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Mon corps, un livre ouvert?


Par Laurie-Anne Trépanier

Avec l’arrivée des médias a surgi un autre phénomène : le besoin criant d’exprimer notre existence. Certains utiliseront les mots, d’autres marqueront leur peau d’une cicatrice permanente. Tatouages, journal intime, piercings, page web… Y’a-t-il vraiment une manière plus « acceptable » de raconter son histoire?

Le vieux journal intime croule dorénavant sous la poussière. Un compte Facebook, un compte Twitter, un compte Myspace… Un nouvel univers de possibilités afin d’exprimer son identité et son vécu. Quitte à changer ce que la nature à fait de nous, quitte à utiliser son corps comme une feuille de papier.

Reste que dans leur quête d’expression de soi, plusieurs choisiront la solution la plus simple : les médias. En effet, les adolescents, principaux sujets à cette quête d’identité et d’affirmation de soi, sont les plus grands utilisateurs du réseau Facebook, selon Index Web Marketing, estimant qu’ils représentent plus de 80% du temps de connexion totale au réseau de tous les internautes réunis. Les réseaux sociaux sont devenus une véritable mine d’or pour les jeunes qui désirent s’exprimer et comprendre qui ils sont.

Toutefois, certains autres, de plus en plus nombreux, opteront pour des solutions plus définitives : les modifications corporelles. Pour le sociologue français David Le Breton, les marques tégumentaires (tatouages, piercings, scarification, etc.), sont un culte identitaire des sociétés modernes. Il les qualifie de « manière d’écrire dans la chair les moments de l’existence ». Le corps serait donc un livre ouvert. « L’impératif de représentation touche particulièrement les jeunes, et de plein fouet les adolescents, à travers la nécessité de séduire pour exister et de parer son corps », clame d’ailleurs monsieur Le Breton dans son livre Signes d’identité : Tatouages, piercing et autres marques corporelles.

Les empreintes du temps

Dans chaque ride, dans chaque cheveu blanc, une histoire. Alors pourquoi ne pas utiliser la chair comme un moyen de communiquer qui nous sommes? Après tout, aucun code génétique n’est identique. Nous sommes tous à la base des êtres qui se distinguent entre eux. Qu’y a-t-il de si différent entre un tatouage et une ride? Oui, l’un deux n’est pas naturellement formé par le temps, mais si un ride peut être porteur d’un passé chargé en émotion, un tatouage racontant ces même souffrances ne lui est-il pas semblable?

Après avoir été dessiné sur l’épiderme, un tatouage devient une partie d’un individu. Elle devient pour lui un rappel de son vécu, et aux yeux des autres un témoignage que quelque chose d’important a marqué la vie de la personne. Alors cicatrice ou peau marquée au fer, quelle différence?

«Il n’est plus question de se contenter du corps que l’on a, mais d’en modifier les assises pour le compléter ou le rendre conforme à l’idée que l’on s’en fait », explique monsieur Le Breton. Si l’on tient compte ce point de vue, pourquoi alors marginaliser les mods? Peu importe qu’elle soit réalisée pour aider à l’estime de soi, à la santé ou au besoin d’affirmation de soi, une modification corporelle n’est qu’une page de plus noircie d’encre dans un journal intime.

La vie privée dénudée

Puisqu’un tatouage ou un piercing est une façon de raconter son vécu, les modifications corporelles sont-elles une menace pour la vie privée? Certes, un tatouage peut porter en lui  plus d’histoire qu’il ne le paraît, mais « sa signification reste énigmatique [aux yeux des autres], et le lieu plus ou moins accessible au regard dans la vie courante», souligne monsieur Le Breton.Ils sont donc une façon de s’exprimer sans être compris des autres.

Alors pourquoi opter pour les modifications corporelles comme moyen d’expression de soi? Parce qu’elles sont une marque laissée par la vie sur le corps.Les modifications corporelles sont les plaies du cœur étendues sur l’épiderme. Elles sont pour leur possesseur un rappel de ce qu’il est et de ce qu’il a vécu. Comme le corps, elles s’effriteront, se déformeront, s’effaceront au fil des ans, comme les souvenirs qu’ils représentent, tranquillement dissipés par la mémoire qui fuit et par la maturité qui fait grandir.

Les modifications corporelles ne sont donc pas une façon de se mettre à nu devant les autres, ils sont une façon pour leur détenteur de se dévoiler à lui-même, afin de l’aider à comprendre qui il est. Quête qu’il aura entreprise à l’adolescence, dans un journal intime ou sur Facebook

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La beauté, un carcan social?


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Le corps parfait…


Vignette de la photo: Beautiful blond girl looking like a superstar posing and lots of photographers. Photographe (Artiste) : NejroN

Nous sommes constamment confrontés à un idéal de beauté. À la télévision, sur Internet, dans les magazines, sur les affiches publicitaires… Partout. Scarlett Johansson nous présente son régime, Herbal Essence nous montre à quel point avoir de beaux cheveux est important dans nos vies et le magazine Elle explique comment se faire une beauté.

Personne n’y échappe! Les femmes doivent avoir une taille de guêpe et des seins parfaits, les hommes doivent être musclés et bronzés à souhait. S’ils ne correspondent pas à ces critères, ils deviennent des personnes hors de notre société, marginales.

Tranquillement, notre société de consommation devient de plus en plus superficielle. Elle se transforme doucement en une société dans laquelle les femmes doivent être comme Barbie et les hommes comme un super héros.

Barbie et Superman… Les deux personnages les plus difformes et les moins réalistes possible. Entendons-nous tout de suite : personne ne peut avoir leur physique. Barbie a un cou trop grand, une taille trop petite, les pieds pas assez solides pour soutenir son corps et les seules positions qu’elle peut tenir sont impossibles pour un être humain. C’est la même chose pour Superman : il est grand, il a de gros muscles, son teint est parfait et il peut voler. Et dire que nous les offrons en exemple à nos enfants!

On peut toujours essayer, comme le fait la femme Barbie, Valeria Lukyanova, mais c’est à nos risques et périls. Il suffit de regarder quelques photos de cette femme pour le comprendre : maux de dos et chutes constantes sont à prévoir, sans parler du coût des chirurgies…

Ce n’est pas pareil, dites-vous? Les photos de vedettes des magazines présentent des personnes qui existent vraiment.

Peut-être bien, mais avec Photoshop tout est possible. Récemment MSN a publié une série de photos de vedettes comparant les photos avant et après le passage de Photoshop[1]. Les résultats sont troublants. Plus personne n’a une ride (même Madonna à 54 ans!), certaines vedettes sont placées dans des positions presque irréalisables (par exemple avec les hanches très à gauche et le reste du corps très droit) et tout le monde entre super bien dans son costume de bain…

De quoi partir en dépression. Devant ses photos truquées, toute personne qui accorde la moindre importance à son apparence est découragée rapidement et la confiance en soi diminue à vue d’œil. On se demande:  Comment se fait-il que l’on n’arrive pas à être comme eux, aussi beaux, aussi minces, à l’allure aussi jeune? Pire encore, on tente ces stupides trucs à la noix dictés par des acteurs, comme Daniel Craig et ses musculations spéciales. Et, comme ça ne fonctionne pas, on déprime.

Ces barèmes du corps parfait ne s’appliquent pas que dans le star-system à l’écran, mais aussi dans notre vie quotidienne. On met tout le monde dans le même panier! Peu importe ce que l’on veut faire dans la vie, il faut toujours penser à notre image. Et c’est bien connu, les personnes plus belles, ou plutôt qui correspondent davantage aux critères de notre société, ont beaucoup plus de chance dans la vie que celles qui sont moins parfaites.

Trop de poids? Pas de maquillage? Quelques rides? Il faut vite y remédier avant que la société vous rejette. C’est un principe qui commence très jeune. Très vite, dans les écoles primaires, les jeunes filles perdent confiance en elles parce qu’elles se développent moins vite que les autres ou ont un style différent et se font pointer du doigt.

Les jeunes sont particulièrement sensibles à la publicité et s’identifient beaucoup à leurs vedettes préférées, mais cette idéalisation de l’impossible concerne aussi les adultes qui sont confrontés à ces images depuis toujours et qui finissent par croire qu’elles sont réelles.

Est-ce que les vedettes ont simplement conscience de l’influence qu’elles ont sur les gens et sur leur confiance en eux[2]? Ne vivent-elles pas les mêmes complexes quand elles voient leurs photos retouchées au point de ne pas se reconnaitre? Réalise-t-on vraiment les valeurs que nous véhiculons avec l’idéalisation de telles images?

Ça nous entoure tous les jours. Nous nous y habituons. Nous ne le remarquons même plus, mais ces images jouent toujours un rôle sur notre inconscient, sur notre vision de nous-mêmes…

Le problème n’est pas que les gens accordent trop d’importance à  leur physique. Moi, ça ne me dérange pas si ce que vous voulez faire toute la soirée c’est vous muscler jusqu’à ce que le muscle vous éclate ou si vous vous goinfrez de crème glacée. Nous sommes dans un pays libre. De plus, je dois admettre que c’est autant agaçant d’entendre tout le monde nous dire de perdre du poids et, après, nous dire d’arrêter de penser à notre apparence. Tout le monde a le droit de choisir ce qui est important pour lui. Pitié, laissez-nous tranquilles!

C’est au moment où l’on idéalise des corps qui n’existent pas et que l’on exige de soi et des autres d’être conformes à cette vision du corps parfait que les problèmes commencent…


[1] PORIER Sébastien. « Les stars avec et sans Photoshop » dans MSN, [En ligne], http://divertissement.ca.msn.com/musique/photos/diaporama.aspx?cp-documentid=30540659&ocid=LastSlide&tcid=LastSlide#image=1 . (Page consultée le 11 septembre 2012)

[2] Pour plus d’information, voici un document sur l’influence des médias particulièrement sur les femmes : http://c.jeanmonnet64.free.fr/page/IMG/pdf/influence_des_medias.pdf

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La beauté, gage de réussite?


Qu’est-ce que la beauté ? Qui peut répondre à cette vague et nébuleuse question ?  Qui sommes-nous pour juger de la beauté d’une personne ? Voilà les questions que tous devraient se poser dans une société où les hommes et les femmes sont constamment les cibles de campagnes publicitaires prônant une beauté illusoire.

Auparavant, les femmes étaient la cible fétiche des campagnes publicitaires qui illustraient l’idéal féminin à atteindre. Le nombre de messages publicitaires auxquels les hommes et les femmes sont exposés au cours d’une seule et même journée varie entre 500 et 2000, c’est pourquoi ils sont si facilement influencés par ce qu’ils voient.

Le stéréotype de la belle cheerleader qui encourage une équipe d’un quelconque sport figure sans contredit parmi les grands clichés que la télévision ait vendus aux femmes. Marie-Claude Prud’homme, qui pratique ce sport depuis quelques années, explique que la perception de ce sport a beaucoup évolué, « c’est maintenant un sport d’équipe compétitif au même titre que le basketball ou bien le hockey […] il ne faut pas être belle pour gagner, mais bien être bonne dans notre sport. » Bien que l’image de la cheerleader reste ancrée dans la société, Marie-Claude Prud’homme confie que malgré le fait que l’apparence puisse jouer un rôle dans la réussite, «ce n’est pas la beauté qui fait la personne, c’est sa personnalité. On peut passer à côté de plusieurs bonnes personnes quand on se fit seulement au physique ». Il faut cesser de croire ce que la télévision et la publicité renvoient à la société comme image et simplement croire en la personne que l’on est.

Ces dernières années, les hommes ont également été touchés par les campagnes de publicité mettant en vedette des hommes séduisants au physique parfait. De plus en plus d’hommes cherchent à modifier leur apparence afin de mieux paraître. Andréane Gervais, qui possède un salon d’esthétique, confirme avoir une bonne clientèle masculine. « Depuis quelques années, les hommes prennent davantage soin d’eux », explique-t-elle tout en précisant que les hommes qui ont recours à ses services le font pour eux et afin de se sentir mieux dans leur peau. Il est impossible de dire qui d’entre les hommes et les femmes prennent le plus soin d’eux, mais du côté des hommes, « il y a une forte augmentation », mentionne Andréane Gervais.

Plusieurs personnes croient que la beauté peut avoir une influence sur la réussite professionnelle. Un sociologue français, Jean-François Amadieu, se spécialise dans les relations sociales au travail et étudie les déterminants physiques de la sélection sociale. Ses études tendent à démontrer que l’apparence physique joue un rôle considérable dans la société actuelle. Selon une étude réalisée en 2003[1], à la question  « avez-vous le sentiment que l’apparence personnelle et la façon de se présenter jouent un rôle plus important ou moins important dans la vie professionnelle et le déroulement d’une carrière », 46% de l’échantillon a répondu que l’apparence est beaucoup plus importante. Près de la moitié des personnes ayant répondu à cette enquête croit donc que l’apparence physique est déterminante dans le secteur professionnel. Statistique encore plus importante, 82% des répondants croient que la façon de s’habiller et le look deviennent des critères importants d’embauche lorsque des employeurs doivent faire un choix entre deux personnes ayant les mêmes compétences. Les gens peuvent donc être facilement jugés selon leur apparence. Par ailleurs, dans la recherche effectuée par Jean-François Amadieu, l’apparence physique générale est l’un des principaux critères de discrimination. Les études du sociologue prouvent que les hommes et les femmes sont constamment jugés en fonction de leur paraître, alors que tous devraient être évalués par rapport à leurs compétences.

Bref, la beauté ne devrait pas être un atout qui permette de mieux réussir professionnellement. Personne ne peut définir clairement ce qu’est la beauté, donc aucun individu ne devrait être jugé en raison de son apparence physique.

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Le côté cruel de la beauté


 

« Il faut  combattre l’idée que le physique est la base d’une personne, les jeunes doivent comprendre qu’ils sont plus qu’une enveloppe, qu’ils ont d’autres choses à offrir qu’une belle apparence », explique Annie Moreau, psychologue depuis 1995.

Avant d’être pédopsychologue, elle a été psychologue pour adultes au pénitencier de Drummondville et a travaillé à La Macaza, établissement qui cible les délinquants sexuels et les autochtones en difficultés. Elle s’est ensuite établie à Sainte-Agathe en 2007, où un imprévu changea le cours de sa vie professionnelle. « Je voulais travailler avec des adultes, mais il n’y avait pas d’opportunité d’emploi, donc on m’a offert un poste d’intervenant dans le secteur de l’enfance. Ce n’était pas prévu, je croyais que c’était temporaire, mais j’ai adoré ça. On m’a offert plusieurs autres postes par la suite, mais je les ai tous refusés, j’ai vraiment eu une piqûre pour la pédopsychiatrie », raconte Mme Moreau.

La psychologue traite surtout les problèmes anxieux dans les milieux scolaires ou sociaux, des phobies, des crises suicidaires ou mutilatrices, des problèmes d’agressivité envers les autres et envers l’autorité. La quasi-totalité de ses patients présentent néanmoins le même problème : leur physique est un obstacle dans leur développement personnel. « Presque tous les adolescents que je rencontre sont préoccupés abusivement par leur apparence et par leur poids. Dans la majorité des cas, mes patients manquent de confiance en eux en raison de leur physique », explique-t-elle. Ce manque de confiance peut amener le jeune à développer des problèmes majeurs tels qu’une faible estime de soi, de l’anxiété, de l’anorexie, de la boulimie, une dépression et peut même aller jusqu’à l’incapacité à entretenir une vie sociale adéquate et un refus catégorique d’aller à l’école.

Selon Annie Moreau, les jeunes filles ont généralement plus tendance à se préoccuper de leur apparence que les garçons. En effet, elles se mettent davantage de pression, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il y a sans aucun doute le phénomène d’influence des médias, qui sous-entendent, avec les images qu’ils véhiculent, que les mannequins sont le modèle idéal de beauté à suivre. Peu de femmes atteignent les standards de beauté des vedettes d’Hollywood et des mannequins, ces femmes étant généralement minces, belles et toujours bien habillées. Les adolescentes  se comparent aussi beaucoup entre elles, « les jeunes filles prennent comme modèle les femmes que nous voyons dans les médias, mais souvent, elles se comparent: qui est la plus bronzée, la plus mince, celle qui a les plus beaux traits, les plus beaux cheveux… »

De plus, la psychologue affirme que les adolescentes supportent mal les nombreux changements que subit leur corps, « les jeunes ont tendance à redouter le corps qu’elles auront lorsqu’elles seront des femmes. Elles acceptent mal leurs nouvelles courbes et leur nouvelle apparence physique, elles ne veulent pas devenir adultes », explique-t-elle. Finalement, la société et les valeurs qu’elle véhicule sont aussi une cause majeure du manque de confiance chez les jeunes filles, « la croyance sociale que les femmes sont belles et en santé lorsqu’elles sont minces et que les grosses, quant à elles, sont paresseuses est un phénomène de société qui empêche les jeunes femmes ayant un surplus de poids de s’accepter et de se faire accepter. D’autant plus que ce raisonnement est complètement injuste et non fondé », affirme Mme Moreau.

Certes,  un dédain de son physique diminue la confiance en soi d’une personne, mais cette douleur peut aussi engendrer d’autres problèmes. En effet, l’apparence physique occupe une place prédominante dans notre société et peut déterminer notre appartenance à certains groupes, « Les personnes qui se trouvent belles ont tendance à entretenir des amitiés entre elles. Ce n’est pas nécessairement parce qu’elles sont superficielles, c’est souvent causé par l’appariement social. Ce phénomène porte les individus à se regrouper avec des gens avec lesquels  ils croient avoir des ressemblances. On s’entoure souvent de personnes qui ont les mêmes intérêts que nous, qui viennent de la même classe économique, du même milieu social, qui ont une beauté semblable, bref, qui nous ressemblent  », explique Annie Moreau. Sans en être forcément conscients, nous formons des groupes qui ne font qu’accentuer le sentiment de rejet qu’éprouvent les personnes affligées par leur apparence.

Les jeunes sont préoccupés par leur corps, par les changements qu’il subit. Plusieurs d’entre eux éprouvent des complexes très tôt, avant même l’adolescence. La grande majorité ne peut atteindre les modèles imposés de beauté, qui sont d’ailleurs bien définis. Les jeunes qui sont obsédés par leur apparence physique doivent faire preuve d’un courage exemplaire pour avouer qu’ils ont un problème et pour prendre l’initiative de se faire aider. « Malheureusement, pour les jeunes qui ont des problèmes avec leur apparence physique, il faut tomber au fond pour pouvoir se relever, puisque c’est à ce moment qu’ils osent demander de l’aide. Le reconnaître constitue une étape déterminante, elle signifie vouloir s’améliorer et réapprendre à s’aimer », affirme la psychologue*.

* Annie Moreau tient à préciser que ses propos sont basés sur un échantillon minime de la population qui présente déjà certains problèmes. Ses affirmations ne rendent pas compte de la complexité du sujet et elle incite fortement les gens à se documenter. [1]

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La chirurgie synonyme de bien-être?


Photographe : Joanie Mercier

(Reportage du cahier La jeunesse éternelle à tout prix…)

La chirurgie esthétique est une opération qui est exercée depuis plusieurs décennies. Au cours des années 2000, on se rend compte que cette pratique est de plus en plus populaire : en 2009, elle représente 75% de la totalité des interventions à travers le monde (1)…

Mais d’où vient cette nouvelle popularité qui nous permet de transformer notre corps en quelques coups de bistouri? « Certaines personnes souhaitent atteindre un idéal de beauté qui est véhiculé par les actrices bien faites, toujours à leur avantage », souligne Stefanie, 20 ans, qui va subir une augmentation mammaire dans quelques mois.

« Ça fait longtemps que je désire avoir une augmentation des seins. Je ne me sens pas bien comme je suis. » Pour Stefanie, le plus difficile est d’avoir, encore à son âge, des seins pas plus gros que ceux d’une jeune adolescente. Pour la plupart des femmes voulant subir une chirurgie, cette solution leur permet d’augmenter leur estime de soi.

Pour d’autres, la chirurgie est nécessaire afin de leur permettre d’acquérir une meilleure qualité de vie. « Lorsque j’étais jeune, je suis tombée sur une surface de béton et mon nez s’est enfoncé. Par la suite, j’ai eu des problèmes de respiration pendant 8 ans », raconte Suzy, 19 ans, qui a subi une chirurgie au nez, à l’âge de 18 ans. « C’est certain que mon opération était liée à mes problèmes respiratoires mais aussi à l’esthétique parce que j’avais une bosse sur le nez », poursuit-elle.

« Le plus important c’est de le faire pour soi-même, de ne pas choisir de le faire pour plaire aux autres. C’est notre corps, c’est notre décision », souligne Mimi, 52 ans, qui a subi une augmentation mammaire à l’âge de 45 ans. L’important pour ces trois femmes est d’être bien dans leur peau. Toutefois, elles refusent d’avoir recours à d’autres chirurgies. « C’est certain qu’on a des imperfections, mais je préfère aller faire du sport plutôt que de subir une liposuccion ou une autre chirurgie », indique Stefanie.

Prendre la décision de subir une chirurgie esthétique est un choix très difficile, car on s’aventure sur un terrain inconnu. Heureusement, les trois femmes assurent qu’elles sont très bien informées par les médecins et qu’elles sont suivies tout au long du déroulement de la chirurgie, pour voir si tout est parfait.

Quoi qu’il en soit, ces femmes affirment que la chirurgie esthétique ne devrait pas être une mode, mais bien un moyen que l’on peut utiliser en dernier recours, si l’on doit absolument améliorer une partie de son corps. La chirurgie esthétique ne s’adresse pas à tout le monde et les femmes ne devraient pas en subir seulement pour ressembler à un soi-disant modèle de beauté. Au bout du compte, il faut se sentir belle, en confiance et bien dans sa peau.

(1) http://www.caducee.net/breves/breve.asp?idb=9734&mots=all

 

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Barbie, Botox et bistouris


Photographie : http://search.creativecommons.org/?q=barbie#

(Éditorial du cahier La jeunesse éternelle à tout prix…)

Robes glamours, paillettes et talons aiguilles ne suffisent plus aux vedettes pour dorer leur image. La vague de la chirurgie esthétique a littéralement envahi Hollywood et commence à se faire voir au Québec aussi.

Lors d’évènements d’envergure, comme les Oscars, les chirurgiens sont débordés et les artistes doivent prendre leur rendez-vous des mois à l’avance pour avoir une place. Des centaines de millions sont dépensés pour une soirée seulement[1]. Si vous voulez mon avis, c’est le comble de la superficialité que d’avoir absolument besoin d’un peu de Botox pour se rendre à une soirée.

Avec l’arrivée de la Haute Définition au petit écran, les artistes ne peuvent plus se tourner vers un maquillage exagéré et des fonds de teint qui masquent toutes leurs présumées imperfections. Et non, maintenant avec le HD les téléspectateurs peuvent s’apercevoir qu’il y a deux pouces de maquillage sur le visage de l’acteur, donc  les maquilleurs sont contraints d’en appliquer moins au grand dam des comédiens. La solution de ces gens, pour qui l’image corporelle est capitale, réside dans la chirurgie esthétique. Elle leur permet de rester jeunes et d’être plus satisfaits de leur image.

Le problème? Certaines stars ne peuvent s’empêcher d’aller toujours plus loin en chirurgie et se font refaire toutes les parties de  leur corps, qui est déjà très bien. Elles ont finalement le nez parfait qu’elles voulaient tant avoir et les petites pattes d’oies qui trainaient au coin des yeux ont enfin disparu. Et quelle joie ça leur procure d’avoir le corps exact qu’elles désiraient, mais le résultat est-il vraiment mieux que leur image de départ? Préférez-vous véritablement la nouvelle Nicole Kidman avec de belles lèvres pulpeuses et sans la moindre ride? Je peux vous dire que je préférais l’ancienne. Où est passée la beauté du naturel? Le fait que nous soyons tous uniques, notre diversité, n’est-ce pas ça qui fait toute la beauté du monde? La chirurgie esthétique privilégie un seul moule de beauté que tout le monde semble vouloir suivre. Heidi Montag, vedette de la série The Hills, a même affirmé, après avoir subi de nombreuses opérations esthétiques, que celles-ci avaient gâché sa vie. Elle est une de celles qui tombent dans le panneau et ne sont plus capables de s’arrêter.

Et le Québec, dans tout ça, n’est pas épargné. Vous n’avez qu’à regarder Anne-Marie Losique. Elle est devenue une vraie caricature d’elle-même! Elle est allée si loin dans la chirurgie qu’on peine à la reconnaître. Et vraiment, encore une fois, peut-on dire qu’elle est plus belle qu’avant? Au contraire, elle semble avoir une seule expression dans le visage qui finit par agacer et même faire rigoler.

Il est difficile de croire que toutes ces stars peuvent être satisfaites de cette image siliconée, irréelle et sans la moindre expression. Est-ce vraiment ce à quoi nous voulons tous ressembler, des Barbie froides, sans charme et sans distinction?


[1] : WHITE, Michael Bloomberg. «OSCARS : Y a-t-il un chirurgien dans la salle?», La Presse (4 février 2006), p. CINEMA4.

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La jeunesse éternelle à tout prix…


Photo de la couverture : http://www.photo-libre.fr/activite/MEDIC004.jpg

 

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