Catégorie | Critique, Culture

Plus Sol au théâtre

 
Louis-Olivier Pagé Étudiant en Cinéma À propos de l'auteur:
Louis-Olivier Pagé
Étudiant en Cinéma

L’enfance de l’art : doigt d’auteur de Marc Favreau

Pièce de théâtre de Nicolas Gendron

Une production du théâtre Denise-Pelletier

Mise en scène de Nicolas Gendron

Production Exlibirs

Acteurs : Maxime Beauregard-Martin, Isabeau Blanche, Gabriel Dagenais, Nicolas Gendron et Olivia Palacci

Texte de Marc Favreau avec auteurs invités Marie-Lise Chouinard, Annie Cloutier, David Leblanc et Anne-Marie Olivier

Théâtre Denise-Pelletier, salle Fred-Barry

Présenté du 21 Février au 11 Mars 2017

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Le théâtre Denise-Pelletier nous habitue à des présentations de haut niveau. Dans la salle principale, il n’est pas rare de voir de grandes productions incluant de nombreux artistes renommés. Cependant, sa petite salle Fred-Barry nous convie plus souvent à quelque chose de plus intime et souvent plus audacieux. En effet, avec ses cent vingt-neuf sièges amovibles, elle se prête à une grande flexibilité du point de vue créatif. Cette salle représente bien une partie du mandat de l’institution qui est « le désir de communiquer leur amour du Théâtre à des générations de spectateurs »[1]. De représenter, « dès l’adolescence les richesses insoupçonnées de la dramaturgie d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs »[2] ainsi que « d’encourager la jeunesse en gardant un équilibre entre artistes chevronnés et artistes débutants »[3]. Cet équilibre est bien représenté dans cette pièce, qui s’adresse à la jeunesse. Effectivement, le maitre d’œuvre, Nicolas Gendron, responsable de la mise en scène, fait partie des cinq acteurs, en l’occurrence Maxime Beauregard-Martin, Isabeau Blanche, Gabriel Dagenais et Olivia Palacci. Cette bande de jeunes est aussi accompagnée, en premier lieu par un enregistrement audiovisuel de Marcel Sabourin et ensuite par une capsule sonore de Clémence Desrochers. Ces deux acteurs bien connus ont souhaité rendre hommage à un vieil ami, Marc Favreau, tout en laissant la place à ces jeunes rendant eux-mêmes hommage au textes du célèbre clown clochard.

L’espace scénique est sobre. Le décor est constitué d’une multitude de petits accessoires qui vont servir tout au long de la pièce. Au premier coup d’œil, on remarque les cordes à linge en fond de scène où sont accrochés de grands draps blancs. Ensuite, sur le côté gauche, il y a des accessoires d’époque, par exemple, une vieille lampe, un vieux coffre ou encore de vieux hauts parleurs. À droite, il y a une vieille brouette en métal et une sorte de boite de bois avec des antennes qui représente une télévision. À un moment ou un autre tous ces accessoires vont servir les propos de la pièce. Par exemple, la lampe sert de micro pour un monologue, les antennes de la télévision vont servir d’épées. Les draps blancs vont servir à la projection de Marcel Sabourin. Ensuite, la pièce joue sur des effets de lumière qui aident à servir le propos. Le meilleur exemple est dans le numéro de La justice sans balance. Les deux avocats sont illuminés chacun leur tour ainsi que l’accusé pour illustrer l’incommunicabilité du système de justice.

Parlons maintenant des numéros. L’enfance de l’art est une succession de petits numéros provenant de textes originaux de Marc Favreau et des quatre auteurs invités. On compte au total vingt-deux numéros qui se succèdent un à la suite de l’autre sans nous laisser le temps de les digérer. C’est par cet humour engagé que les textes de Favreau nous font voir une multitude de problèmes dans la société. Il est effectivement habile de faire rire une salle sur des sujets sensible-t-elle que la maltraitance des personnes âgées ou de la pauvreté. Ce qui est également intéressant, c’est de constater que ces textes, qui ont été écrits il y a de cela plusieurs années, sont encore aujourd’hui d’actualité. Plusieurs sujets y passent. L’enfance, l’éducation, le travail, la politique, le système de santé et les aînés sont tous des sujets abordés dans la pièce. Le double sens des textes et les jeux de mots nous amènent à réfléchir. Seul bémol, c’est que tous ces sujets sont traités très rapidement. Cela nous force à rester extrêmement attentif au texte. En effet, une minute d’inattention nous fait perdre le fil. Les textes sont tellement chargés qu’il est difficile de comprendre tous les sous-entendus. Cependant, les textes de Marc Favreau sont d’une telle poésie et intelligence qu’il est agréable de se laisser aller dans cet univers.

Au final, L’enfance de l’art : Doigt d’auteur à Marc Favreau, est une pièce qui traite avec humour de sujets sérieux sous un regard quelque peu enfantin. D’où le titre.  L’enfance est traitée de manière à laisser une certaine innocence face aux problèmes abordés. En ce sens, l’humour aide à faire transparaitre des enjeux complexes sous un regard innocent.

 

[1] http://www.denise-pelletier.qc.ca/theatre/mission/

[2] Ibid

[3] Ibid

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