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Les abeilles bientôt en grève?


Nous savons depuis de nombreuses années que les abeilles sont en voie de disparition, entre autres à cause de la monoculture et des pesticides. Puisque ces reines de la biodiversité sont responsables de la pollinisation de 80% des espèces de fleurs et donc d’une grande partie de notre alimentation, ces ouvrières méritent de meilleures conditions de travail. Entrevue avec un apiculteur consciencieux.
Qui voudrait d’un monde où vous n’auriez qu’à choisir entre du pain et du tofu à chaque repas? Ce scénario peu réjouissant pourrait être réalité puisque les cultures du blé et du soya comptent parmi les seules qui ne sont pas dépendantes de la pollinisation des abeilles. En effet, en se nourrissant de pollen et de nectar dans son butinage d’une fleur à l’autre, les abeilles participent à la reproduction des végétaux. Elles sont responsables, entre autres, de la pollinisation de 90% des pommes, des canneberges et des concombres. Dans un monde sans abeilles, toutes ces fleurs qui dépendent des butineuses pour vivre pourraient disparaître. Toutes les cultures de légumes, de fruits, d’épices, de cacao et de café s’éteindraient avec une grande partie du bétail.
Une mauvaise alimentation
Simon Dutil-Paquette a fondé la miellerie Miel de la Garde avec sa conjointe Edith Martel, il y a trois ans. Après une maîtrise en sciences de l’environnement et 10 ans de travail en décontamination des sols, l’apiculteur désirait travailler directement en contact avec la nature. «Après avoir étudié la planète au niveau géographique, la vie au niveau biologique, j’ai eu une bonne idée de l’ensemble des systèmes sur lesquels nous vivons. Et j’ai voulu les soigner», raconte-t-il lors d’une visite à son atelier de transformation.
L’apiculteur s’attaque aux différents facteurs qui contribuent à la disparition croissante des abeilles. L’un des phénomènes à la base du problème est la monoculture. Les abeilles ont besoin, comme les humains, d’une alimentation variée. Mais elles sont utilisées pour la pollinisation de champs qui ne se concentrent que sur un produit et doivent donc passer des semaines à ne consommer qu’une sorte de pollen, les menant à un manque de vitamines, qui affecte leur système immunitaire. «Si on diminue l’habitat des abeilles, on les fragilise, et elles deviennent plus sensibles aux autres problèmes», explique Simon Dutil-Paquette. Plusieurs apiculteurs doivent d’ailleurs transporter leurs abeilles d’un coin à l’autre du pays pour qu’elles pollinisent ces champs, ce qui leur cause un grand stress et permet l’échange de maladies.
Pour Simon Dutil-Paquette, pas question de faire voyager ses abeilles pour fuir les déserts alimentaires parce qu’il veut éviter le stress que ce déplacement peut générer chez elles. Et puisqu’il a récemment obtenu la pré-certification biologique pour son miel, il doit surveiller leur trajectoire de butinage pour qu’elles évitent toutes cultures génétiquement modifiées.
Autres menaces
Évidemment, pour respecter les critères de la certification biologique, l’apiculteur doit éviter un autre fléau pour les abeilles : les pesticides. Il est d’ailleurs l’un des rares apiculteurs québécois à se tenir loin de tout produit chimique. Il a prouvé avec sa centaine de ruches en bonne santé qu’un miel produit dans le respect de ses abeilles est possible.
Un des pesticides les plus nocifs pour les abeilles est les néonicotinoïdes, qui affectent le système nerveux central des insectes. Ces produits chimiques enrobent la graine des plantes et s’intègrent à leur composition biologique lors de leur croissance. Ils font aujourd’hui partie de la plupart des végétaux que nous consommons. Le pollen des fleurs contient de ces produits, et ils sont donc consommés par les abeilles et leurs larves lors de la pollinisation. La Food and Drug Administration des États-Unis a même interdit l’importation de miel de plusieurs compagnies à travers le monde, car il contenait un niveau élevé de pesticides et d’antibiotiques. Ces produits chimiques brouillent le sens d’orientation des abeilles et elles se perdent après avoir quitté leur ruche. En grande quantité, les néonicotinoïdes sont même mortels.
Aux dangers de la monoculture et des pesticides s’ajoutent ensuite les maladies et les parasites, qui incluent la loque, la nosémose, le virus du couvain sacciforme et la liste continue. Mais le plus grand cauchemar des abeilles est le varroa destructor, un acarien qui se nourrit de l’hémolymphe, ou le sang, des abeilles et des larves.
Un monde sans abeilles
Toutefois, l’humain ne se laisse pas abattre si facilement, et va donc chercher un moyen de vivre sans les abeilles. Il n’y a qu’à voir comment la Chine s’en sort maintenant que certaines de ses régions n’ont plus d’abeilles pour polliniser les champs. Les abeilles sont si rares dans ce pays que les Chinois doivent se rendre eux-mêmes dans les champs à chaque floraison pour jouer le rôle du plus grand pollinisateur. Ils collectent eux-mêmes le pollen des fleurs pour aller ensuite en déposer à la main sur chaque fleur qui n’aura pas d’abeille pour être fécondée. Cette méthode de pollinisation, bien moins efficace qu’une armée d’abeilles, est possible quand on a plus d’un milliard d’habitants qui travaillent à un salaire très bas. Mais avec le salaire minimum du Canada et seulement le quart du nombre d’habitants de la Chine, cette méthode ne fonctionnerait pas aussi bien.
Pour les pays plus riches, il y aurait l’option de remplacer les insectes par des robots. Le développement d’insectes robots a commencé il y a presque cinq ans au laboratoire de microrobotique de l’université Harvard. Leurs « Robobees » peuvent déjà voler, se poser et coller à n’importe quelle surface, et même nager. L’institut Wyss, chargé du projet, a déjà commencé la planification de la commercialisation de cette nouvelle technologie avec le Bureau de développement technologique de Harvard. Il est financé, entre autres, par l’armée américaine, et ces minuscules robots pourraient avoir d’autres utilités que de polliniser les champs.
Solutions simples
Les solutions pour sauver les abeilles sont malheureusement moins nombreuses que les causes de leur disparition, mais elles sont très simples. Pour les consommateurs, un bon début serait d’acheter du miel d’origine locale de petits producteurs, plutôt que d’acheter un miel qui vient de loin. On peut aussi se questionner sur la qualité du miel contenu dans la traditionnelle bouteille « nounours » de l’épicerie. Le miel local se trouve principalement dans les marchés publics, à la boutique des apiculteurs et dans les épiceries biologiques.
Une autre solution très simple : laisser pousser ses «mauvaises herbes». Les abeilles raffolent des fleurs sauvages, qui leur offrent une alimentation plus équilibrée. Cela contribue par ailleurs à la diversité de la flore et à un jardin coloré. Pour aller un peu plus loin, il est même possible d’acheter des graines de fleurs sauvages à petit prix à peu près partout où se trouve le miel local.
Simon Dutil-Paquette rappelle que l’apiculture est souvent enseignée de génération en génération, faisant en sorte que les techniques utilisées pour prendre soin de ses abeilles restent les mêmes à travers le temps. Pour lui, « l’apiculture est l’élevage d’insectes, pas la collecte de miel ». Comme l’environnement change constamment, il faut se tenir au courant des potentiels dangers pour les pollinisateurs. Pour ce faire, il conseille de prendre part à des cours et des formations supplémentaires. Il ne faut pas oublier que les apiculteurs sont les ambassadeurs de la survie des abeilles, et il faut donc participer à la conscientisation de la population.

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Démocratie, vis-tu?


Avec le mouvement des protestations étudiantes du printemps 2015, plusieurs interrogations ont germé dans les esprits… La démocratie – qui donne le pouvoir au peuple – est-elle réellement aux commandes du Québec?  Est-ce que l’opinion des citoyens a assez de poids? Sont-ils écoutés? Si le futur reste incertain sur ces questions, le présent semble tracer des réponses claires.

Le 1er mai dernier, lors de la journée internationale des travailleurs, des milliers de Québécois sont descendus dans les rues de Montréal pour manifester. Drapeaux à bout de bras, slogans contre l’austérité chantés haut et fort, les étudiants et les différents groupes sociaux se partageaient la place publique. Les parents marchaient avec leurs enfants, les collègues de travail discutaient de leur situation, tous suivaient la vague. L’atmosphère était plutôt festive. Toutefois, du coin de l’œil, on pouvait apercevoir l’ombre des policiers qui se tenaient à l’affut. Blindés de toute part, ceux-ci n’hésiteraient pas à actionner leurs gaz lacrymogènes en cas de résistance. Non loin de là, un journaliste et son caméraman observaient la scène sans y participer, en attendant une confrontation intéressante à filmer.

Pouvoir

-«Le gouvernement ne fait pas honneur à la démocratie car il n’écoute pas et il ne répond pas aux demandes de son peuple»

Le Québec repose sur une idéologie appelée démocratie. Selon la définition, la démocratie, c’est un système où l’ensemble des individus décident ce qu’ils veulent faire. Cependant, actuellement, on pourrait se demander s’ils possèdent réellement un pouvoir décisionnel? Selon Lauran Ayotte, enseignant de philosophie au cégep de St-Jérôme, la réponse est négative. Au contraire, M Ayotte croit que la distribution de la parole au Québec est inégale. «On s’intéresse aux discours des gens puissants, en laissant le reste du peuple sans visibilité», affirme-t-il. Ainsi, si ce ne sont pas toutes les opinions qui sont entendues, il est impossible de donner un pouvoir équilibré à chaque québécois. C’est donc le gouvernement, à lui seul, qui obtient cette disposition à guider sa population où bon lui semble.

D’après Roméo Bouchard, auteur de plusieurs ouvrages traitant sur des enjeux sociaux, la situation actuelle est inadéquate: «Nous élisons des députés tous les quatre ans, sommes représentés dans deux parlements, payons des impôts à deux gouvernements. Nous parlons, bloguons, colloquons, pétitionnons, manifestons, occupons. Mais nous ne décidons pas. D’autres le font pour nous». Son livre Constituer le Québec, publié en 2014, fait la critique d’une société mal représentée par son gouvernement. La solution d’après Bouchard : se mobiliser pour créer une «assemblée constituante», c’est-à-dire, un groupe de québécois qui décideraient ensemble des décisions importantes pour la province.

Selon Frédérique Charbonneau, une étudiante en sciences humaines internationales au cégep Marie-Victorin, «le gouvernement ne fait pas honneur à la démocratie car il n’écoute pas et il ne répond pas aux demandes de son peuple». L’opinion de Mme Charbonneau est répandue comme un virus auprès des jeunes.

Voter

-«C’est un cercle vicieux car les jeunes ne votent pas alors les politiciens ne les impliquent pas»

L’organisme L’Apathie c’est Plate, situé à Montréal, tente justement de contrer cet écart entre la politique et la jeunesse. Leur objectif n’est pas de changer le système en place, comme Roméo Bouchard, mais plutôt de mieux l’exploiter. «On aimerait améliorer les relations entre les jeunes et le gouvernement. On veut rendre le milieu de la politique plus accessible», confirme Cavan Riordan, le coordinateur de la recherche et du programme des élections pour l’Apathie c’est Plate.

«À travers le Canada, aux élections fédérales de 2011, seulement 38% des gens de 18 à 34 ans ont voté, ce qui veut dire que c’est plus de 5 millions d’entre eux qui ne l’ont pas fait», déplore Cavan Riordan. Inciter les jeunes à s’impliquer politiquement est l’un des buts premiers pour l’Apathie c’est Plate. Le vote représente pour l’organisme un moyen de s’exprimer et de pratiquer sa responsabilité citoyenne. Selon M. Riordan, «c’est un cercle vicieux car les jeunes ne votent pas alors les politiciens ne les impliquent pas». Les adultes de bas âge ne voient souvent pas l’intérêt à participer car ils ne croient pas avoir le pouvoir de changer les choses. «En Alberta, aux dernières élections, il  y a plusieurs candidats qui ont remporté avec seulement une centaine de voix, alors cela prouve qu’un vote est important et influent sur le résultat», signale Cavan Riordan. D’après lui, le potentiel de la démocratie se fait valoir en votant et non en étant indifférent.

Frédérique Charbonneau est du même avis : «L’important n’est pas seulement d’aller voter mais bien de comprendre son vote». Selon la jeune femme, l’acte de tracer un crochet sur un bout de papier est trop pris à la légère. Au lieu de critiquer la politique ou de l’ignorer, il est préférable de s’engager pour donner un sens aux élections.

Lauran Ayotte, quant à lui, s’avance vers une autre direction : «Le vote électoral est un très petit pouvoir». Si le peuple est mal représenté par son gouvernement, tout parti confondu, aller voter devient presque dérisoire. Selon le professeur, «les espèces les plus efficaces sont celles qui coopèrent le plus, comme les fourmis qui s’impliquent ensemble pour progresser. La hiérarchie est presque inexistante». L’anarchie, une organisation où il n’y a pas de chef et où personne ne peut prétendre détenir une autorité sur l’autre, montre des similarités avec ces propos. Les individus vivant dans une philosophie anarchiste sont tous égaux et ils se gèrent eux-mêmes. Le modèle gouvernemental où un parti de quelques ministres est censé représenter l’entièreté d’une population ne concorde donc pas.

«À force de me battre et de me heurter à des gouvernements qui n’écoutent rien, ne comprennent rien — ou plutôt comprennent très bien, mais ne veulent pas déplaire aux compagnies et aux lobbys qui les font élire —, j’en suis venu à penser, comme bien d’autres, qu’on perd notre temps. Qu’on n’arrivera à rien si on se contente de changer de parti ou de chef», écrit Roméo Bouchard dans son ouvrage. Cette pensée trace le portrait de quelqu’un qui est fatigué des lacunes de l’actuel système et qui préférerait le modifier plutôt que le supporter.

Révolte

-«Réparer une vitre vaut toujours moins cher que de réparer un crâne» 

«La grève est le moyen que les gens se donnent lorsqu’ils ne sont pas écoutés», prononce Lauran Ayotte. C’est justement ce qui est arrivé et ce qui arrive encore avec les étudiants qui ont manifestés dans les derniers mois. Ce mouvement est un exemple d’une mobilisation citoyenne pour revendiquer une idée sociale. La situation a créé beaucoup de controverse dans le paysage québécois.

Points forts de cette grève? M Ayotte conçoit une analogie entre le débrayage et les idées de l’un des philosophes qu’il enseigne : «Le modèle de Karl Marx est l’un des plus intéressants car il faut penser de façon collective et sociale aux problèmes pour que les individus progressent». C’est donc en se regroupant que des changements positifs peuvent arriver. Frédérique Charbonneau voit aussi du bon dans ce soulèvement : «La grève permet d’arrêter le cycle de la vie, comme l’école et le travail, pour que nous, les étudiants, soyons capables de mieux organiser notre avenir».

Points faibles de cette grève? «Les médias dramatisent la situation et présentent les étudiants comme une bande de sauvages. Pour l’avoir vécu, je sais que dans une grève il n’y a pas que de la violence et quand il y en a, elle ne vient pas juste des manifestants», témoigne Mme Charbonneau. Selon l’étudiante, les médias n’ont donc pas été fidèles à la véracité des faits dans ce mouvement en ne présentant qu’un côté de la médaille. «Tout dépend avec quelle lunette on voit la situation», reconnaît M Ayotte en précisant que «réparer une vitre vaut toujours moins cher que de réparer un crâne». Présentement, le mouvement semble s’essouffler. Toutefois Frédérique Charbonneau précise son souhait pour le futur : «La société idéale pour l’avenir est celle où les citoyens s’informent adéquatement et ont une opinion justifiée par des arguments valables et non par des préjugés, peu importe la circonstance».

Bref, il semblerait que le gouvernement, détenteur du pouvoir, ne soit pas assez représentatif de sa population. «Qu’on nous clou la bouche pour avoir parlé dans notre langue. S’il faut qu’on la boucle, j’écrirai mes mots sur les murs des banques», chante Louis-Jean Cormier dans sa chanson La Fanfare. Ces paroles sont un cri du cœur qui illustre à quel point certaines idées n’ont pas assez de visibilité dans un paysage démocratiquement politique. Cormier dénonce que le peuple n’a pas de voix dans un monde contrôlé par quelques minorités puissantes. Toutefois, d’après son message, la majorité qui n’est pas écoutée doit continuer d’essayer du mieux qu’elle en est capable, peu importe les obstacles qu’elle traverse.

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Les étudiants ont dit non à la grève


76% des étudiants ont refusé de tenir grève du 19 au 22 novembre. Un vote de grève étudiante s’est tenu au Cégep de Saint-Jérôme du 7 au 9 novembre. La grève aurait eu lieu dans le cadre d’un mouvement de grève international du 19 au 22 novembre. L’Association générale des étudiants (AGES) avait donc tenu un référendum dans le collège pour savoir si les 4400  étudiants désiraient participer au mouvement, en tenant une grève de 4 jours. Les 1346 étudiants qui ont voté ont refusé à 76%, ce qui représente un taux de participation de 30%.

 

Francis Grenier, délégué aux communications de l’AGES, explique  que la grève se voulait contre la marchandisation de l’éducation, et  pour une éducation libre ». Il ajoute que la grève avait aussi pour but de rappeler à la Première ministre, Pauline Marois, ses promesses électorales à l’approche du Sommet sur l’éducation. Lors de la campagne électorale, elle avait promis d’abolir l’augmentation des frais de scolarité. Bien que l’abolition ait eu lieu, les représentants de l’AGES craignent qu’elle ne revienne sur sa décision.

Plusieurs étudiants affirment qu’ils n’étaient pas au courant du vote de grève et de ses raisons. « Moi, je l’ai su à la dernière minute », dit Yan Morion, un étudiant, avant de poursuivre :  « Je ne pouvais pas me le permettre. » Selon lui, comme la session d’automne était déjà condensée, il ne pouvait pas faire la grève durant quatre jours.

Selon Francis Grenier, l’AGES a suffisamment fait pour informer les étudiants de la tenue du référendum. Il explique que l’AGES a effectué des opérations de distribution de tracts dans le cégep. De plus, ils ont visité des salles de classe pour informer les étudiants et ils ont posé des affiches dans le collège.

Estelle Demers Graton, qui étudie en soins infirmiers, trouve qu’il n’y avait aucune raison de faire grève : « Nous avons déjà eu ce que nous désirions avec l’élection du gouvernement Marois », dit-elle. Elle ajoute : « On aurait préféré un jour de grève. Une seule journée aurait suffi à faire valoir l’opinion des étudiants sans pour autant mettre leur session en danger ».

L’AGES se dit déçue du taux de participation lors du référendum. En effet, seulement 1346 élèves ont fait valoir leur droit de vote, ce qui est loin du taux de participation lors des votes de grève de l’hiver dernier. L’AGES invite les étudiants à assister en grand nombres aux assemblées générales. Notons que l’assemblée du 28 novembre a été annulée, parce que le quorum nécessaire à sa tenue n’a pas été atteint.

L’auteur étudie dans le programme Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme

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Le mouvement étudiant, quand une génération devient un phare social


Cliquez ici pour lire le reportage de Gabrielle Lafontaine

Cliquez ici pour lire l’éditorial de Noémie Thiffault

Cliquez ici pour lire la chronique de Julie Parisella

Cliquez ici pour lire la critique de Christian Roy

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La grève, états d’âme et interrogations…


Photopraphe : Dominique Noiseux

Lorsque la grève a été annoncée au Cégep de Saint-Jérôme, à la fin février, certains étudiants étaient très heureux, d’autres étaient déçus. Je me rappelle quand cette annonce a été faite, lors de l’assemblée générale, mon cœur a cessé de battre, comme celui de nombreux étudiants. Dans leurs yeux, on pouvait voir toutes sortes d’émotions. On pouvait comprendre que certains d’entre eux, dont moi, étaient très angoissés de savoir que leur cheminement scolaire allait probablement être perturbé. Néanmoins, les mandats de grève devaient être, à ce moment, reconduits de façon hebdomadaire lors des assemblées générales afin d’avoir l’opinion actuelle de chaque étudiant.

À la suite du déclenchement de la grève, plusieurs évènements importants se sont enchaînés. Le 7 mars 2012, lorsqu’il y a eu présence encore une fois de brutalité policière, Francis Grenier, étudiant au Cégep de Saint-Jérôme, recevait en plein visage des éclats d’une grenade assourdissante lancée par un policier. Le jeune homme de 22 ans risquait de ne pas retrouver l’usage de son œil. C’est incroyable que les policiers soient intervenus de la sorte auprès d’étudiants qui ne faisaient qu’exercer leur liberté d’expression. Il ne faut pas oublier que les étudiants manifestaient pacifiquement, et que, quelques minutes avant l’accident, Francis était assis dans la rue et jouait de l’harmonica… Je ne dis pas que je suis contre le fait qu’il y ait de la sécurité lors des manifestations, mais il y a quand même des limites à traiter de jeunes étudiants avec autant de violence et de brutalité. L’histoire de Francis est un exemple de répression policière violente et non justifiée, et nous avons pu en observer d’autres au cours des derniers mois, telles l’émeute du 4 mai à Victoriaville ou la répression du 14 mai lors des injonctions à Lionel-Groulx.

Après cet évènement, on pouvait assister, le 22 mars 2012, à la première et grande manifestation, qui s’opposait à la hausse des droits de scolarité, déclenchée par le gouvernement de Jean Charest. 200 000 étudiants, professeurs et citoyens marchaient dans les rues de Montréal afin de dénoncer la décision du gouvernement. Cela a d’ailleurs surpris plusieurs personnes qui croyaient que les étudiants ne respecteraient pas leurs paroles. C’est d’ailleurs après cette manifestation que la majorité des associations étudiantes ont voté pour une grève générale illimitée jusqu’à ce qu’elles aient une offre valable du gouvernement. À ce moment précis, j’avais compris qu’on ne retournerait pas suivre nos cours de sitôt.

Dans la période du 27 mars au 23 avril 2012, 132 000 étudiants sont donc retournés sur les bancs d’école, à la suite des décisions prises par les étudiants, lors du vote concernant la grève générale illimitée. Je vous rappelle que personne ne pouvait connaitre la durée de la grève puisqu’elle allait être illimitée. Ce vote était l’un des plus importants. Comparativement au premier vote de grève de l’année, on a pu remarquer que la présence des élèves lors des assemblées générales avait énormément chutée. J’ai trouvé ça anormal qu’au Cégep de Saint-Jérôme, plus de la moitié des élèves n’aient pas pris la peine d’aller voter. Cependant, beaucoup d’entre eux réussissaient tout de même à critiquer le fait que leur cégep était encore en grève et que leur session était perturbée par les grévistes.

Malgré l’offre du 27 avril, où Jean Charest avait proposé d’étaler la hausse sur 7 ans et de passer à une hausse de 255 $ par année au lieu de 325 $. La majorité des associations étudiantes ont rejeté l’offre et décidé majoritairement de continuer la grève. L’offre a été perçue comme étant une insulte et a déclenché 25 manifestations nocturnes consécutives dans le but de se révolter à la suite de cette offre ridicule. Des étudiants masqués, déguisés et cagoulés défilaient encore une fois dans les rues de Montréal. C’est d’ailleurs à la suite de ces 25 manifestations nocturnes qu’un nouveau règlement municipal a été  instauré et que le port des masques lors des manifestations a désormais été interdit.

Il ne faut pas oublier que le 18 mai 2012, le gouvernement a adopté le projet de loi 78, « une loi qui permet aux étudiants de pouvoir recevoir l’enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaire qu’ils fréquentent » qui est devenu ainsi la loi 12. Cette loi a suspendu les injonctions que certains étudiants avaient obtenues dans l’intention de pouvoir retourner suivre leurs cours, mais également, elle a suspendu les sessions affectées par la grève jusqu’à la mi-août. Bien que j’étais contre cette loi, le fait de savoir que ma session ne serait pas annulée, mais bien suspendue, m’a enlevé beaucoup de stress. De plus, cette loi limitait les manifestations spontanées pour des groupes de 50 personnes et plus. Si cette loi n’était pas respectée, de lourdes amendes pour les associations étudiantes et syndicales auraient été données.  Pourquoi empêcher les étudiant d’exprimer leur pensées et de prendre position? Cette loi était totalement ridicule…

La majorité des étudiants sont retournés à l’école depuis la mi-août et une trêve de grève a été lancée dans les cégeps concernés jusqu’aux élections du 4 septembre. Est-ce que les avantages obtenus par cette grève sont plus importants que les sacrifices engendrés ? Les sacrifices faits par les étudiants ont tout de même permis à la population de se réveiller et de se mobiliser afin de prendre davantage sa place dans la société. De plus, cette grève est la plus importante grève étudiante de l’histoire du Québec, mais c’est tout de même grâce à la détermination des manifestants qu’il y a eu renversement du gouvernement. Étant donné la victoire de Pauline Marois aux élections provinciales et le départ du chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, nous pouvons dire que les étudiants qui étaient pour la grève ont gagné un combat puisque la hausse est à l’heure actuelle annulée, mais y aura-t-il indexation sous le gouvernement péquiste? Ce dossier reste à suivre.

 

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« Un peuple instruit jamais ne sera vaincu! »


Depuis maintenant un peu plus de six mois, plus de 170 000 étudiants fourmillent dans les rues en brandissant des pancartes et en scandant haut et fort des slogans contre la hausse des droits de scolarité imposée par le gouvernement Charest. Survol d’un conflit qui divise le Québec.

Récapitulons. C’est au printemps 2010, lors du  budget Bachand, que l’annonce a été faite. Sur cette décision, M. Charest et la ministre Line Beauchamp sont catégoriques, la hausse des droits de scolarité est là pour rester. Désormais, les étudiants devraient payer 325$ de plus par année d’étude à partir de l’automne 2012, et ce, pendant les cinq prochaines années, pour fréquenter les universités du Québec. En 2017, les étudiants devraient payer 3793$ par année, soit plus de 1625$ de plus que le coût actuel d’une année d’études de niveau universitaire. Les étudiants qui payaient alors 13% du coût de leurs études devront en payer près de 17%. « Nous avons notre mot à dire nous aussi, c’est notre éducation, notre avenir et notre société », indique Marie-Laurence Guay, étudiante en sciences humaines, profil comportement humain, au Collège Lionel-Groulx.

Depuis le mois de février, un mouvement de grève s’est enclenché, mouvement qui a compté plus de 160 associations universitaires et 25 associations collégiales. À son maximum, le mouvement aura compté plus de 200 000 étudiants en grève. Notons que la grève a officiellement pris fin le 7 septembre, lorsque la Faculté des Arts de l’UQÀM, dernière faculté à être en grève, a voté le retour en classe.

Le 22 mars dernier, une manifestation pacifique, désormais historique, a rassemblé plus de 200 000 indignés, étudiants, parents, grands-parents, professeurs, citoyens dans les rues de Montréal. De cette date, le printemps érable est né, mais aucune disposition de négociation avec les fédérations étudiantes n’a été prise, même si les manifestations et les activités en lien avec la grève se sont multipliées. « Nous avons voulu marcher en symbiose avec le premier ministre et sa ministre de l’éducation, mais ils sont restés derrière nous. Le gouvernement Charest a fait preuve d’une fermeture d’esprit inacceptable », explique Marie-Laurence Guay. Un mouvement « Profs contre la hausse » a même vu le jour dans les derniers mois et a offert son soutien aux étudiants en grève en participant aux manifestations et en faisant des constantes pressions sur le gouvernement Charest.

Malgré toute l’agitation et la résistance qu’a provoqué sa décision, M. Charest est resté imperturbable : « La question des droits de scolarité a fait l’objet d’un long débat au Québec depuis des années. Notre gouvernement a organisé une discussion là-dessus en prévision du budget de 2011, et les étudiants ont choisi de boycotter la discussion, malheureusement. »[1] La ministre Line Beauchamp, quant à elle, a rappelé les étudiants à l’ordre et a sommé les universités et les cégeps de donner leurs cours, que les étudiants soient présents ou non. « Il y a des étudiants qui veulent entrer et suivre leurs cours, et ils y ont droit. La loi leur donne raison »[2], expliquait la ministre. Ce à quoi les leaders étudiants tels Léo Bureau-Blouin, alors président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), ont répondu : « La directive de la ministre est irresponsable. Forcer le retour en classe des grévistes ne fera que créer des tensions potentiellement dangereuses entre les étudiants. Au lieu d’envenimer la situation, la ministre devrait se mettre en mode solution. »[3] La solution qu’elle a trouvée ? Elle a fait le choix de se retirer du conflit et de quitter la vie politique, en laissant Michelle Courchesne la remplacer dans le dossier.

À la suite d’innombrables demandes d’injonctions de la part d’étudiants qui souhaitaient le retour en classe, le gouvernement Charest agit. Le 18 mai, l’Assemblée nationale adopte la loi 12 (projet de loi 78): les étudiants qui désirent retourner en classe pourront le faire au mois d’août. Cependant, tous les gens qui souhaitent organiser des regroupements de plus de 50 personnes devront obligatoirement avertir le corps policier de « la date, l’heure, la durée, le lieu ainsi que, le cas échéant, l’itinéraire de la manifestation »[4] . Largement critiquée par de nombreuses associations telles le Barreau du Québec, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse ainsi que par la CSN, la loi spéciale a suscité beaucoup d’émotions du côté des grévistes : « La loi est un exemple extrême de judiciarisation qui tente de régler un enjeux social par la menace. On peut aisément prétendre que c’est une atteinte sérieuse aux droits des étudiantes et étudiants de défendre leurs revendications de même qu’une tentative d’orienter de force la marchandisation de l’éducation », indique François Tassé, porte-parole de l’Association générale des étudiant(e)s du Cégep de Saint-Jérôme (AGES).

Même si la question des droits de scolarité divise le Québec, nous avons assisté à une réaffirmation des valeurs québécoises et à une importante politisation de la classe étudiante : «Nous sommes le Québec, le gouvernement ne peut pas nous laisser derrière comme il le fait présentement. Le Québec devra bientôt faire un choix, celui de rester dans l’ombre d’un gouvernement despotique ou celui de se lever pour changer les choses», affirmait Marie-Laurence Guay, en mars dernier. Et bien le Québec a fait un choix : le 4 septembre dernier, le Parti Québécois a pris les rênes d’un gouvernement minoritaire et a annoncé que sa première action serait d’annuler la hausse des droits de scolarité, ainsi que la loi 12 par décret ministériel.

Par contre, certaines personnes ne considèrent pas cette annonce comme une victoire et souhaitent demeurer prudentes: « L’AGES adoptera surement  une position officielle en assemblée générale sous peu. […] C’est certainement la fin d’une étape. Nous croyons toutefois que nous devons maintenir le débat dans l’actualité aussi longtemps qu’il le faudra pour arriver à remettre en question la logique de l’utilisateur-payeur qui est évidemment applicable pour la scolarité, mais aussi dans les autres sphères qui composent le tissu social », explique François Tassé.


[1] Trop tard, selon Charest. 24 heures, 22 mars 2012.

[2] Grève étudiante : Charest et Beauchamp haussent le ton. Radio-Canada.ca, http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/04/11/003-beauchamp-boycottage-etudiant.shtml

[3] Beauchamp réclame la reprise des cours. Canoe.ca, http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2012/04/20120411-135634.html

[4] Projet de loi 78 : loi permettant aux étudiants de recevoir l’enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaire qu’ils fréquentent.

 

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Injonction et manifestation contre la loi spéciale


L’annonce d’une injonction en début de semaine, forçant quelque 50 professeur-es  à reprendre les cours, a laissé appréhender à toute la communauté du Cégep de Saint-Jérôme une matinée des plus tendues, voire craindre des affrontements, jeudi matin le 17 mai. Par contre, l’injonction qui pesait sur tous, telle une épée de Damoclès, s’est pour ainsi dire instantanément volatilisée, à la suite de l’annonce in extremis de la loi spéciale du gouvernement Charest, tard en soirée, mercredi le 16 mai. Cette nouvelle est survenue comme un véritable coup de théâtre, au moment où tous envisageaient de vivre les scénarios violents qu’ont connus plusieurs cégeps au cours des dernières semaines.

L’application de l’injonction annulée

Ainsi, localement, au Cégep de Saint-Jérôme, l’annonce de la loi spéciale aura eu momentanément l’effet théâtral du Deus ex machina, à savoir l’entrée en scène soudaine d’une « divinité » venant résoudre une situation désespérée. En effet, dès l’annonce de la loi spéciale controversée, vers 23 h, la direction du Cégep a décidé de lever les cours pour les deux jours suivants, suspendant ainsi l’application de l’injonction prévue pour le lendemain matin. Du coup, les enseignantes et enseignants visés par l’injonction ont poussé un soupir de soulagement devant ce sursis. À court terme, les risques de subir des affrontements traumatisants, comme ceux survenus l’avant-veille au Cégep voisin de Lionel-Groulx, venaient d’être évités.

Manifestation contre la loi spéciale

bref sit-in à la poly

Toutefois, il demeure que la situation d’injonction, ainsi que la loi spéciale restent vivement décriées par l’Association étudiante du Cégep de Saint-Jérôme (AGES). Rassemblés derrière le collège, les étudiantes et étudiants grévistes, qui ont respecté l’injonction, en laissant notamment le libre accès au collège, ont décidé de manifester leur mécontentement haut et fort par une marche dans les rues de Saint-Jérôme durant la matinée.  Une cinquantaine d’étudiantes et étudiants déterminés ont scandé avec ardeur leurs slogans et brandi leurs pancartes. La marche pacifique s’est déroulée dans l’ordre, en présence de policiers. La dizaine de patrouilleurs a calmement assuré la sécurité du cortège, en dirigeant la circulation automobile.

Les étudiant-es se sont d’abord rendus devant la Polyvalente de Saint-Jérôme, au moment de la rentrée des élèves. Les cégépien-nes ont effectué un bref sit-in de 5 minutes, en scandant à l’endroit des élèves curieux : « C’est pour vous qu’on manifeste! » Puis le cortège a traversé pacifiquement la ville par la rue de Martigny. Les grévistes ont souvent reçu au passage l’appui des citoyennes et citoyens, dont celui remarqué des employées du Centre de services communautaires de Saint-Jérôme.

Pour ce qui est de la suite au Cégep de Saint-Jérôme, il semble que la loi spéciale pourrait laisser deux possibilités au Collège, soit un retour en classe quasi-immédiat pour sauver la session, en reprenant les cours en mai et en juin; soit le report de la session du mois d’août au mois d’octobre.

And again...

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Injonction au Cégep de Saint-Jérôme


Aux lendemains des affrontements, au Cégep de Lionel-Groux, entre étudiants et policiers, causés par une injonction pour tenter en vain de forcer un retour en classe, c’est au tour du Cégep de Saint-Jérôme de se voir assujetti à une telle mesure judiciaire. En effet, jeudi le 17 mai, une injonction déposée par 64 élèves obligera une cinquantaine de professeurs à dispenser leurs cours. Par voie de communiqué, le Conseil de grève de l’Association générale étudiante du Cégep de Saint-Jérôme (AGES) souligne que cette injonction s’inscrit « dans la foulée de la judiciarisation du mouvement de grève étudiante. En effet, cette mesure arrive à la suite de plusieurs semaines de répression juridique, où les étudiants du campus de Mont-Laurier (Cégep de Saint-Jérôme), Valleyfield, Gatineau, et Rosemont, ont dû faire face à des tentatives de retour en classe forcé. »

Lundi le 14 mai en fin d’après-midi, un huissier a remis l’injonction à l’association étudiante, l’informant que l’audience avait lieu le lendemain. Selon l’AGES, cette démarche lui laissait un temps nettement insuffisant pour préparer sa défense.  Alors que la requête stipulait que l’injonction entrait en vigueur mercredi, l’administration du Cégep de Saint-Jérôme, qui ne s’est pas opposée à la requête, a demandé à ce qu’elle débute jeudi. L’injonction oblige le collège à tenir les cours pour les 64 étudiants qui l’ont déposée, en plus de contraindre l’AGES, ainsi que toute autre personne à laisser un libre accès aux cours. De plus, bien que l’AGES affirme qu’il s’agit d’une mesure qui ne s’applique qu’aux 64 personnes concernées, par courriel, la direction a informé les professeurs visés par l’injonction qu’ils doivent obligatoirement accepter tous les élèves qui se présenteront dans leurs cours.

Aussi, l’injonction vient contrecarrer le vote de reconduction de grève des étudiants, tenu lors de l’assemblée générale du 9 mai dernier. Ainsi, « en cohérence avec ses mandats d’assemblée générale, l’AGES déplore cette tentative de bafouer les choix démocratiques de la population étudiante, en déplaçant les décisions de l’assemblée vers le palais de justice. Il est déplorable que nos votes pris démocratiquement soient tranchés par des juges qui n’ont comme seul intérêt de servir les élites politiques. Il est encore plus déplorable que nous soyons obligés de nous battre pour faire respecter l’essence même de la démocratie », souligne le Conseil de grève.  L’AGES entend  dénoncer cet « abus judiciaire », qui tente de fissurer le mouvement de grève, tout en soulignant qu’elle « n’incite naturellement pas les gens à brimer les étudiants concernés, comme l’injonction est claire à ce sujet ». Il reste donc à voir si une telle mesure pourra mener ou non à un retour en classe paisible au Cégep de Saint-Jérôme, ou encore si elle ne sera pas sitôt remplacée par une loi spéciale comme l’évoque la majorité des médias en ce moment.

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Les étudiants des Laurentides font valoir leur mécontentement


Le mouvement étudiant dans les Laurentides tient à ce que le gouvernement Charest sache que la hausse des droits de scolarité suscite du mécontentement aussi dans leur région, pas seulement à Montréal.  Comme les grandes manifestations sont presque toutes organisées à Montréal, les associations étudiantes des Laurentides ont manifesté à Mont-Laurier, le 20 mars, et à Saint-Jérôme, le 12 mars dernier.

Photo: Chloé Gilbert

Lors de manifestation à Saint-Jérôme, les étudiants des trois campus du Cégep (Saint-Jérôme, Mont-Laurier, Tremblant) s’étaient réunis pour bien souligner le caractère régional de cette manifestation importante. De plus, ils étaient rejoints d’autres étudiants des Cégeps de Lionel-Groulx et de l’Assomption. La manifestation s’est très bien déroulée. L’ambiance était festive, des slogans, dénonçant la hausse prévue par le gouvernement du Québec, étaient scandés sans arrêt. Par exemple on pouvait entendre : « un peuple instruit, jamais ne sera vaincu », « so-so-so-sauvons l’éducation ».

Environ 250 personnes étaient présentes. Ce nombre est faible comparativement au nombre d’élèves inscrits dans les cégeps. Le taux de participation aurait pu être plus élevé, puisque le transport en autobus était offert. Cependant, le message est passé d’une façon calme et respectueuse.

Steven Labrecque, président de L’AGES, s’est dit très satisfait de la manière dont la manifestation s’est déroulée. « L’ambiance est festive, tout se déroule dans le calme et le respect», a précisé le président. Il a terminé en affirmant haut et fort que ce n’est qu’un début et qu’il faut continuer le combat.

Une présence policière élevée

Partout où le groupe de manifestant marchait, une dizaine de policiers suivaient ainsi que des véhicules fantômes et des auto-patrouilles. Il y avait même des policiers antiémeutes sur le terrain. Ils se sont déployés lorsque le groupe de manifestant s’est arrêté au 55 rue Castonguay. Ils sont entrés à l’intérieur afin de protéger le bâtiment, mais aucun écart de conduite ne s’est produit. Le déploiement d’autant de policiers et des policiers antiémeutes n’était assurément pas nécessaire.

En sommes, les étudiants des Laurentides ont fait valoir leur point de vue d’une façon exemplaire et ont démontré qu’il était possible de tenir une manifestation régionale avec civisme.

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Le silence du gouvernement ne peut être profitable


Le manque de communication du gouvernement Charest envers les étudiants nuit grandement à tous les partis : les étudiants sont mécontents et ils manifestent. Au lieu de chercher à comprendre pour trouver des solutions, le gouvernement libéral banalise et discrédite le mouvement étudiant.

Pièce importante sur l’échiquier, Line Beauchamp en est l’exemple flagrant. Son dernier commentaire fut que « la principale perturbation va être vécue dans la vie personnelle de l’étudiant qui choisit de boycotter ses cours. On ne peut pas boycotter ses cours et avoir son diplôme à la date prévue comme si [on]  avait  assisté  à [ses] cours. »

Le véritable enjeu est l’abolition de la hausse de 1625$

Les étudiants se battent avant tout contre la hausse des droits de scolarité. Le fait est que les étudiants n’ont pas choisi d’être en grève par plaisir Mme Beauchamp; ils savent qu’à la reprise des cours, ils devront prendre les bouchées doubles pour rattraper le retard.  Lorsque que vos seuls propos sont que les étudiants se pénalisent eux-mêmes, en faisant la grève, vous tentez de détourner l’attention des véritables enjeux de la hausse.

Les étudiants, eux, questionnent la nécessité d’une hausse par rapport aux réels besoins des universités. Mme Beauchamp, la grève générale illimitée représente beaucoup plus que les conséquences sur le plan individuel, qui ne sont aucunement l’enjeu central. La véritable conséquence de cette grève sera le recul ou non du gouvernement.

Ni la charge de travail d’après grève, ni le prolongement de la session ne devraient retenir votre attention. Ces deux enjeux sont secondaires, et ils semblent d’ailleurs peser plus dans votre balance que dans celle des étudiants.

Une image injuste des étudiants

On décrit les étudiants comme des jeunes qui ne sont pas impliqués, de plus en plus individualistes, et qui ne veulent pas faire leur juste part. Mais ce mouvement étudiant, qui touche l’ensemble de la province, est la preuve que ces affirmations sont fausses.                   

Unis par un objectif commun, ces étudiants marchent à l’encontre du gouvernement, à l’encontre du pouvoir. L’implication existe chez les étudiants, il n’y a qu’à regarder le taux de participation record au vote de grève étudiante du Cégep de Saint-Jérôme, ou encore aux milliers d’étudiants qui manifestent en grandes pompes partout au Québec. En ce moment, 180 000 étudiants ont rejoint le mouvement contre la hausse.

Les étudiants diplômés s’impliqueront dans leur communauté en offrant un service à celle-ci, et c’est de cette implication que l’on devrait tenir compte.

Ce n’est pas la démocratie d’aller à l’opposé d’une génération entière, en droit de choisir ce qui est le mieux pour elle.  Et ce n’est pas la démocratie d’ignorer en silence les demandes de discussions des associations étudiantes, ainsi que les avis émis par les experts comme l’IRIS.

Les étudiants veulent être écoutés, cela devrait être pris en considération. Expliquons-nous honnêtement. M. Charest, arrêtez de dire « ne vous en faites pas, ça va passer », car le mouvement étudiant est loin de s’essouffler.

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