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Sugar Sammy, l’art de l’ambiguïté émotive !


 

Par Camille de la Sablonnière & Élisabeth Richer

 

Contrairement à la plupart des humoristes qui commencent leur carrière au Québec et qui se produisent sur la scène internationale, Sugar Sammy, de son vrai nom Sumir Khullar, amorce sa fructueuse carrière en Inde, et il se retrouve très vite sous les projecteurs des scènes aux quatre coins du monde.

 

Étant né à Montréal et ayant un coup de cœur pour le public québécois qu’il aime bien taquiner, Sammy décide de faire profiter la province de son humour sans ménagement. L’artiste reçoit le prix « Humoriste de l’année » deux années consécutives lors du gala Les Oliver. Son amour pour les Québécois semble donc assez réciproque.

 

Le samedi 18 octobre dernier, Sugar Sammy a produit, à la salle André Prévost de Saint-Jérôme, son spectacle En français SVP!, par ailleurs primé « Spectacle de l’année ».

 

Le DJ Keith Dean a préparé la foule bien avant le spectacle principal. Quelques-uns des grands succès des années 80-90 ont ainsi ciblé le public envisagé, bien que des gens de tous âges soient présents dans la salle.

 

Une fois la foule tonifiée, ce fut Stéphane Poirier, humoriste similaire à Sugar Sammy et à Guillaume Wagner, qui s’empara de la scène, abordant des sujets courants et utilisant efficacement des repères locaux, comme l’Aldo du Carrefour du Nord ou encore le Vieux-Shack…

 

Sugar Sammy, charmant, fut chaudement applaudi et il joua bien son rôle de teigne assumée, petits sourires en coin et humour près du racisme. Dans son spectacle En Français SVP!, le Montréalais aux origines indiennes taquine énormément les souverainistes, exploite les thématiques sexuelles et critique la culture populaire des Québécois. L’aspect cru et direct des blagues de Sammy chamboule les spectateurs, qui ne savent plus s’il faut être choqué ou rire aux éclats. Sammy, précisant souvent « ce sera pire plus tard », et s’amusant lui-même de ses propos, semble maître de l’effet ambivalent qu’il produit.

 

Fait notable : l’improvisation et l’interaction avec le public marquent efficacement la deuxième partie du spectacle. Ce stratagème fait que, d’une ville à l’autre, le spectacle reste aussi intéressant pour les admirateurs qui désirent y assister plus d’une fois.

 

Assurément, Sugar Sammy, qui n’est pas laid du tout, vous fera sortir de votre zone de confort, tout en vous faisant rire aux éclats.

 

Remerciements à En Scène, partenaire actif dans la formation continue des étudiants et des étudiantes en Journalisme et communications.

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François Bellefeuille : du plaisir furieux


 

Par Chloé Desrosiers Champoux

 

Ancien pratiquant de la médecine vétérinaire, François Bellefeuille a été le grand gagnant du Concours de la relève en humour de l’Abitibi 2010 et il a aussi remporté le prix de Révélation de l’année du Festival juste pour rire en 2010[1]. C’est en février 2014 qu’il lance son premier one-man-show qui, sans hésitation, est un vif succès. Le public n’a d’autre choix que de se convertir dans le personnage de cet homme frustré qui, à vue d’œil, n’a pas les mots dans sa poche.

 

Le personnage que Bellefeuille incarne dans son spectacle est celui d’un agressif qui s’indigne sans arrêt sur divers sujets. Au menu du jour : les BIXI, les livres d’enfants, la séduction… Surtout pour un public averti : il faut être capable de voir le côté absurde de cet humoriste pour apprécier pleinement le spectacle.

En effet, ayant tendance à s’attarder sur des sujets qui semblent au départ banals, Bellefeuille, avec rage, amène l’auditoire au plus profond de ceux-ci. C’est lorsqu’il se met à crier et à jurer que le public s’esclaffe et qu’il donne à Bellefeuille la rétroaction attendue.

De plus, le farceur ne se gêne pas pour répliquer au public quand les spectateurs tentent d’interagir avec lui. L’humoriste, du début jusqu’à la fin de la représentation, incarne son personnage de grincheux à la perfection. Le spectacle, qui ne possède aucun entracte, entraîne l’auditoire durant 1 heure et demie à travers des fous rires incontrôlables.

 

Teinte d’un ancien métier

 

Ancien pratiquant de la médecine vétérinaire, François Bellefeuille ne néglige pas le côté animal durant son spectacle.

En effet, les sujets qu’il aborde dans ses gags sont parfois directement en lien avec une espèce animale ou ils en sont teintés.

De plus, il semble que les blagues où il évoque la présence d’animaux soient davantage réussies et que ce soient celles qui font rire majoritairement le public. Cet aspect technique du spectacle est très réfléchi de la part de Bellefeuille et il s’avère bien maîtrisé.

 

Un nom à retenir

 

Pierre-Luc Pomerleau, humoriste de la relève et comédien dans l’émission Les Jokers, s’est occupé de réchauffer les planches en tant que première partie du spectacle.

Sans égard à la petite durée de sa prestation, il a bien rempli son mandat, étant nettement enflammé sur scène.

Les sujets choisis par l’espiègle personnage (les flatulences, les amis qui ont des enfants, etc.) étaient judicieux et ils ont préparé adéquatement le public.

Un avenir prometteur pour ce jeune homme qui entame la trentaine et qui imite, de manière tout simplement exquise, Bellefeuille et Houde, deux humoristes désormais bien connus.

 

Remerciements à En Scène, partenaire actif dans la formation continue des étudiants et des étudiantes en Journalisme et communications.

[1] Wikipédia. François Bellefeuille, http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Bellefeuille, (consulté le 21 septembre 2014)

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Une autre saison qui promet


Par Frédéric Hevey

Le 20 mai dernier, à la salle André-Prévost de Saint-Jérôme, plus de 600 personnes ont assisté au lancement de la 26e saison d’En Scène. Il s’agit d’une riche programmation 2014-2015.

Animé par la directrice générale, Gaétane Léveillé, et par son directeur de la programmation, David Laferrière, ce dévoilement s’est avéré fort prometteur, en raison de la diversité des spectacles de la saison à venir.

Plusieurs artistes étaient présents à cette soirée festive : certains ont offert une prestation de leur futur spectacle, et ce, au grand bonheur du public. Le coup de cœur de la soirée a été sans contredit la courte prestation de la chorale Jeune de Choeur, créée par Michel Leroux et dirigée par la chef d’orchestre Brigitte Poupart. L’univers théâtral unique de cette pièce musicale touchante et intemporelle unissait la voix de personnes âgées, sous la musicalité d’artistes contemporains comme Arianne Moffatt, Pierre Lapointe, Les Trois Accords… Un contraste étonnant, empreint d’une grande dignité, à inscrire absolument sur votre liste des spectacles à voir.

Au total, plus d’une centaine de spectacles seront présentés, répartis en sept séries thématiques. La nouvelle saison débutera le 19 septembre 2014 avec l’humoriste François Bellefeuille et se terminera le 18 avril 2015 par le spectacle populaire des Ladies Night.

Un petit coup d’oeil

On aura droit à plus de 25 spectacles d’humour et de variétés, dont les grosses pointures comme Louis-José Houde, Philippe Bond, Lise Dion, Sugar Sammy, Mike Ward, Laurent Paquin, Mario Jean, Jean-Marc Parent, sans les nommer tous.

Le volet chanson sera également riche en émotions avec un total de 21 prestations. Une brochette d’artistes comme Les Sœurs Boulay, Valérie Carpentier, Louis-Jean Cormier, Bobby Bazini, Brigitte Boisjoli, Mario St-Amand, et Michel Rivard fouleront, entre autres, les planches d’En Scène.

La section thématique musique et conte présentera également un répertoire de grande qualité, soit sept spectacles, dont ceux de Fred Pellerin, d’Angèle Dubeau et La Pietà, et celui du grand concert de Noël avec le ténor Marc Hervieux, qui s’intitule La Sinfonia de Lanaudière.

Au terme de la série découverte, cinq spectacles seront à l’affiche, dont le musicien Alexandre Poulin, qui a su charmer le public grâce à sa prestation originale et humoristique lors du lancement.

Côté cour et côté jardin, les admirateurs de théâtre seront comblés par sept pièces au total, dont la pièce culte Les voisins, et la pièce Le Diner de Cons, inspirée du populaire film français.

Les promoteurs d’En Scène n’ont pas oublié les touts petits avec la présentation de cinq spectacles d’animations dans la catégorie jeune public comme Ô lit !, Alice au pays des merveilles ou Les aventures fantastiques de Flonflon, gagnant du Prix Opus jeune public en 2012. Finalement, dans le cadre de la programmation scolaire, la thématique L’aventure scolaire proposera plusieurs représentations théâtrales pour les élèves du primaire et du secondaire.

Toutes les informations sur la programmation seront disponibles sur le site Internet : www.enscene.ca. Les billets seront en vente à partir du 11 juin pour les abonnés et à partir du 14 juin pour les non-abonnés.

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Les Cowboys Fringants apportent un vent festif


Les Cowboys Fringants ont éveillé la corde festive du public lors de leur spectacle, présenté par En Scène à Saint-Jérôme, le 18 avril dernier. Dès la première note, les fans se sont rués au-devant de la scène de la salle André-Prévost pour danser et chanter aux rythmes enivrants de la musique du groupe. Karl Tremblay, Jean-François Pauzé, Marie-Annick  Lépine et Jérome Dupras, ont interprété avec un brin d’humour des chansons de leur nouvel album Que du vent ainsi que leurs grands classiques.

Cœurs d’enfants

...

Singe et boxeur se côtoyaient sur la scène, et chaque membre du groupe prenait part à la fête. Entre deux chansons, Karl Tremblay s’amusait à faire tenir le pied du micro sur son menton. Jean-François Pauzé a diverti le public par des numéros de magie aussi piètres que comiques.  Tels des enfants,  ils ont joué à la corde à danser avec un fil de micro ainsi qu’à cache-cache.

Pour alimenter leurs cœurs d’enfants, les membres du groupe ont été dans la foule pour offrir un moment mémorable à plusieurs enfants qui ont été « choristes » et  « bassistes », au grand plaisir du public.

Les jeux de lumières amplifiaient l’ambiance festive et l’énergie du groupe : « feux d’artifices » aux couleurs du drapeau du Québec, boules disco. Des lumières verticales puissantes teintées or illuminaient l’âme du public, et des blancs éblouissants renvoyaient au public l’émotion finale de chansons qui portaient à réflexion.

La symbiose d’humour et de musique planant dans la salle donnait une saveur de « théâtre d’été » à la soirée, un terme que Karl Tremblay a très bien utilisé pour qualifier leur prestation. Bien que la légèreté de l’ambiance était de mise, le groupe a gardé sa signature engagée par la profondeur des sujets de ses chansons dont Plus Rien et Shooter. Les textes et les mélodies resteront longtemps gravés dans la mémoire des Québécois.

Les auteures, Isabelle Neveu et Charlie Bourdeau, sont étudiantes en Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

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Les Muses orphelines : lorsque les murs éclatent


La pièce Les Muses orphelines était de passage à la Salle André-Prévost de Saint-Jérôme dans le cadre de la programmation d’En scène le 27 avril dernier. L’œuvre dramatique empreinte d’humanité souligne à quel point la présence parentale nourrit le sain développement de l’enfant.

Mise en scène par Martine Bouchard, cette production était la 120e depuis sa création en 1988. Jouée partout dans le monde, la pièce de Michel Marc Bouchard reste immanquablement actuelle.

Saint-Ludger, Québec, 1965. « Le cul du cul-de-sac », comme se plaît à l’appeler Luc. Luc, joué par Maxime Denommée, est un des quatre enfants de la famille Tanguay abandonnés il y a vingt ans par leurs deux parents.

L’action se déroule dans la salle de séjour familiale inchangée depuis le départ de leur mère, qui met en évidence que le temps s’est arrêté lorsque les parents ont quitté le nid familial.

Situation impossible de nos jours, la pièce est pourtant le drame bien vivant de la famille orpheline. L’histoire tourne autour d’Isabelle, déficiente intellectuelle, la cadette de 27 ans, jouée par Léane Labrèche-Dor, qui s’organise pour réunir ses frères et sœurs dans la maison familiale pour leur annoncer le prétendu retour de leur mère.

Quatre pôles s’affrontent alors. Tous se rappellent de leurs parents, mais chacun différemment. Affrontement après affrontement, les personnages dressent un portrait de plus en plus fidèle de leur mère.

On découvre alors la souffrance qui habite chacun des personnages, et comment celle-ci les habille. De la robe vieillie, à la robe espagnole, à l’uniforme militaire, l’absence parentale a été implacable pour ces adultes restés enfants.

Désir d’émancipation, de délivrance, le décor déstabilisant, les personnages marginaux, tout éclate pour laisser partir les vieux souvenirs douloureux. Le texte est profond, mais parsemé de répliques spontanées qui font rire et sourire.

Une pièce à voir pour se reconnaître un peu dans ses drames d’enfance, mais aussi pour en rire un peu, alors que le tout reste un brassage de souvenirs en famille.

L’auteure, Alisson Lévesque, est étudiante en Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

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L’existoire, une incursion avec Richard Desjardins


Assister au spectacle L’existoire de Richard Desjardins, c’est un peu lui confier notre cœur et notre tête, le temps d’une soirée. C’est s’abandonner complètement à sa musique et à sa prose enivrante, qui s’emparent de nous dès les premières notes et nous relâchent émerveillés bien après la fin du spectacle. Présenté par En Scène, à Saint-Jérôme, le 13 avril, Richard Desjardins nous offre presque intégralement son dernier album.

Il alterne sans cesse entre les deux styles musicaux qui ont fait son nom. Ses chansons d’amour douces et lentes, d’une grande beauté, sont envoûtantes. Tandis que les morceaux purement country au rythme rapide offrent des paroles provocantes et parfois cabotines. Desjardins, d’un naturel si désarmant, guide son audience si bien, que ces changements de style se font tout en douceur.

Le poète est accompagné de cinq excellents musiciens, qui impressionnent par leur polyvalence. En effet, à eux six, le groupe joue d’une vingtaine d’instruments, donnant ainsi une superbe variété musicale au spectacle.

Un artiste toujours engagé

À 65 ans, Richard Desjardins fascine par ses talents de pianistes, et par son esprit plus aiguisé que jamais. Il ouvre son spectacle avec une discussion d’une quinzaine de minutes, où il ne se gêne pas pour lancer de véritables attaques contre le gouvernement conservateur de Stephen Harper. Il pourfend ses politiques dévastatrices sur l’environnement. Il invite aussi les gens à soutenir Action Boréale, un groupe qui milite pour assurer la survie de la forêt boréale. Plus tard dans le spectacle, il lance d’autres pointes franchement provocatrices à l’égard des religions.

Richard Desjardins termine en beauté lors de son rappel. Il offre à l’audience trois de ses plus grands classiques : Tu m’aimes-tu?, Jenny et Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours. Le moins qu’on puisse dire de l’existoire, c’est qu’il est bouleversant, frappant et reposant, tout à la fois.

L’auteur, Étienne Lagueux-Barthe, est étudiant en Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

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Louis-José Houde, Les heures verticales


Après la première partie bien accueillie de François Bellefeuille, l’arrivée de Louis-José Houde prouve que le succès de l’humoriste n’est pas prêt de diminuer. Des applaudissements qui s’éternisent, des cris d’encouragements et des pouces en l’air… le public de la salle André-Prévost à Saint-Jérôme est définitivement prêt à passer une excellente soirée, présentée par En Scène, le 29 mars 2013.

Louis-José Houde

Effectivement, le public n’est pas déçu. Comme à l’habitude, les fous rires sont au rendez-vous, alors que Louis-José Houde présente son tout nouveau spectacle Les heures verticales. Sans introduction ni préambule, l’humoriste se jette dans son monologue et offre un spectacle plus qu’appréciable.

Fidèle à son habitude, Louis-José Houde étourdit la foule. Il déblatère toutes sortes d’histoires sur son enfance, à une vitesse quasi surhumaine. Pour le plus grand plaisir de son auditoire, il se transforme en un véritable moulin à paroles ultra-rapide! Il nourrit aussi une interaction rafraîchissante avec son public. Tantôt en prenant le temps de rire avec l’assistance de sa propre gestuelle exagérée, tantôt en interpellant directement certains de ses plus grands admirateurs.

Le spectacle sans entracte se transforme rapidement en une source de douleur incontrôlable à l’abdomen. Douleur qui, vous vous en doutez, se propage également au niveau du visage; plus particulièrement dans les joues. Peut-on vraiment s’en plaindre? Le bénéfice est double : on passe une excellente soirée, et on bénéficie d’une séance de musculation des abdominaux. Que demander de plus?

Toutefois, le jeune public pourrait moins apprécier Les heures verticales pour les références sur les débuts de l’internet, les premiers téléphones cellulaires, ou les enregistrements de musique sur une cassette. Si, pour plusieurs, toutes ces choses restent associées à leur enfance, qu’en est-il de ceux et celles qui n’ont connu ni les vidéocassettes, ni les fameux walk-man? Peuvent-ils vraiment apprécier ces références?

Il reste que les nouveaux gags sont réussis, bien enchaînés, et nous rappellent à tous que les familles québécoises sont extrêmement semblables dans leurs habitudes et leurs routines. Difficile de ne pas reconnaître un de nos proches – ou de se reconnaître – dans les multiples portraits, un peu clichés sans doute, mais ô combien réels, qu’il dresse au fil de ses anecdotes.

Une chose est sûre, c’est que Louis-José Houde n’a pas terminé de gagner en popularité!

 

L’auteure, Véronique Ouellet, est étudiante en Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

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Les conjoints, une pièce simple et efficace


En Scène présentait la comédie Les conjoints, le samedi le 6 avril, à la salle André-Prévost à Saint-Jérôme. Écrite par l’auteur français Éric Assous et adaptée par Michel Tremblay, la pièce dévoile, au cours d’un souper entre deux couples d’amis, les secrets de ces derniers.

Dans une mise en scène de Michel-Maxime Legault, les comédiens Anne Casabonne (La galère) et Alexandre Goyette (C.A.) donnent la réplique à René Gagnon et Myriam Poirier.

Dès les premières répliques, Maud, interprétée par Anne Casabonne, désapprouve franchement le choix de la nouvelle amoureuse de Bob, qu’elle qualifie de « pitoune ». Son conjoint, Olivier (Alexandre Goyette), tente de calmer le jeu, en prenant discrètement la défense de son ami. La soirée est entrecoupée de flashbacks qui révèlent la nature de la relation entre les personnages.

Toujours drôle et juste grâce à sa gestuelle qu’on lui connaît, Anne Casabonne est celle qui brille le plus dans cette pièce. C’est elle qui donne le ton. Quant à Alexandre Goyette, il incarne très bien le gars « mou » qui se range derrière sa femme pour éviter les confrontations, même si parfois son jeu sonne faux. Tandis que Bob, le personnage de René Gagnon, glisse quelquefois dans le cliché. En dépit de ces réserves, les spectateurs ont apprécié, à en croire les nombreux éclats de rire.

Somme toute, Les conjoints est sans contredits une pièce drôle, simple et efficace.

L’auteure, Sofia Tomei, est étudiante en Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

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Le treizième étage de Louis-Jean Cormier


Après quatre chansons : Cassette, Bull’s Eye, Transitor et J’haïs Les Happy Ends, les fans de Louis-Jean Cormier croyaient qu’il allait défiler dans l’ordre les chansons de son premier album solo, Treizième étage, sorti en septembre dernier. Mais c’était mal connaître le grand gaillard à la barbe noire qui a promis aux gens rassemblés, pour son spectacle diffusé à Saint-Jérôme par En Scène, de leur offrir une soirée inoubliable.

« Je vous souhaite ni plus ni moins la soirée de votre vie », a lancé l’auteur-compositeur-interprète en début de prestation. Un peu ambitieux ? Pas du tout, on a passé un très bon moment avec LJC et  le groupe qu’il a adopté depuis que Karkwa est en pause.

Louis-Jean Cormier, accompagné de ses talentueux musiciens Marc-André Larocque à la batterie; Simon Pedneault à la guitare; Guillaume Chartrain à la basse et Adèle Trottier-Rivard à la voix et aux percussions a offert un spectacle à la  fois énergique et d’une douceur tangible. Les chansons rock résonnaient, alors que les moments intimistes donnaient des frissons.

« Bienvenue dans la partie plus tendresse, sentimentale, frissonnante avec des chuchotements et des gazouillis de bouteilles d’eau », blague l’artiste avant de pousser quelques pièces acoustiques. Seul à la guitare, en duo avec Adèle Trottier-Rivard ensuite avec tous les membres du groupe, l’auteur-compositeur-interprète assume ainsi son désir que tous les concerts de musique, comportent des moments intimistes.

Commençant avec une pièce composée pour l’émission Les Voix Humaines, forte en émotions, la salle Antony-Lessard a été plongée dans un silence rare. Durant près de 3 minutes, aucun bruit ne s’est fait entendre par la foule pendue à ses lèvres comme les larmes aux yeux de certains spectateurs.  Un moment fort apprécié des spectateurs déjà vendus à l’avance au talent de ce musicien qui leur propose un univers qui leur ressemble. Ses textes magnifiques sont mis à l’honneur, alors que l’on perd parfois le fil des mots quand les guitares se déchainent.

Si le spectacle se dessine autour de son album, Louis-Jean-Cormier prend le temps de parler au public. Avec humour, il nous raconte un mauvais rêve, portant sur le côté en anglais d’une boîte de biscuits, devenant un prétexte, pour défendre en riant la langue française. Un pur délice !

Aucun doute, Louis-Jean Cormier fait partie des grands artistes québécois.

 

L’auteure, Anne-Charlotte D. Lopez, est étudiante en Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

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Éric Bernier grandiose dans la comédie noire Vigile (ou le veilleur)


La comédie noire Vigile (ou le veilleur), présentée à Saint-Jérôme par En Scène, et mise en scène par Martin Faucher, nous transporte chez la vieille tante mourante et alitée de Kemp, un jeune adulte complètement désadapté socialement.

Par ses propos scandaleux, Kemp laisse savoir qu’il attend la mort de sa tante avec impatience : « Je m’inquiète pour ta santé dernièrement, on dirait qu’elle va mieux… » Ou encore : « Pourquoi tu te maquilles? Pourquoi tu laisses pas le croque-mort s’en occuper? » Ou bien : « Si tu meurs pas ben vite… J’pense que ça va me tuer! »

Les paroles choquantes, les tentatives loufoques de Kemp pour hâter la mort de sa tante sont troublantes, mais le personnage lui-même reste pathétique, ce qui rend cette comédie noire plus légère et drôle.

Morris Panych, l’auteur de cette pièce de théâtre anglaise, jouée pour la première fois en français au Québec, utilise avec justesse la comédie afin de témoigner d’enjeux sociaux et humains importants. L’histoire se déroule sur une année. Un an d’attente que la mort frappe. Peu à peu, Kemp s’ouvrira à sa tante, et se révélera à lui-même, en parlant de sa jeunesse compliquée.

En fait, Kemp, travaille dans une banque, n’a pas d’amis, pas de famille, pas d’amoureuse, rien. Il nous apparaît comme un être solitaire avec sa propre philosophie de vie : « les humains sont tous des cons ». Il méprise les gens, à cause d’un manque d’amour de ses parents lorsqu’il était jeune. Les enfants qui jouent dans la rue, que l’on ne fait qu’entendre, sont pour lui complètement répugnants et stupides.

Éric Bernier, qui interprète Kemp, est simplement grandiose dans son personnage.  Durant 1h30, celui-ci s’adresse au public, à lui-même, à sa tante Grace (Andrée Lachapelle), dans un monologue plus que bien écrit, où ses sentiments sont interprétés avec justesse. Il nous entraine dans une foule d’émotions: colère, compassion, pitié, délire et amertume.

Le texte rend des thèmes aussi fondamentaux que la mort, la vie, la vieillesse et la solitude, sur une note d’humour grinçant. Malgré les thèmes durs, ce spectacle sait plaire à un public partagé : ados, adultes, et ainés sauront s’y reconnaître. À voir et revoir!

L’auteure, Karolanne C.Bérubé, est étudiante en Journalisme et communications au Cégep de Saint-Jérôme.

Cette critique est le fruit d’une collaboration entre En Scène et le profil Journalisme et communications du Cégep de Saint-Jérôme.

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