Catégorie | Culture

La quête d’un homme

 
Audrey Brunet et Claudie Demers Étudiantes en Journalisme À propos de l'auteur:
Audrey Brunet et Claudie Demers
Étudiantes en Journalisme

Théâtre

Ai-je du sang de dictateur?

Texte : Didier Lucien. Mise en scène : Guillaume Chouinard et Didier Lucien. Éclairage : Thomas Godefroid. Son : Alain Lucien. Voix : Julien Poulin. Décor : Atelier Morel-Leroux INC. et Marie-Sophie Roy. Costumes : Jasmine Wannaz. Une production de Didier Lucien parrainé par Le Nouveau Théâtre Expérimental et diffusé au Théâtre Espace Libre, jusqu’au 11 février 2017.

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Ai-je du sang de dictateur ? est une pièce écrite et produite par Didier Lucien avec la collaboration de Guillaume Chouinard. Lasse de devoir attendre après un projet, Didier a décidé d’entrée en action et il a lui-même produit cette pièce.L’œuvre représente parfaitement le mandat du théâtre où elle est présentée et du théâtre qui le parraine. Didier Lucien porte des paroles audacieuses sur la réalité d’aujourd’hui et il nous fait voir la vie et le monde sous un angle complètement différent. L’immigration, la culture internationale et la complexité des valeurs humaines sont pleinement présentes et amalgamer à l’œuvre. Cette dernière questionne un des plus grands fondements de la vie, d’où venons-nous et qui sommes-nous. Lucien répond à cette grande question au travers de son œuvre grâce à une progression du passé de son pays natal et aux expériences qu’il vit jusqu’à la compréhension de qui il est. Car depuis son enfance, M. Lucien se questionne sur ses origines et sur ce que sa vie aurait bien pu être si celui-ci était resté dans son pays natal.

Tout d’abord, l’espace scénique est composé de deux scènes, une grande et une petite. La grande scène sert notamment de plateau de télévision à Montréal et de bureau du dictateur Duvalier, ancien président haïtien, puis de rue et un écran géant se trouve à l’arrière de celle-ci, tandisque la petite contre le mur de droite, sert seulement à Didier pour réponde au téléphone. Entre les deux scènes se trouve le plancher plat et suspendu dans les airs, une robe de chanteuse créole. Didier est le seul comédien, et ce celui-ci interprète plusieurs personnages et même une voix anonyme. Une personne se prête à une voie anonyme. Didier Lucien nous conte tout au long de sa pièce, sa quête identitaire en tant qu’être humain sans totale nationalité. Tout commence par la description de son pays natal et de ses origines, puis vient l’époque du dictateur Duvalier au temps de ses parents. Chose singulière, il multiplie le dictateur afin de démontrer à quel point il était partout et faisait tout tel un être omniscient doté d’ubiquité. Pour finir, il arrive au temps présent où il prend conscience de qui il est.  Didier n’aurait pas pu faire mieux qu’avec un stand-up, ce qui consiste à avoir un seul acteur sur scène. Il y a une sorte d’intimité qui est créée entre le comédien et le public. Cette intimité rend la pièce encore plus vivante et plus réelle dans la quête identitaire de Didier. En ce sens, le public comprend mieux les doutes qui entourent Didier tout au long de sa quête et ressent à la fin une délivrance similaire à celle qu’il vit.

Un doute s’installe à l’intérieur de nous lors de la prestation de Didier. Savons-nous vraiment qui nous sommes ? Didier Lucien aborde un sujet des plus complexes et des plus actuels avec la société d’aujourd’hui. La quête identitaire habite chaque humain à un moment de sa vie. La pièce est d’actualité tout comme elle pourrait ne pas l’être puisque Didier traite également de dictature. Et on comprend au travers de la pièce qu’on peut être un dictateur même si notre pays n’est pas un pays de dictature. Trump représente parfaitement cette conclusion. Le journal Le Monde a sorti un article en 2016 où il mentionnait que l’élection de Donald Trump risquait d’être un séisme pour le monde. En lisant l’article, on peut facilement faire un lien entre le séisme qu’il y a eu à Port-au-Prince, la dictature de François Duvalier et l’élection de Trump. Le comportement de François Duvalier semble être très près de celui de Donald Trump par le fait de visualiser une idéologie communisme et d’user du culte de la personnalité afin de démontrer tout le pouvoir qu’ils possèdent. Ai-je du sang de dictateur est une pièce à aller voir, nous ressortons changé et avec une perception nouvelle des choses.

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