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Somewhere over the rainbow


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The Beginners, un nouveau départ


Après la mort de sa femme, Hal Fields (Christopher Plummer) sort du placard et annonce à son fils, Oliver (Ewan McGregor), qu’il est homosexuel et qu’il est atteint d’un cancer en phase terminale. Désormais commence la nouvelle vie de Hal et d’Oliver, alors que ce dernier doit s’occuper de son père malade mais décidé à vivre son homosexualité dans un monde qui a bien changé depuis sa jeunesse. Lorsque son père meurt, Oliver tente de faire le deuil, tout en amorçant une relation avec Anna, une jeune actrice française, elle aussi dans une période charnière de son existence.

Tous les personnages se retrouvent dans cette réplique simple et bien sentie d’Anna : « Les gens comme nous… La moitié pense que les choses ne fonctionneront jamais, l’autre moitié croit en la magie. » The Beginners est le récit de personnages à la croisée des chemins, des personnages qui ne doivent qu’apprendre à apprivoiser la vie et les présents qu’elle leur offre.

Mike Mills, scénariste et réalisateur américain, signe un chef-d’œuvre de simplicité et d’authenticité avec son deuxième film, The Beginners. Avec, au sein de la distribution, Ewan McGregor, Christopher Plummer, Mélanie Laurent et Goran Visnjic, le film inspiré de la vie de son réalisateur se distingue grandement grâce à son scénario minimaliste mais toutefois criant de vérité.

Livré sans apparat mais avec une grande sincérité, le scénario ne manque pas de poigne. La façon dont Mike Mills traite un sujet aussi surexploité que l’homosexualité est extrêmement intéressante, puisqu’il est rare que le spectateur soit confronté à des personnages d’un certain âge découvrant leur homosexualité. Le thème de l’homosexualité ravive, autant chez les personnages principaux que chez les personnages secondaires, une profonde solitude et une impressionnante marginalité. À partir de ce thème, le film devient un véritable exutoire des relations père-fils, bien présentes sous toutes leurs formes. Les personnages étant tous confrontés à une situation d’apprentissage, ils se confondent peu importe leur âge : le concept de vieillesse et de jeunesse devient alors complètement inexistant.

Par utilisation de retours dans le passé, le film fait voyager le spectateur dans différentes temporalités et époques sans toutefois lui faire perdre le fil de l’histoire. Les mouvements de caméra plutôt simples et instables, ainsi que l’éclairage naturel donnent au film un plus grand réalisme et lient intimement le spectateur à l’action et aux émotions des personnages.

Quant à la riche distribution, je donne un sans faute. Ewan McGregor et Christopher Plummer livrent une performance des plus réalistes et chaleureuses malgré un synopsis tout de même dramatique et atypique. Ils rendent justice à la complexité de leurs personnages respectifs et font découvrir au spectateur leurs multiples aspects. Malgré sa façade d’homme rigide et borné, on découvre que Hal est comme un enfant émerveillé mais englouti par un monde dans lequel il ne peut plus vivre à cause de son âge. En ce qui a trait au personnage d’Oliver, on découvre un homme affecté par le manque d’intérêt que lui a porté son père, sa vie durant. Les deux acteurs donnent vie à leurs personnages et les font évoluer à merveille. Les personnages de soutien rendent l’atmosphère tantôt légère et enfantine, tantôt lourde et dramatique, mais ils jouent toujours de façon simple et juste.

The Beginners est sans contredit un film des plus intéressants où les spectateurs, à l’instar des personnages, sont invités à entrer dans un univers auquel ils n’auraient jamais cru avoir accès et où il ne suffit que de croire en soi et en la vie.

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Montréal, destination gaie


Montréal est réputée pour être une ville cosmopolite, ouverte d’esprit et hospitalière. La vérité est que, nous, les Québécois, sommes réputés pour notre accueil. L’exemple le plus frappant de cette bonne volonté est sans aucun doute le Village gai. Il n’est rien de moins que le plus grand au monde en superficie. Je suis fière de cette réalisation. L’êtes-vous?

Du moins, au Québec, les homosexuels peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Il apparait que l’homophobie a été quasi repoussée aux frontières de la province. D’ailleurs, le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), François Legault, a surpris avec sa promesse électorale pour le moins originale : « Enrayer l’homophobie ». Promesse facile à tenir puisqu’au Québec il est plutôt aisé d’être homosexuel. D’ailleurs, plusieurs gais et lesbiennes ont répondu à cette annonce en exprimant leur incompréhension. Il faut tout de même admettre que ce n’est pas avec facilité que nous en sommes venus à la présente charte des droits et libertés. Pourtant, de nos jours, tout semble aller pour le mieux. Il y a maintenant plus d’une trentaine d’années (1977) que les homosexuels ont le droit de s’afficher comme tel, ils ont droit au mariage et organisent même une parade de la Fierté pour célébrer leur victoire et appuyer les mouvements qui souhaitent des changements dans les pays où la discrimination est encore bien présente. À mes yeux, le Québec est pour le moins innovateur pour la cause et il semble que les problèmes majeurs, comme les emprisonnements en raison de l’orientation sexuelle, sont désormais derrière nous.

Est-ce que tout est parfait? Non, bien sûr.  Certainement des drames comme celui du jeune garçon qui s’est enlevé la vie pour cause d’intimidation en raison de son homosexualité perdurent. En effet, Jamie Hubley, jeune citoyen d’Ottawa, âgé de 15 ans, a mis fin à ses jours le 19 octobre 2011. D’ailleurs, selon une étude du Centre for suicide prevention, 42 % des jeunes gais et lesbiennes ont déjà eu des pensées suicidaires à un moment ou un autre. Contrairement à Montréal, Ottawa n’offre pas un village, un endroit auquel les gens peuvent s’identifier. Soit! De là l’importance du Village gai.  Je ne sais pas si vous iriez sur la rue Sainte-Catherine pour narguer un homme ou une femme homosexuelle, moi non.  En fait, en aucun cas l’intimidation n’a lieu d’être, cependant il s’agit d’un problème concret.  Le Village gai offre donc la protection, le service et la possibilité de s’assumer pour les homosexuels de partout dans le monde. Je n’aurais jamais cru que Montréal était une destination touristique prisée par les lesbiennes et gais  étrangers, mais il semble en effet que sur les blogues et les forums, la ville québécoise a une place de choix. Il apparait donc que ce ne doit pas être aussi pire que certains le prétendent d’être homosexuels au Québec.

Que reste-t-il donc à accomplir? En dehors de la situation urbaine, le Québec devra travailler à l’intégration des jeunes et des moins jeunes dans les zones rurales. Gai écoute est d’ailleurs un « Centre d’aide, d’écoute téléphonique et de renseignements des gais et lesbiennes du Québec » qui offre du soutien à tous ceux et celles qui en ressentent le besoin.

 

 

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Pour en finir avec le placard


En 1977, le Québec est la première province canadienne à ajouter à sa charte des droits et libertés l’orientation sexuelle comme ne pouvant être un facteur de discrimination. Le Canada suit l’exemple (de loin, disons-le) en 1996. La question de l’égalité des orientations sexuelles et amoureuses maintenant réglée, pourquoi en parler davantage? Les hétérosexuels et les homosexuels ont en effet les mêmes droits, mais sont-ils réellement égaux? Qu’est-ce qu’être véritablement homosexuel en 2012, au Canada?

La société

Si vous vous promenez sur la colline parlementaire à Ottawa, vous pourrez probablement croiser un vieil homme qui semble être un grand-père amical. Les passants disent qu’il s’y trouve souvent. Il arbore une énorme affiche où il est écrit (en anglais, bien sûr) : « Le seul mariage gai est celui entre un homme et une femme. » Pour tous ceux qui croyaient cet argument valable, laissez-moi vous dire ceci : la joie n’est pas un facteur inhérent du mariage hétérosexuel. Mais le fond de la pensée de ce slogan réside dans le fait que les relations amoureuses ou sexuelles entre deux personnes de même sexe vont à l’encontre de l’ordre naturel et habituel des choses. L’« ordre naturel des choses » prouve effectivement qu’il est impossible de concevoir un enfant à partir de deux sexes masculins ou féminins. Dame Nature s’arrête toutefois ici. Le secret de la survie de la race humaine réside dans la procréation, toutefois l’acte amoureux et sexuel a toujours eu un sens tout autre pour les humains, plus profond et plus intense. Selon cet argument limité dans sa pertinence, l’acte sexuel ne serait bon qu’à l’enfantement. Vous m’en direz tant!

Laissons un peu derrière nous ce débat vieux de plus de 50 ans et concentrons-nous davantage sur le présent. Comment percevons-nous les homosexuels dans notre société dite évoluée? Vous arrive-t-il de tourner les pages de votre magazine 7 Jours et d’y apercevoir une publicité d’une agence immobilière qui montre, devant la parfaite maison, le couple de parents homosexuels avec leurs deux enfants adoptés? On crierait au scandale et à la dépravation! « Quel exemple donnons-nous à nos enfants? » Un exemple d’égalité… D’égalité parce que notre société devrait être conforme à sa charte des droits et libertés tandis que l’on valorise ce qui est « normal », c’est-à-dire l’hétérosexualité.

Si l’on fouille dans le répertoire cinématographique de films dits populaires, le thème de l’homosexualité n’y est pas une nouveauté. Toutefois, de quelle façon y est-il traité? Le modèle « original » de l’homosexuel qui apparait à l’écran est probablement déjà forgé dans votre tête : aime le rose et le « shopping », possède une voix aiguë à en faire grincer les dents, porte des vêtements ajustés et exerce certaines pratiques de sadisme sexuel comprenant du cuir et des chaines. Le modèle féminin n’est pas exclu de l’exercice du stéréotype : cheveux courts, accoutrements amples et manières viriles. Bref, ce modèle se caractérise par l’adoption de certains traits du sexe opposé comme s’il fallait à tout prix obtenir une façade hétérosexuelle aux relations homosexuelles. Cette image est projetée dans la mentalité collective et penche de façon désolante à devenir par moment l’archétype par excellence.

Sans vouloir banaliser cette situation, rien de nouveau ne s’y retrouve. Un groupe marginal de la société est victime de discrimination comme la plupart des minorités le sont. Une part de cette difficulté de l’intégration sociale de la communauté homosexuelle ne serait-elle pas interne?

Le « village » et sa « communauté »

Le Canada a inscrit l’homosexualité à sa charte des droits et libertés, il y a de ça plusieurs années. Sans vouloir mettre l’homophobie au rang des problématiques dépassées, la jeunesse homosexuelle canadienne se dévoile à une société qui l’accepte, mais elle se trouve toujours dans l’ombre d’elle-même. Un appel à l’émancipation des homosexuels et homosexuelles doit être fait. Après que les femmes aient quitté la cuisine et le foyer, c’est maintenant aux gais et lesbiennes à sortir du « village ». La culture homosexuelle ne devrait pas se limiter qu’à la sexualité et qu’aux clubs de danse comme elle s’y réduit la majorité du temps. Se trouve-t-il une librairie dans le quartier gai? Un musée sur l’évolution des droits homosexuels? Un centre culturel? Une galerie d’art?

À quoi ont servi les durs combats des mouvements militants et les dévotions de vies entières à cette juste cause? Serait-ce injustifié de croire décevant qu’ils ont seulement permis aux homosexuels de se cloitrer dans un pseudo ghetto hypersexualisé et d’organiser une fois par année une parade dite fière de l’infime partie de la communauté qu’elle représente?

Des hommes et des femmes se sont acharnés à combattre la discrimination que la société infligeait à ce groupe. Malheureusement, cette même communauté semble vouloir entretenir ces propres préjugés et ainsi exclure tous ceux qui ne s’y reconnaissent pas.

Il est grand temps que les homosexuels écrivains et poètes, politiciens et penseurs, chanteurs et musiciens, infirmiers comme avocats, menuisiers comme enseignants dévoilent au grand jour que l’homosexualité ne se limite pas qu’à la rue Sainte-Catherine entre Saint-Hubert et Papineau.

Le premier combat a été gagné lors de la décriminalisation de l’homosexualité. Le second sera en partie intérieur : les stéréotypes devront tomber, ceux que la société inflige aux gais et lesbiennes, mais surtout ceux qu’ils continuent à porter en eux-mêmes.

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Homoparentalité, stéréotypes et préjugés


Depuis une dizaine d’années, au Québec, les couples homosexuels peuvent fonder une famille au même titre que les couples hétérosexuels. Il n’existe aucune statistique fiable pouvant estimer leur nombre, mais les familles homoparentales sont maintenant plus visibles dans la société et bénéficient des mêmes droits juridiques que les familles dites traditionnelles. Par contre, les préjugés sont toujours présents, surtout en milieu scolaire, affirme Mona Greenbaum, présidente de la Coalition des Familles Homoparentales (CFH), une organisation travaillant pour l’amélioration des conditions légales et sociales des familles homoparentales.

En 2002 est adoptée la loi québécoise au sujet de l’union civile, qui reconnaît, entre autres,  un lien de filiation entre deux parents du même sexe et un enfant : c’est-à-dire le droit d’adopter conjointement un enfant pour deux hommes ou pour deux femmes. Mona Greenbaum raconte qu’avant le dépôt de cette loi, il y a eu de gros débats pour savoir si on devait accorder ce droit aux homosexuels. « On a fait beaucoup d’entrevues et ça a donné une plus grande visibilité aux familles », ajoute-t-elle.  « On est plus connus, mais il y a toujours des préjugés. »

Un des plus grands défis que rencontrent les familles homoparentales, qu’elles soient  formées d’un couple gai ayant adopté ou  un couple gai dont les enfants sont issus d’un précédent ménage hétérosexuel et vivant à temps partiel ou à temps plein avec deux mamans ou deux papas, sont les préjugés et les stéréotypes véhiculés dans la société. Ces familles sont parfois confrontées à des discours comme « leurs enfants ne se développeront pas correctement », « leurs enfants vont devenir gais » ou « les homosexuels ne sont pas aptes à avoir des enfants ». Il y a aussi beaucoup d’enfants intimidés à l’école par rapport à l’orientation sexuelle de leurs parents. « On se sent tellement bien dans notre peau qu’on n’a rien remarqué », déclare Maggie Briand, une mère lesbienne qui élève ses deux enfants (Émilie, 20 ans et Nicolas, 13 ans) avec sa femme, en garde partagée avec son ex-mari. « On est au Québec, c’est pas mal ouvert », ajoute Christiane Fleurant, sa conjointe. Elles ne se sentent pas jugées par leur entourage et ne croient pas que les enfants aient  subi de l’intimidation à cause de leur modèle familial. Elles ont cependant été confrontées à quelques situations d’intolérance, comme plusieurs parents dans leur situation. « La prof d’Émilie, en 5e année, a dit qu’elle était trop au courant de mon homosexualité. J’ai senti de l’animosité », raconte Mme Briand. Elle explique que sa fille a eu des problèmes à l’école parce qu’elle avait un look gai. « L’homophobie est une des formes de discrimination les plus présentes en milieu scolaire », selon Mme Mona Greenbaum, dont l’organisation, la CFH, lutte contre ce problème.

Maggie Briand raconte aussi que la mère de la meilleure amie d’Émilie avait interdit à sa fille d’aller chez elles. « C’était un couple violent, quand ma fille allait chez eux ils se lançaient des assiettes devant les enfants. Ils pouvaient voir deux adultes se battre, mais pas deux femmes s’embrasser! », s’exclame avec indignation Mme Briand. Elle explique que, pour que des amis de leurs enfants viennent à la maison, elles avaient parfois besoin de faire une présentation de leur mode de vie à leurs parents. « La chose la plus troublante qu’un enfant va trouver chez nous c’est nos photos de mariage, et on s’embrasse même pas! », déclare Maggie Briand avec ironie. « Il y a un peu d’éducation à faire », ajoute Mme Fleurant.

« Quelqu’un qui a des bonnes valeurs et une solide confiance en lui va transmettre ça à son enfant, qu’il soit homosexuel ou hétérosexuel », assure Michelle Michaud, psychologue. Elle explique aussi que les couples homosexuels se sont souvent interrogés plus longtemps sur leur désir d’avoir des enfants, car ils doivent souvent faire un plus grand cheminement pour fonder une famille. Ils peuvent donc être plus matures et leur choix est souvent très éclairé lorsque vient le temps d’avoir un enfant.

Selon Mme Michaud, il n’y a aucun modèle familial parfait, mais les couples homosexuels ont un défi en plus, car les enfants ont besoin de grandir avec un modèle d’identification masculine et féminine pour forger leur identité sexuelle. « S’ils retrouvent un modèle de chacun des sexes dans leur entourage, ils auront un mode de vie plus équilibré », explique la psychologue. « On s’assurait qu’il y ait une présence masculine autour de Nicolas, comme le beau-père », raconte Mme Fleurant. « À part que ça prend deux heures dans la salle de bain, ça change pas grand-chose dans ma vie [que ma mère soit lesbienne] », déclare nonchalamment Nicolas Briand-Mercier. « Il a aussi fallu insister sur les rôles que la société donne aux hommes et aux femmes », ajoute Mme Briand. « Il a fallu lui faire comprendre que si jamais il a une blonde, elle va s’attendre à ce qu’il sorte les poubelles », dit-elle en riant.

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Nous ne sommes pas différents!


Vignette: Photo fournie par le GRIS.
« Il est merveilleux de travailler pour le Gris, car c’est un organisme qui repose essentiellement sur l’action bénévole », affirme Marie Houzeau, directrice générale du Groupe de Recherche et d’Intervention Sociale (GRIS), situé à Montréal. Depuis ses débuts en 2003, elle côtoie une équipe formidable qui a pour but de démystifier l’homosexualité principalement dans le milieu scolaire, mais également de faciliter l’orientation et l’intégration des gais, lesbiennes et bisexuels dans notre société.
Le GRIS est alors né
Le GRIS est issu de Jeunesse Lambda, qui est un groupe d’activité et de discussion pour les jeunes gais. Peu avant les années 1990, ils ont découvert un important besoin d’information chez les adolescents qui s’interrogeaient à propos de leur orientation sexuelle : « Ils ont alors créé le CIS, qui était à l’époque, un Comité d’Intervention Sociale qui est devenu, en 1994, le  GRIS. »  Au fil du temps, l’organisation a pris de l’ampleur. Environ 30 000 interventions ont désormais lieu chaque année auprès des jeunes du troisième cycle du primaire tout comme auprès de jeunes universitaires. Il s’agit surtout de témoignages vécus par des bénévoles gais, lesbiennes ou bisexuels, spécialement formés pour répondre aux questions des jeunes afin d’enrayer certains préjugés et de réduire l’homophobie : « Les interventions offrent à chaque jeune le pouvoir de se sentir en sécurité dans son milieu scolaire. La prévention que nous effectuons a pour but de faire cesser l’homophobie que le jeune vit, afin qu’il ait confiance en lui », déclare la directrice. C’est aussi grâce à des campagnes annuelles qui ont lieu tous les automnes ou encore à des activités-bénéfices telles  l’organisation de défilés de mode, l’organisation de concerts ou de ventes d’aquarelles, que le GRIS se fait connaître. C’est d’ailleurs pour ces raisons que  l’organisme a gagné de nombreux prix et hommages : « Oui, nous avons reçu de nombreux prix depuis quelques années! En 2010, nous avons reçu un prix d’excellence octroyé par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Ces prix sont pour nous une super reconnaissance du travail des employés ainsi que de celui des bénévoles », souligne  Marie Houzeau, très fière de cet organisme.

Une organisation qui me tient à cœur
« Le GRIS, c’est un organisme formidable », s’exclame-t-elle. En effet, comme il s’agit d’un organisme à but non lucratif, il est constitué de quatre employés permanents et tous les autres collègues de Mme Houzeau sont des bénévoles, donc beaucoup de travail s’effectue grâce à la générosité des gens. « Je travaille sur toutes sortes de dossiers différents les uns des autres. Je le fais avec des gens qui sont passionnés et j’espère que cela fait une petite différence dans la société dans laquelle nous vivons. » Au cours des dernières années, elle a résolu bien des problèmes en plus d’avoir vécu des moments touchants à la suite d’interventions qui se sont déroulées dans les écoles: « Un élève qui était victime d’homophobie nous a déclaré qu’il était désormais plus libre et que l’air qu’il respirait était meilleur, car cette intervention a eu pour effet de réduire l’homophobie autour de lui », confie-t-elle avec émotion.

Lutte contre les préjugés
Malgré que les préjugés persistent encore envers les gais, lesbiennes et bisexuels, il ne faut pas oublier que ce sont des gens comme les autres. Pourquoi les juger différemment? Il est important de faire en sorte que tout être humain soit accepté : « Nous vivons dans une société qui est diversifiée. Nous avons tout avantage à nous ouvrir aux différences afin d’enrichir la société plutôt que de  nous y fermer », confie-t-elle avec convictions. Pour cette raison, il est important de réagir contre l’homophobie.

Adresse Internet du gris : http://www.gris.ca/

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Les aspirations de la communauté gaie


Sensibilisation. Démystification. Acceptation. Voici trois mots qui révèlent les aspirations de la communauté gaie d’aujourd’hui. Au Canada, depuis 2005, la loi permet aux couples homosexuels de se marier au civil.  C’est un énorme progrès depuis les années soixante. Avant 1969, l’homosexualité était criminalisée au Canada, tandis qu’il aura fallu attendre 1973 pour qu’on retire l’homosexualité de la liste des maladies mentales aux États-Unis.  Pourtant, bien qu’ils détiennent plus de liberté et de droits, il reste beaucoup de chemin à faire, semble-t-il, quant à l’acceptation de l’homosexualité dans notre société.

Loïc Ferland, 22 ans, ne lésine pas sur les mots lorsqu’il témoigne des problèmes rencontrés pendant son adolescence : « Je me suis fait déchirer mon linge. Je me suis fait pitcher des œufs. Je me suis fait renverser mon sac à dos à  l’envers. Je me suis fait traiter de tapette, de fif, de tout ce que tu peux entendre. » Victime de ces actes discriminatoires durant environ huit années, il a insisté pour changer d’école secondaire à deux reprises.

En raison d’événements comme ceux vécus par Loïc Ferland, le GRIS-Montréal, organisme à but non lucratif, a pour mission de bannir les préjugés existants à propos des homosexuels. « On va dans les classes pour tenter de démystifier l’homosexualité et la bisexualité à partir des questions des jeunes », raconte Michèle Brousseau, intervenante au GRIS-Montréal depuis maintenant huit ans. Cet organisme œuvre dans les écoles à partir de la 5e année du primaire, et ce, jusqu’au secondaire. Une bonne préparation des intervenants est nécessaire en fonction du niveau scolaire et du milieu social dans lequel la visite aura lieu. « S’ils ont 10 ou 18 ans [les jeunes], ils ne posent pas les mêmes questions, mais les préjugés restent les mêmes en général», admet Mme Brousseau. « Témoigner de notre vécu est l’idée de base », confie-t-elle. Selon ses dires, les jeunes peuvent, de cette façon, comprendre qu’un couple homosexuel n’est pas si différent d’un couple hétérosexuel.

En ce qui concerne le cégep de Saint-Jérôme, un local est aménagé pour le C.A.C.H.H. (Comité d’Action Contre l’Homophobie et l’Hétérosexisme). L’objectif de ce comité est d’être présent pour les étudiants qui désirent de l’aide. Il organise des kiosques de sensibilisation, comme lors des dernières portes ouvertes du cégep, afin d’informer les gens de l’existence du comité et de la présence de l’homosexualité parmi la population étudiante. C’est dans ce local que j’ai rencontré trois jeunes femmes lesbiennes, âgées de 17 et 18 ans, qui œuvrent au sein du C.A.C.H.H. depuis le début de leurs études collégiales.

L’une d’entre elles, Joliane Turgeon, affirme qu’elle ne subit pas de pression au cégep : « Je peux tenir la main ou embrasser ma blonde dans l’école et je ne sens pas de discrimination de la part des autres. » Elle sait que la réticence est tout de même présente grâce au témoignage de certaines de ses amies qui ne sont jamais à l’abri des regards louches. Elle ajoute que l’hétérosexisme est une autre problématique pour ceux et celles qui souhaitent se dévoiler au grand jour. « Lorsqu’une tante te demande si tu t’es trouvée un petit chum, c’est sûr que ça met une certaine pression », explique-t-elle.

« Il ne faut pas avoir peur d’être homosexuel, de dire qu’on aime. Il n’y a aucune honte à être qui on est », déclare Sylvain-Jacques Desjardins, relationniste pour l’Université Concordia. Il se considère chanceux de travailler dans un milieu ouvert : « Les gens au travail savent que je suis gay ». Selon lui, dans certains domaines, tels les milieux financiers et sportifs, avouer son homosexualité est moins évident. « Il ne faut pas avoir peur d’exposer sa vie de la même façon que nos collègues hétérosexuels le feraient », assure-t-il. Selon ses dires, le fait que l’homosexualité soit de plus en plus montrée à la télévision aide le processus d’acceptation. Son conseil pour toute personne homosexuelle qui hésite à faire son coming out : « Vivre dans le secret, c’est vivre dans le mensonge! »

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