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Le « Fuck Boy » ne serait-il pas en fait un « Faux Boy » ?


Qui peut se vanter de ne s’être jamais exclamé en apercevant un jeune homme déambuler dans la cafétéria du cégep casquette au vent, regard de renard en recherche de poules à dévorer, pantalons roulés et troués, cheveux et barbe parfaitement taillés, un sourire d’annonce de Crest : « Oh mon dieu, c’est un ​Fuck Boy! » 

Ce qualificatif peu flatteur signifie, dans le jargon des jeunes gens, « un homme qui a des relations sexuelles avec plusieurs femmes sans toutefois informer celles-ci qu’il ne souhaite que du sexe ». Avec une sexualité active vient aussi un style vestimentaire particulièrement influencé par les chanteurs et acteurs en vogue de notre génération.

Femmes, sexe, argent, jeunesse… Un grand classique du rêve américain qu’idolâtrent les mâles pubères qui souhaitent ardemment entrer dans un moule : « Dès l’enfance, les garçons autant que les filles se font inculquer des stéréotypes selon lesquels ils se doivent d’avoir une libido forte, d’être rude et distant avec les femmes et d’être en situation de pouvoir. Dans le cas où ils seraient doux et sensibles, ils se feraient catégoriser comme étant  » fifs  » ou  » tapettes  » », explique Danielle Bastien, professeure en psychologie au cégep de St-Jérôme. Sa collègue, Édith de la Sablonnière, rajoute que le phénomène de la bigorexie, qui est la dépendance excessive d’un être à l’activité sportive pour développer sa masse musculaire, est en hausse depuis quelques années chez les garçons qui sont obsédés par l’idée de plaire et de ressembler à leurs idoles.

Pourtant, selon un sondage effectué par ma propre personne sur 20 étudiants du cégep de St-Jérôme, garçons et filles confondus, être un Fuck Boy n’est pas très reluisant. En effet, les filles les qualifient de nuisances humaines qui dénigrent, utilisent et détruisent les femmes.

« Ils pensent qu’un trou c’t’un trou, sans se préoccuper de la personne », dit une étudiante de 18 ans.

Les garçons légèrement envieux, de leur côté, reconnaissent que ce n’est pas quelque chose de très glorieux, mais que c’est une sorte de statut.

Malgré tout, les garçons, en voyant leurs idoles encerclés de jeunes femmes aux seins et fesses rebondissants, se disent que c’est ce qu’ils doivent faire aussi, ce qu’ils doivent être, pour ne pas être rejetés de leurs pairs et faire partie de ce club malsain d’hommes qui contrent leur nature pour se mouler à celle qui leur est imposée par la société. Dans ce cas, ceux que l’on considère comme Fuck Boy ne seraient que les Faux Boys qui tentent à tout prix de ressembler à ceux qui plairaient selon eux.

Et si, pour changer, on oubliait les stéréotypes ? Et si on voyait quelqu’un comme étant seulement quelqu’un et pas un « nerd », un « douche bag », un « fuck boy », mais juste un humain ? Parce que ce n’est pas parce qu’il ne va pas au Sherman et qu’il ne s’entraîne pas qu’il n’est pas un véritable ​Fuck Boy.

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Sugar Sammy, l’art de l’ambiguïté émotive !


 

Par Camille de la Sablonnière & Élisabeth Richer

 

Contrairement à la plupart des humoristes qui commencent leur carrière au Québec et qui se produisent sur la scène internationale, Sugar Sammy, de son vrai nom Sumir Khullar, amorce sa fructueuse carrière en Inde, et il se retrouve très vite sous les projecteurs des scènes aux quatre coins du monde.

 

Étant né à Montréal et ayant un coup de cœur pour le public québécois qu’il aime bien taquiner, Sammy décide de faire profiter la province de son humour sans ménagement. L’artiste reçoit le prix « Humoriste de l’année » deux années consécutives lors du gala Les Oliver. Son amour pour les Québécois semble donc assez réciproque.

 

Le samedi 18 octobre dernier, Sugar Sammy a produit, à la salle André Prévost de Saint-Jérôme, son spectacle En français SVP!, par ailleurs primé « Spectacle de l’année ».

 

Le DJ Keith Dean a préparé la foule bien avant le spectacle principal. Quelques-uns des grands succès des années 80-90 ont ainsi ciblé le public envisagé, bien que des gens de tous âges soient présents dans la salle.

 

Une fois la foule tonifiée, ce fut Stéphane Poirier, humoriste similaire à Sugar Sammy et à Guillaume Wagner, qui s’empara de la scène, abordant des sujets courants et utilisant efficacement des repères locaux, comme l’Aldo du Carrefour du Nord ou encore le Vieux-Shack…

 

Sugar Sammy, charmant, fut chaudement applaudi et il joua bien son rôle de teigne assumée, petits sourires en coin et humour près du racisme. Dans son spectacle En Français SVP!, le Montréalais aux origines indiennes taquine énormément les souverainistes, exploite les thématiques sexuelles et critique la culture populaire des Québécois. L’aspect cru et direct des blagues de Sammy chamboule les spectateurs, qui ne savent plus s’il faut être choqué ou rire aux éclats. Sammy, précisant souvent « ce sera pire plus tard », et s’amusant lui-même de ses propos, semble maître de l’effet ambivalent qu’il produit.

 

Fait notable : l’improvisation et l’interaction avec le public marquent efficacement la deuxième partie du spectacle. Ce stratagème fait que, d’une ville à l’autre, le spectacle reste aussi intéressant pour les admirateurs qui désirent y assister plus d’une fois.

 

Assurément, Sugar Sammy, qui n’est pas laid du tout, vous fera sortir de votre zone de confort, tout en vous faisant rire aux éclats.

 

Remerciements à En Scène, partenaire actif dans la formation continue des étudiants et des étudiantes en Journalisme et communications.

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Avant que la musique n’agonise…


photo : http://www.thebugleboy.org/interviews/

Réalisé en 2006 par Andrew Shapter¹, Before the music dies est un documentaire engagé qui traite de plusieurs aspects néfastes que subit l’industrie de la musique. Bien que la musique et les informations présentes dans le film soient consacrées à l’industrie américaine, les propos illustrés se rapportent très bien à notre situation au Canada.

Ce documentaire est un hommage au frère d’Andrew, John Shapter, qui est décédé peu de temps avant que l’idée du film ne voie le jour. Malgré que ce soit son premier film, la recherche d’archives est vraiment très intéressante. Il y a beaucoup d’extraits vidéo de musique, mais ce qui caractérise davantage le documentaire, ce sont les nombreux artistes qui interviennent tout au long du documentaire. On y retrouve des gens comme Éric Clapton, Bonnie Raitt, Dave Matthews, Elvis Costello et plusieurs autres. De plus, on peut voir beaucoup de journalistes culturels, des fans de musique d’un peu partout aux États-Unis et des directeurs de studio de musique qui donnent leur opinion sur le sujet.

Ce documentaire se penche sur trois grands enjeux du domaine de la musique: l’apparence des artistes, la concentration de la diffusion des produits musicaux et le piratage. Les jeunes forment une large part du public et ils accordent beaucoup d’importance à l’apparence physique : « Stevie Wonder et Ray Charles n’auraient pas de succès aujourd’hui », affirme le saxophoniste Branford Marsalis. «  Si tu n’es pas 100% magnifique, je ne crois pas que tu puisses avoir une carrière dans ce domaine », souligne la chanteuse Bonnie Raitt. Une partie très intéressante du documentaire est lorsqu’on se retrouve en studio avec une jeune artiste américaine. Évidemment, elle est très belle, mais quand elle se met à chanter, on comprend pourquoi elle paraît si bien… Et là, on voit les monteurs en studio à l’œuvre pour ajuster sa voix et la rendre parfaite. Bien qu’on sache tous que les chanteuses chouchous de cette nouvelle génération sont parfois moins talentueuses que « les vieux de la vieille », qui avaient réussi parce que le premier critère de sélection était de bien chanter, en avoir la confirmation nous soulage.

Ensuite, le narrateur nous présente la plus grande multinationale américaine, Clear Channel Communications. Cette compagnie gère la majorité des chaines de radio aux États-Unis, au même titre qu’Astral Radio au Canada. C’est donc pour cela que ce sont les mêmes chansons qui tournent en boucle sur toutes les chaînes. Les postes de radios commerciales n’ont malheureusement pas la possibilité de faire entendre ce qu’ils veulent. Ils ont des listes de musique bien précise à faire jouer afin de garder leurs auditeurs en tout temps. « La musique peut sauver les gens, mais pas de la façon commerciale qu’elle est utilisée. C’est simplement trop. C’est de la pollution », souligne Bob Dylan.

Pour ajouter à cette situation difficile, il y a également le piratage de la musique. Des sites de téléchargement illégaux comme Napster sont mentionnés. Ce phénomène de piratage transforme à jamais l’entreprise musicale.  « Le jour où l’entreprise de la musique a changé, un de mes bons amis de BMJ music m’a dit :  » L’entreprise musicale est terminée. Laisse-moi te montrer quelque chose.  » Il a tapé www.naptser.com et il m’a dit de choisir une chanson et 2 minutes plus tard, elle était téléchargée puis il m’a dit :  » Ça y est, c’est fini  » », affirme Justin Goldberg, directeur de label.

Les nombreux extraits musicaux m’ont beaucoup rejoint, car j’ai trouvé que cela venait alléger le documentaire qui est assez dense en renseignements. Par contre, la conclusion du documentaire reste sans aucun doute mon moment préféré. L’ancienne génération de musiciens donne de judicieux conseils à la nouvelle génération d’artistes. « Il faut être différent des autres, affirme Bonnie Raitt, moi, j’ai eu un grand succès, car j’étais une des rares femmes de mon temps à jouer de la guitare. » La majorité approuve qu’il faut aimer ce que l’ont fait et être passionné pour réussir et c’est là la vraie richesse. « C’est aux fans à faire en sorte que la musique ne meure jamais…», conclu Andrew Shapter.

Mais les diffuseurs nous laisseront-ils faire nos propres choix? Nous savons que l’empire musical n’est pas à son meilleur, de plus les points abordés dans le documentaire sont, à la limite, choquants, car nous nous rendons compte que nous sommes victimes des médias. Nous n’écoutons plus la musique parce que nous l’aimons, mais parce qu’ils ont décidés que c’était ce que nous allions écouter et aimer.

Bref, un documentaire intelligent et authentique à voir pour tous les fans de vraie musique. Le seul inconvénient est que le documentaire n’est pas sous-titré, donc  la compréhension est un peu plus ardue pour ceux et celles qui ne sont pas bilingues.

Il est un peu difficile de trouver ce documentaire, mais vous pouvez écouter les 13 épisodes sur  youtube à l’adresse http://www.youtube.com/watch?v=sPZztrRWjZ8

ou vous pouvez vous le procurer en entier  pour la modique somme de 10 dollars sur  http://store.roadwingsentertainment.com/products/before-the-music-dies-download.

8.5/10

-30-

¹Réalisateur de film, photographe et écrivain américain.

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L’autisme au grand écran!


Attaquant l’un des plus grands tabous de notre société, l’autisme, le réalisateur et scénariste Max Mayer innove dans son film intitulé Adam.  Les deux principaux acteurs, Hugh Dancy et Rose Byrne, sont grandioses dans leur rôle!  Le film, appartenant à la maison de production Fox Searchlight Pictures, en a d’ailleurs bénéficié lors de sa sortie en 2009 et a gagné le prix du meilleur film, au Festival international des jeunes réalisateurs de St-Jean-de-Luz, en France.

L’histoire met en scène un jeune adulte atteint du syndrome d’Asperger (autisme), Adam. À la suite de la mort de son père, celui-ci se retrouve seul dans un immense appartement, dans un éléphantesque monde.  L’arrivée de Beth, sa voisine, changera le cours de son existence.  Se liant d’amitié tout naturellement, les deux protagonistes deviendront bientôt indispensables l’un à l’autre.  Est-ce que cela suffira à faire brûler la flamme éternelle dans le coeur de ces deux jeunes gens?

« Mon livre d’enfant préféré raconte l’histoire d’un petit Prince qui est venu sur Terre. » Cette confidence de Beth, en introduction du film, représente à merveille l’ambiance un peu merveilleuse et étrange du film.  Ce parallèle entre l’oeuvre de Saint-Exupéry et ce long-métrage est des plus éloquents pour décrire l’univers des autistes, portant un regard différent sur la société et étant toujours un peu en marge du conformisme social.

Une chose est certaine, l’histoire et le talent des acteurs, et spécialement celui de Hugh Dancy, dans le rôle principal d’Adam, font battre notre coeur à l’unisson avec le personnage, et ce, du début à la fin du film.  Les larmes et les fous rires se mélangent et parfois même se confondent.  Une histoire pour le moins touchante avec des personnages attachants portant un message à la société moderne, aux autistes et à l’entourage de ceux-ci.  D’ailleurs, j’aurais préféré une morale encore plus crue et un message plus fort et plus évident à l’intention du public, lié davantage à l’autisme plutôt qu’à l’histoire d’amour.  Par chance, le film est assez émouvant et assez percutant pour qu’on puisse retenir quelles lignes de conduite à adopter envers les gens souffrant d’autisme.

Dans le même ordre d’idées, plusieurs éléments du film représentent admirablement la réalité de plusieurs personnes souffrant du syndrome d’Asperger:  Ils ont de la difficulté à interpréter le non-verbal et les jeux de mots, ils n’aiment pas les surprises et le changement, ils ont de la difficulté à socialiser, ils éprouvent de l’anxiété, ils adorent les choses qui tournent et détestent le bruit, ils vivent selon une routine bien établie…  Cependant, il faut avoir un public averti ou alors informé sur le sujet pour apprécier toute la qualité du film.

Malgré tout, cet excellent film nous permet de nous plonger dans la peau d’un autiste.  Plus encore, il nous fait voyager dans son univers et nous familiarise avec les revers de ce syndrome.  Ce film serait d’ailleurs très important dans le cadre d’une campagne de sensibilisation à l’autisme, afin d’informer la population quant à ce trouble envahissant du développement (TED), pour casser les tabous et organiser de l’aide pour intégrer les autistes de tout âge dans notre société.

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17 filles, un étrange pacte d’amitié…


image de: http://www.toutlecine.com/images/film/0030/00305432-17-filles.html

À 17 ans, sommes-nous prêtes à être mère? 17 filles est le premier long-métrage réalisé par les sœurs Delphine et Muriel Coulin, cinéastes françaises. Ce film, abordant le sujet des jeunes mères, est sorti en salle le 14 décembre 2011. La production a été nommée pour la Caméra d’or du Festival de Cannes en 2011 et a remporté le prix Michel-d’Ornano au Festival de Deauville, la même année. Entre la rébellion, la quête de responsabilités, la perte de repères, l’espoir, l’inquiétude et le rêve, les sœurs Coulin nous plongent dans l’univers complexe de jeunes femmes en quête de leur identité.

Dans la petite ville côtière de Lorient, en France, Camille, une adolescente populaire de 17 ans, apprend qu’elle est enceinte. Cet imprévu l’amène à se questionner sur sa vie, sur son avenir. Ne voulant pas avorter, elle trouve une façon surprenante d’affronter sa peur de la maternité : elle propose à ses amies de devenir enceintes à leur tour. Les jeunes femmes, poussées par le désir de « s’émanciper », comme elles le disent si bien et influencées par la meneuse du groupe, acceptent la proposition. « 16 ans d’écart, c’est l’idéal. On sera proche d’eux, on les comprendra. Il n’y aura pas le choc des générations, puis ils seront tous comme frères et sœurs, ce sera comme une grande famille », déclarent naïvement les jeunes filles.

Ce film est inspiré d’un évènement survenu aux États-Unis en 2008. Dans le lycée de Gloucester, au Massachusetts, 17 adolescentes de moins de 17 ans sont enceintes en même temps. La petite ville très catholique de 35 000 habitants est ébranlée. Le directeur du lycée a alors émis l’hypothèse que les jeunes filles avaient conclu un pacte afin de vivre leur grossesse et d’élever leurs enfants en même temps.

Le fait que les réalisatrices se soient inspirées d’évènements réels confère de la crédibilité au film, qui paraît pourtant assez invraisemblable lors du visionnement. Par contre, le thème du malaise de la jeunesse a déjà été vu et revu des dizaines de fois à l’écran. La grossesse chez les jeunes aussi, on n’a qu’à penser aux films Juno, En cloque, mode d’emploi et Clem, ou à des émissions de télévision comme 16 ans et enceinte et la vie secrète d’une ado ordinaire. De plus, Le pacte de grossesse, un téléfilm américain inspiré par le même évènement, a été réalisé en 2010 et une version espagnole, El pacto, en 2009. La seule différence entre les deux longs-métrages est que sept filles tombent enceintes dans la version espagnole et non 17.

Comment autant d’adolescentes ont-elles pu faire un geste aussi lourd de conséquences sans y avoir sérieusement réfléchi? Pourtant, on ne dépeint pas les jeunes femmes comme étant stupides et déséquilibrées, bien au contraire. On nous présente de jeunes filles en quête de responsabilités, qui ne veulent pas devenir malheureuses. Ces futures mères veulent donner le meilleur d’elles-mêmes à leur enfant et croient qu’à 17 ans, c’est le moment idéal pour se lancer dans une vie adulte, qui paraît excitante et séduisante. Ces espoirs se transforment rapidement, sans grand étonnement, en amère déception.

Bien que les images et les couleurs du film soient assez réussies et que les plans de caméras captent bien les émotions des actrices, qui, en passant, jouent assez bien leurs rôles, le film est assez vide. Nous voyons les filles comme un groupe et non pas comme des personnes, nous ne connaissons pas vraiment leur personnalité respective et ce qui les a poussées à faire ce pacte. Ceci rend le visionnement assez long, voire ennuyeux et lorsque nous avons espoir que quelque chose va se passer, il ne reste que cinq minutes avant que le film ne se termine. Nous ne sommes que les spectateurs d’une bande de filles qui rêvent d’une vie meilleure sans se soucier vraiment de tout ce que leur pacte engendrera. J’aurais souhaité voir plus de questionnement, plus de réflexions, ou, à la limite, une explication au fait que 17 filles prennent une décision aussi importante simplement dans le but de faire partie d’un clan. De la façon dont le sujet est présenté, nous avons l’impression que la maternité n’est qu’un divertissement. Il n’y a pas de morale, pas de leçon, seulement quelques adolescentes qui jouent à la maman et qui, finalement, se rendent compte que leur jeu est probablement allé trop loin. Je me demande si les mères qui doivent grandir plus tôt que prévu, celles qui ont la responsabilité d’élever un enfant  alors qu’elles-mêmes n’ont pas atteint la majorité, voient la maternité de manière si simple, si idyllique.

Les sœurs Coulin opposent parfaitement espoir de jeunesse et réalité adulte dans leur premier long-métrage qui, malgré plusieurs points faibles, est loin d’être mauvais. 17 filles est un film léger qui nous transporte dans le monde utopique et confus de l’adolescence : « À 17 ans, non, on n’est pas sérieux, on rêve et on a une énergie de dingue. Personne ne peut rien contre ça, on ne peut rien contre une fille qui rêve », conclut Camille, le personnage principal.

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Hallucinant …


Photo modifiée du site  http://thinkofablueegg.com/2011/11/genius/

Le bonheur et la réussite sont des aspirations bien importantes dans la vie des gens. Certains sont prêts à tout pour y arriver et il n’est plus rare désormais d’apprendre que certaines personnes vont jusqu’à consommer des drogues afin d’atteindre leur but.

Le film Sans limite est un exemple parfait de ce phénomène. Réalisé par Neil Burger, en 2011, et inspiré du roman Champs des ténèbres, d’Alan Glynn, ce long métrage est spectaculaire par plusieurs aspects. Ce film met en scène des acteurs tels que Bradley Cooper et Robert De Niro.

Eddie Morra est un écrivain en panne d’inspiration, complètement fauché et au bord de la déprime. Il rencontre par hasard son ancien beau-frère, revendeur de drogues, qui lui offre une pilule très spéciale censée accroître sa productivité. Cette pilule stimule le cerveau et donne libre accès à la matière grise qui n’est contrôlée qu’à 20% par l’être humain, en temps normal. Eddie comprend rapidement que ses facultés sont décuplées grâce à la drogue, appelée NZT. Il en obtient une importante quantité lors de l’assassinat de son ancien beau-frère, ce qui lui permet de terminer son roman et d’accomplir une multitude de choses, tels que l’apprentissage de nouvelles langues et des mathématiques, et ce, en peu de temps. Il devient sans tarder riche et en demande. Cependant, il découvre qu’il n’est pas le seul à connaître l’existence du NZT et que la drogue a plusieurs effets secondaires néfastes.  Sa vie est complètement bouleversée et changera à jamais.

L’intrigue du film n’est pas grandiose en tant que telle, mais le jeu des acteurs est si juste qu’on en oublie bien vite l’intrigue peu élaborée. Bradley Cooper, qui incarne Eddie Morra, est excellent dans son rôle. La psychologie de son personnage évolue tout au long de l’histoire et il joue avec brio du début à la fin. La complexité de son rôle est liée au fait que son personnage passe par des états assez contradictoires, tels que son vide existentiel avant le NZT et par la suite l’euphorie engendrée par sa carrière prospère grâce à cette drogue. De son côté, Robert De Niro incarne son personnage d’homme d’affaires sombre et puissant à la perfection.

Un aspect très important qui rend le film excellent est l’effet visuel. Dans Sans limite, la drogue permet d’accéder à tout son cerveau et donc d’avoir une meilleure acuité visuelle et auditive, ce que le réalisateur a très bien illustré à l’écran. Lorsque Eddie Morra est sous l’effet du NZT, l’image est d’une netteté impressionnante, tandis que lorsqu’il est sobre, l’éclairage est plus terne, pour rappeler combien sa vie est négative sans drogue. Il y a un beau parallèle entre ce qui est raconté et ce que l’on voit, ce qui facilite la compréhension de l’œuvre cinématographique.

Finalement, l’aspect visuel du film est tout simplement hallucinant, tout comme la drogue présentée dans le film peut l’être. Le réalisateur a bien rendu le sujet principal de son oeuvre, grâce au jeu des acteurs et à la qualité de l’image. Ce film représente pleinement le fait d’utiliser des drogues et des substances illégales afin d’améliorer ses capacités dans le but d’atteindre la réussite. Il est également très représentatif des dommages que cela peut causer dans la vie des gens et, de ce point de vue, il contient une bonne réflexion.

En somme, comme il est de plus en plus facile de se procurer des médicaments, tels que le Ritalin ou le Concerta, pour augmenter sa concentration et que beaucoup d’étudiants s’en servent afin d’améliorer leurs résultats scolaires, ce film reflète bien la problématique de la réussite à tout prix à laquelle  plusieurs jeunes et même des adultes sont confrontés.

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Passive invasion


Le nouveau bouquin de Stephanie Meyer est surprenant,  intriguant, malgré un début légèrement long, installation de l’intrigue oblige.  Après le succès incroyable de Twilight, Meyer continue dans le thème  de l’amour à trois avec une touche bien à elle de fantastique.

Vagabonde est une âme voyageant à travers l’univers. Elle se retrouve sur Terre. Ensuite, elle est  insérée dans le corps de Mélanie, une rebelle qui a tenté de s’échapper.

Vagabonde devra infiltrer les souvenirs de cette dernière, afin de retrouver la trace d’humains en cavale.  L’hôte résistera  et empêchera Vagabonde d’avoir accès à sa mémoire, pour l’empêcher  de retrouver les personnes en fuite, possiblement les derniers humains n’ayant pas en eux une âme étrangère. 

Un combat intérieur se trame au fur et à mesure que les forces de Vagabonde s’amenuisent et que Mélanie tente de reprendre contrôle de son corps. Cependant, un voyage au milieu du désert changera tout!

La lecture de ce roman est facile, malgré un bon 600 pages.  Les personnages sont crédibles et les sentiments que vit le personnage principal sont touchants. Cette fois, Meyer s’adresse moins à la jeunesse.  Tout le monde saura apprécier s’il se laisse emporter par l’histoire. Edward n’a qu’à  bien se tenir, car ce roman pourrait connaître un aussi gros succès, et, qui sait, une suite?

Cette critique est publié dans Mots de tête, la revue de création littéraire, numéro automne 2010.

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