Catégorie | Critique

L’harmonie d’une symphonie irrégulière

 
Arthur Bak et Amélie Maillé-Côté Étudiants en Journalisme et Cinéma À propos de l'auteur:
Arthur Bak et Amélie Maillé-Côté
Étudiants en Journalisme et Cinéma

Orchestre Symphonique de Montréal : Joshua Bell joue et dirige l’OSM

Musique classique : oeuvres de la période du romantisme

Une production de Marie-Claude Briand

Quelques musiciens : Richard Roberts au premier violon, Alexander Read au second violon,

Neal Gripp à l’altos, Brian Manker au violoncelle.

Maison Symphonique de Montréal

Le 14 février 2017

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Avec une carrière de plus de 30 ans comme soliste, chambriste, artiste du disque et chef

d’orchestre, Joshua Bell est un des violonistes les plus célèbres de notre temps. Il a joué, entre

autres avec l’Orchestre Philharmonique de New York, l’Orchestre Philharmonique de Los

Angeles, les orchestres symphoniques de San Francisco, d’Houston et de Miami.

Sous contrat exclusif avec Sony Classical, il a enregistré plus de quarante CD. Il a gagné tous

les prix les plus glorieux de sa profession, tels que le Grammy, le Mercury et le Gramophone.

Pour la première fois, Josuha dirige l’OSM et, pour l’occasion, les pièces jouées sont à son

image : surprenantes et irrégulière comme ces symphonies allemandes.

Aucune des oeuvres présentées en ce 14 février n’est habituelle en ce qui concerne sa

conception ou son agencement. D’ailleurs, ces compositions ont été créées dans un court laps

de temps, soit à peine plus d’un demi-siècle. Ce spectacle de l’orchestre Symphonique de

Montréal se distingue par la beauté et l’innovation de sa conception sonore. En faisant

confiance à Bell, ce dernier réalise tout à fait le mandat de l’OSM, soit de présenter une

oeuvre, novatrice dans sa programmation, visant à actualiser le répertoire symphonique et

d’ancrer l’Orchestre au sein de la communauté canadienne.

De notre point de vue, nous pouvons apercevoir la présence de sièges sur plusieurs niveaux

de balcons entourant la scène. Sur cette scène se retrouvent les musiciens et leur instrument ;

violons, violoncelles, contrebasses et doubles basses, flûtes, hautbois, clarinettes, harpes,

timbales… Pour 68 musiciens ! L’éclairage est tamisé sur les spectateurs, concentré sur les

musiciens et le contraste entre leurs habits noirs et les feuilles blanches des partitions est

frappant. Dans la première partie, le chef d’orchestre accompagne l’orchestre au violoncelle, il

est donc assis avec les violonistes. Dans la deuxième partie, il est à l’avant de la scène,

entouré de ses pairs.

Dans ce spectacle, on nous raconte la puissance de création des compositeurs, dans ce cas-ci

Mendelssohn, Brunch et Beethoven, et la distinction entre plusieurs oeuvres d’une même

époque soit l’op. 26 (les Hébrides), le Concerto pour violon et orchestre no1 en sol mineur et

la Symphonique no7 en la majeur. L’orchestre commence en douceur, nous laissant vaguer

entre les notes majestueuses de Félix Mendelssohn (Les Hébrides (la grotte de Fingal),

op.26). Le compositeur s’est inspiré d’une grotte du même nom et sa pièce traduit bien une

atmosphère mystérieuse et romantique. Sa composition est comme une mer agitée : « Elle est

une mélodie ascendante.», comme le souligne le site Internet de l’OSM. Puis, Max Brunch

poursuit la valse avec son Concerto pour violon et orchestre no 1 en sol mineur. D’une

singularité admirable, le premier mouvement de ce concerto ne suit pas la forme habituelle

sonate-allegro. Cette fois-ci, la musique a une connotation de passion et de drame, avec ses

thèmes poétique, lyrique et tzigane. Le spectacle se termine par une sonate marquée d’une

énergie intense, soit la Symphonie no 7 en la majeur de Ludwig Van Beethoven. Cette

composition audacieuse alterne entre volumes forts et doux pour terminer avec une énergie

assourdissante. La salle complète était portée par une mélodie douce, mais tout aussi intense.

Nous nous sommes retrouvés dans le monde de la musique, dans un monde simple où

n’avions qu’à nous laisser bercer et à ouvrir notre esprit pour recevoir ce qu’elle veut nous

transmettre. Il suffisait de fermer les yeux quelques instants pour profiter pleinement de ce

sentiment de sérénité. Pas le besoin d’être un spécialiste de la musique classique pour

apprécier le spectacle et impossible de ne pas rester indifférent devant le talent des

compositeurs et de leurs interprètes. Dans la salle, un sentiment de déception se fit sentir au

moment où la dernière note fut jouée. En effet, nous étions tous ensorcelés par la mélodie et

la fin de celle-ci fut le brutal retour à la réalité. Une prestation musicale à travers les

écouteurs est bien différente que d’entendre un orchestre jouer à seulement quelques mètres

de nous, car l’émotion ressentie est de loin supérieure. Ce fut pour nous une première

expérience à la Maison Symphonique de Montréal et ça ne sera pas la dernière. Nous serons,

sans aucun doute, marqués pendant longtemps par le talent des musiciens et par la passion de

Joshua Bell.

 

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