par exemple, vers l’âge de six ans, l’enfant est en mesure de comprendre le bien et le mal par le biais de faits concrets[1]. « Certains enfants peuvent être très vulnérables parce qu’ils n’ont pas du tout la notion du danger et de l’étranger qui peut être méchant. », explique-t-elle. Alors, il est bien de les aider à comprendre ce qui est mal en leur en parlant. « Je pense que c’est important de toujours faire des rappels, surtout de ce côté-là. À force de l’entendre, quand ils arrivent dans une telle situation, peut-être que ça va “ popper “ que ce n’est pas correct. », explique la psychoéducatrice.

 

Pour avoir travaillé avec les deux extrêmes quant à ces enfants, Judith Joubert suggère de faire le plus de prévention possible avec les enfants. Elle rappelle que pour les parents, des livres tels que Ma sexualité de 0 à 6 ans, Ma sexualité de 6 à 9 ans[2], etc. peuvent aider à amorcer la conversation et que des organismes, comme le nommé plus tôt : Brindami, existent pour faire la promotion des comportements sociaux auprès des jeunes. Ainsi, ils pourront, à l’aide des ressources disponibles, aider leurs enfants à choisir le bon bol de chips.

 

 

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Destination : pays des illusions


L’ère des réseaux sociaux dans laquelle vivent les jeunes entre 18 et 25 ans les confronte tous les jours aux réussites et bonheurs de chacun, ce qui les met face à leurs défaites personnelles. Voir des vidéos mettant de l’avant des personnes qui ont relativement le même âge que le leur, qui vivent des aventures qui ont l’air électrisant leur donne envie de les vivre aussi. Le besoin de prouver aux autres que leur vie est aussi palpitante devient alors attrayant et les milléniaux se mettent à voyager pour prendre des photos, faire des vlogs et ensuite publier le tout sur Facebook, Instagram, Youtube… Selon une infographie provenant de Internet Marketing Inc., 52% des utilisateurs interrogés avouent que les photos de voyage de leurs amis les inspirent pour leur plan de voyage et 76% d’entre eux publient leurs photos de voyage sur les réseaux sociaux.

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Évidemment, si sur quatorze jours de vacance, seulement trois d’entre eux présentent du beau temps, le jeune adulte ne publiera que ces trois journées ensoleillées et l’internaute qui regarde idéalisera l’idée de voyager en s’imaginant se prélasser sur la plage. Les médias, avec leurs vlogs et autres plateformes, ont alors rendu normal cette image de passer du bon temps au soleil comme étant celle qui correspond à un voyage « parfait ».
Liberté imaginée
Certains essaient de ne pas se laisser embarquer dans cette idée préconçue du voyage. Ceux-ci voyagent pour découvrir le monde, sa nature et ses cultures dans le but de grandir. Ils cherchent l’aventure, le nouveau, mais surtout, ils cherchent la liberté. Ils veulent sortir un peu du cadre strict que leur impose la vie quotidienne.

Quelques agences de voyage telles que Voyage Grand V ou G Adventures proposent des voyages organisés en les présentant comme des voyages qui donnent une liberté. « L’une des choses que nos voyageurs ont en commun est qu’ils détestent être rassemblés en troupeau comme des touristes », lit-on dans la brochure de G Adventures. Cette agence assure que les voyageurs ont près de « 70 % de temps libre » et VGV affirme laisser une liberté totale à ses clients[1]. Les jeunes se lancent alors dans une aventure qui peut ressembler, par exemple, à ça : participer à des cours de surf suivit d’une visite d’un site pour ensuite changer de lieu d’hébergement et se rendre à un festival…

Ce « trip de gang » est très attrayant pour un jeune adulte et doit probablement procurer une belle expérience. Reste qu’il faut suivre un groupe pour se déplacer tout le long du voyage. L’idée de « liberté » reste-elle toujours valable ? L’illusion de liberté que procure ce genre de voyage est forte et les milléniaux y croient. Mais, ça reste un voyage organisé.

En parallèle, les agences profitent abondamment des réseaux sociaux pour rejoindre les jeunes :

« Les messages humoristiques incitant les lecteurs à prendre des vacances, afficher des images à couper le souffle, interagir avec les consommateurs qui tendent la main, créer des défenseurs de leur compagnie sont tous de bons moyens pour approcher les utilisateurs et les pousser potentiellement vers leur compagnie. », explique Kimberlee Morrison dans son article « Social Media and Travel Go Hand in Hand (Infographic) »

Quand le voyageur choisira sa destination, il aura alors l’impression que ce choix a été fait par lui seul. Il ne se rendra pas compte qu’en fait, il aura été poussé subtilement dans un chemin qui aura été creusé et tapé d’avance par les agences et par le biais des réseaux sociaux.
[1] MORASSE, Marie-Ève. « Voyages de groupe: jeunesse organisée », La Presse, 29 janvier 2016

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Le « Fuck Boy » ne serait-il pas en fait un « Faux Boy » ?


Qui peut se vanter de ne s’être jamais exclamé en apercevant un jeune homme déambuler dans la cafétéria du cégep casquette au vent, regard de renard en recherche de poules à dévorer, pantalons roulés et troués, cheveux et barbe parfaitement taillés, un sourire d’annonce de Crest : « Oh mon dieu, c’est un ​Fuck Boy! » 

Ce qualificatif peu flatteur signifie, dans le jargon des jeunes gens, « un homme qui a des relations sexuelles avec plusieurs femmes sans toutefois informer celles-ci qu’il ne souhaite que du sexe ». Avec une sexualité active vient aussi un style vestimentaire particulièrement influencé par les chanteurs et acteurs en vogue de notre génération.

Femmes, sexe, argent, jeunesse… Un grand classique du rêve américain qu’idolâtrent les mâles pubères qui souhaitent ardemment entrer dans un moule : « Dès l’enfance, les garçons autant que les filles se font inculquer des stéréotypes selon lesquels ils se doivent d’avoir une libido forte, d’être rude et distant avec les femmes et d’être en situation de pouvoir. Dans le cas où ils seraient doux et sensibles, ils se feraient catégoriser comme étant  » fifs  » ou  » tapettes  » », explique Danielle Bastien, professeure en psychologie au cégep de St-Jérôme. Sa collègue, Édith de la Sablonnière, rajoute que le phénomène de la bigorexie, qui est la dépendance excessive d’un être à l’activité sportive pour développer sa masse musculaire, est en hausse depuis quelques années chez les garçons qui sont obsédés par l’idée de plaire et de ressembler à leurs idoles.

Pourtant, selon un sondage effectué par ma propre personne sur 20 étudiants du cégep de St-Jérôme, garçons et filles confondus, être un Fuck Boy n’est pas très reluisant. En effet, les filles les qualifient de nuisances humaines qui dénigrent, utilisent et détruisent les femmes.

« Ils pensent qu’un trou c’t’un trou, sans se préoccuper de la personne », dit une étudiante de 18 ans.

Les garçons légèrement envieux, de leur côté, reconnaissent que ce n’est pas quelque chose de très glorieux, mais que c’est une sorte de statut.

Malgré tout, les garçons, en voyant leurs idoles encerclés de jeunes femmes aux seins et fesses rebondissants, se disent que c’est ce qu’ils doivent faire aussi, ce qu’ils doivent être, pour ne pas être rejetés de leurs pairs et faire partie de ce club malsain d’hommes qui contrent leur nature pour se mouler à celle qui leur est imposée par la société. Dans ce cas, ceux que l’on considère comme Fuck Boy ne seraient que les Faux Boys qui tentent à tout prix de ressembler à ceux qui plairaient selon eux.

Et si, pour changer, on oubliait les stéréotypes ? Et si on voyait quelqu’un comme étant seulement quelqu’un et pas un « nerd », un « douche bag », un « fuck boy », mais juste un humain ? Parce que ce n’est pas parce qu’il ne va pas au Sherman et qu’il ne s’entraîne pas qu’il n’est pas un véritable ​Fuck Boy.

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Intégrer la vie active sans culture ?


Comme l’alternative à la formation technique qui se fait en trois ans, le gouvernement semble favoriser une « politique du travail » au travers de diplômes professionnels, plus courts.

Sujet brûlant, la formation générale est au centre de questionnements qui tentent de déterminer si elle est nécessaire pour l’éducation du « futur travailleur ».

Cette pensée se traduit à travers le témoignage de certains élèves.

« Certaines matières de la formation générale pourraient être enlevées », affirme Raphaëlle Morin, étudiante en théâtre.

Mais les étudiants ne savent peut-être pas que cette formation générale peut être considérée comme une opportunité historique. Un bref retour dans le temps nous permet de le constater.

En 1960, l’éducation, auparavant responsabilité du clergé, devient une affaire d’État alors que le Parti libéral prend le pouvoir et entreprend « la grande charte de l’éducation, un ensemble de mesures pour améliorer l’éducation et la rendre accessible à tous, sans exception » comme nous pouvons le lire sur le site larévolutiontranquille.ca. Il s’agit d’une refonte complète du système d’éducation qui donnera lieu, notamment, à la création des écoles polyvalentes et des cégeps.

Créés en 1967 pour faciliter la transition entre le secondaire et l’université, les centres collégiaux offrent les formations « techniques » et « préuniversitaires », qui ont en commun la formation générale. Les élèves étudient la littérature, la philosophie, l’anglais, qui n’étaient enseignés que dans les anciens collèges classiques dirigés par le clergé.

Les « masses » peuvent désormais avoir le droit à une éducation complète qui était auparavant réservée aux élites ecclésiastiques dans le but de former une relève pour le clergé.

Entre 1967 et 1980, les cégeps ont connu une hausse constante de fréquentation. Le nombre d’élèves passe de 14 077, répartis dans 12 établissements collégiaux, pour aboutir à 117 318 répartis dans 48 établissements collégiaux.

La formation générale en péril ?

Toutefois, la formation générale ne se retrouve pas dans certaines formations qui sont le « Diplôme d’étude professionnel » (DEP), « l’attestation aux études professionnelles » (AEP) et « l’attestation aux études collégiales » (AEC).

Ces formations sont plus courtes afin que les diplômés puissent intégrer plus rapidement le marché du travail. Mais leur durée réduite est-elle faite pour faciliter et accélérer l’insertion de l’individu dans la vie active ou pour répondre à un besoin imminent de l’État ?

« L’AEC peut être liée à un Diplôme d’Études Collégial (DEC) de référence déjà existant, auquel cas les compétences rejoindront celles du programme en place ; ou elle peut être entièrement nouvelle, auquel cas les compétences seront développées à la lumière d’une analyse de la situation de travail et de ses besoins spécifiques. » précise l’Observatoire Régional Montréalais de l’enseignement supérieur (ORMES).

L’AEC, l’AEP et le DEP ne sont pas élaborés dans le devis ministériel, mais sont construits pour répondre à des pressions économiques et industrielles. Ils sont financés par les centres professionnels, les collèges, les entreprises ou la Ville, et peuvent obtenir de l’aide financière si le gouvernement les juge fiables et utiles. Si la formation générale est retirée, c’est pour amoindrir les coûts.

« D’une certaine manière, ce genre de formation est une solution à court terme à un problème momentané. C’est pour cette raison que les cours de formation générale sont supprimés, afin de pouvoir avoir accès à la main d’œuvre le plus rapidement possible », analyse Hugo Krasnopolski, ancien étudiant au Cégep de Saint-Jérôme.

Le principe de « professionnalisation » est l’adaptation d’un état et de sa population à un marché fluctuant. La « professionnalisation » se concentre « d’abord sur l’activité elle-même, bien sûr, mais aussi sur l’individu ou le groupe qui l’exerce », constatent les professeurs-chercheurs de l’ORMES.

Ces formations professionnelles profitent d’une formation pratique, comme dans le secteur technique : l’une gagne en popularité quand l’autre en perd. Ces formations professionnelles profitent d’une publicité qui les met en valeur. (voir en haut graphique Évolution de l’Effectif total en formation professionnelle (DEP, ASP, AFP) et technique (DEC, AEC,CEC, DPEC) ensemble du Québec de 2000-2001 à 2008-2009 , source : MELS, Direction de la recherche, des statistiques et des indicateurs (DRSI), graphique DGSDF, 2010.)

En effet, un finissant de secondaire 5 peut avoir à choisir entre une « AEC – Gestion de commerce » et ou la « Technique – Gestion de commerce ». Sur papier, ces formations semblent visiblement aboutir à la pratique du même métier. Certains étudiants n’ont pas d’intérêt pour la formation générale, ont de la difficulté dans ces matières ou souhaitent simplement aller le plus vite possible vers la vie active. Ceux-ci seront donc plus prompts à choisir la formation plus courte.

Les Villes s’adaptent aux enjeux économiques, mais alimentent surtout l’État. Car chaque année sont créées des AEC qui en remplacent d’autres selon les sessions d’hiver ou d’automne. Par exemple, la formation continue de Saint-Jérôme en proposait 5 à la session d’automne 2016 et 8 en hiver 2017, seulement.

Alors, le gouvernement semble prêt à couper la culture pour les formations « pratiques ».

Les formés satisfont donc leurs envies, à condition que celles-ci demeurent dans ce que propose l’État.

Ainsi, peut-on parler d’un processus d’obtention de « main d’œuvre » ? Le Québec se trouve-il finalement si chanceux d’avoir une formation générale « populaire » ?

« Actuellement, il est ironique de constater que le Parti libéral souhaite la supprimer, alors qu’il est à l’origine de l’éducation populaire », conclut Hugo Krasnopolski.

Théo est un hipster et adore lire Vice.

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Avorter ou le garder, un choix personnel


Par Patricia Charbonneau

Sophie et Antoine discutent autour d’une table de leur plan futur et du désir de fonder une famille. « Si jamais je tombe enceinte, qu’est-ce que tu me dirais de faire? », demande-t-elle à son amoureux. Il la regarde sincèrement et lui répond : « Ma chérie, c’est à toi de prendre cette décision, c’est ton corps, mais pense aux conséquences de ton choix ». Malgré tout, elle sait qu’il va la soutenir, peu importe ce qu’elle décidera de faire. Pour l’instant, elle ne se sent pas prête à se charger d’un enfant, elle est encore aux études collégiales.

Ce qui est le plus difficile c’est de prendre la décision à savoir ce que je fais », explique Anne-Marie Lapointe, psychoéducatrice au Cégep de Saint-Jérôme. Selon elle, plusieurs jeunes femmes ont des craintes de se faire juger si elles décident d’interrompre volontairement leur grossesse. D’autres ont peur de cette intervention et n’osent pas le faire pour des questions d’éthiques.

Vicky Chevalier, une jeune mère de 23 ans, a eu son premier enfant à l’âge de 15 ans. Elle a su qu’elle était enceinte à sept mois de grossesse et ne voulait en
aucun cas se faire avorter. « Je pouvais aller aux États-Unis pour avoir un avortement tardif, et, là-bas, le médecin te donne une injection intracardiaque pour arrêter le cœur du fœtus. Ensuite, tu accouches d’un bébé mort et je ne voulais pas faire cela. Pour moi, c’était un meurtre », explique-t-elle. Vicky a eu la chance d’avoir l’aide de sa mère et de sa sœur qui ont accepté son choix. « Je ne savais pas quelle réaction elles auraient pu faire si je leur avais annoncé que je n’en voulais pas », ajoute-t-elle.

Quant à elle, Stéphany* est tombée enceinte à 15 ans et ne se sentait pas apte à le garder. Ses parents auraient été contre le fait qu’elle ait un enfant à cet âge là. Elle a été aidée par la sexologue de son école secondaire et par les parents de son amoureux de l’époque. Son rendez-vous était pris,  mais l’adolescente a perdu le bébé avant.  « J’étais contente et soulagée de cette nouvelle. C’était un million de tonnes de briques qui s’enlevaient de mes épaules en même temps. C’était également le plus beau moment de ma vie », mentionne-t-elle.

Avoir un enfant, mais à quel prix?

«Les jeunes femmes ont l’impression de faire la différence quand elles apprennent qu’elles sont enceintes. Tout tourne autour de cette illusion de faire mieux que leur propre mère, mais la réalité les rattrape rapidement », précise Anne-Marie Lapointe. Avant l’accouchement, les jeunes femmes sont transportées dans une bulle hormonale, un état heureux et c’est après l’accouchement que les difficultés se multiplient. De plus, les jeunes femmes ne pensent pas aux dépenses que peut engendrer une telle décision et plus la mère est jeune, moins elle est capable d’évaluer ces coûts. Avant de prendre la décision de garder l’enfant ou pas, il faut se demander jusqu’où on est prête à mettre sa vie de côté par rapport  à ce devoir d’être mère. Avoir un enfant peut définir une jeune femme et la ramener sur le droit chemin, il faut cependant faire les sacrifices pour.

Projets d’avenir

Vicky ne regrette pas son choix et aujourd’hui, elle veut finir ses études parce qu’elle a dû les abandonner pour pouvoir élever son enfant. Après, elle aimerait aller faire un diplôme d’études professionnel pour devenir préposée aux bénéficiaires. « Je ne peux vivre toute ma vie sur le bien-être social avec trois enfants. C’est impossible », mentionne la jeune mère.

Bien que Stéphany ait perdu son bébé à 15 ans, elle veut avoir des enfants plus tard. Pour l’instant, elle veut continuer de vivre sa vie de jeune femme et de sortir avec ses amis. « Je ne veux pas me priver de cette partie de ma vie pour un enfant », explique-t-elle. Cela fait six mois qu’elle est avec son amoureux et ils ne sont pas prêts, pour le moment, à fonder une famille.

«Chaque livre contient une histoire différente, chaque personne aussi. On ne peut juger quelqu’un sans connaître son histoire », s’exclame Raymonde Benoît,
mère de Vicky Chevalier.


* Nom fictif.

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Adolescente, future maman


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Réussir à tout prix


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À vos marques, prêts, textez!


Photographe : Myranie Bray

Qu’on le veuille ou non, les nouvelles technologies font partie de notre quotidien. Chez les jeunes, le phénomène de la messagerie texte prend une ampleur incroyable. Que ce soit à la maison, à l’école, au travail ou même en voiture, les jeunes prennent un malin plaisir à envoyer des textos à toute heure de la journée et même de la nuit. « C’est un moyen de communication au même titre que les réseaux sociaux comme facebook, c’est simplement que parfois, chez certains et même plusieurs jeunes, il y a une dépendance », affirme Pierre-Olivier Laurin, intervenant en relation d’aide au Cégep de Saint-Jérôme.

En effet, la dépendance est marquante, les jeunes deviennent disponibles à tout moment et ils se donnent comme tâche de répondre immédiatement. « On est trop disponible, pendant le cours d’éduc, il y en a qui apportent leur téléphone cellulaire dans le cours. Tu es à l’école, tu as le droit de ne pas avoir ton cellulaire. Ça devient une obligation de toujours répondre », soutient Amélya Grenier, 18 ans, étudiante en sciences humaines. « Ça devient comme une pression, un stress de tout le temps:  » faut qu’je réponde.  » Un moment donné, ça devient envahissant pour les jeunes », souligne aussi M. Laurin. La disponibilité des jeunes à répondre aux textos devient sans aucun doute néfaste dans les cas de réception de messages durant la nuit, ce qui vient interrompre le sommeil.

Qui dit dépendance, dit souvent excès et, chez quelques-uns, elle est frappante. Il n’est pas rare que le nombre de messages envoyés par mois puisse varier aux alentours de 3500 à 4000, soit près de 130 par jour. Dans les cas les plus extrêmes, ils apportent leur téléphone portable sous la douche, dans un sac en plastique, afin de poursuivre leur conversation.

Pourquoi appeler quand on peut texter?

La rapidité et la facilité de transmettre un message texte à quelqu’un favorisent ce genre de pratique chez les jeunes. Mais qu’en est-il du contact humain et des émotions? « Les jeunes sont plus portés à ‘’texter’’ qu’à appeler parce qu’ils n’ont plus d’habiletés sociales. Tout ce qui est émotif, que ce soit positif ou négatif, c’est beaucoup plus facile de le communiquer par message texte parce que tu n’as pas la réaction de l’autre. Par contre, ce n’est aucunement constructif du point de vue des habiletés sociales, c’est négatif et ça n’aide aucunement à les développer. Si tu parles tout le temps à un mur, tu n’apprendras pas à parler aux gens », ajoute M. Laurin. « Il y en a qui utilisent les messages textes parce qu’ils ne sont pas capables de dire les choses en personne », pense Simon Bourassa, jeune maçon âgé de 20 ans. Il est bien vrai qu’il est beaucoup plus facile de confronter les gens par SMS qu’en personne. Les émotions, les réactions, la spontanéité, la tonalité de la voix et les intentions sont tous des éléments importants lors des échanges d’une personne à l’autre et, pour certains, cela crée un blocage. Les plus inquiets se demandent : « Que va-t-il penser de cela? Comment va-t-il réagir? Va-t-il me trouver stupide de lui dire ceci?, etc. » C’est donc pour ces raisons que plusieurs vont oser davantage se confier par message texte et vont favoriser ce mode de communication.

Les SMS, nocifs pour la santé?

Dans un hôpital britannique, des médecins spécialistes de la prise en charge de dépendances ont observé que certains jeunes peuvent utiliser les SMS jusqu’à sept heures par jour, et sont même atteints de douleurs articulaires aux doigts. De plus, selon la chiropraticienne Rachael Lancaster, un des effets néfastes de l’envoi excessif de messages textes serait connu sous le nom de ‘’text neck’’, c’est-à-dire des douleurs causées par la position fléchie du cou. Cette douleur se produit quand le cou est anormalement penché vers l’avant tandis que vos yeux sont fixés sur votre téléphone intelligent. Ce problème de santé peut entraîner des maux de tête, des douleurs aux épaules, aux bras et aux poignets et il est le plus souvent diagnostiqué chez les jeunes femmes grandes et minces. On recommande donc de prendre des pauses régulières quand vous envoyez vos messages textes, de bien vous étirer le cou et de ‘’texter’’ les bras plus hauts afin de tenir votre téléphone en face de votre visage. Il est à noter que cette technique n’est pas recommandée durant les cours!

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Les jeunes et la politique…


Graphiste: Joanie Mercier

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À qui la faute?


Photo : http://www.photo-libre.fr/activite_photo.htm, modifiée par Joanie Mercier

(Chronique du cahier Les jeunes et la politique)

Au lendemain des élections fédérales qui se sont déroulées le lundi 2 mai, les médias ont annoncé pour la première fois, en cinq ans, un gouvernement majoritaire. Les élections ont été remportées par M. Stephen Harper, chef du Parti conservateur.

Lorsque le verdict est tombé ce jour-là, ma déception fut totale. Je ne peux pas vous dire à quel point j’étais dans tous mes états. Ce qui m’a soulagée, c’est que je n’étais pas la seule à réagir de la sorte. Grâce aux réseaux sociaux, j’ai été témoin de toutes les réactions de la part des jeunes. Oui, des jeunes qui se sont bel et bien exprimés au sujet de la politique!

Ils étaient plusieurs à critiquer le fait que M. Harper ait gagné 167 sièges (39.6% des votes) pour finalement former un gouvernement majoritaire. Tous ces jeunes avaient un autre point en commun, ils étaient heureux de la montée fulgurante de la « vague orange ». J’ai compris à ce moment que les jeunes s’intéressaient plus à la politique qu’on ne pouvait le penser.

Malheureusement, les sondages ont souvent été d’avis contraire. En 2000, seulement 25% des jeunes âgés de 18 à 24 ans ont exercé leur droit de vote aux élections fédérales, contre 80% chez les plus de 58 ans et 45% chez les électeurs de 25 à 30 ans. Heureusement, aux élections fédérales de 2008, le taux de participation chez les jeunes âgés de 18 à 24 ans a augmenté, atteignant 55,9%. Peut-on vraiment blâmer les jeunes de ne pas s’intéresser à la politique? Selon M. Frédérick Gagnon, professeur de Science politique à l’Université du Québec à Montréal, c’est en partie la faute des politiciens.

Les politiciens sont complètement « déconnectés » de la réalité des jeunes d’aujourd’hui. Avez-vous remarqué que lors du débat des chefs, il n’y a pas eu un seul jeune qui a posé une question? De plus, lors de la campagne électorale, il n’a pas été mention une seule fois d’une promesse ou d’un projet pour les jeunes! Il est décourageant de constater qu’on nous accuse, nous les jeunes, de ne pas être assez impliqués en politique, alors que les chefs de partis ne prennent pas réellement la peine de nous inclure dans leurs projets. Pourquoi serait-ce à nous de faire les premiers pas? Tout bon député sait que son travail est d’aller chercher des votes et non d’attendre.

Il est aussi difficile pour les jeunes de savoir pour qui voter quand les chefs de partis sont tous âgés de plus de cinquante ans: Stephen Harper, 52 ans, Gilles Duceppe, 63 ans, Michael Ignatieff, 63 ans et Jack Layton, 60 ans. Il est clair que les jeunes ont de la difficulté à se reconnaître en l’un de ces hommes, car c’est prouvé que les gens votent pour des politiciens qui leur ressemblent. Le taux de participation chez les 18-24 ans serait probablement plus élevé si les politiciens étaient âgés de 25 à 30 ans.

Avec toutes les technologies qui ne cessent d’évoluer, le jeune des années 2000 s’intéresse de moins en moins aux « vieux » médias, tels que les journaux papier, même si les nouvelles reprises sur les réseaux sociaux viennent en majeure partie de là. Malheureusement, les politiciens n’ont pas l’air d’avoir bien compris, probablement en raison de leur âge… Ce n’est pas compliqué, pour réussir à rejoindre les jeunes, on doit s’armer d’un ordinateur et naviguer sur les réseaux sociaux. Vous allez me dire que certains politiciens comme Denis Coderre ou encore Justin Trudeau ont des comptes Twitter. En effet, ils en ont bel et bien un, mais l’utilisent-ils vraiment pour promouvoir leurs campagnes électorales ou pour motiver les jeunes à aller voter? Non, leurs comptes servent, en quelque sorte, d’agenda électronique ou de«  journal intime public »! Les techniques traditionnelles de la politique  sont démodées, les jeunes ne s’y intéressent pas. Il faut changer, c’est primordial! Alors maintenant, je vous le demande… À qui la faute?

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