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Des contraventions qui suscitent l’indignation

Des contraventions qui suscitent l’indignation
 
Guillaume Nadon À propos de l'auteur:
Guillaume Nadon

Les étudiants du Cégep de Saint-Jérôme ont développé une véritable peur bleue des stationnements. Les agents de la Ville qui surveillent ces endroits aux abords du collège sont de véritables gourous malgré eux.

Tentons de trouver un agent de stationnement lundi matin très tôt, nous n’aurons aucun succès. Tentons de trouver un agent de stationnement la même journée, près de midi, où le flux d’étudiants avec leur voiture est à son apogée, vous risquez d’en rencontrer au moins deux. Les étudiants du Cégep de Saint-Jérôme et les employés en ont marre de se voir donner des contraventions aux abords du collège alors que les stationnements se font rares à l’heure de pointe.

«Je n’ai pas pu avoir de vignette de stationnement pour la session, j’essaie le plus possible de me trouver un stationnement décent et pas à 15 kilomètres du cégep. Par contre, c’est impossible. Nous sommes en pénurie de lieux pour garer la voiture», a confié une étudiante en science de la nature qui a préféré témoigner sous le couvert de l’anonymat.

À plus de deux kilomètres du Cégep, des agents de stationnements ont été aperçus : ils cherchent des moustiques à attraper. Ils guettent les places à piège : les stationnements improvisés dans la rue à moins de cinq mètres de l’intersection sont les meilleurs revenus, sans compter les parcomètres dont le paiement arrive à échéance. Appareils photo (à titre de preuve au cas où le récipiendaire de la contravention ait l’idée de la contester), calepin à la main, roulette à mesurer pour vérifier la distance entre l’intersection et la voiture garée, tout cela accompagné d’un petit rire en coin, les agents de stationnement ont véritablement des quotas et des objectifs à respecter et à atteindre.

Ils font leur travail, me direz-vous, mais il y a tout de même une limite à rendre les étudiants plus indigents qu’ils ne le sont. Les portefeuilles des étudiants sont leurs profits et le gagne-pain des revenus des contraventions de stationnement de la Ville. «Ça fait 5 contraventions de 45$ que je reçois depuis le début de la session d’automne. Une fois, on m’a attribué une contravention alors que mon parcomètre était plein, à cause que j’étais stationné trop près de l’intersection. C’est la Ville qui va contre la loi, pas moi!», a lancé un autre étudiant du Cégep ne voulant pas dévoiler son identité, par peur de représailles. Il ajoute : «Mon budget est calculé. Je n’ai pas cette chance d’avoir des parents qui me fournissent lorsque je suis dans le besoin. Je vole de mes propres ailes depuis longtemps».

Les commerces adjacents au Cégep profitent de cette situation. Effectivement, c’est le cas de la boutique de tissus Poirier, située en face du collège sur la rue Fournier, qui demande plus de 200$ aux étudiants voulant se garer dans leur stationnement. La vignette de plus de deux cents dollars est valide que pour une session, imaginez l’ambition! Quelques étudiants interrogés à ce sujet réclament davantage de stationnements, sans parcomètre. «C’est tannant de devoir remplir le parcomètre à tout bout de champ. La limite est de deux heures, ce n’est pas suffisant lorsque nous avons des cours pouvant durer 3h40 dans certains cas», déclare une étudiante.

Et si la solution était de repenser la place de la voiture, présentement au centre de nos déplacements? Les options vertes sont-elles prometteuses? Les transports en commun demeurent une alternative à considérer. Or, il semble qu’ils n’arrivent pas non plus à être assez populaires pour enrayer le fléau. Jointe par voie téléphonique, une responsable de CIT Laurentides stipule que c’est environ 10% de sa clientèle étudiante qui opte pour une passe Opus mensuelle, selon ses dernières données. Pour limiter les coûts de transport, de stationnement et d’usure de voitures, plusieurs étudiants opteront pour le covoiturage, surtout ceux et celles qui demeurent relativement loin du Cégep, par exemple du côté de la Ville de Lachute, a environ 40 kilomètres de Saint-Jérôme. La Ville de Saint-Jérôme a mis sur pied un système de covoiturage, où les gens peuvent s’inscrire directement sur le site Internet de la Ville. Mais là encore, la situation ne semble pas idéale: même les utilisateurs du train de banlieue de l’AMT déplorent le manque de stationnement incitatif gratuit et règlementaire près des gares.

Un agent de stationnement a décliné notre entrevue, sous prétexte que d’autres tâches de stationnement l’attendent.

 

Photo: Guillaume Nadon

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Une réponse à “Des contraventions qui suscitent l’indignation”

  1. Caroline dit :

    Savez-vous qu’un géant stationnement payant de 550 places sera construit dès la fin de l’été au parc Melançon tout près du cégep? Il remplacera un espace vert (terrain de baseball) et sera adossé au parc qui sert de cour de récréation à l’école primaire Dubois juste à côté. La ville avait déjà retiré de ce parc les balançoires, bancs de parc, modules de jeux et tables à pique-nique. Avec toutes ces voitures, le secteur sera un milieu de vie bien triste pour tous ces résidents. C’est dommage que la ville et le cégep qui ont pourtant de belles politiques de développement durable, de transport en commun et d’activité physique fassent des choix aussi tristes.

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