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Le COFFRET: offrir la clé de l’intégration


Par Jameson Worth

Le Canada est une terre d’accueil pour des immigrants des quatre coins du monde. Au Québec, la langue et la culture distinctes compliquent le processus d’intégration des immigrants, qui est encore plus ardu en régions. Situé dans un sous-sol d’église à Saint-Jérôme, le Coffret est un organisme dont la vocation est de faciliter le déracinement de ces nouveaux arrivants. Entrevue avec Omar Semrouni, coordonnateur au Coffret.

«Si nous reculons vingt ans en arrière, l’immigration dans les Laurentides existait peut-être, mais elle était beaucoup moins apparente», explique M. Omar Semrouni, coordonnateur de services pour le COFFRET (Centre d’orientation et de formation favorisant les relations ethniques traditionnelles) depuis plus de 20 ans. Ce n’est qu’aux alentours de 1995 qu’il remarque une stimulation de l’immigration, apportée par l’adoption de la Loi sur le ministère des Relations civique et de l’Immigration du Québec, dont l’approche faisait la promotion de la citoyenneté et du patrimoine commun. «Depuis ce temps-là, le pourcentage d’immigrants, surtout des hispanophones, a beaucoup augmenté dans les Laurentides».

Selon des statistiques du Ministère de l’Immigration et Communautés culturelles publiées en juillet 2013, la ville de Montréal a accueilli 206 994 immigrants de 2002 à 2011, dont 22 558 étaient des réfugiés. En contraste, dans la même période, la région des Laurentides a accueilli 7 531 immigrants, dont 867 étaient des réfugiés.

Bien que M. Semrouni reconnaisse l’attraction que la ville de Montréal exerce sur les immigrants, il note que la décision de s’installer dans les Laurentides plutôt que dans la métropole repose sur les pays de provenance des immigrants et l’accès aux services gouvernementaux de tous genres, comme l’aide à la recherche d’emploi, les services d’accueil et l’aide financière. «Les gens qui viennent des pays où tout a été centralisé dans les capitales ou les grandes villes préfèrent vivre à Montréal ou Laval. Par contre, ajoute-t-il, sachant que les services se donnent aussi en région, il y en a beaucoup qui veulent venir directement dans les Laurentides».

Il affirme aussi que l’Internet aide énormément en permettant aux gens de régler à distance leurs problèmes. Plus besoin, donc, de faire la file dans les bureaux surtout situés dans les grands centres. De plus, il constate que l’apparition de l’université à Saint-Jérôme est un service majeur qui évite d’avoir à faire la navette entre les Laurentides et Montréal.

De défi en défi

L’intégration des nouveaux arrivants est un processus compliqué qui diffère de cas en cas. «Un Colombien, par exemple, qui n’a pas un passé de réfugié, sera beaucoup plus habitué à gérer des cartes de crédits, des comptes bancaires et un cellulaire. Il s’intègre plus facilement», dit-il.

Pour les réfugiés de la Colombie, du Kosovo, du Bhoutan, de l’ex-Yougoslavie, du Rouanda et de Burundi, les principaux clients du Coffret, tout est différent. «Certains réfugiés ont passé leur temps dans des camps à ne faire que du bénévolat. Par conséquent, ils manquent d’expérience sur le marché du travail. D’autres ont peu de scolarité ou vivent avec des traumatismes suite à la violence, à la pauvreté extrême et à la malnutrition», explique-t-il, faisant référence aux conditions de vie souvent exécrables qu’ont dû subir les réfugiés avant de se déraciner pour de bon.

L’âge est aussi un facteur important dans l’intégration. «Un parent de 50 ou 60 ans aura plus de difficulté à s’intégrer qu’un enfant de dix ans», reconnait M. Semrouni. Malgré les défis, la bonne volonté de ses immigrants plus âgés leur permet de s’en sortir. «Il y en a beaucoup qui ont réussi à apprendre la langue et qui sont maintenant sur le marché du travail ou qui sont aux études».

L’amélioration des relations culturelles

Les relations culturelles sont d’une grande importance pour le Coffret. «Nous avons un comité culturel qui s’occupe d’organiser des activités sportives, éducatives et culturelles». L’événement le plus récent, les Journées de la Culture du 27 au 29 septembre, a vu la participation de plus de 350 personnes de toutes origines. De plus, les soupers communautaires gratuits, qui se donnent une fois par deux semaines dans le sous-sol de l’église, permettent aux citoyens plus démunis de Saint-Jérôme de se rassasier tout en ayant une certaine interaction avec les immigrants. Ces rencontres créent des liens et forment des communautés.

Le débat sur la charte des valeurs québécoises, qui vise la laïcité des organismes publics et la neutralité religieuse de l’État, demeure un sujet divisant au Québec. Comment ces enjeux sont-ils vécu par certains réfugiés, comme les Lhotsampas, qui ont dû fuir leur pays d’origine suite aux mesures mises en œuvre par le gouvernement du Bhoutan pour forcer leur acculturation? Selon Omar Semrouni, la Charte n’est pas un facteur qui influence le choix des immigrants de s’installer au Québec. «Généralement, un immigrant, surtout un réfugié, n’a pas le temps de songer à cela. Son objectif premier est de quitter l’endroit où il est pour chercher une meilleure qualité de vie ailleurs».

 

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Le Québec, une terre d’accueil…


photographe: Stéphanie Richard

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Du Chili au Canada, un chemin rocambolesque!


Photographe: Stéphanie Richard

(Entrevue du cahier Le Québec une terre d’accueil…)

Ancien étudiant du Cégep de Saint-Jérôme, Enrique Borquez, Chilien de 23 ans, en a long à dire sur son immigration au Canada. Parti de la ville de Vicuña et venu s’installer au Canada à l’âge de 10 ans, M. Borquez a eu une jeunesse hors de l’ordinaire. Malgré les difficultés auxquelles il a dû faire face, ce jeune homme a su s’accommoder à sa nouvelle vie de façon remarquable.

Pourquoi avoir voulu immigrer au Canada? Pour Enrique Borquez, la raison est simple : son père a été l’une des victimes de la dictature d’Augusto Pinochet, au Chili, qui a eu lieu entre 1973 et 1990. « Il s’est fait mettre une bombe chez lui », raconte le jeune homme.  Après avoir été enlevé et torturé, l’immigration s’imposait, explique-t-il. C’est donc en 1978 que son père est venu s’installer dans notre pays. Le reste de sa famille l’a rejoint quelques années plus tard, en 1996. Dans le cas du père de M. Borquez, c’était une question politique, mais « maintenant les Chiliens déménagent au Canada pour y travailler et pour obtenir de meilleures conditions de vie ». Pour la plupart des immigrés, c’est une question de bien-être.

Dans les pays d’Amérique du Sud, par exemple, il est plus difficile d’accéder aux services que l’on offre ici. Prenons comme exemple la carte d’assurance maladie. Elle permet d’avoir accès à un hôpital subventionné, tandis que, dans les pays comme le Chili, les gens  doivent payer individuellement pour être soignés, sans aide de l’État. « Là-bas, si tu es un simple ouvrier, tu ne meurs pas mais presque! », explique Enrique Borquez d’un air triste. C’est du capitalisme féroce. Les gens plus riches s’en sortent bien, mais ceux qui manquent d’argent n’ont pas autant de ressources. « Au Canada, on n’a pas peur de se faire voler nos choses ou bien d’être tués dans la rue », ajoute M. Borquez. Même si le Chili est considéré comme le pays le plus sûr en Amérique du Sud, il y a les gangs et la drogue. Enrique Borquez estime que ces aspects de son pays natal sont plutôt dangereux. Les raisons de l’immigration diffèrent toutefois d’un endroit à l’autre. Somme toute, outre les aspects sanitaires, la vie au Canada est plus tranquille et offre un bon nombre d’avantages.

Le racisme, la langue, le climat sont des aspects qui nécessitent changements et adaptation: ce  sont des enjeux importants pour les gens qui immigrent. Enrique Borquez affirme qu’il ne parlait pas un mot de français en arrivant dans notre pays, seulement l’espagnol! « La langue a été le plus grand changement, je ne comprenais absolument rien! », raconte M. Borquez. « Je n’ai su que quelques mois avant de venir ici où se trouvait le Canada », ajoute-t-il en riant. Envoyé à l’école moins d’une semaine après son arrivée dans son nouveau pays, le jeune homme a dû trouver des moyens de communiquer avec ses pairs. « On communiquait par signes », explique-t-il. C’est seulement deux mois plus tard qu’il a eu des cours de francisation, ce qui lui a permis d’améliorer son français de façon plus significative.

Et le racisme dans tout ça? Heureusement, Enrique Borquez affirme qu’il n’en a pas été victime. « Les gens me regardent parfois comme si j’étais un ovni », avoue-t-il. « J’étais le seul Latino de mon école, mais j’avais des amis armoires à glace, alors j’ai été chanceux », explique Borquez avec un petit sourire. Le jeune Chilien précise toutefois que ce n’est pas tous les immigrants qui ont cette chance. Il y a beaucoup de bagarres entre les Québécois et les Latino-Américains. « C’est dans notre sang, si on nous cherche, on répond! », dit-il en rigolant. Même si son parcours n’a pas été parsemé de trop d’embûches de ce point de vue, le jeune homme affirme s’être toujours senti différent.

Différent, peut-être! Mais cela n’a pas empêché Enrique Borquez d’évoluer en tant qu’homme et de trouver sa voie, même après avoir bravé les étapes parfois difficiles de l’immigration.

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C’est bien beau d’être accueillants, mais il y a des limites!


(Photographe: Charlène Bouffard Demers)

(Chronique du cahier Le Québec, terre d’accueil…)

Quand on parle d’immigration, la première chose qui nous vient à l’esprit c’est accommodements raisonnables. Et là, les langues se délient et les propos deviennent explosifs. Bien souvent, la première chose qu’on va entendre c’est « Nous, quand on va dans leur pays, il faut se plier à leurs coutumes, mais eux quand ils viennent ici, c’est nous qui devons être ouverts d’esprit! ». Oui, c’est vrai, mais il y a une distinction à faire dans les bases mêmes de notre raisonnement: il faut faire attention de ne pas confondre le sens populaire et le sens juridique de cette expression mitigée. « Au sens populaire, « accommoder quelqu’un », c’est lui faire une concession; au sens juridique, un accommodement est une obligation de la loi, qui vise à corriger un cas de discrimination pour un des 13 motifs inscrits dans notre charte québécoise des droits et libertés », explique, dans un article publié dans Elle Québec (2011), Myriam Jézéquel, formatrice en matière d’accommodements raisonnables depuis une dizaine d’années et directrice d’un récent ouvrage collectif très complet sur le sujet – Les accommodements raisonnables: quoi, comment, jusqu’où?, publié aux Éditions Yvon Blais.

En fait, on peut – et on doit – avoir du respect pour toutes les communautés culturelles, mais on peut aussi se tenir debout et ne pas plier devant toutes les demandes d’immigration, au nom de la liberté de l’individu! Le Québec est une terre d’accueil de choix, même si nous avons eu, et avons encore, nos propres problèmes internes. Par exemple, pour revenir aux accommodements raisonnables, le port du voile suscite beaucoup de débats : pour certains Québécois, il est un symbole de soumission et de retour en arrière, alors que, pour d’autres, il n’est qu’un choix personnel.

En parlant de religion, et surtout de séparation entre l’Église et l’État, on ne peut pas passer à côté du cas de Jean Tremblay, maire de la ville de Saguenay, qui s’est battu pour garder le crucifix et la prière au début de chaque conseil de ville. C’est à la suite d’une plainte d’Alain Simoneau, adressée au procureur général du Québec, que les choses se mettent à bouger. Finalement, en février 2011, le Tribunal des droits de la personne du Québec ordonne à M. Tremblay de cesser la prière au début des séances du conseil municipal, de retirer tout symbole religieux au conseil et de verser une compensation de 30 000 $ à Alain Simoneau. Après tout, il y a longtemps que nous avons rejeté la religion des lieux étatiques, faut-il le rappeler à quelques réactionnaires de souche. Les Québécois ont sorti la religion catholique de leurs institutions sociales et gouvernementales, alors il ne faudrait pas également que des immigrants remettent en question les fondements de la laïcité! Et bien oui, c’est vrai, je ne vois pas pourquoi nous devrions tolérer le port du kirpan (couteau religieux) à l’école. En fait, il est admis partout, sauf à la cour suprême parce que, curieusement, il y est considéré comme un couteau! Les établissements scolaires font, surement – et à juste titre -, le plus de concessions en matière d’accommodements raisonnables. Toutefois, un article paru dans Le Devoir, en 2007, fait mention de limites d’accommodements présentées par la ministre de l’éducation de l’époque, Mme Michelle  Courchesne: « Les demandes d’aménagement de locaux de prière dans les écoles ne sont pas compatibles avec la mission laïque de l’école publique québécoise. » (1)

Après la religion, vient la langue. Le Québec a besoin des immigrants, c’est vrai. Cependant, il faut davantage favoriser les immigrants francophones et leur interdire l’accès aux écoles passerelles. Nous avons bien assez de difficulté à garder les jeunes Québécois de souche dans les écoles francophones, n’allons pas en plus autoriser les jeunes des communautés culturelles à se tourner vers l’anglais. S’ils veulent parler et vivre en anglais, qu’ils aillent aux États-Unis ou dans les provinces canadiennes anglaises!

Et maintenant, le travail. Selon un rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), intitulé « Participation des immigrants au marché du travail en 2009 », les immigrants ne sont pas assez intégrés au milieu de travail. En effet, on note un taux de chômage de 13,7% chez les immigrants, comparé à 7,6% chez les Canadiens. Ne soyons pas étonnés de ces chiffres, il n’ont rien de surprenant quand on sait qu’un médecin qui vient d’un autre pays doit refaire des cours de médecine pour pouvoir continuer de pratiquer son métier ici. Pourquoi doit-il se soumettre à ces règles? Surtout lorsqu’on sait qu’il est fort probable qu’il ne puisse pas refaire les cours pour plusieurs raisons – manque de temps, d’argent – et qu’il est également fort probable qu’il se retrouve chauffeur de taxi ou exerce n’importe quel autre métier largement en dessous de ses compétences, alors qu’on manque cruellement de personnel médical, cela manque de logique! La médecine n’est qu’un exemple, c’est la même chose pour un ingénieur, un architecte, etc.

Une fois que la demande d’immigration est acceptée, le Québec devrait davantage favoriser l’implantation des familles immigrantes en région et leur trouver des emplois là-bas, car il est prouvé que cela favorise leur intégration. À Montréal, les immigrants se retrouvent plus souvent qu’autrement dans des ghettos. C’est pourquoi il faut les former en région pour ne pas avoir plus de chômeurs dans les villes… il y a assez de Québécois de souche pour occuper cette fonction!

Alors, qu’on arrête de chialer seulement contre eux. C’est à nous de gérer notre société comme il se doit de façon à les intégrer tout en respectant les individus et la collectivité.

(1) http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/167588/les-locaux-de-priere-n-ont-pas-leur-place-a-l-ecole-tranche-courchesne

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Soyez les bienvenus chez nous…


(Chronique du cahier Le Québec, terre d’accueil…)

Le Canada et le Québec ont été souvent perçus par les étrangers comme étant des terres d’accueil où les gens de différentes nationalités, convictions et religions peuvent vivre en harmonie dans un État démocratique. Le Québec a besoin d’immigrants afin de combler ses besoins futurs de main-d’œuvre ainsi que de remédier à la baisse de natalité, bien qu’en ce qui concerne la décroissance de la population, cela ne serait plus un problème en 2031 grâce au petit baby-boom des dernières années, selon l’Institut économique du Québec (1). Quoi qu’il en soit, le processus de demande de citoyenneté canadienne est exigeant et comporte plusieurs contraintes. Certains immigrants sont confrontés à ces exigences bureaucratiques qui, parfois, nous semblent plus simples qu’elles ne le sont en réalité. Dernièrement, la famille Barlagne qui a défrayé les manchettes en est un bon exemple.

Revenons à cet événement d’actualité des semaines précédentes. Cette famille d’immigrants français, arrivée au Québec il y a six ans, a été confrontée à une exigence du certificat de sélection en ce qui a trait au dossier médical de leur fille atteinte de paralysie cérébrale dite légère. Parmi les exigences d’émission du certificat de sélection, il y a une clause mentionnant que les ressortissants qui représentent un fardeau excessif pour le système de santé ne sont pas admissibles.  La famille Barlagne a décidé de rendre public sa situation qu’elle jugeait totalement injustifiée : leur enfant nécessite seulement un programme d’éducation spécialisée, évalué à 5000$ par année, selon le gouvernement, et la famille s’était « engagée à contribuer aux coûts éventuels de soutien aux services sociaux » (2), malgré cela elle avait reçu un ordre d’expulsion du gouvernement canadien. Les pressions exercées par les médias ainsi que par la population émue par cette histoire ont fait avancer les choses plus rapidement que cela était prévu. La récente campagne électorale a peut-être aussi eu un impact. J’ai beaucoup de difficulté à expliquer les raisons émises par les différents gouvernements au sujet de la situation de la famille Barlagne. Il m’apparaît totalement invraisemblable de vouloir expulser une famille bien établie au Québec, dont les membres parlent le français et payent des taxes par le fruit de leur labeur, pour une cause si peu justifiée que la maladie de cette fillette, dont « le pronostic fonctionnel [est] extrêmement favorable » (3), selon son médecin. Les politiciens canadiens font tout en leur pouvoir afin de donner une image invitante du pays aux gens des autres nations, mais lorsqu’il arrive une situation comme celle de la famille Barlagne, nos gouvernements cafouillent ou se cachent.

Le 19 avril 2011, la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec, Madame Kathleen Weil, a annoncé que le gouvernement du Québec procéderait à une dérogation de la loi afin d’émettre le certificat de sélection aux membres de cette famille, ce qui leur permettra d’obtenir leur résidence permanente au Canada. La province de Québec pour des raisons humanitaires assumera le coût du fardeau excessif des soins de l’enfant.

L’immigration est un dossier complexe. En 2010, selon le Bulletin statistique sur l’immigration permanente au Québec, la province a accueilli 53 985 immigrants. Parmi les nouveaux arrivants, sept immigrants sur dix ont moins de 35 ans et la proportion d’hommes et de femmes est à peu près équivalente. La répartition des immigrants peut être classée en quatre catégories : la catégorie de l’immigration économique regroupant la majorité des nouveaux immigrants (62.3%), la catégorie du regroupement familial (23% du mouvement total), les réfugiés et les personnes en situation semblable (10.7%) et finalement la catégorie des autres immigrants (4.0%). Par ailleurs, 64% des nouveaux immigrants ont déclaré connaître le français au moment de leur arrivée. Selon moi, les exigences d’émissions du certificat de sélection ne correspondent pas toutes aux valeurs humaines que la société québécoise et canadienne tend à véhiculer. De plus, des modifications de l’accès à l’immigration sont dans l’air au Québec, en ce moment, voici ce qui en résulterait : une limite d’immigrants par région serait mise en vigueur pour les prochaines années. Le Québec limiterait  à un maximum de 30% la proportion des immigrants provenant de chacun des « bassins géographiques », soit l’Afrique, l’Asie, les Amériques et l’Europe.  Cette mesure entraînerait donc, une baisse des nouveaux arrivants en provenance d’Afrique, puisque 36.8% provenaient de cette partie du globe en 2010, selon le document de consultation du gouvernement québécois. Est-ce que cela va améliorer la situation ou entraîner une nouvelle forme d’exclusion? Le danger de la ségrégation pour des questions ethniques ou physiques (un handicap) n’est jamais loin…

Afin d’obtenir leur citoyenneté canadienne, les nouveaux immigrants doivent répondre à plusieurs exigences dont le certificat de sélection émis par le gouvernement du Québec. En effet, la province a un pouvoir discrétionnaire quant à l’émission du certificat de sélection. Au cours des deux dernières semaines, ce certificat en a fait jaser plus d’un. L’affaire de la famille Barlagne a suscité plusieurs commentaires et remises en question au sujet de certains critères d’émission de ce certificat.

Enfin, le cas de la famille Barlagne a permis aux Québécois de prendre conscience des difficultés que vivent les immigrants pour l’obtention de leur citoyenneté canadienne. Nos politiciens devront refaire leurs devoirs afin d’améliorer les lois actuelles qui concernent l’immigration. Les immigrants qui arrivent au Canada représentent un enrichissement social pour la société. Par leur culture, ils nous permettent d’élargir nos horizons et de mieux comprendre ce qui se passe sur cette belle planète. Il ne faudrait pas oublier que la présence d’immigrants a permis au Canada de se développer.

(1)   http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201104/14/01-4389861-quebec-veut-reduire-limmigration.php

(2)   http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/320950/famille-menacee-d-expulsion-a-cause-de-son-enfant-handicapee-une-honte-pour-le-canada

(3)    Ibidem.


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L’interculturalisme à Saint-Jérôme!


Classe de francisation au Cégep de Saint-Jérôme (photographe: Chloé Roy)

(Entrevue du cahier Le Québec, terre d’accueil…)

Depuis plus de dix ans, plusieurs immigrants viennent étudier dans certains locaux du Cégep de Saint-Jérôme. Ils apprennent à communiquer en français lors de situations de la vie quotidienne. Ils découvrent aussi plusieurs aspects de notre société comme l’histoire, la géographie, l’économie, la vie sociale et la culture. Édith Tassé, technicienne en information et collaboratrice au sein de ce projet au cégep, explique que les classes de francisation ont lieu afin de faciliter l’insertion des immigrants au sein de la communauté et de favoriser leur intégration sur le marché du travail, de sorte qu’ils n’aient plus recours à l’aide sociale, le plus vite possible.

Au commencement, c’était principalement des immigrants d’origine colombienne qui suivaient les cours de francisation, occupant une ou deux classes. Cette année, Mme Tassé spécifie que c’est un record : « Il y a six classes de francisation à temps plein et une à temps partiel au collège ». Elle explique que la hausse du nombre de classes est liée aux  problèmes politiques au Bhoutan et au Népal. Depuis 2010, les locaux sont majoritairement occupés par des Bhoutanais, qui ne peuvent plus demeurer sur ces territoires.

L’âge minimal pour s’inscrire aux classes de francisation est de 16 ans, mais il n’y a aucun âge maximal. « Il y a une dame de 67 ans qui apprend présentement le français au collège », déclare Édith Tassé.

Les classes de francisation ont une durée de trois sessions qui s’étendent sur 11 semaines. Auparavant, elles duraient un an. «  Malheureusement, 1100 heures de cours de français ne contribuent pas toujours suffisamment à aider certains immigrants qui désirent ne plus avoir recours à l’aide sociale », explique Mme Ratté. « C’est le ministère de l’Immigration qui assume les frais, donc toute la communauté. Il faut investir afin que ce soit payant à long terme », précise-t-elle.

La majorité des immigrants qui arrivent au Québec, à l’exception de quelques jeunes, ne parlent généralement que leur langue d’origine. Dans les classes de francisation, le professeur ne s’exprime qu’en français. « C’est une réelle immersion », dit Mme Ratté. Les professeurs utilisent des images, des lettres, des films, des jeux, ainsi que différents autres outils comme moyens d’enseignement.

« Nous louons nos locaux au ministère de l’Immigration, mais nous louons aussi le fait que les nouveaux arrivants puissent avoir la chance d’être entourés de personnes qui parlent le français », affirme Mme Tassé. Elle ajoute que « les étudiants viennent apprendre la langue française au cégep parce qu’il s’agit d’un milieu stimulant ».

Le COFFRET, un organisme à but non lucratif de Saint-Jérôme, œuvre aussi à l’installation et à l’intégration des immigrants dans la région des Laurentides. Présentement, c’est environ 150 Bhoutanais qui ont immigré à Saint-Jérôme, mais lorsque les camps de réfugiés au Népal seront vidés, c’est 450 personnes que nous aurons accueillies dans notre ville !

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