Catégorie | Critique, Culture

Le silence est d’or, mais la musique l’est tout autant

 
Michel Beauchamp et Liam Corbeil Étudiants en Cinéma À propos de l'auteur:
Michel Beauchamp et Liam Corbeil
Étudiants en Cinéma

Spectacle musical

Charles Richard-Hamelin, Chopin et autres compositeurs romantiques

Musicien : Charles Richard-Hamelin,

Directeur technique : Stéphane Jolicoeur,

Responsable de salle : Isabelle Ménard,

Salle André Prévost, En Scène,

En représentation le 2017-01-29

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Charles Richard-Hamelin, pianiste québécois de renommé mondiale, qui a d’ailleurs tourné dans de nombreux pays partout autour du monde, nous offre un spectacle de musique classique qui trouve sa place parfaitement dans le cadre du mandat d’En Scène, qui « est de pouvoir promouvoir et de développer l’ensemble des arts de la scène à l’échelle de la grande région de Saint-Jérôme et même au-delà des frontières régionales ».[1] Un spectacle simple. Mais efficace. C’est ce que nous offre le pianiste Charles Richard-Hamelin. Avec un piano à queue et un micro, il nous raconte son parcours et nous parle des pièces musicales qu’il interprètera, compose son espace scénique. L’absence de décorations inutiles ou d’objets pouvant nuire à la concentration totale sur l’œuvre qu’il nous interprète et son piano. Or, cette même absence de tout décor nous laisse une façade fade qui donne l’impression d’un spectacle dernière minute dans lequel l’implication de l’équipe de production laisse à désirer. D’abord, en débutant le spectacle, le pianiste a d’abord parlé un peu de lui, de son parcours et de ses tournées mondiales ainsi que des titres qu’il a remportés au cours de sa carrière. D’ailleurs, il fut récompensé pour son talent lors de la 17e édition du concours international de piano Frédéric Chopin (1810-1849) qui se tenait à Varsovie, en Pologne, où il remporta la 2e place. Sa première pièce était de Mozart, ensuite il s’est tourné vers Chopin pour la première moitié du spectacle, en revenant de l’entracte ce fut de la musique de Schumann qui s’immisça dans nos oreilles. Charles Richard-Hamelin, avec toute la douceur de ses doigts, parvient à nous transporter dans un merveilleux voyage à travers les époques en nous faisant ressentir des dizaines  d’émotions, qu’elles soient agréables ou désagréables.

Charles Richard-Hamelin, se délectant de Chopin dans ses spectacles, brûle d’envie de nous faire apprécier autant que lui et c’est, selon moi pourquoi, après son introduction avec Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), qui était d’ailleurs une grande inspiration pour Chopin, il a consacré la première partie de son spectacle à ce grand compositeur d’ascendance franco-polonaise. Chopin, selon le pianiste québécois, compose d’avantage par l’entremise d’une gamme d’émotions s’adressant à une seule personne. Il est donc préférable pour débuter une représentation. Ainsi, le spectateur se voit happer d’une vague qui le touche lui et il peut, de cette façon, s’identifier au protagoniste suggéré de la pièce. Au début de la représentation. « Fantaisie Impromptue » nous fait d’ailleurs dès lors constater son immense talent. En deuxième partie, après l’entracte, c’est du Robert Schumann (1810-1856) que nous a présenté le jeune pianiste prodige. Ce dernier, compositeur allemand, en opposé à Chopin, écrivait majoritairement de la musique issue de complaintes de plusieurs personnes, voire un peuple en entier. Une fois que le spectateur s’est familiarisé avec l’endroit, la scène et le reste du public, li va sans dire que l’appréciation musicale est plus facile en ces conditions. Une fois embarqué dans l’univers musical du pianiste, il est plus facile de se mettre à la place de plusieurs personnes et sortir de notre individualisation. Ainsi, par la présentation de ces deux compositeurs ayant vécu à la même époque, Charles Richard-Hamelin illustre l’union de ces deux nations par la musique avant que les évènements des deux guerres mondiale ne les séparent dans la haine et la violence. Quoi de mieux pour réparer des cœurs brisés, distancés, laissés pour compte, que la musique, même si ces deux cœurs sont ceux de deux nations complètes. Finalement, en ce qui concerne le titre, il est assez facile à comprendre. Ce n’est que son nom, le compositeur duquel il interprétera majoritairement les œuvres et quelques autres issues du romantisme.

[1] http://enscene.ca/a-propos-de-en-scene/historique-et-mission/

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